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Historiques – Le 20e dragons – Le Consulat et le Premier empire

 Laurent Lagneau – Robert Ouvrard

« Murat, à la tête du 20e dragons, exécute une charge qui lui vaut d’être cité dans le rapport du général en chef » (Rapport de 1796)
« Le 20e régiment de dragons s’est particulièrement distingué » (Bulletin de la Grande Armée, 1805)

Insigne du 20e dragons
Insigne du 20e dragons

La création officielle du 20e Dragons

Le 20e Régiment de Dragons est crée par un décret de la Convention en date du 1er mars 1793. Son recrutement se fait à partir d’engagés volontaires de la province du Hainaut, qui, à peine libérée du joug autrichien, est rattachée à la France la même année ( département de Jemmapes n°86 ). Organisé sous le nom de Dragons du Hainaut et de Jemmapes par le colonel Gondran, le régiment prend le 5 juillet 1793 la dénomination de 20e Régiment de Dragons. A cette date, ce dernier complète son recrutement par l’incorporation de la Compagnie des Chasseurs du Rocher de la Liberté. Le régiment n’ est définitivement constitué à 4 escadrons et 1 dépôt que le 29 juillet 1793, date à laquelle tous les détachements qui doivent entrer dans sa composition arrivent effectivement dans leurs cantonnements respectifs.

 

Cantonnements des fractions du régiment au 10 mars 1793
 

Aire

Noyon

Doullens

Saint Quentin

Saint Omer

L’effectif est de :

  • 27 officiers
  • 750 hommes
  • 220 chevaux

Au 26 floréal ( 15 mai ), l’état-major et les 3 premiers escadrons sont réunis à Abbeville. Ces derniers feront partie de l’armée du Nord et des Ardennes le 22 messidor ( 10 juillet). Le 4e escadron et le dépôt, quant à eux, occupent Doullens.

En juillet 1794, 3 escadrons du régiment participent au siège du Quesnoy. Passé à l’armée de Sambre et Meuse, il prend part à la prise du Quesnoy et de Valenciennes. Puis, le 2 octobre, il combat à la Grande Chartreuse et à Aldenhoven où le Maréchal des Logis Deny, avec 4 dragons, délivre le général Jacob, alors prisonnier de 15 hussards autrichiens. Il recevra d’ailleurs pour ce fait d’arme un sabre d’honneur et, plus tard, la Légion d’Honneur pour sa conduite en Egypte.

1796

22 avril Bataille de Mondovi
7 mai Combats de Fombio
10 mai Combats de Lodi
25 mai Révolte de Pavie
18 juin Prise de Fort Urbin
4 et 5 août Bataille de Castiglione
15 septembre  Combats:

  • de la Favorite
  • de Saint Georges
  • de Dué Castelli
30 septembre Combat de Castelluchio
2 octobre Prise du château de Monte Chiarugolo

1797

3 Février
  • Blocus et capitulation de Mantoue
  • Expédition de la Romagne

Passé à l’ armée des Alpes en 1795, le régiment participe à la répression des troubles dans le midi de la France. L’année suivante, il est intégré à l’armée d’Italie qui envahit l’Italie sous le commandement de Bonaparte. Il s’ensuit une longue série de batailles et de combats contre les autrichiens qui commence le 22 avril et qui se termine le 02 octobre (voir ci-contre). Le 3 février 1797, le régiment , qui est toujours en Italie, prend part au blocus de Mantoue – blocus qui amènera la capitulation de la ville – et à l’expédition de la Romagne. Les combats d’Italie prennent fin le 7 avril 1797 quand Bonaparte et les Autrichiens signent l’armistice.

 

Bonaparte aux Pyramides
Bonaparte aux Pyramides

L’Armée d’Orient

En 1798, le 20e Dragons change de théâtre d’opérations : il est rattaché à l’armée d’Orient qui débarque, avec Bonaparte et une équipe de savants, en Egypte dans la nuit du 1er au 2 juillet sur la plage de Marabout.

