Correspondance de Napoléon – Septembre 1813
Dresde, 3 septembre 1813.
Au général Mouton, comte de Lobau, commandant le 1er corps de la Grande Armée, à Dresde.
Je vous confie le commandement du 1er corps. Il faut que demain, à midi, ce corps soit réorganisé et prêt à donner un coup de main, s’il est nécessaire. Vous avez besoin de fusils; j’ai donné ordre au commandant de l’artillerie d’en tenir 2,000 à votre disposition; faites-les prendre dans la journée ou dans la nuit. Il vous manque des habits ; j’ai donné ordre à l’intendant de tenir à votre disposition tout ce dont vous auriez besoin; que cela soit pris aujourd’hui ou cette nuit. Il vous manque de l’artillerie, mais vous avez les chevaux et le personnel, Sorbier a le matériel; que cela soit à votre camp avant demain, à six heures du matin. Vous devez avoir deux batteries à cheval, cinq à pied et une batterie de 12; total, soixante bouches à feu. Vous avez vingt-huit bataillons; j’ai ordonné que la 42e division, qui en a quatorze, vous en fournît deux, ce qui vous fera trente, ou trois divisions à dix bataillons chacune. Il peut vous manquer des officiers; prenez dans les régiments où il y en aurait de trop, et nommez à toutes les places vacantes. Envoyez-moi, par un officier, le décret; je le signerai sur-le-champ; cela peut être fait demain avant midi. Vous avez vos sapeurs; j’ai donné des ordres pour que les outils qui vous manquent soient fournis par le général du génie; ayez-les avant six heures du matin. Vous avez deux compagnies équipages militaires; tout est sauvé, à l’exception des voitures. Voyez le général Picard pour qu’il vous donne des voitures. S’il n’en a pas, prenez des voitures du pays. Il vous faut quatre ambulances ; ayez-les demain avant six heures.
Que demain, dans la journée, vos troupes aient quatre jours de pain, quatre jours de riz, ou une livre, ce qui fera huit jours de vivres, et quinze jours de viande sur pied. Logez-vous dans une maison ou baraque près du camp, et exigez que tout le monde loge hors des portes, dans les maisons ou baraques des faubourgs, et que personne n’entre en ville sans votre ordre.
Votre cavalerie n’est que de 300 chevaux; réorganisez-la. Le 5e corps de cavalerie, commandé par le général Lhéritier, est à Grossenhayn; il n’est fort que de 2,500 chevaux; le major général lui ordonnera d’être sous vos ordres.
Le général Teste doit arriver cette nuit. C’est, je pense, la division la plus entière.
La copie de l’instruction générale, que le major général vous remettra et qui est envoyée aux maréchaux Saint-Cyr et Bellune, vous fera connaître mes projets. Le général Lhéritier a deux bataillons de la 42e division; vous devez l’appuyer, lui ordonner d’être réuni et d’empêcher les Cosaques de passer Grossenhayn; il doit protéger la route de Torgau autant que possible.
Si l’ennemi débouchait de Bohême par Neustadt, pour se placer entre Bautzen et Dresde, il se placerait sur ma ligne d’opération; c’est alors que le rôle que vous avez à jouer serait le plus important. Vous devez, dans ce cas, occuper les hauteurs de Weissig qui s’appuient à l’Elbe du côté de Pirna. Le maréchal Saint-Cyr ayant un pont, on le ferait jeter vers Pilnitz pour établir une communication directe entre vous. Vous auriez soin que Stolpen eût une garnison suffisante, et le maréchal Saint-Cyr fournirait une garnison à Lilienstein. Par là, toutes les avant-gardes et troupes légères de l’ennemi seraient arrêtées, et, avant que l’ennemi ait pris position et débouché, je serais prévenu et en mesure de faire toutes les dispositions nécessaires. Notre ligne de communication serait alors par Kœnigsbrück.
Si l’ennemi attaquait par la rive gauche, on recommencerait alors ce qui vient de se passer : vous vous trouveriez trois corps, formant environ 60,000 hommes, et la garnison de Dresde, pour défendra le camp retranché, et, comme je serais assez près pour arriver en deux ou trois jours, l’ennemi aurait encore plus à se repentir de cette attaque que de la première, puisque je serais alors libre de toute inquiétude de l’armée alliée de Silésie, que j’espère anéantir, et je pourrais alors nie livrer à des opérations plus sérieuses contre lui.
Écrivez-moi tous les jours.
J’ai ordonné qu’une brigade du général Corbineau, qui se trouve à Wilsdruf, passât de ce côté-ci; elle va arriver à votre camp. Vous la placerez de manière à protéger la route de Bautzen et à observer les débouchés de Neustadt jusqu’à ce que je l’appelle.
Organisez votre corps et soyez en mesure. Envoyez un de vos officiers du génie à Weissig pour reconnaître la position. L’aide de camp Bernard, qui a parcouru le terrain, le connaît parfaitement; vous pouvez lui demander des notes. Prenez l’usage d’écrire tous les jours aux maréchaux Saint-Cyr et de Bellune, pour leur donner des nouvelles et en recevoir. Placez de fortes patrouilles sur les routes pour arrêter les maraudeurs, les traînards et la canaille qui prend l’épouvante sur les derrières de l’armée. Ne laissez passer aucun homme sans fusil, à moins qu’il ne soit blessé.
Dresde, 3 septembre 1813.
Au général Sorbier, commandant de l’artillerie de la Grande Armée, à Dresde.
Il faudrait organiser l’armement du camp retranché de Dresde.
Le camp retranché de Dresde consiste en huit redoutes sur la rive gauche; il faudrait à ces huit redoutes dis pièces de canon à chacune, quatre-vingts bouches à feu, parmi lesquelles il faudrait au moins huit obusiers et huit pièces de 12.
Ces quatre-vingts bouches à feu pourraient se diviser en deux : quarante (ou cinq batteries) pour les redoutes, qui resteraient toujours dans les redoutes, et quarante qu’on retiendrait dans la place, en supposant que la rive droite ne serait pas attaquée en même temps que la rive gauche.
Il faut classer les redoutes en deux classes : redoutes à armer de deux pièces, et redoutes de quatre pièces; bien entendu qu’on triplera le nombre en cas d’attaque sur la rive droite et non sur la rive gauche; on retirerait celles de la rive gauche; c’est dans ce sens qu’il faut me présenter l’armement de Dresde.
Il faut aussi que les hommes de la marine, les sapeurs et les ouvriers du parc, soient en réserve pour garder les batteries.
Il faut aussi qu’on charge le commandant d’artillerie du commandement de ces redoutes, et qu’il s’occupe de placer des sacs à terre, des gabions, et qu’il fasse faire un magasin; car il ne faut dans les redoutes aucun caisson, rien n’y est plus dangereux; et enfin on fera des traverses où il pourrait être nécessaire pour garantir les canonniers. L’artillerie appartenant aux différents corps d’armée ne doit jamais être placée dans les redoutes, mais doit être mobile pour appuyer les redoutes.
