Correspondance de Napoléon – Avril 1804
Saint-Cloud, 21 avril 1804
Au citoyen Régnier
Je vois, Citoyen Ministre, dans le dernier rapport, que le château de Vaubadon (Calvados) a toujours été le refuge des chouans. je désire savoir à qui appartient ce château, dans quelle situation sont ses maîtres, leur âge, leurs biens, ce qu’ils ont fait, s’ils ont émigré, enfin tout ce qui peut mettre à même de prendre un parti sur eux.
Donnez ordre que les deux dominicains Concourdan et Roux, prêtres rebelles à l’Église et à l’État, soient envoyés au fort Urbain pour y être retenus.
Saint-Cloud, 21 avril 1804
Au général Berthier
Il y a en Hanovre, Citoyen Ministre, six compagnies du 8e régiment d’artillerie à pied qui ensemble n’ont sous les armes que 350 hommes. Il serait convenable de faire partir des dépôts assez de monde pour compléter ces compagnies au moins à 80 hommes. On enverra à cet effet, des régiments, des conscrits de l’année, dès qu’ils seront habillés.
Je vois avec peine que le 45e régiment de ligne n’est encore que de 1,500 hommes. Le département de la Lys a dû cependant lui fournir, cette année, 700 hommes. Faites-vous rendre compte, par le capitaine de recrutement de ce régiment dans la Lys, du nombre positif d’hommes qui sont partis au 1er floréal, et demandez au commandant de ce corps à Osnabrück un état exact de la situation de ce régiment, de sa tenue et de l’état de son habillement; il faut nécessairement qu’il soit mis au niveau des autres.
Le 28e régiment de ligne doit aussi fixer votre attention. Ce régiment est extrêmement faible. Il devait recevoir 740 conscrits du Calvados et n’en a encore que très-peu reçu, quoique cependant l’état des conscrits partis des départements porte qu’il en est parti du Calvados plus de 700.
Le 58e mérite également toute votre attention.
Écrivez aux trois préfets des départements où ces trois régiments se recrutent, et aux trois chefs qui les commandent, qu’ils sont les plus faibles de l’armée.
Saint-Cloud, 21 avril 1804
NOTE POUR LE GRAND TRÉSORIER DE LA LÉGION D’HONNEUR
La proposition contenue dans la lettre du grand trésorier de la Légion d’honneur peut être discutée. S’il est question des suppléments qui auraient été affectés à la Légion d’honneur dans les quatre départements du Rhin, elle ne serait point admise; s’il n’était question que de la dotation de la cohorte de ces quatre départements, elle pourrait l’être, vu que le but de l’institution de la Légion d’honneur est qu’elle ait des biens. Ainsi je m’explique : mon intention est que chaque cohorte soit propriétaire; mais, comme on n’a pu trouver assez de biens en France pour la dotation de la Légion, et qu’on a été obligé de lui former un supplément dans les quatre départements du Rhin, je ne serais pas éloigné de vendre le supplément et de le placer sur le grand-livre.
La proposition de donner en tiers consolidé le tiers en sus ne me paraîtrait point raisonnable au premier coup d’œil : on aurait, je crois, le droit d’exiger au moins le double; c’est-à-dire que, pour 600,000 francs de rente, on devrait en avoir au moins 1,200,000. sur le grand-livre. Mais on sent qu’une opération de cette nature doit être très-avantageuse.
