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Ignaz Hardegg-Glatz (1772-1848) – Le Consulat et le Premier empire

Ignaz Graf Hardegg, Lithographie de Joseph Kriehuber, 1833
Ignaz Graf Hardegg, Lithographie de Joseph Kriehuber, 1833

Les guerres de la Révolution

Ignaz Hardegg-Glatz naît le 30 juillet 1772 . Il commence sa carrière militaire, en mai 1789, en entrant, comme sous-lieutenant dans le régiment de chevau-légers n° 5 Kinsky (qi deviendra plus tard le régiment de uhlans n° 9), qui fait alors partie du corps d’armée croato-slovanique. Sous les ordres du feld maréchal Loudon, il se distingue de telle manière qu’il en obtient les plus belles louanges.. En 1790, il est au siège de Czettin, dont la chute marque la fin des opérations de son corps d’armée et, après la signature du cessez-le-feu, Hardegg rentre, avec son régiment, à Vienne.

La même année il est promu colonel au 3e régiment de hussards (qui s’appelle alors Eszterházy), qui se trouve, au début de 1791 en Bohême, dans le corps d’armée opposé à la Prusse, sous les ordres du feld maréchal Hohenlohe, mais qui est transféré, au début de la guerre aux Pays-Bas, à Luxembourg. Hardegg participe à la campagne des armées réunies d’Autriche et de Prusse en Champagne, et se trouve ainsi à Valmy, ainsi qu’à Jemmapes. Il se distingue ensuite, à la fin de cette année, à Düren, sous les ordres du Major Mahony.

En 1793, nommé deuxième capitaine de cavalerie au 8e régiment de cuirassiers Hohenzollern, il sert sous les ordres du général de cavalerie Wurmser, et participe à la prise de Bienwaldes (20/21 août), de Weissenburg (13 octobre). Retourné au quartier-général, Hardegg trouve la première occasion, à Uttenhofen, de se distinguer, lors d’une attaque, le 26 novembre, avec un demi escadron, qui empêche une attaque des Français sur les arrières du général major Hotze, à Reichshofen, leur infligeant en même temps des pertes importantes. ´Deux jours plus tard, il se distingue de nouveau au combat de Neuburg, rejetant les Français sur la rive droite de la Motter, ce qui décide de la victoire pour les Autrichiens. Wurmser mentionnera son action dans sa relation des évènements.

Durant la campagne de 1794, Hardegg se trouve à Oberrhein. Au combat de Handshuhschein, le 24 septembre 1795 gagne la Croix (Ritterkreuz). Lorsque Pichegru, à la tête des Français, s’avance sur Heidelberg, et que le général Dufour lance une nouvelle attaque sur Handschuhsheim, le lieutenant colonel Klenau reçoit l’ordre de rejeter l’ennemi, avec six escadrons. Hardegg est en soutien, et remarque que l’aile gauche de Klenau n’est pas protégée.  Bientôt, Klenau se trouve en position d’être contourné. Hardegg lance alors une courageuse attaque (il est en infériorité numérique), qui rejette les Français, et lui permet de s’emparer de trois canons, d’un drapeau, et de faire prisonnier le général de division français Dufour.

Durant la campagne de 1796, et jusqu’à la fin de la guerre, Hardegg reste à l’armée d’Allemagne. Il combat à Malsch, Kanstatt, Esslingen, Neresheim, Biberach, Emmendingen, prend part à l’encerclement de Kehl, se trouve aux avant-postes entre Breisach et Kehl, et prend ses cantonnements, le 31 décembre, à Sinzheim.

Pendant la courte campagne de 1797, Hardegg se distingue à Diersheim et Honau, puis sur la Rench, les 20 et 21 avril.

Après la paix de Campo-Formio Hardegg est, avec son régiment, stationné en Bohême, à Wittingau, où il reste jusqu’au déclenchement des hostilités en 1799. Durant cette nouvelle guerre, il sert de nouveau dans l’armée principale de l’Allemagne du sud. Il est à Osterach, Stockach, à Philippsbourg, à la prise de Mannheim. A la fin de l’année il retrouve, toujours comme chef d’escadron, au 3e régiment de hussards. Pendant la campagne de 1800, il sert sous les ordres de Gyulay, à Freiburg. Le 7 mars, alors que les hostilités ne sont pas encore vraiment commencées, les Français attaquent Alt-Breisach,avec  un régiment d’infanterie, un de chasseurs et trois canons, en vue de s’emparer de Freiburg, Hardegg les attaquent et les refoule, avec des pertes importantes, sur Alt-Brisach. Il est cité à l’ordre du jour de l’archiduc Charles..

Durant cette campagne, Hardegg va servir dans de nombreuses actions, où il va montrer son courage et sa bravoure. C’est le cas, par exemple, le 25 avril, à la tête de l’arrière-garde lors de la retraite  sur Ebnet, puis le 30 avril, lorsqu’il est renvoyé dans Freiburg, qu’il n’évacue qu’après de très durs combats, et la prise de plusieurs prisonniers.. Mais il est aussi à Stochach, Engen, Möskirch, Biberach, Memmingen, Erbach, sur l’Iller et à Ulm, à Neuburg, Deusssenhausen, Vettenhausen, Deubach (où il est blessé à la poitrine). Le 4 juillet, sur proposition du maréchal Kray, il est nommé Major surnuméraire, au 3e régiment de hussards.