Sous les ordres du général Dumas, alors commandant de la cavalerie de l’armée d’Egypte ( qui est composée des 2e de Hussards, du 22e Chasseurs et des 3e, 14e, 15e, 18e et 20e Dragons ) le régiment prend part à la prise d’Alexandrie le 2 juillet, aux combats de Cheibreis le 15 juillet et à la bataille des Pyramides le 21 juillet, qui verra 15 000 mameluks défaits par les troupes françaises et Le Caire occupé par ces dernières. Mais le 1er août, les Français subissent un revers à Aboukir : la flotte française y est détruite par 14 vaisseaux britanniques sous les ordres de l’amiral Nelson.

L’année suivante, le 20e Dragons fait partie de l’expédition de Syrie. Sous la pression de l’Angleterre, la Turquie déclare la guerre aux Français. Deux armées turques sont constituées pour se rendre en Egypte. L’une s’y rend directement sous la protection de la Flotte anglaise, l’autre prend un autre itinéraire qui passe par la Syrie. C’est cette dernière que le général Bonaparte décide d’aller attaquer, laissant l’Egypte sous la protection du Sultan égyptien. De février à avril, et sous les ordres de Murat, le régiment va successivement être engagé dans les combats d’El-Arish, de Jaffa et de Gaza et il prend part au siège de Saint Jean d’Acre qui, tenu par les turques appuyés par la flotte anglaise, sera un échec et à la bataille du Mont-Thabor où les français défont l’armée turque du pacha de Damas ( 16 avril 1799 ). Ayant perdu près de 5000 hommes, Bonaparte ordonne la retraite. Même si cette dernière aura été éprouvante, elle n’empêche pas néanmoins les français de remporter une nouvelle victoire sur les turques à Aboukir, le 25 juillet 1799. Le 22 août, Bonaparte embarque secrètement pour la France et laisse le commandement du corps expéditionnaire français au général Kléber.

En 1800, le 20e Dragons est à la bataille d’Héliopolis (Egypte – 20 mars) où les Français battent les 80 000 hommes d’Ibrahim bey. Le 14 juin, Kléber est assassiné : Menou lui succède. En 1801, le régiment combat contre les troupes anglaises du général Abercrombrie à Canope lorsque ces dernières tentent de débarquer. Quelques jours plus tard, la cavalerie française, malgré une charge terrible, subit une cuisante défaite à Alexandrie. Encore une fois, le 20e Dragons a fait bonne figure, suivant l’exemple du chef d’escadrons Blaniac qui, traversé par une balle et criblé de coups de baïonnettes, refuse de se rendre aux anglais et continue à se battre avec son seul sabre. Il sera nommé colonel à la fin de la campagne d’Egypte puis général de brigade et de division.

Mais cette défaite a de grandes conséquences : Menou capitule devant les anglais sous la condition que les troupes françaises soient rapatriées.

Le régiment revient en France en 1802 pour être placé dans le Corps d’observation de la Gironde puis dans la division d’opération en Vendée en 1803. Il intègre l’armée des Côtes de l’Océan en 1804.

 

La Grande Armée

Le 20e Dragons, sous les ordres du colonel Reynaud, va renouer avec l’Histoire dès 1805, année où il est incorporé à la Grande Armée. Il fait partie de la 1e Division de Dragons qui comprend les 1er, 2e, 4e, 20e Dragons et qui est placée sous le commandement du général Klein (1).

le brigadier Blondel, du 20e Dragons, arrache un étendard au milieu des hussards palatins
le brigadier Blondel, du 20e Dragons, arrache un étendard au milieu des hussards palatins

Le régiment renoue avec l’action en octobre 1805 quand la Grande Armée franchit le Rhin. Il fait partie des régiments qui combattent avec succès les 40 000 soldats autrichiens de Mack à Wertingen le 9 et à Memmingen le 14. Deux jours plus tard, le 20e Dragons avec le 9e d’infanterie légère, les Chasseurs de la Garde et les régiments de la division Klein, chargent victorieusement l’ennemi à Neresheim où le brigadier Blondel, du 20e Dragons, arrache un étendard au milieu des hussards palatins. Mais Blondel n’aura pas été le seul à montrer son courage : la conduite exemplaire des troupes françaises engagées et de leurs chefs fera l’objet d’un ordre du jour inséré au Bulletin de la Grande Armée.