Dresde, 3 septembre 1813.
Au général Sorbier, commandant de l’artillerie de la Grande Armée, à Dresde.
La perte du matériel du 1e corps et celle qu’a faite l’armée de Silésie exigent que l’on fasse venir le matériel d’artillerie de réserve que j’avais demandé.
Donnez des ordres pour que les chevaux et les soldats du train appartenant aux 3e, 5e et 11e corps, ainsi qu’au 2e corps de cavalerie, qui ont perdu leurs pièces, se rendent à Dresde, et prenez des mesures pour organiser ce personnel et ce matériel. Il paraît que le 2e corps de cavalerie a perdu toutes ses pièces; il avait vingt-quatre bouches à feu d’artillerie à cheval; il faudra tâcher de lui reformer douze pièces.
Envoyez-moi le plus promptement possible l’état de situation de l’artillerie du 14e corps, tant pour ce qui existe que pour ce qui arrive à Leipzig.
Bautzen, 6 septembre 1813, deux heures du matin.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Dresde
Monsieur le Duc de Bassano, j’arrive à Bautzen. J’ai poursuivi l’ennemi au-delà de la Neisse. Nous sommes entrés à six heures Gœrlitz. Aussitôt que l’ennemi a appris que j’étais à l’armée, il s’est enfui à toutes jambes et dans toutes les directions. Il n’y a pas eu moyen de l’atteindre; à peine a-t-il tiré un ou deux coups de canon. Je me suis sur-le-champ reporté ici, où je me trouve avec le 6e corps et ma Garde.
Donnez un mot de nouvelles à Paris.
Bautzen, 6 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Bautzen.
Mon Cousin, envoyez sur-le-champ un courrier à la rencontre du général Latour-Maubourg, pour lui ordonner, au lieu de se diriger sur Hoyerswerda, de venir sur Dresde par le plus court chemin.! Qu’il fasse connaître quand il y arrivera.
Bautzen, 6 septembre 1813.
Au maréchal Mortier, duc de Trévise, commandant la Jeune Garde, à Bautzen
Mon Cousin, vos quatre divisions de la jeune Garde doivent se porter sur Dresde. La vieille Garde doit se mettre en tête. Disposez bien l’heure du départ, de manière qu’elles soient le moins fatiguées possible. Je pense que la division Decous pourrait venir aujourd’hui à Bautzen et dépasser la ville, en s’arrêtant entre Bautzen et Bischofswerda; une autre division pourrait venir au château de Hartha; une autre à la poste et une au-delà de la poste. Mais ce qui est important, c’est que toutes ces troupes arrivent de bonne heure, afin que, si cela est nécessaire, elles puissent partir avant le jour et être demain de bonne heure à Dresde. II est donc important que vous mettiez une lieue ou une lieue et demie entre chaque division, afin que, partant toutes à la pointe du jour, elles arrivent toutes avant midi à Dresde. Mettez, je vous prie, beaucoup d’ordre dans cette marche, pour ne fatiguer les troupes que le moins possible. Je comprends bien que de cette manière la division Decous pourra bien ne pas arriver demain à Dresde, mais cela est indifférent.
Je vous prie aussi de me faire connaître, par un officier, le lieu où couchera chaque division et l’heure où elle arrivera, afin que je puisse faire un calcul pour la journée de demain.
Je désire que de votre personne vous m’ayez joint demain, à sept heures du matin, soit que je sois à Dresde ou en deçà de Dresde.
Bautzen, 6 septembre 1813.
Au maréchal Marmont, duc de Raguse, commandant le 6e corps de la Grande Armée, àe la Grande Armée, à Zinnwald.
Mon Cousin, je pense que vous devez porter aujourd’hui votre quartier général à Kamenz. Envoyez-moi un officier de votre état-major qui me joindra sur Dresde, pour me rendre compte de l’heure à laquelle vous serez arrivé à Kamenz. Le général Normann, étant à Schweidnitz, sera à votre portée.
Selon les événements qui se passeront à Dresde, je vous donnerai ordre de vous rendre à Hoyerswerda, ce qui sera une petite journée, ou bien de venir à Dresde par Pulsnitz et Radeberg, ce qui sera une bonne journée. Il sera donc inutile de passer par Kœnigsbrück, ce qui vous ferait un détour de deux lieues. S’il y avait des Cosaques entre, et que vous ne reçussiez pas d’ordres demain, je pense que la prudence veut que vous vous dirigiez de Kamenz sur Dresde, puisque l’opération sur Dresde serait commandée par l’ennemi, et que celle sur Hoyerswerda serait volontaire.
Ainsi donc vous irez ce soir à Kamenz, d’où vous m’expédierez sur la route de Dresde un officier qui me rendra compte de ce qui sera venu à votre connaissance et de l’heure de l’arrivée de votre corps. Je vous ferai passer des ordres demain; mais, si vous apprenez qu’il y ait des Cosaques, et que demain, à neuf heures du matin, vous n’ayez pas d’ordres, vous vous dirigerez sur Dresde. Vous laisserez toujours votre cavalerie légère et la colonne du général Normann sur Kamenz et Kœnigsbrück, afin de tenir les Cosaques éloignés des débouchés de la forêt.
Bautzen, 6 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Bautzen.
Mon Cousin, donnez ordre au général Marchand qu’il reste à Bautzen , jusqu’à ce qu’il ait des ordres du maréchal Macdonald. Je pense qu’il doit veiller sur le parc de Weissenberg et y envoyer des renforts. Comme je me rends ce soir à Dresde, qu’il m’écrive deux fois par jour et m’instruise de tout ce qui viendra à sa connaissance. Qu’il fasse filer tous les malades et blessés sur Dresde, ainsi que toutes les voitures qui ne seraient pas attelées; enfin tout ce qui pourrait causer de l’embarras. Bautzen étant un point de manœuvre doit être libre de tout.
Il doit avoir le petit chiffre de l’armée; il m’écrira en chiffre, vu qu’il est important que les Cosaques ne surprennent aucun renseignement. Il doit avoir aussi le petit chiffre du maréchal Macdonald.
Qu’il fasse faire beaucoup de pain et en fasse filer sur le maréchal Macdonald.
- S. Il serait bon qu’il eût toujours à Bautzen 100,000 rations de pain biscuité.
Dresde, 7 septembre 1813.
Au général Sorbier, commandant de l’artillerie de la Grande Armée, à Dresde.
Monsieur le Général Sorbier, je reçois votre lettre par laquelle vous me faites connaître que vous avez fourni soixante et dix-sept caissons chargés à l’armée de Silésie, ce qui fait 5 à 6,000 coups de canon de 6, et 480,000 cartouches d’infanterie. Cela ne fait que dix cartouches par homme pour 48,000 hommes; il en faut quatre fois autant. Faites-moi connaître quelle est la quantité de cartouches que vous avez déjà envoyée à Bautzen pour ce corps, et la quantité de munitions de toute espèce que vous avez laissée en dépôt à Bautzen; enfin les mesures à prendre pour pourvoir aux besoins de cette armée. Il devrait y avoir à Königstein et à Torgau 5 à 6 millions de cartouches et 25 à 30,000 coups de canon.