Saint-Cloud, 21 avril 1804
Au contre-amiral Decrès
Il me parait tout à fait convenable qu’une cérémonie imposante soit faite pour mettre la première pierre de l’arsenal d’Anvers; mais il me paraît aussi assez convenable de ne point démolir de bâtiment sous le prétexte de la régularité. Il suffit de ne rien bâtir contre le plan général de régularité; insensiblement le reste s’établit. Lorsqu’on a à démolir, on démolit ce qui n’est pas régulier. Mais je dois vous répéter ce que je vous ai dit dernièrement, je ne puis être satisfait des travaux d’Anvers, puisqu’il n’y a qu’un vaisseau sur le chantier et 500 ouvriers. Je désirerais qu’avant le ler messidor il y eût au moins 3 vaisseaux de 74 sur le chantier, et qu’avant le 1er vendémiaire an XIII il y en eût 6, et qu’avant le 1er nivôse an XIII il y en eût 9; et tout cela ne peut se faire avec la petite quantité d’ouvriers que vous y avez. Il y a beaucoup d’ouvriers en Provence qui ne sont pas occupés; il va beaucoup y en avoir du côté de Bayonne et de Bordeaux; ainsi donc réunissez 3,000 ouvriers à Anvers. Marchandises du Nord, bois, fer, tout arrive là facilement. La guerre n’est pas un obstacle pour construire à Anvers. Si nous étions trois ans en guerre, il faudrait là construire 25 vaisseaux. Partout ailleurs cela est impossible. Il nous faut une marine, et nous ne pourrons être censés en avoir une que lorsque nous aurons 100 vaisseaux. Il faut les avoir en cinq ans. Si, comme je le pense, on peut construire des vaisseaux au Havre, il faut en mettre 2 en construction. Il faut aussi s’occuper d’en mettre 2 nouveaux à Rochefort et 2 autres à Toulon. Je crois que les 2 nouveaux qu’on mettra en construction à Rochefort et à Toulon, il faut les faire tous les 4 à trois ponts.
Je désirerais aussi avoir mes idées fixées sur le port de Dunkerque. Je désire que vous me fassiez une petite note pour savoir combien la mer monte à la laisse de basse mer.
La flottille va bientôt être construite partout. Il faut donc qu’à Nantes, Bordeaux, Honfleur, Dieppe, Saint-Malo, etc., on donne de l’occupation à cette grande quantité d’ouvriers. Il faut donc mettre en construction des frégates, des bagares, des bricks. Il faut, sous le point de vue l’esprit public, que les ouvriers des côtes ne meurent point de faim, et que les départements qui bordent la mer, qui ont été les moins attachés à la révolution, s’aperçoivent aussi que le temps viendra où la mer sera aussi notre domaine. Saint-Domingue nous coûtait deux millions par mois; les Anglais l’ont prise; il faut mettre ces deux millions par mois rien que pour des constructions. Mon intention est d’y mettre la même activité que pour la flottille, hormis que, n’étant point pressé, on y mettra plus d’ordre. Je ne suis point pressé sur l’époque, mais je demande que l’on commence beaucoup.
Je vous prie de me présenter la semaine prochaine un rapport qui me fasse connaître la situation actuelle de notre marine, de nos constructions, ce qu’il faudrait construire, dans quels ports, et ce que cela coûterait par mois, en partant du principe que j’aime mieux que vous mettiez dix-huit mois à faire un vaisseau et que vous en fassiez le tiers de plus.
Quant aux vaisseaux, je voudrais les construire sur le même plan, les frégates sur le modèle de l’Hortense ou de la Cornélie, qui paraissent très-bonnes; pour les vaisseaux, prendre les meilleurs vaisseaux, et partout faire des vaisseaux de 80 et à trois ponts, hormis à Anvers, où il me paraît plus prudent de commencer d’abord par des vaisseaux de 74.
Saint-Cloud, 21 avril 1804
Au contre-amiral Decrès
Les Croisières anglaises abordent les bâtiments neutres au moment où ils se disposent à entrer dans les ports français. Ils prennent deux hommes de l’équipage et mettent en place deux espions, qui restent ainsi dans les ports français pendant tout le temps que le bâtiment neutre y séjourne. Il est nécessaire que, par une circulaire, vous fassiez connaître cette manœuvre à tous les commandants des ports; que vous recommandiez qu’on fasse une revue des équipages des bâtiments neutres qui arrivent, et que, si on découvre un Anglais ou un homme suspect, on l’arrête. Qu’on arrête également. les hommes de l’équipage et qu’on les interroge séparément, pour découvrir la vérité. Tout capitaine de bâtiment convaincu d’avoir introduit des espions en France serait traité comme complice d’espionnage, et le bâtiment confisqué. Il serait peut-être même convenable de faire imprimer cette circulaire.