 

A ce combat, le prince Murat a été très-satisfait du général Klein. Le 20e régiment de dragons, le 9e d’infanterie légère et les chasseurs de la garde impériale se sont particulièrement distingués. (6e Bulletin de la Grande Armée – 18 octobre 1805)

Les jours suivants, la division Klein poursuit les troupes du général Werneck jusqu’à Nordlingen où ce dernier sera pris. Le 20 octobre, le 20e Dragons est au blocus de Ulm où l’armée autrichienne va capituler devant les troupes françaises. La cavalerie française récupérera les chevaux des Autrichiens afin de compenser ses pertes.

Enfin, le 2 décembre 1805, le 20e Dragons, ainsi que la division Klein, prennent part à la fameuse bataille d’Austerlitz (2) où 60 000 français vont infliger une cuisante défaite aux troupes russes et autrichiennes (105 000 hommes). Les Français font 30 000 prisonniers et le bronze des canons de l’artillerie ennemie servira à la conception de la colonne Vendôme, monument édifié en l’honneur de la Grand Armée.

Bataille d'Iéna
Bataille d’Iéna

En 1806, le 20e Dragons passe à l’armée d’Allemagne. Le fait d’arme le plus marquant de cette année est sans conteste la bataille d’Iéna (14 octobre) où l’Empereur commandera en personne les troupes françaises engagées. La bataille n’aura duré que quelques heures mais les Prussiens auront perdu presque 20 000 tués et blessés, 40 000 prisonniers – dont des officiers généraux – et 300 canons. Le 20e Dragons (comme les autres régiments de la division Klein) a pris une part glorieuse à cette victoire au point que le prince Murat en rendra compte à Napoléon.

Après avoir bivouaqué près de Weimar le 14 au soir, la division Klein (et donc le 20e Dragons), marchant sur Erfurt, charge l’escorte d’un convoi prussien et s’en empare. Erfurt tombera aux mains des troupes françaises qui feront 14 000 prisonniers et saisiront une centaine de canons. Le 16, la division Klein, éclairée par le 13e Chasseurs de la Brigade Lasalle, occupe le village de Weissensee où le général Klein va se laisser abuser par général Blücher. En effet, ce dernier, à la tête d’un corps de 6 000 chevaux, se présente pour traverser le village. Déjà, les Dragons s’apprêtent à charger lorsque Blücher, désappointé par cette rencontre à laquelle il ne s’attendait pas, et voulant éviter un engagement dont il craint une issue fatale, jure sur son honneur que Napoléon vient d’accorder un armistice à l’armée prussienne. Le général Klein, ne pensant pas qu’un officier général puisse ainsi engager faussement sa parole, commet l’erreur de laisser passer le détachement prussien. Le Français s’apercevra plus tard de la duperie de Blücher et ce dernier sera déjà trop loin pour espérer le rattraper.

Le 20 octobre, la division est mise à la disposition des maréchaux Soult et Ney, chargés d’investir Magdeburg. Elle est désignée pour éclairer les mouvements du corps du maréchal Soult lequel doit passer sur la rive droite de l’Elbe pour couper la colonne ennemie commandée par le Duc de Saxe-Weimar. 

26 décembre 1806

La Division Klein appuie le mouvement du Maréchal Augereau sur Gollaczyzn. Elle rejoint ensuite les autres divisions du Prince Murat arrivant sur la droite, charge l’ennemi à Golymin et le poursuit sur la route d’Ostrolenka.