Chargez le général Pernety de prendre le commandement de l’artillerie de l’armée de Silésie et de vous faire connaître le détail de ses pertes et ce qui lui manque en munitions de toute espèce.
Faites venir dix milliers de poudre de Königstein, vingt milliers de Torgau. Établissez des ateliers de cartouches à Königstein, à Dresde et à Torgau, de manière que ces ateliers vous mettent à même de faire 5 à 600,000 cartouches par jour.
Dresde, 8 septembre 1813, trois heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, donnez ordre au général Piré de se rendre du côté de Bautzen, pour tomber sur les Cosaques qui interceptent les communications autour de cette ville ; et, comme il est probable que le mouvement du duc de Raguse sur Hoyerswerda les appellera plus loin, il les suivra, et alors se mettra sous les ordres du duc de Raguse.
Donnez ordre aux 400 hommes du 5e corps de cavalerie qui sont avec le duc de Trévise, et aux 300 qui sont avec le comte de Lobau, ce qui fait 700 hommes, de former une colonne dont vous donnerez le commandement à un officier supérieur de confiance, s’il ne s’y en trouve pas encore un, et de partir aujourd’hui de Dresde pour Stolpen, afin d’éclairer les routes de Stolpen à Schluckenau, Rumburg et Bautzen.
Mandez au prince Poniatowski qu’il est spécialement destiné à être opposé au corps autrichien qui se réunit à Zittau et à Rumburg ; qu’il faut donc qu’il fasse bien éclairer les mouvements de l’ennemi de ce côté, et qu’il prenne position de manière à protéger constamment Bautzen et Neustadt contre ce corps.
Écrivez au duc de Tarente que j’approuve les dispositions qu’il a faites pour se former une administration générale; qu’il a bien fait de ne pas accorder la demande du général Sébastiani, qui n’était pas raisonnable; ce général se serait déshonoré gratuitement : on ne quitte point l’armée en temps de guerre; que le duc de Raguse occupe le terrain de Hoyerswerda et Luckau ; que nous sommes ici en présence de l’ennemi, qui couronne les différents débouchés de la Bohême, et qu’il est possible qu’il y ait bientôt ici une affaire.
Écrivez au maréchal Saint-Cyr que nos reconnaissances envoyées hier à Dippoldiswalde n’y ont trouvé personne, non plus qu’à Chemnitz et à Freyberg.
Écrivez au duc de Bellune que j’approuve qu’il envoie des reconnaissances sur Dippoldiswalde, et que ses plaintes contre la cavalerie sont fondées; qu’il faut aussi qu’il envoie des reconnaissances sur Maxen.
Écrivez au duc de Raguse que le prince de la Moskova a dû se porter, le 6, de Jüterbogk sur Dahme, où il est probable qu’il sera le 7 ou le 8; qu’on parle confusément d’une affaire qui aurait eu lieu, mais qu’on n’en a pas de détails. Dites-lui qu’il s’échelonne de à manière à conserver toujours sa communication avec Dresde, et qu’il ne faut pas, sous quelque prétexte que ce soit, qu’il reste un jour sans nous donner de ses nouvelles.
Donna, 9 septembre 1813, au matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dohna.
Mon Cousin, donnez ordre au duc de Bellune de se porter à Dohna; au comte de Lobau de dépasser Dohna avec son corps; au duc de Trévise de réunir son corps à Mügeln, de reployer ses deux dernières divisions sur les premières ; au parc de réserve d’arriver jusqu’à Mügeln.
Dohna, 9 septembre 1813.
NOTE POUR LE MAJOR GENERAL, à Dohna.
Le major général enverra un officier d’état-major, à Torgau, au prince de la Moskova. Lui écrire que j’ai reçu sa lettre, que je suis à Dohna, occupé contre l’ennemi, que j’ai attaqué et culbuté hier; qu’il rallie les corps d’armée, les concentre autour de Torgau, et me fasse connaître la situation des présents sous les armes et de l’artillerie. Il doit y avoir des munitions à Torgau.
Écrire pareille lettre aux généraux Reynier et Bertrand.
Sedlitz, 9 septembre 1813.
Ordre au maréchal Mortier, duc de Trévise, commandant la Jeune Garde, à Mügeln
- le maréchal duc de Trévise se portera à Pirna; il occupera la position de Königstein, le village de Zehista, la position du Kohlberg. Il semble à l’Empereur qu’on peut occuper ces positions avec une division. Si l’ennemi menaçait, le maréchal se ferait appuyer par ses autres divisions.
L’Empereur se porte sur Borna, où il arrivera ce soir de bonne heure; il se décidera alors à laisser reposer la Garde ou à la faire venir sur Borna par Zehista.
Le maréchal se mettra en communication avec le commandant de la 42e division, qui est à Königstein.
L’Empereur désire que le duc de Trévise lui fasse connaître ce qui s’est passé hier à Pirna.
Par ordre de l’Empereur, le général Drouot, aide de camp do l’Empereur.
Sedlitz, 9 septembre 1813.
Au général Rognat, commandant le génie de la Grande Armée, à Sedlitz.
Monsieur le Général Rogniat, le poste de Sonnenstein est de la plus haute importance. J’avais supposé, d’après des rapports que l’on m’avait faits, qu’il était impossible de le mettre en peu de temps à l’abri d’un coup de main. Le rapport que vous m’avez fait l’autre jour me donne des idées différentes. Je désire donc que dès demain vous donniez ordre qu’on y travaille avec une grande activité, afin qu’à tout événement ce poste reste dans nos mains.
Liebstadt, 9 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Liebstadt.
Mon Cousin, donnez ordre que le 6e corps, que commande le duc de Raguse, à mesure qu’il arrivera, prenne position sur la rive droite de l’Elbe et s’y repose. Rien ne doit passer par les ponts jusqu’à nouvel ordre.
Liebstadt, 9 septembre 1813.
Au maréchal Mortier, duc de Trévise, commandant la Jeune Garde, à Mügeln
Mon Cousin, je reçois votre lettre. Je ne vous avais pas ordonné d’employer tout votre corps d’armée à Pirna. Je vous avais ordonné seulement de faire venir votre 1e division, de placer un bataillon au Kohlberg et un bataillon à Sonnenstein. C’est parce que d’un moment à l’autre je puis avoir besoin de ma Garde ailleurs que je l’avais laissée à Mügeln se reposer. Faites arrêter la division Decous dans l’endroit où elle recevra vos ordres, et qu’elle reste là. Faire reposer ma Garde, c’est là la grande affaire.
