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Johann , comte Klenau (1757-1819) – Le Consulat et le Premier empire

Portrait de Klenau, vers 1801. Wikipedia
Portrait de Klenau, vers 1801. Wikipedia

Les premières armes

Issu d’une vieille famille de Bohême, Johann Klenau naît à Prague, en 1757. Il entre, à l’âge de 17 ans, il entre comme cadet dans le 47e régiment d’infanterie Elrichshausen, et combat pendant les guerres de Succession, comme capitaine de cavalerie, au 5e régiment de chevau-légers Kinsky (plus tard le 9e uhlans).

Klenau se distingue durant la guerre contre les Turcs, d’abord le 22 avril 1788, à Semlin où, alors qu’il commande les avant-postes, il résiste solidement à une attaque ennemie. Il est alors promu major, aux dragons Joseph de Toscane, transféré, en mai 1792, au régiment de dragons Kaiser, et commence les guerres de la révolution comme lieutenant colonel (12 février 1793)

 

Les guerres de la Révolution

Klenau est à l’armée du Rhin, commandée par le général de cavalerie Wurmser, employé d’abord, et pas toujours marqué par a chance, de façon heureuse, comme partisan, mais rôle qui convient très bien à son courage et son astuce. Son nom va ainsi acquérir de la célébrité :

– le 2 avril, à Leimersheim,, où il est fait prisonnier  près d’Offenbach, mais il est libéré, sur le champ de bataille, par deux hussards du régiment archiduc Léopold,
– le 18 septembre à Schaid,
– lors de la prise des défenses de Weissenburg et l’avance sur Brumpt
– durant l’attaque de Weiersheim, le 21 novembre lors de la défense des postes de Reichshofen, le 26 novembre,
– et lors de la défense  des positions de Dangendorf, le 2 décembre, où, attaqué de trois cotés, mais avec le soutien du lieutenant colonel Prince de Hesse-Comburg,
– enfin à Lüttich, le 3 août 1794.

Mais c’est à Handschuhsheim qu’il se fait le plus remarquer. Le feld maréchal lieutenant Quosdanovich est, le 24 septembre 1795, attaqué par deux divisions françaises (Dufour et Ambert), séparées par le Neckar. Une colonne française – un régiment de chasseurs et 5 bataillons d’infanterie, avec 8 canons – s’avance sur Neuheim, pour s’emparer de Handschuhsheim, fortement tenu par les autrichiens. Le général Bajalich donne alors l’ordre à Klenau de s’avancer avec six escadrons sur Neuheim et d’attaquer les français. Rapidement, Klenau partage ses cavaliers en trois colonnes, s’avance et se jette sur les chasseurs, les repousse et s’empare en même temps des fantassins et des  pièces artillerie, y compris 9 voitures de munitions et 31 chevaux. Une grande partie des français prend la fuite,, mais le plus gros est jeté dans le Neckar ou fait prisonnier. Le général Dufour, blessé de deux coups de sabre, est fait prisonnier; la cavalerie française s’enfuit brides abattues sur Mannheim, et le reste de la brigade Désirat – lui même a été tué, s’enfuit sur la rive gauche du Neckar.

Ces évènements valent à Klenau la Croix à titre exceptionnel, et sa promotion au grade de colonel aux hussards Wurmser. Ses exploits continuent. A Oggerheim, il contourne les batteries françaises et leur prend 3 canons; à Schweigenheim, le 10 décembre, il se distingue de nouveau, puis, l’année suivante (1796) il rejoint l’armée en Italie. Il reste un certain temps à Mantoue, avec une partie de son régiment, reste aux cotés de Wurmser pendant le long siège, jusqu’à la reddition ce celle-ci, le 2 février 1797

En avril, il est avec son régiment en garnison , à Vienne, où il reçoit sa nomination comme général major, au tour extraordinaire.

Lorsque la guerre reprend 1n 1799, Klenau se retrouve de nouveau en Italie, et obtient de bons résultats. Lorsque Macdonald, qui commande alors l’armée française, se voit forcé d’évacuer ses positions de l’Italie du Nord,, il laisse derrière lui plusieurs petites unités dont le rôle est de porter aide aux républicains italiens. Klenau va les disperser. Puis il est au siège, pour un cour espace de temps, de Gênes, avant de rejoindre l’armée d’Allemagne.  Le 28 octobre 1799, il est nommé feld maréchal lieutenant.

