Correspondance de Napoléon – Septembre 1806
Saint-Cloud, 21 septembre 1806
Au roi de Wurtemberg
Monsieur mon Frère, M. de Vintzingerode retournant près de Votre Majesté après avoir séjourné plusieurs mois près de moi, je ne veux pas laisser échapper cette occasion de lui renouveler l’assurance de tous mes sentiments. La lettre que je lui ai écrite hier l’aura mise au fait de la politique du moment. En vérité, je n’y comprends rien; si vous y entendez un peu mieux que moi, je verrai avec plaisir ce que vous en pensez. Toutefois j’imagine que nous sommes tout près du dénouement. Je serai charmé de voir une occasion où vos troupes puissent mériter, comme elles l’ont fait dans tant de circonstances de nouveaux titres à la gloire. Je ne veux point terminer ma lettre sans me réjouir avec Votre Majesté des nouveaux liens qui vont nous unir. Dans peu de jours je vais lui envoyer faire la demande de la princesse Catherine. Je crains que les noces ne soient un peu dérangées. N’importe, d’autres moments viendront où nous referons mieux ce que l’on fait en bottes. Ne serait-il pas convenable à la grandeur et à la nouvelle position de votre Maison que des parents aussi proches que des fils et des frères ne prissent aucun service étranger ? Je parle pour l’avenir; car, pour le présent, je n’y attache pas d’autre importance.
Saint-Cloud, 21 septembre 1806
Au général Clarke
- le général Clarke verra le duc d’Aremberg avant la nuit. Il lui fera connaître qu’il serait nécessaire qu’il formât dans ses États une compagnie de chasseurs d’une centaine d’hommes montés sur de petits chevaux, qui pourraient le suivre à l’armée et y rendre des services. Ce serait un moyen qu’il y fût utilement. Cela entrerait dans le contingent qu’il doit fournir comme prince de la Confédération.
- Clarke verra le prince de Hohenzollern pour le même objet. Il faudrait que ces compagnies fussent levées très-promptement pour qu’elles pussent servir.
Saint-Cloud, 21 septembre 1806
Au maréchal Augereau
Mon Cousin, vous m’enverrez un état militaire de Hesse-Cassel, avec le nom et la force des régiments, ainsi que leur composition; vous y joindrez leurs cantonnements et leurs positions actuelles.
Vous m’enverrez un mémoire qui déterminera quelle serait la meilleure manière d’attaquer Hesse-Cassel, quelle résistance il pourrait opposer à l’armée qui attaquerait, quels obstacles on rencontrerait, et quel nombre de troupes l’Électeur possède.
Saint-Cloud, 21 septembre 1806
Au général Bertrand
Monsieur le Général Bertrand, vous partirez dans la journée de demain; vous irez à Worms, vous passerez là le Rhin. Vous vous assurerez que toutes les mesures sont prises pour la passage de ma Garde à Mayence. Vous irez à Cassel, et vous vous assurerez qu’on travaille à mettre cette place en état, et que tous les ordres sont arrivés pour l’approvisionner.
Vous irez, avec les précautions convenables, voir la forteresse de Hanau. Peut-on s’en emparer par un coup de main ou non ? Si cela est prudent, vous irez voir la forteresse de Marburg. Vous continuerez votre route sur Cassel (Hesse). Vous serez censé avoir des lettres pour mon chargé d’affaires; vous aurez bien soin de vous assurer avant qu’il y est.
Il y a plusieurs petites places autour de Francfort; vous vous en informerez. Vous ne voyagerez point de nuit de Francfort à Cassel, et vous tiendrez note de tout ce qui peut m’intéresser.
De Cassel vous prendrez la route qui mène droit sur Cologne, toujours de jour. Vous observerez le système des localités du pays entre Wesel, Mayence, Cassel et Cologne. Combien y a-t-il de routes et de grandes communications ? Vous prendrez là aussi des renseignements sur les chemins de Cassel à Gotha, de Cassel à Goettingen, de Cassel à Paderborn. Qu’est-ce que c’est que la place de Cassel ? Est-elle armée et de résistance ? Jetez un coup d’œil sur les troupes de l’Électeur, sur leur situation actuelle, sur son artillerie, ses milices, ses places fortes. De Cologne vous viendrez me rejoindre à Mayence; vous passerez sur la rive droite et vous jetterez un coup d’œil sur la nature du pays de Düsseldorf, de Wesel et de Cassel. Le 29 septembre je serai à Mayence, où j’ai besoin que vous me rapportiez votre reconnaissance. Vous recueillerez à Cassel des renseignements de toute espèce sur tout le système du pays. Vous sentez combien il est important que vous vous le mettiez bien dans la tête, non-seulement pour le début de la campagne, mais encore pour les suites.