Durant la retraite sur l’Inn, Hardegg se trouve toujours à l’arrière-garde, et prend part à tous les combats, jusqu’à l’armistice. En décembre, il est nommé major à part entière, au 13e dragons (plus tard le 10e uhlans); après la paix de Lunéville, il est aide de camp de l’archiduc Ferdinand, qui commande à ce moment une division à Ödenburg. En janvier 1803, Hardegg retrouve son régiment. Il est lieutenant colonel, en 1804, à Prague, dans les hussards Ott, pour passer bientôt dans le régiment de hussards Schwarzenberg, où il est nommé, peu avant le déclenchement de la guerre en 1805, colonel. 

 

Les guerres napoléoniennes

Mais, au moment de l’avance de l’armée autrichienne en Allemagne, il tombe gravement malade. Il ne participera donc pas à la campagne, ne rejoignant l’armée qu’après Austerlitz.

Durant les campagnes de 1806 et 1807, Hardegg est à la frontière de la Bohême, au sein des troupes garantissant la neutralité de l’Autriche, où il reste après la dissolution de ces troupes.

Durant la campagne de 1809, Hardegg reçoit le commandement d’une brigade (3 bataillons de chasseurs, 4 escadrons d’uhlans Schwarzenberg). dans l’avant-garde de Fresnel du Ier corps d’armée. Il se distingue à maintes reprises, comme à la prise de Berchnig, aux combats d’Essling, à la veille de la bataille (Aspern pour les autrichiens), puis durant la bataille elle-même (il est alors général de brigade au 2e corps), puis à la bataille de Wagram, où il défend avec bravoure le village de Baumersdorf (1) (et s’attire l’admiration de Napoléon)

Plus tard, Hardegg commande l’arrière-garde du IVe corps d’armée autrichien, et participe à plusieurs combats, entre le 6 juillet et l’armistice de Znaïm, le 11 juillet. Sa belle résistance de Baumersdorf lui vaut, en 1810, la Croix de Commandeur de l’Ordre de Marie-Thérése.

Hardegg passe les années de paix à Brünn. Au moment de la campagne de 1813, il reçoit le commandement d’une brigade, dans la division légère de Schwarzenberg. A la bataille de Dresde – et plus particulièrement durant la retraite des Alliés qui suit, il fait encore une fois honneur à son nom et à sa réputation, et en est récompensé d’une promotion au grade de feld maréchal lieutenant, et du commandement d’une division. Il commande alors l’avant-garde de Bennigsen sur la Chaussée de Dresde, avant d’être remplacé par des troupes russes; il rejoint alors son corps d’armée à marches forcées, le 18 octobre. Durant la bataille de Leipzig, il commande l’avant-garde de l’aile gauche, sous le commandement du prince héritier, général de cavalerie von Hesse-Homburg. Il est très sévèrement blessé à la tête à Dölitz, d’une balle de carabine. Il doit alors rester quelque temps à Prague. Pour sa conduite à Leipzig, il est décoré de l’Ordre russe de Saint-georges (3e Classe) et est nommé propriétaire (« Inhaber ») du 8e régiment de cuirassiers.

Hardegg est à peine guéri de sa blessure qu’il rejoint l’armée, en janvier 1814, et reprend le commandement de sa division. Le 15 février, il s’empare de la ville de Moret (défendue par le général Montbrun). Après la bataille de Montereau, il est envoyé à l’armée du Sud, en formation, qui doit être opposée à Augereau. Le 26 février, Hardegg occupe Dijon, le 3 mars Chalons, le 11 Bourg en Bresse, le 17, Marlieux saur la rive gauche de la Saône. A la bataille de Lyon (le 18) Hardegg s’avance jusqu’à Maximieux, y reste jusqu’au 19, et fait menacer, par un parti de hussards (ils traversent le Rhône à la nage !), sous les ordres du colonel Simonyi, les arrières français. A l’affaire de Limonest, le 20, Hardegg s’avance jusqu’à Miribel, enveloppe l’avant-garde française, fait de nombreux prisonniers, et repousse l’ennemi. 

Le 21, Augereau a évacué la ville, Hardegg fait occuper la porte de la ville entre Rhône et Saône, puis se retire sur Chambéry, le 22, afin de menacer la route de repli du général Marchand, désarmer la milice et protéger l’aile gauche de l’avant-garde sur l’Isère. Le 29, c’est le combat de Chirens, contre des français en surnombre, qui sont repoussés, et l’occupation de Voiron le 30, Fin avril, Hardegg reçoit l’ordre de retourner à Lyon et de s’avancer sur la Loire., d’observer tous les mouvements d’Augereau, et de protéger les arrières de l’Armée du Sud. Hardegg, en conséquence, occupe Roanne,  passe la Loire, et s’avance, par l’Allier, jusqu’en Auvergne, dont la capitale Clermont-Ferrand, et une partie du département du Puy de Dôme, sont occupées. C’est là qu’il apprend l’armistice.

 

Les dernières années

Pendant le Congrès de Vienne, Hardegg est mis au service du tsar Alexandre Ier, avec lequel il participe à la campagne de 1815. Cette « coopération » a du plaire : elle est continuée, pendant le séjour d’Alexandre à Vienne en 1818, mais aussi aux Congrès de Troppau, Vérone et Laibach.  En 1829 il est nommé commandant militaire de Linz, puis il entre au Conseil secret, en novembre 1830, et est nommé commandant général en Transylvanie. En 1831, il prend le même commandement en Galicie. La même année, il est rappelé à Vienne, avec le grade de général de cavalerie (équivalent au grade de maréchal) : il vient d’être nommé vice Président du Conseil de Guerre (« Hofkriegsrat »)

Il prend la présidence de ce Conseil en août 1834. Il occupera ce poste jusqu’a la fin de sa vie.

Ignaz Hardegg-Glatz meurt à Vienne, le 17 février 1848, âgé de 76 ans.