Le Prince Murat rendant compte à l’Empereur des incidents de ce combat s’exprime ainsi :

« La Division Klein a chargé l’ennemi de front tandis que les brigades Lasalle et Milhaud le prenaient en flanc. Pendant le combat qui a duré jusqu’à huit heures du soir, la division de Dragons du Général Klein s’est couverte de gloire. elle a rétabli plusieurs fois la lutte à son avantage. « 

De novembre à décembre, la division Klein continue sa progression en Allemagne et en Pologne. Le 20e Dragons se montrera plusieurs fois à son avantage au cours de cette période. Par exemple, le 5 novembre, il charge plusieurs escadrons saxons qui se rendront immédiatement et le 25 décembre, il charge l’ennemi sur le pont de Lopaezyn. C’est au lendemain de cette charge que la bataille de Pulstuk a lieu et à laquelle tous les éléments de la division Klein sont engagés. En effet, jusqu’à huit heures du soir, les cavaliers se battent avec acharnement et retournent plusieurs fois à leur avantage des situations défavorables. La bataille se termine par une victoire française et le soir même, la division Klein occupe Zonskono avec la brigade Lasalle. Le 27, elle marche sur Makow, s’empare de quelques trainards russes et poursuit l’ennemi sur la route d’Ostrolenka. Les jours suivants, la division Klein aura pour mission de se tenir prête pour venir au secours du général Lasalle au cas où ses troupes seraient attaquées.

En 1807, le colonel Corbineau (3) succède au colonel Reynaud à la tête du 20e Dragons.

Le 8 février, le 20e Dragon est engagé dans la bataille d’Eylau. Dans des conditions climatiques très difficiles (froid, vent et neige), les troupes françaises contraignent l’armée russe de Bennigsen à reculer. Pourtant, au début du combat, les choses tournent mal : le corps d’Augereau subit de très lourdes pertes (4) mais la charge des 80 escadrons du prince Murat enfonce les lignes ennemies qui sont ensuite débordées par la gauche par les troupes de Davout et par la droite par celles de Ney. Malgré la violence de cette bataille, la victoire ne sera pas décisive car les Russes auront eu le temps de reformer leurs troupes dans le camp retranché de Heilsberg. 50 000 hommes – dont 30 000 Russes – ont été tués ou blessés lors du combat. Napoléon aurait d’ailleurs été très touché par la vision « apocalyptique  » du champ de bataille.

Après la prise de Dantzig au printemps 1807, le 20e Dragons passe à la IVe division de Dragons du général Latour-Maubourg.

Le régiment participe à la bataille d’Heilsberg le 10 juin et, le 14, à celle de Friedland où les premiers combats sont engagés dès 3 heures du matin et se termineront à 10 heures du soir par une victoire française – déterminante cette fois – sur les troupes russes. Au cours de la bataille, le brigadier Blondel fait de nouveau parler de lui en faisant 8 prisonniers. Les pertes ennemies sont élevées (20000 hommes) ce qui amène les Russes à se replier sur le Niémen.

 

La guerre d’Espagne

De 1808 à 1812, le 20e Dragons quitte l’armée d’Allemagne et l’est de l’Europe pour être affecté à l’armée d’Espagne. Il fait partie de la division Latour-Maubourg qui est elle-même intégrée au Ier corps d’armée du maréchal Victor. Les Français, sous les ordres du prince Murat, envahissent la Péninsule au début de l’année. A la suite de la destitution du roi d’Espagne par Napoléon à Bayonne, les Espagnols se révoltent à Madrid et à Tolède où est justement cantonné le 20e Dragons. Même si la répression des Français est très dure, ils subissent néanmoins bon nombre d’exactions de la part des Espagnols. Des témoignages parlent de tortures, de crucifixions, de pendaisons…

Extraits de rapports

 » Dès le 12 novembre, l’avant garde espagnole, composée de l’élite et la presque totalité de la cavalerie et précédant de plusieurs journées le gros des troupes, vint attaquer auprès d’Ocana la division de dragons du général Milhaud qui avait en outre avec lui le 7e régiment d’infanterie polonaise; après quelques charges qui amenèrent la cavalerie ennemie sous le feu du régiment polonais formé en carré, les dragons français culbutèrent les escadrons nombreux qui leur étaient opposés et leurs firent éprouver de grandes pertes, surtout aux carabiniers royaux. C’est en grande partie à cet engagement d’avant garde qu’il convient d’attribuer la victoire signalée que nous rapporterons bientôt, quoiqu’elle n’ait eu lieu qu’une semaine plus tard. En effet, la cavalerie ennemie après avoir ainsi mesuré ses forces avec celles des Français, et après avoir surtout essuyé le feu terrible du carré polonais, n’osa pas donner, à la bataille dont nous parlons, ni même faire l’arrière garde, ce qui eût sauvé vingt cinq mille prisonniers à l’armée espagnole. » (Extrait d’une relation officielle sur la bataille d’Ocana – Journée du 18 novembre)

