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16 juin 1811 – Discours de l’Empereur, à l’ouverture du corps législatif.

Messieurs les Députés des départements au Corps législatif, la paix conclue avec l’empire d’Autriche a été depuis cimentée par l’heureuse alliance que j’ai contractée. La naissance du roi de Rome a rempli mes vœux et satisfait à l’avenir de mes peuples.

Les affaires de la religion ont été trop souvent mêlées et sacrifiées aux intérêts d’un État du troisième ordre. Si la moitié de l’Europe s’est séparée de l’Église de Rome, on peut l’attribuer spécialement à la contradiction qui n’a cessé d’exister entre les vérités et les principes de la religion qui sont pour tout l’univers, et des prétentions et des intérêts qui ne regardaient qu’un très petit coin de l’Italie. J’ai mis fin à ce scandale pour toujours. J’ai réuni Rome à l’Empire. J’ai accordé des palais aux papes à Rome et à Paris. S’ils ont à cœur les intérêts de la religion, ils voudront séjourner souvent au centre des affaires de la chrétienté; c’est ainsi que saint Pierre préféra Rome au séjour même de la Terre-Sainte.

La Hollande a été réunie à l’Empire : elle n’en est qu’une émanation; sans elle l’Empire ne serait pas complet.

Les principes adoptés par le gouvernement anglais, de ne con­naître la neutralité d’aucun pavillon, m’ont obligé de m’assurer des débouchés de l’Ems, du Weser et de l’Elbe, et m’ont rendu indis­pensable une communication intérieure avec la Baltique. Ce n’est pas mon territoire que j’ai voulu accroître, mais bien mes moyens maritimes.

L’Amérique fait des efforts pour faire reconnaître la liberté de son pavillon. Je la seconderai.

Je n’ai qu’à me louer des souverains de la Confédération du Rhin.

La réunion du Valais avait été prévue dès l’acte de Médiation, et considérée comme nécessaire pour concilier les intérêts de la Suisse avec les intérêts de la France et de l’Italie.

Les Anglais mettent en jeu toutes les passions. Tantôt ils suppo­sent à la France tous les projets qui peuvent alarmer les autres puis­sances, projets qu’elle aurait pu mettre à exécution s’ils étaient entrés dans sa politique; tantôt ils font un appel à l’amour-propre des nations pour exciter leur jalousie; ils saisissent toutes les circon­stances que font naître les événements inattendus des temps où nous nous trouvons : c’est la guerre sur toutes les parties du continent qui peut seule assurer leur prospérité. Je ne veux rien qui ne soit dans les traités que j’ai conclus. Je ne sacrifierai jamais le sang de mes peuples pour des intérêts qui ne sont pas immédiatement ceux de mon Empire. Je me flatte que la paix du continent ne sera pas troublée.

Le roi d’Espagne est venu assister à cette dernière solennité. Je lui ai accordé tout ce qui était nécessaire et propre à réunir les intérêts et l’esprit des différents peuples de ses provinces. Depuis 1809, la plupart des places fortes d’Espagne ont été prises après des sièges mémorables; les insurgés ont été battus dans un grand nombre de batailles rangées.

L’Angleterre a compris que cette guerre tournait à sa fin, et que les intrigues et l’or n’étaient plus suffisants désormais pour la nourrir: elle s’est trouvée contrainte à en changer la nature, et d’auxiliaire elle est devenue partie principale. Tout ce qu’elle a de troupes de ligne a été envoyé dans la péninsule; l’Angleterre, l’Ecosse, l’Irlande sont dégarnies. Le sang anglais a enfin coulé à grands flots dans plusieurs actions glorieuses pour les armes françaises. Cette lutte contre Carthage, qui paraissait devoir se décider sur les champs de bataille de l’Océan ou au delà des mers, le sera donc désormais dans les plaines des Espagnes !

Lorsque l’Angleterre sera épuisée, qu’elle aura enfin ressenti les maux qu’avec tant de cruauté elle verse depuis vingt ans sur le continent, que la moitié de ses familles seront couvertes du voile funèbre, un coup de tonnerre mettra fin aux affaires de la péninsule, aux destins de ses armées, et vengera l’Eu­rope et l’Asie en terminant cette seconde guerre punique.

Messieurs les Députés des départements au Corps législatif, j’or­donne à mon ministre de mettre sous vos yeux les comptes de 1809 et de 1810 : c’est l’objet pour lequel je vous ai réunis. Vous y verrez la situation prospère de mes finances. Quoique j’aie mis, il y a trois mois, cent millions d’extraordinaire à la disposition de mes ministre de la guerre pour subvenir aux dépenses des nouveaux armements qui alors paraissaient nécessaires, je me trouve dans l’heureuse situa­tion de n’avoir à imposer aucune nouvelle surcharge à mes peuples. Je ne hausserai aucun tarif; je n’ai besoin d’aucun accroissement dans les impositions.