Correspondance de Napoléon – Septembre 1812
Moscou, 23 septembre 1812.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Vilna
Monsieur le Doc de Bassano, le gouverneur de Minsk annonce le passage d’un officier autrichien qui porte la nouvelle d’une victoire gagnée sur Tormasof. Tous les fusils autres que les fusils français, destinés aux alliés et aux Polonais qui sont à Kovno et à Vilna, peuvent leur être distribués. Le gouverneur me mande qu’il a ce qu’il faut pour former les neuf régiments lithuaniens, mais dans ces neuf régiments Mohilef et Vitebsk ne sont pas compris ; il serait important de lever des soldats dans ces deux gouvernements ; on les ferait venir à Minsk, et on pourrait les incorporer dans les régiments existants ; car il paraît que les cadres, en officiers et sous-officiers, sont difficiles à former. Aussitôt que le 3e régiment de lanciers de la Garde sera en état de partir, mais pour cela il faut qu’il soit en très-bon état, il peut être dirigé sur Smolensk. Écrivez au gouverneur de Minsk que le général Dombrowski est là pour faire face à tout ce que Hertel pourrait faire.
Je viens de lever en France une conscription de 140,000 hommes, et en Italie une de 30,000. Il n’y a que le duché de Varsovie qui ne fait rien. Il faut qu’on lève autant d’hommes qu’il sera possible, pour recruter les régiments, qui en ont grand besoin. Pressez cette levée, pour qu’elle ait lieu promptement. Il faut qu’on envoie également des chevaux pour remonter la cavalerie et les attelages d’artillerie des corps polonais. Écrivez à cet effet à l’ambassadeur, au ministre de la guerre du Grand-Duché et en Saxe. Écrivez en même temps en Saxe pour que des conscrits à pied et à cheval et des attelages d’artillerie soient envoyés pour recruter les corps saxons. Écrivez pour le même objet dans toutes les coure de la Confédération du Rhin. Les circonstances de la bataille de la Moskova et de l’entrée à Moscou ne doivent pas affaiblir le zèle ni endormir les alliés. En leur faisant connaître les grandes levées que je fais partout, vous leur ferez sentir l’importance de compléter leurs corps.
Moscou, 23 septembre 1812.
Au général comte de La Riboisière, commandant l’artillerie de la Grande Armée.
Monsieur le Général Comte la Riboisière, il faut tenir à la disposition du gouverneur de la Lithuanie les fusils dits d’insurrection pour l’armement des régiments du duché.
Moscou, 23 septembre 1812.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Moscou.
Mon Cousin, écrivez sur-le-champ, à Smolensk, au général Baraguey d’Hilliers et au duc d’Abrantès pour leur faire connaître que la cavalerie, l’infanterie et l’artillerie qui composent chaque convoi doivent marcher ensemble, bivouaquer en bataillon carré autour du convoi, et ne se séparer sous quelque prétexte que ce soit ; que le commandant du convoi doit bivouaquer au milieu ; que tout commandant qui manquerait à ces dispositions serait puni comme négligent et coupable de la perte du convoi. Réitérez les ordres à Smolensk pour qu’aucun convoi ne parte s’il n’est commandé par un officier supérieur et escorté par 1,500 hommes, infanterie et cavalerie (ne comprenant pas dans ce nombre les soldats du train, soit de l’artillerie, soit du génie, soit des équipages militaires) ; que je vois avec peine qu’on ait fait partir des convois qui n’avaient pas assez de forces pour les escorter. Faites, en conséquence de ce que je viens de prescrire, un ordre du jour sur la manière dont les convois doivent bivouaquer, envoyez-le aux commandants des 5e et 6e convois. Indépendamment de cet ordre du jour, mettez-moi sous les yeux les termes des ordonnances sur les convois et leurs escortes; il me semble qu’elles sont très-précises sur la manière dont les convois doivent se garder; dans ce cas, il faudrait réimprimer ces dispositions pour les faire afficher chez tous les commandants de place, depuis Kovno jusqu’ici.