Liebstadt, 10 septembre 1813, huit heures du matin.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Dresde
Monsieur le Duc de Bassano, le duc de Tarente avec l’armée de Silésie doit être aujourd’hui, 10, en avant de Bautzen, sur la rive droite de la Sprée. Le prince Poniatowski doit être entre Neustadt et Bautzen. Le duc de Raguse doit être à Dresde. La brigade du général Pire doit également être à Dresde. Le prince de la Moskova avec ses trois corps doit être à Torgau. Dans cette situation des choses, l’armée se trouvant très-concentrée, je me porte aujourd’hui sur les hautes montagnes qui dominent Tœplitz, pour avoir des nouvelles précises de l’ennemi. Il a battu en retraite toute la nuit. Nous occupons Berggiesshübel et Hellendorf. Encore hier au soir il avait un camp à Altenberg, mais je suppose que dans la nuit ce corps serai rentré en Bohême, sans quoi il serait possible de l’atteindre.
Je suppose que ce mouvement offensif aura obligé l’ennemi à rappeler toutes les colonnes qu’il peut avoir eu l’intention de diriger sur Freyberg et Zwickau. Du reste, la jeune Garde a une division à Dresde et les autres à Pirna; de sorte que je puis arriver à Dresde, s’il le faut, dans la journée de demain, avec toute ma Garde, le corps de cavalerie de Latour-Maubourg et le corps du duc de Raguse.
On ne voit pas bien ce que fait l’armée autrichienne jusqu’à cette heure. Il paraîtrait qu’il n’y avait sur Königstein, Pirna et Donna que les corps russes et prussiens, desquels encore il faudrait ôter les gardes russes, dont nous n’avons pas de nouvelles. Tous les dires sont que le quartier général de l’empereur de Russie est à Tœplitz. Je suppose que dans la journée je recevrai de vos lettres, qui me feront connaître positivement ce que l’ennemi aurait à Freyberg et à Zwickau. Le duc de Raguse, qui doit avoir sa cavalerie légère et celle de Pire, a ordre d’envoyer de forts partis sur Freyberg et sur Nossen, pour éclairer les routes.
Liebstadt, 10 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Liebstadt.
Mon Cousin, faites connaître au duc de Raguse qu’il doit rester à Dresde et avoir l’œil sur tout ce qui passe; que la position de l’armée est aujourd’hui la suivante.
Le prince de la Moskova et ses trois corps, qui ont essuyé un échec dans la journée du 6, se rallient à Torgau ; le duc de Tarente vient prendre, avec son armée, position en avant de Bautzen aujourd’hui ; le prince Poniatowski garde sa droite. Cette retraite n’était pas nécessaire, elle a été ordonnée par l’Empereur pour concentrer nos forces.
Le général Lhéritier est à Grossenhayn en observation.
Le 6e corps est à Dresde avec la brigade Pire.
Le général Margaron, avec un corps de 8 à 10,000 hommes, cavalerie, infanterie et artillerie, est à Leipzig.
Le maréchal Saint-Cyr, soutenu par les 1er et 2e corps, marche sur les hauteurs de Tœplitz.
Une division de la jeune Garde est à Dresde; le duc de Trévise avec les autres divisions est à Pirna, occupant Berggiesshübel.
Les corps russes et prussiens, et quelques autrichiens qui occupaient Borna, Berggiesshübel et Altenberg, se sont mis successivement en retraite dans la journée d’hier.
Faites connaître que, dans cette situation de choses, il est probable que ce mouvement offensif en Bohême rappellera les corps que l’ennemi avait jetés sur Freyberg et Zwickau, si tant est que l’ennemi ait jeté des corps dans cette direction; que, si l’ennemi n’a jeté que des partis, il est possible qu’il les laisse; mais alors le duc de Raguse peut faire faire de fortes patrouilles sur Freyberg pour les poursuivre. Mandez aussi que le duc de Raguse doit recevoir la correspondance du général Lhéritier, et le soutenir s’il est nécessaire; qu’il faut aussi qu’il se mette en correspondance avec le prince de la Moskova, le duc de Tarente et le prince Poniatowski ; qu’il est possible que l’Empereur soit de retour dans la journée de demain à Dresde; que Sa Majesté peut dans un jour réunir toute sa Garde et le corps du général Latour-Maubourg au corps du duc de Raguse, qu’il est possible aussi que, si l’Empereur trouve quelque mal à faire à l’ennemi, il reste encore éloigné de Dresde quelques jours.
Liebstadt, 10 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Liebstadt.
Le major général écrira au duc de Trévise qu’effectivement j’aurais désiré qu’il ne marchât sur Pirna qu’une division, en laissant les deux autres à une lieue en arrière où elles étaient; que j’aurais également désiré qu’il n’occupât Berggiesshübel qu’avec deux bataillons; que tout cela n’avait pour but que d’épargner la Garde; mais, puisque c’est une chose faite, qu’il reste dans sa position jusqu’à nouvel ordre; que nous allons nous approcher de Tœplitz pour voir l’état des choses; que la 42e division, qui vient de Königstein, doit avoir dépassé Berggiesshübel et Hellendorf; qu’il doit communiquer avec elle et la pousser avec la prudence convenable, en avant de lui, sur Peterswalde.
Liebstadt, 10 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Liebstadt.
Mon Cousin, il est nécessaire d’écrire au prince de la Moskova qu’il convient qu’il se place sur la rive droite de l’Elbe, autour de Torgau ; que c’est le meilleur moyen d’imposer à l’ennemi ; qu’il doit tâcher de maintenir les communications avec Torgau par les deux rives ; que le général Lhéritier est à Grossenhayn; que l’Empereur a poussé toute la journée d’hier l’ennemi qui s’était avancé sur Dohna et Berggiesshübel ; que, si l’ennemi a fait sortir des corps de Bohême, le mouvement de l’Empereur l’oblige à les rappeler; que, s’il n’a envoyé que des partis, ils sont inférieurs en forces au général Margaron, et qu’il faut envoyer quelques camps volants pour les contenir. Mandez-lui que l’Empereur avait des nouvelles du 9, d’après lesquelles l’ennemi n’avait à cette époque jeté aucun pont, ni passé aucune infanterie sur la rive gauche du bas Elbe; qu’il n’avait jeté seulement que des partis de cavalerie; que le duc de Tarente est aujourd’hui en position en avant de Bautzen; que, dans cette situation des choses, il est important que le prince de la Moskova prenne position en avant de Torgau, sur la rive droite.
Liebstadt, 10 septembre 1813.
Au maréchal Mortier, duc de Trévise, commandant la Jeune Garde, à Pirna.
Monsieur le Duc de Trévise, faites jeter sur-le-champ le pont de Pirna, afin que vous puissiez partir demain avec vos deux divisions et la division de cavalerie du comte Lefebvre-Desnoëttes, et vous porter sur Bautzen si vous en recevez l’ordre, ce qui abrégera d’une grande marche, au lieu de passer par Dresde. Complétez vos vivres pour quatre jours, et tenez-vous prêt à faire ce mouvement. Instruisez-moi dès que le maréchal Saint-Cyr aura pris sa position.