Saint-Cloud, 21 septembre 1806
Au maréchal Augereau
Mon Cousin, vous enverrez un officier du génie intelligent sous prétexte de porter des lettres à M. Bignon, à Hesse-Cassel, mais dans le fait pour observer tout ce qu’il sera possible. Il ira de Francfort à Hesse-Cassel et retournera de Hesse-Cassel droit sur Coblentz, Il ira à petites journées, déjeunera, dînera, couchera en route. Il observera tout avec prudence : la nature des chemins, les montagnes, les rivières, la population des villes, villages, les distances; il fera un rapport sur les places fortes que possède l’Électeur, telles que Hanau, Marburg, Giessen et autres postes fortifiés; il donnera des croquis de tout ce qu’il aura observé de remarquable.
Saint-Cloud, 21 septembre 1806
Au prince Eugène
Mon fils, je pars cette nuit pour Mayence, j’y serai rendu le 28. J’ai ordonné à M. l’archichancelier Cambacérès et au ministre Dejean de correspondre avec vous tous les jours. Je désire que vous fassiez partir pour Ulm, pour le Tyrol, tous les détachements de ma garde française qui sont en Italie.
(Mémoires du prince Eugène)
Saint-Cloud, 22 septembre 1806
A M. de Talleyrand
Monsieur le Prince de Bénévent, je vous envoie une lettre qui est un trait de lumière; j’ai en conséquence jugé convenable d’adresser la lettre ci-jointe au prince Primat. Mon intention est de la faire paraître dans le Moniteur. Vous l’apporterez ce soir à ma signature, et vous tiendrez des courriers tout prêts pour l’expédier à Aschaffenburg, en priant le prince Primat de ne la laisser connaître que le ler octobre, mais de la communiquer confidentiellement à la Saxe, à la Hesse, à la Bavière, à Wurtemberg et à Bade.
Il est convenable que vous envoyiez chercher aujourd’hui le ministre de Cassel. Vous lui parlerez avec beaucoup de douceur sur les armements actuels et sur le parti définitif que son souverain veut prendre. Il est convenable que vous lui disiez quelque chose du traité signé à Berlin, en lui marquant votre étonnement de ce que l’Électeur puisse ainsi renoncer à toute souveraineté. Vous engagerez M. de Malzburg à expédier un courrier à Cassel pour qu’on cesse les armements et qu’on déclare ce que l’on veut.
Saint-Cloud, 22septembre 1806
A M. de Talleyrand
Monsieur le Prince de Bénévent, il est nécessaire que M. de Hohenzollern forme une compagnie de 140 dragons à cheval, tous Allemands. Comme tous les efforts qu’il fera ne sont pas d’accord avec ses moyens; vous lui direz qu’en secret je lui donnerai le subside nécessaire. Vous lui ferez connaître que mon motif est de fournir à la Maison de Hohenzollern les moyens de se montrer dans cette circonstance.
Saint-Cloud, 22 septembre 1806
Au général Dejean
Monsieur Dejean, je viens d’être instruit que Wesel était approvisionné d’une grande quantité de farine que les Prussiens y ont laissée, et qu’il y en a quatre magasins pleins. Faites vérifier cela, afin qu’on ne vous le porte point comme ayant été acheté. Faites-moi connaître ce qu’il y a, et si cela fera une ressource pour les approvisionnements de siège. Pensez sérieusement aux approvisionnements de Mayence; à la vérité, il est très-probable que je n’en aurai pas besoin pour le siège, mais certainement j’en aurai besoin pour les faire venir à Würzburg, et nourrir l’armée par le Mein.
Saint-Cloud, 22 septembre 1806
Au général Dejean
Monsieur Dejean, donnez des ordres pour qu’au 1er octobre un pont de bateaux soit jeté sur le Rhin, à Wesel. Ledit pont existera jusqu’à nouvel ordre. Je désire que l’emplacement en soit vis-à-vis l’île de Büderich, et que le génie, qui doit faire les ouvrages permanents, donne à cet ouvrage la force d’une bonne tête de pont.
Saint-Cloud, 22 septembre 1806
Au général Dejean
Monsieur Dejean, j’ai pris, il y a peu de jours, un décret pour former une première légion du Nord à Juliers. Le maréchal me mande que la quantité de déserteurs est si considérable, que l’on peut espérer d’en former plusieurs. J’ai donc résolu d’en organiser une autre à Nuremberg, et d’en donner le commandement au colonel Henry. Faites donc, avant mercredi, un travail pour la nomination des officiers du 1er bataillon, et concertez-vous avec les généraux Zajonchek et Henry, pour ces nominations.
Lorsque les ler bataillons seront formés, on organisera les 2e. Mon intention est que chaque légion soit composée de quatre bataillons. Il y aura un adjudant commandant chargé de la correspondance avec les deux colonels.
Les colonels pourront faire des proclamations pour provoquer la désertion, sans jamais prononcer le nom de Pologne.
On promettra aux soldats d’être employés sur le continent, des avantages, d’être traités comme les soldats français, et aux sous-officiers de conserver leur grade, si du reste ils ont les qualités nécessaires.