Moscou, 23 septembre 1812.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Moscou.
Mon Cousin, écrivez au duc de Trévise que, loin de faire revenir la division Claparède, il est nécessaire que tous les détachements qu’elle aurait encore à Moscou en partent pour l’avant-garde.
Moscou, 23 septembre 1812.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Moscou.
Écrire au gouverneur de Minsk que le général Dombrowski doit repousser Hertel s’il avance. Écrire au général Dombrowski et au duc de Bellune que le général Dombrowski ne doit avancer qu’autant que le général Hertel se porterait sur Moscou et évacuerait sa position.
Moscou, 23 septembre 1812
Mon amie. J’ai reçu ta lettre du 7 septembre, c’est-à-dire du jour de la bataille de la Moskova, ainsi tu sais actuellement ce grand évènement. Tout ici va bien, les chaleurs sont tempérées, le temps est beau, nous avons fusillé tant d’incendiaires qu’ils ont cessé. Il reste le quart de la ville, les ¾ sont brûlés. Ma santé est fort bonne. Adieu, mon amie, portes toi bien, soit gaies, embrasses quatre fois mon fils pour moi, tout le détail que tu m’en donnes me fait plaisir et me donne bien envie de le voir. Tout à toi.
Nap.
Moscou, 24 septembre 1812.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Vilna
Monsieur le Duc de Bassano, je reçois votre lettre du 18. Concertez avec la commission du gouvernement ce qu’il convient de faire dans les gouvernements de Mohilef et de Vitebsk; il faut y lever des troupes. Peut-être serait-il convenable de réunir ces deux gouvernements à la Lithuanie. Faites faire le travail et adressez-le aux gouverneurs de Mohilef et de Vitebsk, qui s’empresseront de requérir les hommes et de faire ce qui sera convenable.
Un bataillon de marche étranger venant de Thorn a eu ordre (cet ordre est de la main de l’Empereur) de se rendre à Minsk; c’est par erreur. Ce bataillon est composé de 8 ou 900 Suisses et de 250 Illyriens. Il est nécessaire de le retenir à Vilna, où il se reposera ; après quoi on assurera ses subsistances et on dirigera les 900 Suisses sur Vidzy, d’où ils seront envoyés au maréchal Saint-Cyr. Les 250 Illyriens seront dirigés sur Smolensk.
Tenez la main à ce que tous les bataillons de marche qui appartiennent au 2e corps et aux Bavarois soient dirigés sur Polotsk. Il a été donné ordre de diriger sur Minsk les quatre demi-brigades de marche qui formaient la division Lagrange et qui viennent de Königsberg. Ces demi-brigades ont des détachements appartenant au 2e corps, qui est sous les ordres du maréchal Saint-Cyr. Il est nécessaire qu’on retienne ces détachements à Vilna, et qu’on en forme une demi-brigade de marche qu’on dirigera droit sur Polotsk. Le gouverneur général doit faire cette observation surtout, et avoir soin de ne diriger ni sur Minsk ni sur Smolensk ce qui appartiendrait au 2e corps.
Moscou, 24 septembre 1812.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Vilna
Monsieur le Duc de Bassano, le ministre de la guerre a fait partir, le 8, de Paris, quarante moulins portatifs, pesant chacun 18 livres et pouvant moudre 30 ou 40 livres de farine par heure. Faites-moi connaître quand ces moulins passeront à Vilna, et ayez soin de prévenir partout pour qu’ils arrivent promptement à Moscou. Ce ministre m’annonce qu’il fait partir 200 autres moulins le 15 septembre et 200 autres le 20. Sur le dernier envoi, vous pourriez retenir un de ces moulins pour modèle, pour en faire confectionner quelques-uns à Vilna. Cela est très-important. Je compte donner un de ces moulins à chaque compagnie de l’armée.
Moscou, 24 septembre 1812.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Moscou.