Breitenau, 11 septembre 1813, au matin.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Dresde
Monsieur le Duc de Bassano, on est tellement impatient à Paris d’avoir les communications, que vous ne devez pas perdre un moyen pour les envoyer. Adoucissez le plus possible et évitez qu’il y ait rien de personnel, ni contre l’empereur, ni contre Metternich. Ne vous servez jamais de termes de cour et de maison, mais dites le cabinet.
- S. Ôtez aussi les mots de ministre dirigeant le cabinet.
Breitenau, 11 septembre 1813, onze heures du matin.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Dresde
Monsieur le Duc de Bassano, nous sommes maîtres de Peterswalde, du Geyersberg et de Zinnwald, c’est-à-dire de tous les débouchés de Bohème. J’ai vu hier l’armée ennemie revenir en toute hâte dans toutes les directions par lesquelles elle s’était enfournée en Saxe, pour se former devant Tœplitz. S’il avait été possible de faire descendre des pièces par le Geyersberg, l’armée ennemie eût été attaquée en flanc, nous aurions obtenu de grands succès; mais tous les efforts ont clé vains, et les événements arrivés à l’armée de Berlin m’empêchent de passer outre. J’ai lieu de penser que l’ennemi, qui paraît très-alarmé, qui a allumé tous ses feux d’alarmes sur les montagnes de Bohême, fera rentrer Ions ses détachements, et qu’ainsi toute la Saxe sera purgée de partis ennemis.
Le prince de la Moskova, qui s’était retiré sur Wurzen, doit être de retour à Torgau.
Breitenau, 11 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Breitenau.
Mon Cousin, écrivez au maréchal Saint-Cyr que je me rends à Peterswalde et de là sur les hauteurs de Nollendorf; que je désire qu’il fasse reconnaître aujourd’hui la chaîne de montagnes depuis le Geyersberg jusqu’à Hellendorf, et depuis le Geyersberg jusqu’à Zinnwald ; que je lui ferai connaître ce soir mes intentions pour demain ; mais que, si ce soir il ne reçoit pas de lettres, il resterait demain dans la position qu’il occupe aujourd’hui; que le comte de Lobau est sous ses ordres. La 42e division et la division Dumonceau du 1er corps sont actuellement à Peterswalde, et doivent occuper les hauteurs de Nollendorf. Le duc de Bellune est encore en réserve aux débouchés du bois.
Écrivez au général Lefebvre-Desnoëttes, qui est à Altenberg, d’envoyer des partis du côté de Sayda.
Breitenau, 11 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Breitenau.
Mon Cousin, écrivez la lettre suivante au prince de la Moskova : « J’ai mis sous les yeux de l’Empereur votre lettre du 10 septembre, dans laquelle vous faites connaître que le 11 votre quartier général sera à Torgau ; le 7e corps à Pretzsch, la cavalerie légère à Kemberg, le 12e corps à Dommitzsch, le 4e à Süptitz, sa cavalerie légère à Eilenburg, et la grosse cavalerie à Düben et Eilenburg. Ces dispositions paraissent bonnes pour le premier moment et pour se donner le temps de réorganiser les corps. Aussitôt que vous serez un peu réorganisé, il sera bien important d’avoir à Torgau des forces sur la rive droite.
Comme nous avons rejeté l’armée ennemie en Bohème et que nous nous sommes emparés de tous les cols, Sa Majesté ne se portera pas outre et sera probablement de retour ce soir à Dresde.
Le général Lhéritier étant à Grossenhayn, il serait bien important que vous prissiez des mesures pour rétablir la communication [de Torgau avec Dresde par la rive droite comme par la rive gauche, afin que la navigation fût sûre. »
Pirna, 11 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, faites connaître au maréchal Saint-Cyr que je mets sous ses ordres le 14e corps et le Ier. Mon intention est que vous donniez ordre au 1er corps de partir demain, à la pointe du jour, pour se diriger par Breitenau sur Hellendorf. La division Dumonceau occupe déjà le col en avant de Peterswalde et du village de Nollendorf; les deux autres divisions, qui occuperont Peterswalde, Hellendorf et Berggiesshübel, seront pour la soutenir; le quartier général pourra être à Hellendorf, et le parc et l’administration à Berggiesshübel.
Faites connaître aussi au maréchal Saint-Cyr que la 42e division reprend sa position à Königstein ; qu’elle s’y est rendue aujourd’hui ; que le 14e corps doit garder les débouchés du Geyersberg et de Borna; que j’ai fait occuper aujourd’hui le col de Nollendorf, et que j’ai fait tirer une soixantaine de coups de canon, de quinze pièces mises en avant en batterie, sur les troupes qui étaient là, et que je leur ai montré beaucoup de forces; que je désire que demain rien ne bouge de la position d’Ebersdorf, afin que l’ennemi s’attende toujours à être attaqué ; que je donne ordre au duc de Bellune de se porter demain à Altenberg; qu’il sera spécialement chargé de la garde des débouchés de Dippoldiswalde et de Freyberg; que, comme il parait que l’ennemi pourrait se faire un jeu de venir ainsi sur Dresde, j’attends un rapport du maréchal Saint-Cyr sur les positions que doit définitivement occuper le 1e corps et aussi le 14e, pour faire une résistance sérieuse. Les Russes, du moment qu’il s’agira d’attaquer des corps nombreux et bien établis, ne s’en feront plus un jeu.
Donnez définitivement des ordres au duc de Bellune et au comte i de Lobau. Demandez au duc de Bellune un état de situation, par] abrégé, de son infanterie, de sa cavalerie et de son artillerie. Quel l’officier qui portera votre lettre rapporte cet état.
Enfin donnez ordre au général Lefebvre-Desnoëttes, qui est à Altenberg, de se diriger en partisan partout où il apprendrait qu’il y a des Cosaques et des partis ennemis; cependant de ne quitter sa position que lorsque la cavalerie du duc de Bellune l’aura occupée; qu’il fasse connaître où il ira coucher demain, afin qu’il puisse recevoir de nouveaux ordres.
Napoléon
- S. Mandez au maréchal Saint-Cyr de vous faire connaître les chefs de bataillon ou majors qui lui manquent, soit comme prisonniers, soit comme blessés ou tués, afin que vous lui en envoyiez d’autres pour les remplacer.
Pirna, 11 septembre 1813, au soir.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, écrivez au prince de la Moskova et au gouverneur de Torgau que je suis mécontent de ce qu’on a fait relativement aux Saxons; que cela ne peut que les indisposer; que mon intention est que tous les dépôts du corps saxon restent à Torgau, et qu’on ait des égards pour les Saxons. Écrivez au général Gersdorf que j’ai appris avec surprise que les dépôts du corps saxon avaient été renvoyés de Torgau; que je désapprouve cette mesure et que je donne ordre que ces dépôts soient maintenus à Torgau. Faites sentir au prince de la Moskova que, le gouverneur de Torgau ayant été mis par vous, il n’y avait aucune urgence à l’ôter sans mon ordre ; que Torgau n’est pas dans le cas d’être assiégé; que cependant, puisque c’est fait, je ne veux pas revenir là-dessus.