Saint-Cloud, 21 avril 1804
Au général Sainte-Suzanne
Citoyen Général Sainte-Suzanne, j’ai accordé au citoyen Bulach, votre beau-père, la permission de jouir de son fief sur la rive droite du Rhin, et, en considération des pertes que vous avez faites par suite des différentes suppressions de la révolution, je vous ai accordé un des domaines de l’État de Parme à la disposition du Gouvernernent.
Je vous prie de voir dans ces dispositions le désir que j’ai de vous prouver la reconnaissance nationale pour les bons et grands services que vous avez rendus à la patrie.
Saint-Cloud , 21 avril 1804
Au contre-amiral Decrès
Le département de l’Ourthe fournit 9 chaloupes canonnières; il paraît qu’elles sont presque toutes finies.
De Mêzières, 4 chaloupes canonnières, de 310 à 313, sont également parties. Nous avons ou sommes sur le point d’avoir 13 chaloupes canonnières à Dordrecht.
De Strasbourg, 4 chaloupes et 2 péniches sont parties également pour Dordrecht.
De Colmar, 4 chaloupes sont également parties pour Dordrecht. Nous avons donc 21 chaloupes canonnières et 2 péniches à Dordrecht, et 6 autres chaloupes canonnières sont en construction à Colmar. Il est indispensable de faire vérifier la situation de ces 6 chaloupes afin d’en arrêter tout ce qui’ ne serait pas encore avancé et d’être certain que le reste sera promptement disponible.
Des 21 chaloupes canonnières qui sont à Dordrecht, il faudrait en diriger 10 à Rotterdam, ainsi que les deux péniches; le capitaine de la Libre les ferait armer. Le général Marmont ferait fournir des garnisons et la frégate, les officiers et les équipages; et, pour que la frégate ne reste pas totalement désarmée, il sera bon de faire sur le Rhin, la Meuse et la Moselle une levée de 300 matelots, qu’on enverra partie à Flessingue et partie à Rotterdam ou Helvoet-Sluys.
Les 11 autres chaloupes seront dirigées de Dordrecht sur Flessingue, où elles seront le plus promptement possible armées.
La division de chaloupes canonnières d’Helvoet-Sluys armée, on décidera si elle doit rejoindre la première partie à Flessingue, ou s’en servir pour assurer la navigation de Hambourg en Hollande derrière la rangée de petites îles qui existent.
Saint-Cloud, 22 avril 1804
A S. S. Le Pape
Très-saint Père, je remercie Votre Sainteté du chapeau de cardinal qu’elle a bien voulu donner à l’archevêque de Bologne.
Pour sortir de l’embarras où me jettent les observations que Votre Sainteté a faites sur les affaires de Milan, j’ai pris le parti d’attirer directement à moi tout ce qui est relatif au concordat de la République italienne, et j’ai ordonné que celui qui est chargé de ces affaire à Milan se rendît à Paris. Je verrai à les terminer avec le cardinal légat. Je prie donc Votre Sainteté de lui donner tous ses pouvoirs à cet effet. Elle sait le plaisir que j’éprouve à faire quelque chose qui lui, soit agréable.
Je remercie Votre Sainteté des choses aimables qu’elle me dit relativement à l’arrivée de ma mère à Rome. Le climat de Paris est beaucoup trop humide et trop froid pour elle. Mon premier médecin lui a conseillé de se fixer dans les pays chauds plus analogues à son climat naturel. Quelque parti qu’elle prenne, je ne cesserai de la recommander à Votre Sainteté.
Je suis avec un respect filial, de Votre Sainteté, le très dévoué fils.
Saint-Cloud, 24 avril 1804
Au citoyen Régnier, Grand-Juge, ministre de la justice
Je désire, Citoyen Ministre, que vous envoyiez en poste un brigadier de gendarmerie d’élite à Blois, pour y arrêter le prêtre Habert rebelle. Vous lancerez le mandat d’arrêt contre ce dernier directement. L’officier que vous enverrez ne devra s’adresser, pour l’arrêter ni au préfet, ni au commissaire de police.