Mon Cousin, accusez au général Saint-Sulpice la réception de sa lettre; faites-lui connaître que j’attache une grande importance (et que je m’en rapporte à lui pour cela) à maintenir libre la route de Mojaïsk à Moscou; qu’il doit se cantonner dans le lieu où il est, qui est un point central, et se mettre en communication avec le duc d’Abrantès, qui est à Mojaïsk; que je lui recommande, lorsque les estafettes passent, d’envoyer des patrouilles pour les protéger; que le colonel Letort va retourner sous ses ordres, et que je le laisse maître de le tenir en échelons dans le lieu qu’il jugera le plus convenable; que l’occupation de Disna éloignera probablement l’ennemi. Recommandez-lui surtout de pourvoir à ce qu’il y ait des patrouilles pour protéger les arrières. Il serait nécessaire qu’il tâchât de savoir s’il existe encore des Cosaques détachés, pour les poursuivre. Je suppose qu’il aura envoyé 2 ou 300 hommes au lieu où le détachement appartenant au général Lanusse a été enlevé il y a quelques jours ; s’il ne l’a pas fait, qu’il le fasse. Le colonel Letort partira ce soir ou demain matin ; cela fera toujours une patrouille sur la route.
Moscou, 24 septembre 1812
Ma bonne Louise. Je reçois ta lettre du 8 septembre où je vois qu’il fait bien mauvais à Paris. J’ai accordé ce que tu désires pour tes femmes rouges. Ma santé est fort bonne. Le temps se met un peu au froid mais cependant un froid de printemps. Je te prie de te bien porter, d’être gaie, de bien embrasser le petit roi pour moi. Comment ce petit nigaud n’a pas reconnu sa nourrice ? C’est un petit vilain. Adieu, mon amie. Tout à toi.
Nap.
Moscou, 25 septembre 1812.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Moscou.
Mon Cousin, il est nécessaire de régler le service de la place de Moscou. Il y a cinquante barrières : en y mettant 10 hommes par barrière, cela ferait 500 hommes. La place se divise en vingt quartiers; je crois que sur ce nombre quelques-uns sont totalement détruits. IL faut au moins un poste de 20 hommes par quartier; il y a bien quelques quartiers où 10 bommes pourront suffire, mais il y en a d’autres où il en faudra 40 ; cela ferait 400 hommes ; il faudrait en outre mettre environ 500 hommes en réserve sur divers points ; je suis donc fondé à penser qu’avec 1,500 hommes de service on aurait suffisamment. Faites-moi la distribution de ce service entre la jeune Garde, la division Roguet, le vice-roi, le duc d’Elchingen et le prince d’Eckmühl. La vieille Garde, qui ne fera d’autre service que celui du Kremlin, ne sera pas comprise dans cette distribution. Remettez-moi un travail qui n’emploie pas au-delà de 1,200 hommes et qui me fasse connaître ce que chaque corps devra fournir. Par ce moyen, la jeune Garde se reposera et le service de la place se trouvera fait.
Moscou, 25 septembre 1812.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Moscou.
Mon Cousin, j’ai déjà répondu à la demande que fait le payeur que les dépenses faites dans les gouvernements de Moscou et de Smolensk doivent être soldées en roubles en papier; donnez ordre à ce payeur de commencer à payer la solde en cette monnaie. Les frais de bureau 4e état-major et toutes les dépenses quelconques dans ces deux gouvernements doivent être payés de même en roubles. Le payeur pourra continuer à donner des billets du trésor à ceux qui voudront envoyer leur argent en France.
Moscou, 25 septembre 1812.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Moscou.