Durant la période de paix qui suit, Klenau commande une division à Prague et est nommé, en février 1804, propriétaire (« Inhaber ») du 5e régiment de chevau-légers.

 

Les guerres napoléoniennes

Lorsque la guerre reprend, en 1805, Klenau se trouve avec l’armée de Bavière, et se retrouve dans Ulm. Après la capitulation de la garnison, il est présenté à Napoléon, qui loue sa bravoure et regrette le sort des armes défavorable aux autrichiens. Dans la période qui suit, Klenau entre au conseil de guerre de la Cour et est décoré du tout récent Ordre Léopold (Croix de Commandeur).

Klenau va marquer les évènements de la campagne de 1809. A Essling, il commande l’avant-garde des 4e et 5e colonnes; à Wagram, il prend la place de Hiller, malade, à la tête du VIe corps. Les Relations et Rapports de la bataille mentionnent sa bravoure Pendant la bataille de Wagram, il tient le Danube de Spitz à Enzersdorf, ainsi que les défenses devant les ponts d’Aspern. Ses instructions son, selon les évènements, de résister avec ses troupes dans les retranchements d’Aspern et d’Essling; durant la nuit du 5 au 6 juillet, il est sur les hauteurs de Stammersdorf, et envoie des avant-postes à Gerarsdorf et Leopoldau, s’avance sur Essling et Aspern, suivant ses instructions, et ne quittera ces positions que lorsque les combats auront cessé. Il rejoint alors Stammersdorf. La nuit, il y tient ses positions en ordre de bataille, prend au matin position à Korneuburg, comme arrière garde de l’armée autrichienne, l’ensemble de celle ci ayant pris la direction de Znaïm. Avec sa droite adossée au Danube et sa gauche à Leobersdorf, il fait face la journée entière aux français. Puis il se retire sur Hollabrunn, par Sierndorf, Mallebern, Göllersdorf et Stelzendorf. Il livre là un combat opiniâtre. Le 10 juillet, le Ve corps (Reuss) remplace l’arrière-garde autrichienne. Pour ses services, le général en chef (c’est encore l’archiduc Charles) lui remet, au nom de l’Empereur, la Croix de Commandeur.

En 1812, Klenau entre au conseil secret. En 1813, il est nommé général de cavalerie (équivalent au grade de maréchal) et est décoré Grand Croix de l’Ordre de Léopold.. Il reçoit aussi le commandement d’un corps d’armée, au sein de l’armée de Bohême. A la bataille de Dresde, il forme l’extrême aile gauche de l’armée alliée. Mais il en est séparé par le fossé de Plauen. Cela lui occasionnera des pertes importantes, lorsqu’il sera attaqué par les cavaliers de Murat.

Klenau se trouve ensuite à Leipzig, puis, à partir du 26 octobre, reçoit le commandement du siège de Dresde. Il dispose de 53.000 hommes et a bien l’intention de faire tomber, par la force, la place, défendue par les 30.000 hommes de de Saint-Cyr. Mais la situation dans la ville assiégée va s’aggraver avec les jours, et, bientôt, Saint-Cyr  va être amené á désarmer les troupes  saxonnes et allemandes, et de leur donner leur liberté. Le 7 novembre,  il se décide, devant une situation devenue impossible, à négocier la reddition La capitulation est finalement signée au quartier général de Klenau, le 11 novembre. La garnison est faite prisonnière de guerre (à l’exception d’un bataillon de 600 hommes et de 50 gendarmes), doit déposer les armes et être conduite, en six colonnes, à Strasbourg, où elle devra rester sans combattre contre les Alliés. Ce sont ainsi 1 maréchal, 11 généraux de divisions, 20 généraux de brigade, 1727 officiers supérieurs et 27.714 hommes qui prennent la direction de la France. Mais le 17 novembre, Schwarzenberg dénonce le traité, comme ne correspondant pas aux ordres donnés à Klenau.  Il donne à Saint-Cyr le choix, soit de retourner à Dresde, soit d’être fait prisonnier de guerre, et envoyé dans une province autrichienne. Saint-Cyr choisit la deuxième solution.

Klenau est ensuite envoyé en Italie.

Après la paix de Paris, Klenau est nommé inspecteur en Bohême, puis commandant général en Moravie et Schleswig, poste qu’il occupera jusqu’à la fin de sa vie.

Johann Klenau meurt à Brünn, le 6 octobre 1819, à l’âge de 62 ans.