Saint-Cloud, 24 avril 1804
NOTE POUR LE MINISTRE DE LA MARINE
Le Havre n’est pas propre à faire des armements en temps de guerre; mais la paix viendra, et l’on pourra choisir son moment pour faire sortir, en temps opportun, les vaisseaux que l’on aura construits au Havre, et pour faire leur armement en rade.
Saint-Cloud, 24 avril 1804
Au citoyen Crétet, conseiller d’État, chargé des ponts et chaussées
Citoyen Cretet, Conseiller d’État, je vois avec plaisir, par votre lettre, que les fonds sont faits pour les ponts. Faites donc travailler à celui du jardin des plantes avec la plus grande activité; que nous puissions y passer au mois de nivôse prochain. Vous pourriez ne point vous presser de rendre les 500,000 francs à la caisse d’amortissement, et les employer d’abord à presser les travaux des quais Desaix et Bonaparte avec toute l’activité possible. Vous rembourseriez la caisse d’amortissement avec la rentrée des fonds affectés à ces deux quais.
Je verrai avec, grand plaisir, à mon premier voyage à Ostende, que l’on ait déjà commencé l’écluse de chasse.
Je désirerais une petite note de ce qu’on fera dans cette campagne sur les derniers projets arrêtés dans mon dernier voyage, et en général sur tous les travaux neufs entrepris.
Saint-Cloud, 24 avril 1804
Au général Soult
Citoyen Général Soult, je vous prie de vous informer particulièrement pourquoi le 19e de ligne est toujours faible. Il paraîtrait qu’il n’est qu’à 1,700 hommes. Il me semble cependant l’avoir bien avantagé dans la conscription depuis plusieurs années. Voyez s’il ne donnerait pas des congés et s’il n’y aurait point de vice d’administration.
Saint-Cloud, 25 avril 1804
NOTE POUR LE MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES
Je voudrais que l’on appelât le Consul espagnol. Il se comporte ici très mal. Mon intention d’ailleurs n’est pas d’en avoir à Madrid.
Lettres à Talleyrand
Saint-Cloud, 25 avril 1804
MESSAGE AU SÉNAT CONSERVATEUR
Sénateurs, votre adresse du 6 germinal dernier n’a pas cessé d’être présente à ma pensée; elle a été l’objet de mes méditations les plus constantes.
Vous avez jugé l’hérédité de la suprême magistrature nécessaire pour mettre le Peuple français à l’abri des complots de nos ennemis et des agitations qui naîtraient d’ambitions rivales. Plusieurs de nos institutions vous ont, en même temps, paru devoir être perfectionnées polir assurer, sans retour, le triomphe de l’égalité et de la liberté publique, et offrir à la nation et au Gouvernement la double garantie dont ils ont besoin.
Nous avons été constamment guidés par cette grande vérité : que la souveraineté réside dans le Peuple français, en ce sens que tout, tout sans exception, doit être fait pour son intérêt, pour son bonheur et pour sa gloire. C’est afin d’atteindre ce but que la suprême magistrature, le Sénat, le Conseil d’État, le Corps législatif, les collèges électoraux et les diverses branches de l’administration sont et doivent être institués.
A mesure que j’ai arrêté mon attention sur ces grands objets, je me convaincu davantage de la vérité des sentiments que je vous ai exprimés, et j’ai senti de plus en plus que, dans une circonstance aussi nouvelle qu’importante, les conseils de votre sagesse et de votre expérience m’étaient nécessaires pour fixer toutes mes idées.
Je vous invite donc à me faire connaître votre pensée tout entière. Le Peuple français n’a rien à ajouter aux honneurs et à la gloire dont il m’a environné; mais le devoir le plus sacré pour moi, comme le plus cher à mon cœur, est d’assurer à ses enfants les avantage qu’il a acquis par cette révolution qui lui a tant coûté, surtout par le sacrifice de ce million de braves morts pour la défense de ses droits.