Mon Cousin, le dépôt de cavalerie est très-mal à Mojaïsk, où il y a déjà beaucoup de blessés; je pense qu’il serait convenable de transporter ce dépôt à Rouza, où le vice-roi a une garnison; il faudrait également y établir un hôpital pour y mettre une portion des blessés qui sont à Mojaïsk. Tous les hommes de cavalerie qui sont ici hors de service pourront être aussi dirigés sur Rouza, mais on aura soin de leur donner des fusils-carabines et des cartouches pour qu’ils soient dans le cas de résister aux paysans et aux Cosaques. Tous les hommes du dépôt de Mojaïsk seront également armés de fusils et recevront des cartouches; les hommes de la cavalerie légère auront leurs mousquetons. Par ce moyen, il y aura à Rouza une force de 2 à 3,000 hommes, qu’il faudra organiser en bataillons de 4 compagnies, de sorte que le service puisse se faire en règle et que cette force à pied soit utilisée. Il faudrait un général de brigade intelligent et qui ait servi dans la cavalerie, pour le charger de cette organisation et de mettre de l’ordre dans ce dépôt.
Moscou, 25 septembre 1812.
Ma chère Louise.
J’ai reçu ta lettre du 9 et j’ai vu avec plaisir que ta santé était fort bonne, que ton fils était aimable et te donnait bien des sujets de satisfaction. Ma santé est bonne. Tout à toi.
Nap.
Moscou, 26 septembre 1812, cinq heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Moscou.
Mon Cousin, donnez ordre au vice-roi d’envoyer une de ses trois divisions d’infanterie avec son artillerie complète pour prendre position à quatre lieues de Moscou, sur la route de Smolensk, au lieu où se trouveront le général Guyot et sa brigade de cavalerie légère. Il faut que cette division soit là de bonne heure, et à cet effet la faire partir à la petite pointe du jour.
Moscou, 26 septembre 1812
Mon amie.
J’ai reçu ta lettre du 12 septembre, où tu présumes que je suis à Moscou. Tu ne te trompes pas. Tout le monde me dit du bien du petit roi. Je désire bien le voir, embrasses-le pour moi et ne doutes pas que je partage tous tes sentiments et que je suis tout à toi. Adio, miou ben.
Ma santé est fort bonne.
Nap.
Moscou, 28 septembre 1812.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Vilna
Monsieur le Duc de Bassano, je reçois vos lettres du 22 septembre. Je n’y vois point de nouvelles de Varsovie, peu de Vienne et aucune de Constantinople. Je ne vois, non plus, rien d’Amérique; il est cependant pressant de faire quelque chose de ce côté.
Moscou, 28 septembre 1812.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Moscou.
Mon Cousin, donnez ordre au général Saint-Sulpice de renvoyer à Moscou toute l’infanterie qu’il a avec lui. La division Bourcier qui est là suffit.
Moscou, 28 septembre 1812.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de Feltre, je pense que l’homme le plus propre à commander l’armée de Portugal est le général de division Reille. S’il n’est depuis survenu aucun événement, je pense que vous ferez bien de lui donner le commandement de l’armée.
Moscou. 29 septembre 1812.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Moscou.
Mon Cousin, donnez l’ordre au duc d’Istrie de se porter avec son corps d’observation derrière le roi de Naples, comme il le désire, et de s’occuper sans délai à faire détruire le camp retranché de l’ennemi. Recommandez que cette démolition soit faite de manière qu’il n’en reste point de traces.
Mandez au roi de Naples l’ordre que vous donnez au duc d’Istrie; faites-lui connaître qu’il vaut mieux continuer à menacer l’ennemi de le tourner par son flanc droit que par son flanc gauche ; que s’il était entré dans mes projets de faire un mouvement, et que l’armée se fût trouvée où se trouve le Roi, l’ennemi était perdu; qu’il faut donc le menacer de tourner son flanc droit, cependant avec la prudence et la précaution nécessaires.
Donnez ordre au général Chasseloup d’envoyer une compagnie de sapeurs au camp retranché de l’ennemi pour aider à la démolition. Comme c’est une position que l’ennemi a dû croire bonne, faites-la lever par les ingénieurs géographes, afin que s’il la prenaitune seconde fois nous la connussions.
Moscou, 29 septembre 1812.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Vilna
Monsieur le Duc de Bassano, je reçois votre lettre du 23. Tenez-moi bien au fait de l’exécution de mes ordres pour les mouvements de troupes que j’ai ordonnés à Berlin et à Danzig.