Écrivez sur-le-champ au prince Poniatowski que je -suis arrivé à Pirna, après avoir rejeté l’armée ennemie en Bohême.
Écrivez au duc de Tarente qu’à moins de fortes raisons il serait convenable qu’il pût tenir position sur la rive droite de la Sprée ; qu’il faut au moins en tenir l’ennemi éloigné, et être parfaitement maître de Bautzen.
Écrivez au prince de la Moskova que si l’armée ennemie de Berlin se portait sur Grossenhayn, pour se rapprocher de Dresde en même temps que l’armée ennemie de Silésie, il serait nécessaire qu’il se disposât à déboucher par Torgau, pour inquiéter cette armée.
Donnez ordre au général Durosnel de faire arrêter tous les traîneurs de l’armée du duc de Tarente et de les renvoyer à leur corps.
Pirna, 12 septembre 1813, trois heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, donnez ordre au duc de Raguse de se tenir prêt à partir avec sa brigade de cavalerie et le 5e corps de cavalerie, pour opérer sur Grossenhayn, faire rétablir la communication avec Torgau par la rive droite, et faire arriver les convois qui de Torgau sont attendus à Dresde.
Donnez ordre au duc de Trévise de faire partir aujourd’hui, à la pointe du jour, les deux divisions de la jeune Garde qui sont le plus près de Dresde, lesquelles iront coucher à Dresde; elles prendront mes ordres à leur arrivée. Le duc de Trévise restera avec les deux autres divisions qui sont le plus près de la Bohême, jusqu’à nouvel ordre.
Donnez ordre à la division Ornano de se replier sur Pirna, en laissant cependant une brigade au comte de Lobau sur le plateau de Nollendorf, jusqu’à ce qu’elle soit remplacée par la brigade polonaise que doit envoyer le prince Poniatowski.
Pirna, 12 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, écrivez au général Lhéritier qu’il a grand tort de vouloir faire brûler les bateaux qui se trouvent entre Torgau et Dresde; que ces bateaux nous sont nécessaires pour les communications entre les deux places ; qu’il se garde donc bien de les faire brûler ; que, si on craint qu’ils ne servent à l’ennemi, il suffit de les faire passer sur la rive gauche.
Ajoutez au général Lhéritier que je suis surpris que, se trouvant attaqué par 600 Cosaques, il ne les ait pas attendus et culbutés; que j’ai lu avec peine sa lettre; que je vous ai demandé, en la lisant, si ses 2,000 hommes n’avaient ni sabres ni pistolets, et n’étaient armés que de manches à balai ; qu’il est surprenant qu’ayant du canon et la supériorité du nombre il ne soit pas tombé sur l’ennemi pour le faire repentir de sa confiance.
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Pirna, 12 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, donnez ordre à la vieille Garde de se rendre à Dresde aujourd’hui. Donnez ordre à la cavalerie de la vieille Garde de s’approcher de Dresde, en prenant ses cantonnements dans les lieux où il y a des fourrages, entre Dresde et Pirna.
Pirna, 12 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, avant de faire évacuer le dépôt de cavalerie sur l’autre rive de la Saale, il faut le faire distribuer en deux classes : les chevaux qui ne seront pas guéris d’ici à un mois, et les chevaux qui seront guéris avant un mois. Il faut garder ces derniers dans un petit dépôt entre Torgau et Leipzig, et ne faire aller sur la rive droite de la Saale que tous ceux pour la guérison desquels il faut plus d’un mois. Donnez le même ordre à la Garde.
Réitérez l’ordre au général Durosnel et aux commandants de Torgau, de Wittenberg et de Magdeburg de ne faire partir pour l’armée aucun homme isolé ; que tous les isolés et détachements qui arrivent doivent être réunis dans les places et y attendre des ordres; qu’il n’y a rien déplus funeste, lorsque l’armée est en mouvement, que ces détachements qui courent après des corps qui font des contremarches ; que cela doit nous faire perdre beaucoup d’hommes.
Pirna, 12 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, donnez ordre au général Lefebvre-Desnoëttes qui est toujours à Altenberg, de s’approcher de Freyberg et de Chemnitz, avec les précautions convenables, pour savoir ce que les Autrichiens y ont eu le 8, le 9 et le 10, et ce qu’ils y avaient hier et aujourd’hui. On parle d’une colonne commandée par Thielmann, qui serait du côté de Zwickau. Il faut tâcher de savoir ce qui en est. Le général Lefebvre donnera les renseignements qu’il aurait au duc de Bellune.
Pirna, 12 septembre 1813.
ORDRE.
Article premier. Les communications de Dresde â Bautzen seront assurées par trois postes placés, l’un sur les hauteurs, près de Weissig, l’autre à la poste, et le troisième à Bischofswerda.
Art. 2. Chacun de ces postes sera établi dans des maisons palissadées, ayant 100 hommes de garnison et dix jours de vivres. Une pièce de canon sera placée dans chacun de ces postes.
Il y aura un commandant à la tête de chacun de ces postes.
Le poste de Bischofswerda et celui de la poste seront fournis par le duc de Tarente, et celui de Weissig par la garnison de Dresde.
Art. 3. Les commandants rendront compte de tout ce qui se passera autour d’eux et surveilleront la marche des convois.
Art. 4. Il y aura dans chacun de ces postes un officier de gendarmerie et dix gendarmes pour arrêter tous les traînards. L’officier de gendarmerie sera chargé de la police, et des fonds seront mis à sa disposition pour envoyer des agents et espions de tous côtés et connaître les mouvements des partisans ennemis qui voudraient inquiéter la route.
Art. 5. Enfin il sera placé à chacun de ces trois postes un piquet de 100 chevaux pour faire des patrouilles et donner des nouvelles au duc de Tarente et au major général.
Art. 6. Le major général prendra toutes les mesures nécessaires pour l’exécution du présent ordre.
Pirna, 12 septembre 1813.
Au comte Daru, directeur de l’administration de la Grande Armée, à Dresde.
Monsieur le Comte Daru, on ne tire point parti des ressources du pays. Pirna pourrait très-bien donner 10,000 rations de pain par jour, et cependant il ne donne rien. Il y a du blé partout et il y a des moulins dans tous les pays qu’occupe l’armée; mais c’est comme s’il n’y en avait pas.
Envoyez des ordres aux différents corps d’armée.
Dresde, 12 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, donnez ordre au duc de Raguse de partir avec sa première division demain, à cinq heures du malin (sa deuxième division le suivra à six heures, et sa troisième à sept heures), et de se porter sur Grossenhayn, afin de chasser l’ennemi de la rive droite del l’Elbe, entre Torgau et Dresde, et de favoriser un convoi de 15,000 quintaux de farine qui de Torgau doit venir à Dresde. L’arrivée de ce convoi est de la plus haute importance, puisqu’elle assurerait des subsistances pendant plusieurs mois sur notre point de réunion de Dresde.