Saint-Cloud, 22 septembre 1806
Au général Lacuée
Je vais appeler une réserve. Il faut que le décret soit prêt. Voici comment je veux la distribuer :
200 hommes, à raison de deux hommes d’élite par département, pour les régiments de carabiniers.
600 hommes, à raison de six hommes d’élite par département, pour les douze régiments de cuirassiers.
600 hommes d’élite pour les huit régiments d’artillerie à pied.
2,000 hommes d’élite pour les quatre régiments d’artillerie de la marine.
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3,400 hommes d’élite.
Il restera 26,400 hommes que je veux distribuer de la manière suivante : 6,000 hommes entre les quatorze 3e et 4e bataillons qui sont au camp de Boulogne, et depuis la Somme jusqu’à l’Escaut, y compris Anvers; 2,000 entre les quatre régiments qui sont en Bretagne; 2,000 entre les quatre régiments qui sont à l’île d’Oléron et dans la 12e division militaire; 4,000 entre les six régiments qui sont à Paris, et 12,400 entre les quarante régiments appartenant à la Grande Armée qui sont sur le Rhin. En faisant la répartition de ces hommes, vous consulterez le besoin de chaque corps. Vous considérerez moins la situation générale des régiments que celle de leurs 3e bataillons et ce qu’ils reçoivent de la conscription de 1806. Ce sont de nouvelles réserves que je forme. Peu importe la quantité d’hommes qu’ils ont à la Grande Armée; plus ils en auront et plus ils en perdront. Mais ce qui m’importe, c’est que j’aie à Boulogne, en Bretagne et à ma réserve sur le Rhin un grand nombre d’hommes.
Vous aurez soin qu’aucun corps ne reçoive au delà de 1,000 hommes, outre ce qu’il recevra de la réserve et ce qu’il a eu de la conscription de 1806. Vous n’appellerez dans les corps qui sont en Bretagne aucun Piémontais ni aucun conscrit des dix-huit régiments connus sous la dénomination de départements de l’Ouest. Vous ne mettrez dans les régiments qui sont à Paris aucun homme des dix-huit départements de l’Ouest. Vous mettrez dans les 31e et 111e des Piémontais. Du reste, vous destinerez le plus possible aux bataillons de dépôt les conscrits voisins des lieux où se trouvent aujourd’hui les dépôts qui ne doivent point changer. Il est cependant convenable de donner aux régiments la réserve de la conscription des départements qui les recrutent.
Saint-Cloud, 22 septembre 1806
Au maréchal Berthier
Mon Cousin, voici mon itinéraire: je partirai de Saint-Cloud le 25 du mois. Je serai le 27 à Metz, où je resterai sept à huit heures. Je serai, le 28 au soir ou le 29 au matin, à Mayence. J’attends de vos nouvelles le 30 et le ler. Réglez-vous là-dessus pour la marche de vos courriers.
Saint-Cloud, 22 septembre 1806
Au maréchal Berthier
Mon Cousin, voici la route pour l’armée : Mayence , Francfort, de là par la rive gauche du Mein, qu’on passera à Aschaffenburg, Würzburg et Bamberg. Placez là des commandants d’armes, et tracez-y des étapes. Faites reconnaître la route de Mayence, Darmstadt et Aschaffenburg. La route de l’armée pour communiquer avec Ulm, Augsbourg et les hôpitaux qui sont de ce côté, sera de Bamberg à Nuremberg, Anspach, Ellwangen et Ulm. Il est nécessaire aussi il y ait des étapes tracées. Mon intention est que tous les malades sortant des hôpitaux établis en Bavière, en Souabe et sur la rive droite du Danube, se réunissent à Ulm, où, après un repos, on en formera des détachements de 100 hommes pour rejoindre à Bamberg. Il est une autre route à reconnaître, de Würzburg à Boxberg, Neckarelz et Mannheim. Cette route a deux avantages : d’abord plus courte pour ce que j’ai du côté de Strasbourg, et je la crois meilleure; ensuite il peut y avoir tel événement où la communication de Francfort serait inquiétée par des partisans.
Je désire que vous envoyiez un ingénieur géographe reconnaître et faire des croquis en détail de ces trois routes . 1° de Mayence, Francfort, Aschaffenburg et Würzburg; 2° de Mayence, Darmstadt et Aschaffenburg; 3° de Mannheim, Neckarelz et Würzburg.
Saint-Cloud, 22 septembre 1806
Au roi de Hollande
Mon Frère, je donne ordre au ministre Dejean de diriger sur Wesel les généraux de brigade Laroche, Ruby et Grandjean. Mon intention est que vous organisiez une avant-garde de la manière suivante :
Commandants : avant-garde, le général Michaud; artillerie, le général Drouas; génie, un de vos officiers.
Chef d’état-major : le chef d’escadron Ferrière, à moins que le général Michaud n’aime mieux prendre un des généraux de brigade que je vous envoie.
1e brigade : un des généraux de brigade que je vous envoie; le 65e régiment, 2,000 hommes; Hollandais, 2,000 hommes; huit pièces d’artillerie attelées, servies par l’artillerie hollandaise.