« La 2e brigade du général Milhaud chargea une autre colonne ennemie qui se retirait en toute hâte, la fit prisonnière presque en entier et lui enleva toute son artillerie. Les Espagnols furent ainsi poursuivis le sabre au rein jusqu’à La Guardia; à chaque pas, la cavalerie française ramassait de nouveaux prisonniers et, dans la soirée, vingt mille hommes, cinquante pièces de canons, trente drapeaux et une immense quantité d’armes de toute espèce étaient au pouvoir des vainqueurs.  » (Extrait du rapport du général Sébastiani)

A propos de la cavalerie:

« Aussitôt qu’elle put charger l’ennemi, elle s’en acquitta dignement. Le général de division Milhaud se montra avec valeur et distinction. Le général Noirot, employé à cette division et le colonel Corbineau du 20e Dragons qui a commandé la 2e Brigade après la mort du colonel Vial ont déployé les plus grands talents. « 

Un mois après le début de la révolte espagnole, un escadron du régiment se trouve dans la région de Baylen et prend part aux combats de Mengibard le 18 juin, de Banos le 14 juillet et d’ Andujar le 16. Trois jours plus tard, les troupes françaises, sous les ordres du général Dupont, se retirent d’Andalousie où l’insurrection espagnole devient de plus en plus inquiétante pour se replier sur Baylen. Or, la route de Baylen est coupée par les Anglais mais les Français échouent dans leur tentative de forcer le passage. Le 22 juillet, le général Dupont capitule devant les anglo-espagnols et obtient que les prisonniers de guerre soient rapatriés en France. Mais cet accord ne sera pas respecté par les coalisés et toutes les troupes françaises, dont l’escadron du 20e Dragons, sont faites prisonnières.

Le 23 novembre 1808, on retrouve le 20e Dragons à la bataille de Tudela qui verra la victoire des Français, commandés par le maréchal Lannes, sur l’armée régulière espagnole de Castanos et de Palafox. Par la suite, l’armée française remporte des victoires probantes contre les Anglais qui sont contraints de se retirer d’Espagne le 16 janvier 1809. Jusqu’au mois de mars de la même année, des éléments du régiment participent avec succès à une succession de combats à une centaine de kilomètres au sud de Madrid ( Coral d’Almaguer, Chinchon, Santa Cruz, Tribaldos, Uclès, Mora, Madridejos…) mais ces derniers ne sont pas restés dans la mémoire collective. En revanche, le 28 mars 1809, le régiment entier est à l’importante bataille de Ciudad- Réal, en Andalousie. Les Espagnols voient leur offensive sur Madrid stoppée par les troupes françaises commandées par le général Sebastiani que l’on retrouvera le 10 août de la même année à Almonacid où les Français (dont des éléments du 20e Dragons) remportent une autre victoire sur les Espagnols. Mais avant cette bataille, des escadrons du régiment se sont illustrés aux combats de Vicillo, Villamaurique et Membrillas.

Le 19 novembre 1809, le régiment se trouve à Ocana, avec la division Milhaud. Les troupes espagnoles marchent de nouveau sur Madrid mais elles se heurtent aux Français, commandés par le maréchal Soult, et sont mises en déroute. 10 000 Espagnols sont tués et 25 000 sont faits prisonniers. Après la victoire d’Ocana, la division Milhaud se cantonne à Aranjez. Le 23 novembre, une colonne mobile, commandée par le général Milhaud et composée du 20e Dragons et de deux bataillons du 58e d’infanterie de ligne, se porte sur Soria par Guadalaxara et Almazan. Cette colonne, après avoir dispersé plusieurs bandes d’insurgés, reste deux jours à Soria et se dirige ensuite sur Catalayund puis sur Cuença.