Donnez ordre au roi de Naples de partir demain, à six heures du matin, avec le corps du général Latour-Maubourg; il se rendra à Grossenhayn ; il prendra sous ses ordres le 5e corps de cavalerie, sera appuyé par le duc de Raguse, et manœuvrera de manière à rendre libre l’Elbe, de sorte que le convoi de 15,000 quintaux de farine qui est embarqué à Torgau puisse arriver à Dresde, et de manière aussi à éclairer tout ce qu’il y a d’ennemis de ce côté.
Envoyez sur-le-champ un officier au prince de la Moskova pour lui faire connaître ce mouvement, et qu’il fasse charger sur-le-champ les 15,000 quintaux, qu’il peut prendre sur l’approvisionnement de siège, puisqu’il restera à Torgau 10,000 quintaux de blé que l’on convertira en farine pour remplacer ce qui aura été embarqué; que l’arrivée de ce convoi est de la plus haute importance pour assurer nos vivres au point central de Dresde ; qu’il se mette en communication avec le roi de Naples et fasse les mouvements nécessaires pour aider le passage dudit convoi et les opérations du Roi.
Instruisez le prince de la Moskova que je me prépare à un mouvement offensif contre l’armée de Berlin; que j’ai rejeté l’armée ennemie de Bohême au-delà de Tœplitz; qu’il se prépare à suivre mon mouvement et me fasse connaître la quantité d’infanterie, de cavalerie et d’artillerie avec laquelle il pourra venir me rejoindre.
Mandez-lui qu’en attendant il forme une colonne de 1,500 hommes d’infanterie de choix, de six pièces de canon et de 2,000 chevaux, et que, sous les ordres d’un général de confiance, il la dirige entre Leipzig et Leisnig; que j’envoie à Leisnig la brigade Pire, avec laquelle sa colonne se mettra en correspondance, afin de marcher au secours de Leipzig contre le général Thielmann, qu’on assure être à Altenburg avec 3,000 aventuriers.
Dresde, 12 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, envoyez sur-le-champ un officier au général Piré pour lui porter l’ordre de se rendre aussitôt à Leisnig; il en chassera l’ennemi et favorisera le départ d’un convoi de 3,000 quintaux de farine, que l’administration du pays doit envoyer à Dresde. Le général Piré se mettra en communication avec Leipzig et éclairera sur Altenburg; il saura s’il est vrai que le général Thielmann est à Altenburg avec un corps franc. Les partis ennemis qui sont à Leisnig et à Golditz paraissent être de ce corps. Le général Pire enverra promptement des renseignements là-dessus.
Écrivez au général Margaron qu’il s’en laisse imposer ; que Thielmann n’a que 3 à 4,000 hommes d’un corps franc, troupes sans consistance, et faites-lui connaître que le général Piré se rend à Leisnig pour éclairer tout ce côté.
Vous ferez également connaître le départ, du général Piré au comte Daru, afin qu’il profite de celte circonstance pour faire venir ces 3,000 quintaux de farine.
.
- S. Recommandez au général Pire de bien éclairer la marche du général Thielmann et de vous instruire; que je donne ordre au prince de la Moskova d’envoyer 3,000 hommes entre Leipzig et Leisnig; que, s’il a besoin d’infanterie, il peut tirer 5 à 600 hommes el deux pièces de canon de Meissen.
Dresde, 12 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, donnez ordre au général Sorbier que l’équipage de pont qui est à Neustadt passe l’Elbe et soit dirigé à une lieue en avant de Dresde, sur le chemin de Pirna.
Dresde, 13 septembre 1813, deux heures après midi.
Au général Mouton, comte de Lobau, commandant le 1er corps de la Grande Armée, à Berggiesshübel.
J’ai fait fortifier le château de Sonnenstein qui domine Pirna. J’ai ordonné que la 42e division y envoyât un bataillon. Ce château sera armé dans la journée de demain; ainsi nous serons désormais assurés de ce point important. La 42e division doit être sous vos ordres. Donnez-lui l’ordre qu’au lieu de rester au camp de Lilienstein, sur la rive droite de l’Elbe, elle occupe le camp sous Königstein, sur la rive gauche, et qu’à la moindre apparence qu’il y aurait que vous fussiez attaqué elle vienne sur le plateau du camp de Pirna, vis-à-vis Berggiesshübel, sur les hauteurs de Langen-Hennersdorf; le général Mouton-Duvernet y fera faire des redoutes et des abatis, et il emploiera à cet effet les ingénieurs et les outils qui sont à Königstein. Si cette 42e division était poussée, elle se retirerait sur le château de Sonnenstein, en ayant soin de jeter un bataillon sur le Kohlberg.
Je donne ordre au duc de Trévise de vous soutenir à Berggiesshübel, et à la première nouvelle je me porterai moi-même sur cette position ; faites-la bien reconnaître. Le maréchal Saint-Cyr occupant Borna, nous serons en ligne.
Je vous envoie l’officier d’ordonnance Lamezan, qui connaît le terrain et restera auprès de vous. Il est nécessaire que la 42e division soit dès ce soir sur la rive gauche; elle laissera un bataillon au camp de Lilienstein. Si l’ennemi vous attaque sérieusement, mon intention est de l’attaquer à mon four et de le rejeter battant sur la Bohème. J’ai ordonné au commandant du génie de faire tracer deux ou trois redoutes sur les hauteurs de Berggiesshübel. Faites tracer sur-le-champ ces redoutes et faites-y travailler vos troupes. Faites faire des abatis sur les points convenables. Faites bien reconnaître les positions qu’il faut occuper pour assurer votre communication avec le maréchal Saint-Cyr. J’ai donné ordre au duc de Trévise d’établir une redoute sur le Kohlberg et d’y faire travailler sans délai. Ainsi donc il y aura sur les hauteurs de Langen-Hennersdorf une redoute et des abatis que fera faire le général Mouton-Duvernet; sur les hauteurs de Berggiesshübel deux ou trois redoutes et des abatis que feront les troupes de votre corps d’armée; et enfin une redoute sur le Kohlberg que fera faire le duc de Trévise. Avec de l’activité, tout cela doit être fait en trente-six heures, les travailleurs pouvant être relevés de quatre en quatre heures, et travaillant jour et nuit. Faites faire des abatis et des barricades dans le fond des vallées pour assurer votre communication avec Borna.
Indépendamment du bataillon du général Mouton-Duvernet qui restera à Lilienstein, j’ordonne au prince Poniatowski, qui est à Neustadt, d’y envoyer un second bataillon et d’avoir l’œil sur ce point.
Témoignez mon mécontentement aux officiers qui étaient, il y a trois jours, au camp de Lilienstein, de ce qu’ils se sont laissé surprendre ; et qu’on se garde mieux à l’avenir.
Dresde, 13 septembre 1813, deux heures après midi.
Au maréchal Mortier, duc de Trévise, commandant la Jeune Garde, au camp de Pirna.