2e brigade : un des généraux de brigade français; le 72e régiment, 2,000 hommes; Hollandais, 2,000 hommes; huit pièces d’artillerie attelées, servies par l’artillerie hollandaise.
Vous pouvez joindre à chaque brigade un général de brigade hollandais et un adjudant commandant hollandais.
Ces 8,000 hommes seront renforcés du bataillon de 1,000 hommes du duc de Clèves. Ils se réuniront sans délai à Wesel et se concentreront dans une position militaire, à une ou deux lieues en avant de Wesel. Vous joindrez aussi à cette avant-garde 1,000 hommes de cavalerie hollandaise, ce qui fera un total de 9 à 10,000 hommes. Vous réunirez le reste de vos troupes hollandaises, que j’estime être 8 à 9,000 hommes, au camp d’Utrecht, sous les ordres du général Dumonceau. Il sera partagé en deux brigades; il pourra ou se réunir à vous, ou se porter sur le bord de la mer, suivant les différentes circonstances.
Cette avant-garde est destinée à couvrir mes frontières du Rhin et ne s’en écartera que pour inquiéter l’ennemi; mais elle manœuvrera de manière à n’être jamais coupée du Rhin.
Votre commandement s’étendra de la Moselle à Coblentz jusqu’à la mer.
Après les quinze premiers jours d’opération, du moment que la guerre aura pris une couleur, il sera possible que je fasse rentrer ce corps pour protéger mes frontières de France. Il serait possible aussi que je le fisse pousser jusqu’à Münster et Cassel, selon les évènements. Je vous donnerai une instruction plus détaillée lorsque les hostilités commenceront.
Faites que je trouve à Mayence un de vos aides de camp qui m’apporte l’état de situation de votre corps d’armée. Donnez de l’argent pour monter votre cavalerie. Vous devez avoir au moins 9,000 hommes de cavalerie. Le 8e corps de la Grande Armé sera aussi à Mayence et manœuvrera de manière à n’être jamais coupé du Rhin.
Je laisse à Paris de quoi former un corps de réserve de 8,000 hommes, et j’ai à Boulogne 15 ou 16,000 hommes dans le camp. Le général Rampon, avec 6,000 hommes de gardes nationales, est à Saint-Omer.
Je vous donne, l’autorisation nécessaire pour pouvoir, selon les circonstances, défendre les parties attaquées de la France. Il n’y a point de nécessité que vous vous rendiez le 2, le 3, le 4 à Wesel, si les affaires de votre royaume vous retiennent en Hollande; il suffit que votre avant-garde y soit; mais il sera convenable que vous y soyez le 8.
Donnez ordre au général Michaud de correspondre avec le maréchal Kellermann, avec le commandant du 8e corps et avec la Grande Armée, autant que cela sera nécessaire.
Saint-Cloud, 22 septembre 1806
Au général Dejean
Monsieur Dejean, présentez-moi demain soir un état en trente colonnes, chaque colonne indiquant le lieu où se trouveront les troupes en marche depuis le 25 septembre jusqu’au 25 octobre, en y comprenant les détachements que j’ai fait partir et même eux de ma Garde. J’ai besoin de cet état demain mardi.
Saint-Cloud, 22 septembre 1806
Au général Dejean
Monsieur Dejean, voici un rapport sur la compagnie Breidt. J’ai pris dernièrement un décret pour que 250 caissons soient attelés et prêts le plus tôt possible à Strasbourg, où ils doivent recevoir un ordre de mouvement. Mon intention n’est pas que ces caissons aillent en Allemagne sans être équipés, mais que les hommes et chevaux soient pris à Sampigny, Bruxelles et Paris, et que de ces trois points ils soient dirigés sur Mayence, où ils attendront des ordres.
Écrivez à l’intendant général que, s’il y a 300 chevaux haut-le-pied, il les fasse atteler à des voitures que l’artillerie d’Augsbourg pourrait prêter. Je préférerais les voitures qu’on appelle prolonges. On pourrait acheter des charrettes du pays; on attellerait les 300 chevaux à 72 de ces charrettes, ce qui pourra servir à toute espèce de transports.
Quant aux marmites et bidons qui sont à Strasbourg, envoyez les quatre cinquièmes de tout à Mayence, d’où on les distribuera. Faites connaître au maréchal Berthier qu’il faut que les corps achètent les marmites chez les paysans, en payant, car ces marmites n’arriveront jamais à temps.
Écrivez à tous les majors des dépôts de faire confectionner des capotes pour leurs corps; les masses sont tellement fortes qu’elles pourront fournir à cette dépense. Sur les capotes qui sont à Augsbourg, faites-en donner 1,800 au 21e léger.
Faites-moi connaître le numéro qu’auront les 250 caissons de nouvelle levée, et le temps où les brigades pourront être rendues à Mayence.