Je désire que nous puissions lui dire, le 14 juillet de cette année : il y a quinze ans, par un mouvement spontané, vous courûtes aux armes, vous acquîtes la liberté, l’égalité et la gloire. Aujourd’hui ce premiers biens des nations, assurés sans retour, sont à l’abri d toutes les tempêtes; ils sont conservés à vous et à vos enfants : des institutions conçues et commencées au sein des orages de la guerre intérieure et extérieure, développées avec constance, viennent de se terminer, au bruit des attentats et des complots de nos plus mortel ennemis, par l’adoption de tout ce que l’expérience des siècles et des peuples a démontré propre à garantir les droits que la nation avait jugés nécessaires à sa dignité, à sa liberté et à son bonheur.
Saint-Cloud, 25 avril 1804
MESSAGE AU SÉNAT CONSERVATEUR
Sénateurs, j’ai nommé le sénateur Sérurier gouverneur des Invalides(Jean-Mathieu-Philibert, comte Sérurier, 1742-1819.).
Je désire que vous pensiez que les fonctions de cette place ne sont point incompatibles avec celles de sénateur.
Rien n’intéresse aussi vivement la patrie que le bonheur de ces 8,000 braves couverts de tant d’honorables blessures, et échappés à tant de dangers. Eh! à qui pouvait-il être mieux confié qu’à un vieux soldat qui, dans les temps les plus difficiles, et en les conduisant à la victoire, leur donna toujours l’exemple d’une sévère discipline et de cette froide intrépidité, première qualité du général ? En voyant leur gouverneur assis parmi les membres d’un corps qui veille à la conservation de cette patrie à la prospérité de laquelle ils ont tant contribué, ils auront une nouvelle preuve de ma sollicitude pour tout ce qui peut rendre plus honorable et plus douce la fin de leur glorieuse carrière.
Saint-Cloud, 25 avril 1804
DÉCISION
| Le ministre du trésor public soumet à approbation du Gouvernement le traité passé avec la maison Hope et compagnie d’Amsterdam, le ler du courant, pour régler définitivement les termes et les conditions de l’anticipation à faire par cette maison sur le payement des deux derniers tiers du fonds américain créé pour prix de la cession de la Louisiane. |
Ajourné par le motif développé en la note ci-jointe. |
NOTE
Je pense que je dois être payé au jour où est arrivé en Europe, officiellement, l’échange des ratifications, si toutefois les Américains ont daté l’inscription sur leur grand-livre, ou du moment de leur ratification, ou dans les trois mois de la ratification.
Mais je reconnais que, si les Américains n’ont inscrit sur leur grand-livre qu’à la date de la prise de possession ou dans les trois mois, c’est une discussion à élever avec les État-Unis et qui ne concerne pas la maison Hope.
Et, en effet, il serait tout à fait extraordinaire que, si l’échange des ratifications avait tardé à arriver en Europe d’un an, supposition qui est évidemment poussée à l’extrême pour la rendre plus sensible, la maison Hope dût en profiter; de sorte que la maison Hope aurait joui, pendant cette année, de l’intérêt de soixante-quatre millions à six pour cent, ce qui fait 3,600,000 francs; et que, de son côté, la France aurait été payée six mois plus tard, ce qui lui aurait produit le même dommage, et que, si au lieu d’un an la différence avait été de trois mois, le dommage serait de 900,000 francs. Il est de la nature de cette affaire qu’elle parte du moment ou les Américains ont inscrit, puisqu’on touche les intérêts.
On a vendu à la maison Hope le fonds américain et la jouissance du fonds américain, même pendant les deux ans que la maison Hope met à payer les cinquante-deux millions. Mais, en lui accordant la jouissance pendant ces deux ans, on n’a jamais pu entendre de l’accorder pendant trois; et elle enfouirait pendant trois, s’il y avait un an de différence entre le moment d’où date l’inscription des fonds sur le grand-livre américain et celui on se fait le premier payement au trésor public de France par la maison Hope.
Le premier coup d’œil porte donc à penser que ces deux points doivent être fixés, et que le point de départ doit commencer en Amérique du moment de l’inscription.