Le 30 décembre, le général Milhaud opère sa jonction entre Cuença et San Clemente avec la colonne commandée par le duc d’Aremberg. Le 20e Dragons va occuper Honrubia, surveille la route de San Clemente et envoie des reconnaissances dans la direction d’El-Probarcio.

Au mois de janvier 1810, deux escadrons du régiment vont participer à une série de combats dans le sud de l’Espagne, dont ceux de la vallée de San Estevan le 20, d’Alcala la Real le 27 et de Malaga le 5 février (la ville sera d’ailleurs occupée par les Français à l’issue).

Dragon 1810
Dragon 1810

Deux mois plus tard, on retrouve ces deux escadrons engagés dans les combats de Murcie, de Yelez el Rubio, de Lorca et de Tortana. Cette série se termine en novembre 1810 par la prise de Marbella à laquelle un des deux escadrons du 20e Dragons participera.

La campagne d’Espagne continue toujours en 1811 pour le 20e Dragons qui se trouve désormais dans la région de Séville.

Colonels et Chefs de brigade

1793: Gontran (?) – Chef de brigade

1797: Boussart (Andre-Joseph) – Chef de brigade

1800: Reynaud (Nicolas) – Chef de brigade et colonel en 1803

1807: Corbineau (Jean-Baptiste-Juvenal) – Colonel

1811: Desargus (Pierre-Jean-Baptiste-Martin) – Colonel

1815: De Briqueville (Armand-Francois-Bon- Claude) – Colonel

(Tony Broughton)

Le 16 mai, il prend part à la bataille de La Albuhera. Sous les ordres du maréchal Soult, les Français tentent de dégager la place de Badajoz (à la frontière du Portugal), alors assiégée par les Anglais de Beresford et aidés par l’armée espagnole de Castanos. La bataille est sans doute la plus sanglante de toute la guerre d’Espagne par rapport aux forces en présence mais le 20e Dragons s’y distingue particulièrement en chargeant victorieusement une division anglaise et en faisant 1000 prisonniers. Cependant, en dépit du courage de ses troupes, Soult est battu et il est contraint de battre en retraite. Le régiment prend part aux combats d’Usagre et d’Elvas dans le mois suivant et le 28 octobre, il est à Arroyo Molinos, en Estramadure où les Anglais vont une nouvelle fois remporter une victoire sur nos troupes en écrasant la division Girard isolée du gros de l’armée de Marmont. Le 20e Dragons livre son dernier combat de l’année à Bornos et se retrouve au nord de l’Espagne au début de 1812.

Le fait marquant de cette année est sans nul doute la bataille de Salamanque (ou des Arapiles) qui est le tournant décisif de la guerre d’Espagne. Le 22 juillet, l’armée de Marmont (47 000 hommes) est au prise avec celle de Wellington, composée de 51 000 Anglais et Portugais. En fait, des escarmouches entre les deux armées ont eu lieu quelques jours auparavant. C’est ainsi que le 18 juillet, à Tordesillas, le 20e Dragons fait partie des unités de dragons qui mettent en fuite la cavalerie de Wellington venue porter secours au général Cotton aux prises avec les troupes françaises. Mais ce succès est de courte durée puisque les Anglo-Portugais prennent leur revanche 4 jours plus tard en mettant en déroute l’armée de Marmont. Le lendemain de la bataille, le 20e Dragons se bat encore à Alba de Tormes. Mais la retraite est inévitable et les restes de l’armée de Marmont doivent se replier sur Madrid. La conséquence directe de cette défaite française est l’abandon de l’Andalousie aux troupes alliées.