Écrivez à tous les dépôts de faire confectionner autant de paires de souliers qu’ils ont d’hommes à la Grande Armée.
Ce qui mérite le plus ma sollicitude, ce sont les outils du génie. Faites-en diriger de tous les points sur Mayence; il est impossible qu’on n’en ait pas recueilli une trentaine de mille à la Grande Armée. Que sont devenus ceux qu’on y a envoyés et que j’ai payés sur le budget de cette année ? Je connais un endroit dans un arrondissement de corps d’armée où il y en a 5,000. Le génie ne croit pas en avoir; le génie ne sait ce qu’il a; cette partie, jusqu’à cette heure, a été bien mal organisée à la Grande Armée.
Saint-Cloud. 23 septembre 1806
A M. de Champagny
Il existe à la Bibliothèque beaucoup de pierres précieuses brutes. Il faut les distribuer aux bons graveurs de Paris pour graver divers portraits. Cela encouragera l’industrie et donnera du travail aux artistes.
Prendre des mesures pour établir à Bordeaux et à Rouen des ateliers de travail pendant la morte saison.
Donnez l’ordre au directeur général de l’octroi de la navigation du Rhin d’organiser les bureaux d’Emmerich, Clèves et Düsseldorf.
Saint-Cloud, 23 septembre 1806
A M. Fouché
Vous ferez arrêter l’individu qui a signé ce mémoire (il s’agit d’un pamphlet signé Lasalle, contre la gendarmerie et le général Savary). Mon intention est que la calomnie dont il s’est rendu coupable envers la Garde soit punie. Vous le ferez expliquer sur ce qu’il dit avoir donné à la gendarmerie d’élite. Il n’y a pas dans ma Garde d’homme assez vil pour recevoir ces honteuses rétributions de la part d’un fournisseur. Cette connivence même de sa part serait criminelle, puisqu’il serait d’accord pour faire une friponnerie. Donnez ordre qu’on arrête la publication de ces pamphlets, car il ne doit pas être souffert qu’un misérable puisse calomnier ainsi de braves gens. S’il avait des droits, que ne s’adressait-il au ministre ?
Saint-Cloud, 23 septembre 1806
Au général Dejean
Monsieur Dejean, vous devez vous adresser, pour les différentes dispositions relatives à mon armée de Naples, au roi de Naples lui-même. Vous vous êtes adressé au maréchal Masséna, ce qui a été d’un mauvais effet. C’est le roi de Naples qui commande mon armée; c’est à lui que vous devez vous adresser.
Saint-Cloud, 23 septembre 1806
Au grand-duc de Berg
Vous trouverez ci-joint l’itinéraire d’une route qu’on me dit exister de Worms à Würzburg; envoyez un officier la reconnaître. Il m’importe beaucoup d’avoir des renseignements sur cette route, qui peut m’être utile dans bien des circonstances.
Saint-Cloud, 23 septembre 1806
Instructions pour le vice-roi
ORGANISATION DE L’ARMÉE D’ITALIE
Général en chef, le vice-roi;
Chef d’état-major général, le général Charpentier; commandant en chef l’artillerie, le général Sorbier; commandant en chef le génie, le général Lery; ordonnateur en chef, le sieur Joubert.
L’armée d’Italie sera composée de cinq divisions actives.
Les deux premières divisions, commandées par les généraux Seras et Broussier, seront composées de deux bataillons du 13e régiment d’infanterie de ligne, de trois bataillons du 35e de ligne, de deux bataillons du 53e de ligne, de trois bataillons du 9e de ligne, de trois bataillons du 92e de ligne, et de deux bataillons du 84e de ligne.
Ces corps devront être complétés avec tout ce qui est disponible des 3e et 4e bataillons, et former, avant la fin d’octobre, 14,000 hommes d’infanterie présents sous les armes.
Le général de division Lacoste commandera la cavalerie légère, composée du 8e régiment de chasseurs et du 6e de hussards, formant 1,200 hommes.
L’artillerie et tous les autres objets continueront à rester sur le même pied où ils sont à présent.
Ce corps, qui continuera à porter le nom de 2e corps de la Grande Armée, donnera ainsi une force de plus de 16,000 hommes.
Pour l’administration et le commandement, ce corps doit faire en tout partie de l’armée d’Italie et sera sous les ordres du vice-roi.
La 3e division sera composée du 3e régiment d’infanterie légère, du 106e régiment de ligne et du 37e régiment de ligne.
A cet effet, le 37e, qui est à Turin, au lieu de se rendre à Alexandrie, se rendra à Plaisance, afin de se trouver plus près d’autant.
La 4e division sera composée du 2e régiment d’infanterie de ligne, du 56e de ligne et du 93e de ligne.
La 5e division sera composée du 16e régiment de ligne, du 67e de ligne et du 9e de ligne.
Il est nécessaire que les généraux de division et de brigade qui doivent commander ces divisions le sachent, et qu’il y en ait un pour cet objet à Parme et un à Alexandrie.