J’ai le plus grand besoin de 14,000 chevaux de remonte. J’ai ordonné au général Bourcier de se rendre à Vilna. J’ai mis à sa disposition 4 millions en argent, en lui laissant carte blanche pour tout diriger. Les achats doivent être faits en Hanovre, à Berlin, à Elbing, à Varsovie et dans la Lithuanie, si cela est possible. J’ai ordonné qu’on envoyât par courrier extraordinaire au général Bourcier l’ordre de se rendre d’abord à Berlin et de là à Vilna; mais, avant qu’il arrive, tâchez de lui préparer de la besogne. Dans la province de Mohilef, il y a des juifs immensément riches : faites appeler les principaux et voyez s’ils ne peuvent pas traiter pour 3 à 4,000 chevaux, livrables à Vilna ou à Mohilef et payables argent comptant.
Le colonel du 3e régiment des lanciers de la Garde s’est procuré, à ce qu’il paraît, 1,200 chevaux; écrivez-lui d’en faire mettre en marche 500, aussitôt qu’il les aura disponibles, et de compléter sur-le-champ son régiment à 1,200 hommes, chevaux et harnais. Je crois qu’il a reçu de l’argent et qu’il ne doit y avoir aucune objection.
Le général Hogendorp m’écrit que les Tartares sont impatients de venir se ranger sous mes drapeaux; il faut pour tout cela aller de l’avant. On peut hardiment créer un régiment, si l’on a 1,000 hommes et 1,000 chevaux. En général, tout moyen d’avoir des hommes de cavalerie est extrêmement précieux; rien ne doit être épargné. Faites aussi presser le grand-duché de Lituanie et celui de Varsovie pour qu’on fournisse des hommes et des chevaux au régiment des chevau-légers polonais de ma Garde, commandé par Krasinski. Je voudrais porter ce régiment à 1,500 hommes, et cependant il est toujours faible. Que fait donc cette petite noblesse ? Je vous ai écrit hier pour que vous cherchiez à remuer le gouvernement du duché de Varsovie et à lui faire faire quelque chose pour remonter sa cavalerie et recruter son armée. Je vous ai recommandé aussi d’écrire à tous les alliés pour qu’on envoie des recrues et des chevaux de remonte. Les régiments prussiens qui sont ici sont réduits à rien. Qui est-ce qui empêche en Prusse de les compléter ? Il en est de même des régiments saxons. Faites faire des instances là-dessus, et chargez mes ministres d’avoir des conférences et de s’en occuper constamment.
Je n’ai pas besoin de vous dire de presser la formation des neuf régiments. Le pays doit voir que de la formation de ces régiments dépend sa tranquillité. S’ils avaient plus de zèle, ils auraient actuellement du coté de Drissa 3 à 4,000 hommes qui empêcheraient les Cosaques de faire des excursions; ils en auraient autant du côté de Bobrouisk et autant du côté de Minsk, ce qui aurait tranquillisé tout le grand-duché de Lithuanie.
Moscou. 30 septembre 1812.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Vilna
Monsieur le Duc de Bassano, je vous envoie le traité entre la Russie et la Porte, qu’on a trouvé ici dans les journaux de Moscou. Il parait que vous ne l’avez pas encore reçu de Constantinople, car vous ne me l’avez pas envoyé.
Moscou, 30 septembre 1e13.
A M. Barbier, bibliothécaire de l’Empereur, à Paris.
Monsieur, Sa Majesté trouve que vous ne lui envoyez pas assez exactement les bons ouvrages qui paraissent. Elle désire que vous lui envoyiez plus souvent les livres et ouvrages nouveaux, en profitant pour cela soit de l’estafette de la maile, soit du départ des auditeurs, qui a lieu tous les jours, ou des occasions que vous pourriez avoir.
Le Grand-Maréchal du Palais, Duc de Frioul