A peine un mois plus tard, le régiment est à Puente de la Reyna. La tournure des événements n’est pas favorable aux Français qui se replient sur Burgos. Enfin, de septembre à novembre, le 20e Dragons est en opérations près de Pampelune mais ses efforts resteront vains et, après les désastres de la campagne de Russie, il reçoit l’ordre de rentrer en France, à l’instar de bon nombre de régiments de la guerre d’Espagne, pour être ensuite incorporé à l’énorme réserve de cavalerie du prince Murat.

 

Vers la fin du Ier Empire

Dès son retour d’Espagne, le régiment est intégré à la 1e division de dragons qui elle-même fait partie du Ve corps de cavalerie.

Pendant les six premiers mois de l’année 1813, le régiment livre plusieurs combats dans la région de Dantzig. Au mois d’août, le 20e Dragons est à Dresde où Napoléon veut contrer l’armée de Bohème de Schwartzenberg. 170 000 Russes et Autrichiens sont opposés à 120 000 Français. La tactique des forces alliées consiste à enfoncer le centre du dispositif des troupes françaises tandis que celle de Napoléon est d’attaquer les ailes de l’armée ennemie. L’ issue de la bataille est favorable aux Français mais la victoire n’est pas totale puisque l’armée de Bohème, malgré de lourdes pertes, réussi à se replier.

Officiers tués et blessés durant la période 1805-1815

 Officiers tués : 10

Officiers morts de leurs blessures: 2

Officiers blessés: 56

(Tony Broughton)

Le 16 octobre, le 20e Dragons participe à la bataille de Wachau ( près de Leipzig ) où Napoléon réussit une nouvelle fois à contenir l’armée de Schwartzenberg. Deux jours plus tard, le régiment est à Leipzig. La supériorité numérique des forces alliées oblige les forces françaises à se replier sur Erfurt puis sur le Rhin. Mais les armées alliées poursuivent les Français et le 30 octobre, l’armée du roi de Bavière et des troupes autrichiennes prennent position dans les environs de la ville d’Hanau pour leur couper la route. Cette tentative d’arrêter Napoléon se soldera par un échec : en effet, pendant qu’une partie des armées françaises retient l’attention des Bavarois, le gros de la troupe contourne l’ennemi et attaque son aile droite. Le mouvement est imparable, le Roi de Bavière est battu et la route de Francfort est ouverte pour les Français qui peuvent espérer revoir leur pays.

Au début de 1814, la situation militaire française est très délicate car les armées coalisées sont sur le point d’envahir la France. Le 20e Dragons est à Saint-Dizier le 27 janvier où Napoléon croit trouver le fameux Blücher (celui qui avait trompé le général Klein à Weissensee). En fait, les Français auront la partie facile et vaincront 2 500 cavaliers Russes.

Le général Marcy
Le général Marcy

Deux jours plus tard, sachant que Blücher s’est replié sur Brienne, Napoléon décide de l’attaquer par surprise. Le 20e Dragons fait partie des troupes engagées. Mais l’effet de surprise n’a pas joué et les Français se heurtent à une vive résistance. Ils parviennent néanmoins à s’emparer du château de la ville mais, dans la nuit, Blücher se replie sur Trannes pour opérer une jonction avec l’armée de Bohème de Schwarzenberg.

Mais Napoléon, qui ignore que les armées ennemies se sont regroupées, continue à poursuivre l’armée de Blücher. Cette dernière, renforcée par celle de Bohème, attaque les Français à La Rothière le 1er février. La bataille tourne presque au désastre pour les Français qui perdent 8 000 hommes et 60 pièces d’artillerie. Le gros des troupes françaises – dont le 20e Dragons – réussit cependant à se replier.

Deux semaines plus tard, le 20e Dragons prend part à la bataille de Mormant. La cavalerie française charge l’avant garde du corps de Wittgenstein et le contraint à se replier. Le bilan de ce combat est de 2 000 prisonniers russes. Les jours suivants, le régiment suit le mouvement général de l’armée française qui est à Montereau le 21 février pour affronter les troupes du prince de Wurtemberg chargé de couvrir la repli de Schwarzenberg sur Troyes. La ville est prise d’assaut par les Français mais il est trop tard : l’armée de Bohème a eu le temps de se replier. Le 20e Dragons est au feu à plusieurs reprise jusqu’au 3 avril 1814, date à laquelle Napoléon, déchu par le Sénat, abdique. Le régiment connaît alors une courte période de repos et devient le 15e Dragons.