Le 112e régiment de ligne, en cas d’événement, recevra l’ordre de se rendre à Alexandrie, et il formerait la réserve du Piémont.
Les cinq régiments de chasseurs qui sont en Italie formeront deux divisions de cavalerie légère sous les ordres des généraux Bessières et Scalfort.
La grosse cavalerie formerait une division sous les ordres du général Pully.
Il est nécessaire de préparer à Vérone, pour le personnel et le matériel, des attelages suffisants pour pouvoir atteler quarante pièces de canon qui, avec les vingt-quatre qu’a le corps du Frioul, formeront soixante-quatre pièces d’artillerie attelées, suffisantes pour toute l’Italie. Il n’y a besoin que d’un simple approvisionnement, puisqu’on n’est destiné à se battre qu’autour de Venise, Palmanova, Osoppo.
Venise sera armée et mise dans le meilleur état de défense. Le général Miollis y commandera. Le commandant du génie y enverra quatre officiers du génie, qui ne sortiront pas de la place. Le commandant de l’artillerie y enverra deux officiers d’artillerie, dont un général et un colonel, qui y seront également consignés. L’ordonnateur y enverra un commissaire des guerres. Enfin toutes les mesures seront prises pour que cette place soit dans le meilleur état de défense et susceptible de faire la plus longue résistance. La garnison de Venise sera formée par les 3e bataillons du corps d’armée de Dalmatie; ce qui, avant la fin d’octobre, formera un corps de plus de 6,000 hommes.
Les garnisons d’Osoppo, de Porto-Legnago et de Peschiera, seront formées par les 3e bataillons du corps du Frioul, qui, avant 1er d’octobre, feront une force de plus de 3,000 hommes.
La garnison de Mantoue sera formée par les 3e et 4e bataillons et dépôts des quatorze régiments de l’armée de Naples, hormis deux bataillons, qui se rendront à Ancône avant la fin d’octobre; cela formera plus de 9,000 hommes.
Le vice-roi, avec une armée de plus de 40,000 hommes, n’ayant plus à penser à aucune garnison, sera entièrement maître d’agir selon les circonstances, pour garder l’Italie, en attendant qu’il soit joint par toute l’armée de Naples, qui, en cas d’une guerre prononcée avec l’Autriche, évacuerait le royaume de Naples ; et cette guerre ne peut commencer que trois mois après qu’elle serait déclarée, vu l’état de désordre où se trouve cette puissance.
Pendant ce mouvement, le général Marmont, à la tête de l’armée de Dalmatie, se réunirait à Zara, hormis 9,500 hommes de garnison qu’il laisserait à Raguse. Réunie ainsi à Zara au nombre de 20,000 hommes, l’armée du général Marmont menacerait la Croatie pour faire diversion. Si l’ennemi la négligeait, elle le prendrait par ses derrières; s’il était supérieur, elle établirait sa défensive autour de Zara.
Mais, ne voulant point provoquer l’Autriche, il ne faut point l’effrayer; il faut donc que tout reste dans la situation actuelle. Mon intention est que les 27e et 28e divisions militaires ne passent sous les ordres du vice-roi qu’autant que la guerre avec l’Autriche viendrait décidément à être déclarée; et c’est alors seulement que j’entends que tous les corps qui sont à Gènes, à Parme et dans les 27e et 28e divisions militaires, et le 112e, qui est à Grenoble, se rendent à la destination ci-dessus désignée. Alors seulement les 3e, 4e et 5e divisions se formeraient à Vérone, et alors seulement les réserves des 3e bataillons prendraient leur garnison dans toutes les places fortes.
D’ici à ce temps, on devra se contenter de préparer les attelages et le matériel de l’artillerie, approvisionner tout doucement et sans bruit les places, surtout de gros objets, les armer, donner aux travaux des fortifications la direction convenable pour qu’elles puissent servir de suite, se maintenir dans la meilleure harmonie avec les Autrichiens et ne leur donner aucune espèce d’inquiétude.
Cette formation ne doit exister que dans la pensée. Les généraux doivent être répartis dans le royaume d’Italie, commandant différents arrondissements, et dans les 27e et 28e divisions militaires, etc.
J’ai omis de parler de la garnison d’Alexandrie, qui serait composée du 112e régiment et des 3e et 4e bataillons des corps qui sont dans les trois dernières divisions, hormis du 67e, qui est resté à Gênes, et du 16e, qui est à Toulon. Ce serait toujours un corps de 4 à 5,000 hommes.
Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est d’évacuer ce qui est inutile entre l’Isonzo et l’Adda, de tout renfermer dans les places fortes, de manière qu’à une agression momentanée de l’ennemi il ne trouve rien à prendre : lui laisser de l’artillerie, ce serait lui donner des armes contre nos places.
Cette instruction ne doit être connue que du ministre Dejean, copiée par son secrétaire de confiance et envoyée au vice-roi, pour qu’il donne toutes les instructions de détail à l’ordonnateur général d’artillerie; mais encore tout cela sans donner d’alarme ni en France, ni en Italie, ni en Autriche; aucun corps ne doit bouger que dans le cas où les Autrichiens feraient de grands préparatifs, ou nous déclareraient la guerre. J’ai pensé que cette instruction était utile, tant pour servir de guide au ministre Dejean dans les opérations qu’il aura à faire que pour mon ministre de la guerre en Italie et pour le vice-roi.
Les approvisionnements des places, hormis de celles d’Alexandrie et de Plaisance et de la citadelle de Turin, seront faits aux frais du royaume d’Italie. Je dois avoir encore des approvisionnements assez considérables en Italie, et le ministre Dejean serait toujours à temps de donner des ordres pour l’approvisionnement de ces places, parce qu’elles ne sont pas en première ligne.
Autant il est bon d’avoir cette instruction générale sous les yeux, afin de savoir ma pensée et de travailler insensiblement et constamment à s’organiser, autant il serait funeste qu’elle fût divulguée. La connaissance même de moyens si prompts et si considérables en Italie ne pourrait qu’être alarmante pour les Autrichiens.
Saint-Cloud, 23 septembre 1806
Au cardinal Maury, premier aumônier du prince Jérôme (Jean-Siffrein Maury, 1746-1817, archevêque de Paris.Émigré aux coté de Louis XVIII, il demanda à rentrer en France, ce qui fut accordé en 1806, date à laquelle il est nommé aumônier de Jérôme. Il sera nommé archevêque de Paris en 1810, à la place de Fesch).
Mon Cousin, j’agrée vos sentiments. Je vous vois avec plaisir dans un poste qui vous rapproche de moi, et je verrai avec plaisir les circonstances qui me mettront à même d’employer vos talents pour le bien de la religion, du trône et de la patrie.
Saint-Cloud, 23 septembre 1806
NOTE POUR M. DARU
J’autorise M. Daru à s’entendre avec le ministre des finances et M. Bérenger pour vendre à la princesse de Guastalla pour millions de biens nationaux, que possède la caisse d’amortissement, au prix que les a achetés la caisse d’amortissement. Je voudrais que ce fussent des biens en France, de beaux biens, d’une administration facile, afin que la princesse pût les conserver.
Il y avait dans le département du Mont-Tonnerre l’ancienne principauté de Nassau. Si elle n’est pas vendue, ce pourrait être un beau fonds; et, si on pouvait trouver plus près de Paris quelque belle maison, on pourrait l’accompagner d’une belle forêt. Comme ce ne serait pas aliénable, on aurait toujours droit dessus. Il y a beaucoup de biens sous le séquestre, et qui dans le fait doivent être déclarés nationaux. Il faudrait aussi me faire connaître s’il ne serait pas plus avantageux d’acheter le bien de Lucidio, à raison de trois pour cent de moins. On fera connaître combien il a coûté à la caisse d’amortissement.
Mon but est de procurer à la caisse la vente de ses biens et de faire faire à la princesse des achats avantageux.
Saint-Cloud, 24 septembre 1806
Au prince Eugène
Mon fils, donnez l’ordre que tous les officiers polonais qui sont employés aux états-majors de l’armée d’Italie, et qui ne servent pas dans des régiments, soient dirigés sur Juliers pour prendre du service dans la légion du Nord, dont le général Zayouchek est colonel.
(Mémoires du prince Eugène)
Saint-Cloud, 24 septembre 1806
ORDRE DE SERVICE PENDANT L’ABSENCE DE L’EMPEREUR
Tous les ministres correspondront avec nous pour les affaires de leur département.
Néanmoins ils se rassembleront, le mercredi de chaque semaine, dans la salle des séances du Conseil d’État, et sous la présidence de l’archichancelier. Ils y porteront les objets de détail et du contentieux de leur administration, lesquels lui seront remis pour nous être transmis dans la forme ordinaire.
Nous entendons en général que toutes les affaires qui, dans l’ordre ordinaire du gouvernement et de l’administration , ont besoin de notre signature, continuent à nous être présentées à cet effet.
Toutes les fois qu’un ministre jugera nécessaire une conférence avec d’autres ministres pour traiter une affaire de son département, il en fera la demande à l’archichancelier, qui convoquera à cet effet les ministres dont le concours sera nécessaire.
S’il survient des événements extraordinaires de police, sur lesquels nous ne puissions pas statuer à temps à raison de notre éloignement, et qui exigent le concours de différents ministres, l’archichancelier, auquel se réuniront les grands dignitaires qui se trouveront à Paris, convoquera les ministres dont la présence sera nécessaire. Si l’exécution des mesures que l’archichancelier aura approuvées excède les bornes de l’autorité ministérielle, et qu’il ne soit pas possible d’attendre notre décision, il sera tenu de cette conférence un procès-verbal dressé par le ministre du département que l’affaire concerne et signé par l’archichancelier. En conséquence dudit procès-verbal, ledit ministre se trouvera autorisé à exécuter les dispositions telles que les aura prescrites l’archichancelier après avoir entendu l’opinion des ministres.