Batailles et combats.

1793: Siège de Quesnoy
1794: Capture de Landrecies, Quesnoy, Valenciennes, bataille de Aldenhoven
1796: Mondovi, Lodi, Castiglone
1797: La Favorite, Saint-Georges, Due-Castelli, Castelluchio, Mantoue
1798: Alexandrie, Chebreiss, les Pyramides
1799: El-Arich, Gaza, Jaffa, Saint-Jean-d’Acre, Mont-Tabor, Aboukir
1800: Heliopolis
1805: Wertingen, Memmingen, Neresheim, Ulm, Austerlitz
1806: Iéna, Pultusk
1807: Eylau, Heilsberg, Friedland
1808: Andujar Tudela
1809: Ucles, Ciudad-Real, Almonacid, Ocana, Salamanque, Pampelune, Tamames
1811: Albufera
1813: Leipzig, Dresden, Hanau
1814: Saint-Dizier, Brienne, La Rothière, Mormont, Monterau, Troyes
1815: Ligny, Waterloo

(Tony Broughton)

En mars 1815, Napoléon revient au pouvoir et les Alliés reprennent le chemin de la guerre: c’est la période dite des « Cent Jours ».

Le 16 juin 1815, le régiment, qui a repris son numéro 20 et qui appartient au 2e Corps de cavalerie du général d’Exelmans, retrouve le champ de bataille à Ligny. L’armée française y affronte une coalition de troupes anglaises (Wellington) et prussienne (Blücher). L’après-midi, 64 000 Français attaquent les 84 000 Prussiens de Blücher qui essaient de tenir tête en attendant l’arrivée des troupes anglaises qui ne viendront d’ailleurs pas. Malgré une tentative désespérée, les Prussiens comprennent que la bataille est perdue et se retirent en direction des positions de l’armée anglaise. Mais la cavalerie française tarde à poursuivre l’armée prussienne en déroute, ce qui aura une importance capitale deux jours plus tard.

Le 18 juin 1815, le 20e Dragons est à Waterloo. Le matin, les Français attaquent l’armée anglaise de Wellington (l’aile gauche des troupes coalisées) qui résiste jusqu’à l’arrivée de la cavalerie prussienne de Bülow. Napoléon décide alors de porter l’effort de ses hommes sur le centre des armées alliées. Mais les assauts des Français se révéleront vains et la bataille est perdue malgré les charges de la cavalerie française qui tournent au carnage. Vers la fin de la journée, les forces prussiennes passent à l’offensive et l’armée française est contrainte de se replier en dépit d’une ultime charge de la cavalerie.

A peine deux semaines plus tard, les Dragons du corps de cavalerie d’Exelmans s’illustrent une dernière fois en chargeant victorieusement la cavalerie prussienne de Sohr. Mais pour le 20e Dragons, ce succès est entaché par la grave blessure de son chef de corps, le colonel de Briqueville.

Le 30 décembre 1815, le 20e Dragons est licencié en exécution de l’ordonnance royale du 15 juillet 1815.


NOTES

(1) Dominique-Louis-Antoine Klein – 1761 – 1845. La 1e division de dragons fait partie de la Réserve de cavalerie de la Grande Armée, placée sous les ordres de Murat.

(2) En fait, la 1e division de dragons, à laquelle appartient le 20e dragons, était détachée au IIIe corps d’armée (Davout), et se trouvait, le 2 décembre, « en route » Elle n’arrivera sur le champ de bataille que le 3; mais le 20e dragons participera à la (courte) poursuite des troupes russes.

(3) Le 2 janvier 1807. Il s’agit Jean-Baptiste-Juvénal Corbineau, 1776 – 1848), le frère du Corbineau qui mourut à Eylau.

(4) Les troupes d’Augereau ont perdu leur direction dans la tourmente de neige.