Dans tous les cas d’événements militaires extraordinaires, l’archichancelier, auquel se réuniront les grands dignitaires qui se trouveront à Paris, sur la demande du ministre faisant les fonctions de ministre de la guerre, convoquera les ministres dont le concours est jugé nécessaire, et il sera procédé ultérieurement comme il est dit ci-dessus.
Les ministres nous écriront tout aussi souvent qu’ils auront à entretenir des affaires de leur département. Toutes les lettres seront adressées directement.
Saint-Cloud, 24 septembre 1806
A M. de Champagny
Monsieur Champagny, je désire que vous écriviez une lettre circulaire aux préfets; vous leur ferez connaître que, le roi de Prusse ayant fait des armements considérables, j’ai jugé convenable de me rendre à mon armée pour voir si définitivement la Prusse veut la guerre ou la paix; que ces circonstances sont pour eux un noble motif de hâter la marche de la conscription, et que vous vous en rapportez à leur zèle et à leur fidélité pour mon service.
Saint-Cloud, 24 septembre 1806
A M. de Champagny
Monsieur Champagny, vous trouverez ci-joint un projet de circulaire, que vous pouvez arranger comme vous voudrez. Vous la communiquerez au ministre Dejean, pour qu’i1 l’envoie au maréchal Kellermann. Je ne sais ce que cela produira. Vous sentez que je n’ai pas besoin de troupes, mais je désire rouvrir la carrière à ceux qui, éloignés de leur patrie par les circonstances de la révolution, veulent rentrer dans cette carrière naturelle à tout Francais. Si vous adoptez ces mesures, il sera nécessaire que vous écriviez sur-le-champ aux préfets de Paris et des départements environnants.
PROJET DE CIRCULAIRE DU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR AUX PRÉFETS
Lors de la dernière campagne, il y a un an, un grand nombre de citoyens se présentèrent et s’équipèrent à leurs frais pour former des gardes d’honneur pour suivre Sa Majesté à la guerre; mais les mouvements furent si rapides, que la Grande Armée termina la guerre par le traité de Presbourg avant que cette jeunesse eût pu donner des preuves de son dévouement et de son courage.
Je n’ai pas plutôt appris que la Garde impériale était partie, ainsi que les bagages de Sa Majesté, que, sans vouloir approfondir la question si la guerre aura lieu ou non, j’ai demandé à Sa Majesté un moyen prompt pour utiliser les jeunes gens qui sont animés de l’amour de la gloire, et leur procurer une occasion de se distinguer.
Tout homme âgé de plus de dix-huit ans et de moins de quarante, ayant assez de fortune pour s’équiper, se procurer un cheval et faire la route à ses frais, se rendra à Mayence, où il s’adressera au maréchal Kellermann. Il sera admis à faire partie du corps de gendarmes d’ordonnance de l’Empereur.
Le maréchal Kellermann est investi des pouvoirs nécessaires pour les organiser en compagnies de 80 hommes, nommer les officiers parmi ceux qui auraient servi et réuniraient les qualités nécessaires.
L’uniforme sera le surtout de chasseur, tout vert, sans passe-poil ni couleur, gilet écarlate tressé en argent, pantalon à la hongroise aussi tressé; shako et boutons ronds et blattes; le sabre de chasseur; le cheval, pour la taille et son équipement, sera comme celui des chasseurs à cheval. On fournira, des magasins de Mayence, des carabines et des pistolets, du moment de l’incorporation dans les compagnies.
Mais ayant remarqué que, parmi les propositions qui m’étaient faites, un grand nombre de citoyens désiraient faire une campagne à pied, Sa Majesté a bien voulu adhérer à la demande que je lui en ai faite, et autoriser ces jeunes gens à faire partie d’un corps d’ordonnance à pied que le maréchal Kellermann est également chargé d’organiser à Mayence. Ces individus devront s’équiper et faire la route à leurs frais. Il leur sera donné un armement du moment de l’incorporation dans les compagnies. L’uniforme sera vert comme celui de la cavalerie, avec un chapeau et des guêtres. Le gilet et le pantalon seront aussi comme ceux de la cavalerie.
Les armées de Sa Majesté sont si nombreuses, qu’elle n’a adhéré à toutes mes demandes que sur mon instance, et pour ouvrir une carrière à un grand nombre de personnes accoutumées déjà au métier des armes. Mon intention est cependant que vous gardiez cette lettre secrète. Vous êtes autorisé à faire dans ce sens une proclamation aux sous-préfets et aux maires. Tous ceux qui auront les qualités ci-dessus pourront se faire inscrire, et vous leur donnerez une lettre pour les adresser au maréchal Kellermann.
Ceux qui entreront dans la cavalerie devront être assurés, par eux-mêmes ou par leurs parents, d’une pension au moins de 600 par an.
Vous aurez soin en même temps de m’envoyer le nom de ceux désignés.