Le major général vous a fait connaître que mon intention est que vous souteniez le comte de Lobau et que vous preniez position près de Berggiesshübel. J’envoie mon officier d’ordonnance Lamezan auprès du comte de Lobau ; cet officier a parcouru les lieux et connaît parfaitement le terrain. La position de Berggiesshübel peut être tournée par la droite ou par la gauche; sur la droite par Borna : le maréchal Saint-Cyr y est; sur la gauche par le camp de Pirna : j’ai ordonné que la -42e division s’établisse sur les hauteurs de Langen-Hennersdorf ; j’ai donné ordre au comte de Lobau de faire construire deux ou trois redoutes et des abatis sur les hauteurs de Berggiesshübel, et de faire construire par la 42e division une redoute sur la hauteur de Langen-Hennersdorf. Vous devez vous-même en faire établir une sur le Kohlberg. Tout cela doit être fait en trente-six heures; on peut relever les travailleurs toutes les quatre heures, et y faire travailler jour et nuit. On fera les palissades en même temps, de manière que celle redoute soit aussitôt palissadée. Vous tiendrez un bataillon sur ce point important.
Le général Ornano est en position près de Pirna et vous joindra au moindre événement. Deux batteries de 12 de la Garde sont à mi-chemin de Dresde à Pirna et vous appuieront au besoin. Tâchez de me prévenir promptement dès qu’il y aura quelque événement, voulant me porter moi-même à Berggiesshübel, et attaquer l’ennemi au moment où il aurait échoué dans son attaque, et le rejeter battant en Bohême.
Le château de Sonnenstein aura demain son commandant, douze pièces de canon, et sera en état de défense, de sorte qu’en supposant que l’ennemi forçât la position de Berggiesshübel, il nous resterait Sonnenstein et la redoute du Kohlberg, le maréchal Saint-Cyr occupant Dohna comme seconde position.
Dresde, 13 septembre 1813, trois heures après midi.
Au maréchal Gouvion Saint-Cyr, commandant le 14e corps de la Grande Armée, à Liebstadt
Mon Cousin, j’ordonne que l’on construise deux ou trois redoutes à la position de Langen-Hennersdorf et qu’on y fasse des abatis. Cette position pouvant être tournée par le camp de Pirna, le général Mouton-Duvernet doit prendre position sur la rive gauche, au camp de Königstein, faire construire une redoute et faire des abatis sur la hauteur de Langen-Hennersdorf. Dès demain le château de Sonnenstein sera armé de pièces de canon, aura une garnison et sera un poste très-fort. J’ai même ordonné d’occuper les portes de Pirna pour être maître de la ville, tant que l’ennemi ne s’y présentera pas en forces. Il faut faire deux ou trois redoutes sur les hauteurs de Borna, ainsi que des abadis; les troupes doivent y travailler.
Reste actuellement à bien déterminer le rôle que doit jouer le 2e corps sur votre droite. Il paraît certain que dans tout projet d’attaque les Autrichiens auront un corps qui débouchera par Wartenberg. Les Russes et les Prussiens seront probablement chargés de l’attaque de Peterswalde et d’Ebersdorf. Mon projet est, aussitôt que l’ennemi sera vis-à-vis de Berggiesshübel et de Borna, de recevoir son attaque, et immédiatement après de l’attaquer moi-même et de le pousser sur Peterswalde.
Entendez-vous avec le comte de Lobau et le duc de Bellune. La 42e division sera sous les ordres du comte de Lobau, et le comte de Lobau sera sous vos ordres.
Dresde, 13 septembre 1813.
Au capitaine Lamezan, officier d’ordonnance de l’empereur, à Dresde.
L’officier d’ordonnance Lamezan se rendra à Pirna. Il verra où en sont les travaux de Sonnenstein. Il fera connaître au commandant que j’ai donné ordre que les fous fussent évacués demain avant midi, qu’on abattit la grange, et que je désire qu’on pousse les travaux de manière que ce poste soit dès après-demain en état de défense.
Il se rendra de là auprès du duc de Trévise, auquel il remettra la lettre ci-jointe; il lui expliquera les positions du comte de Lobau.
Il parcourra la route de Berggiesshübel à Borna, reconnaîtra les villages qu’il faut barricader, communiquera au maréchal Saint-Cyr ries dispositions que j’ai prises et lui remettra la lettre ci-jointe.
Il se rendra ensuite au quartier général du comte de Lobau, auprès duquel il restera. Il ira voir la redoute sur la hauteur de Langen-Hennersdorf et tout ce qui se passe à la 42e division. Il me fera reconnaître si la 42e division a ses bouches à feu; il m’instruira tous les jours de ce qui se passe et veillera à ce que je sois prévenu du moindre événement sérieux.
Il ira ce soir aux avant-postes. Il y sera demain à la pointe du jour.
Dresde, 13 septembre 1813.
Au comte Daru, directeur de l’administration de la Grande Armée, à Dresde.
Monsieur le Comte Daru, il est nécessaire que vous vous occupiez de faire fournir des vivres à l’armée.
Le 1er corps, qui occupe depuis Peterswalde jusqu’à Pirna, peut se nourrir par Pirna. Ce corps n’a que 18,000 rationnaires. Ce ne serait donc que 6,000 rations de pain qui lui seraient nécessaires, en supposant toutefois que vous pouvez lui envoyer le riz.
Le 14e corps peut se nourrir par Dohna. Il lui faut 21,000 rations. Si cependant les bailliages de Dohna n’avaient pas assez de moulins pour les lui fournir, il faudrait lui faire des envois de Dresde.
Le 2e corps doit se nourrir par Freyberg, toute la Garde par Dresde, et enfin les 5e, 11e et 3e corps, qui font 60,000 rationnaires, ce qui exige 20,000 rations, peuvent être nourris par Dresde, au moins en plus grande partie.
Faites-moi un rapport sur ce que Dresde peut fournir tous les jours, tant en pain et farine qu’en riz, et la manière dont cela peut être réparti entre les différents corps.
Dresde, 14 septembre 1813, dans la nuit.
ORDRE POUR LE CAPITAINE CARAMAX,
OFFICIER D’ORDONNANCE DE L’EMPEREUR.
Caraman se rendra près du duc de Tarente, à ses avant-postes, à Bautzen; il portera une lettre du prince de Neuchâtel et verra la nouvelle position. L’armée se trouve dans des marais, sur trois colonnes, chaque colonne formant un corps d’armée; ce qui fait un, corps sur la chaussée, et les deux autres qui flanquent dans des marais et défilés, ce qui est contraire au principe, puisque chaque corps d’armée ayant des bagages et de l’artillerie est ainsi exposé à perdre son matériel, et sa marche se trouve rompue.
Le général Lauriston a été attaqué et a fait quelques pertes; sans qu’il ait perdu du monde, le prince Poniatowski a été aussi attaqué près de Stolpen, et croit l’être encore ce matin; et cependant le duel de Tarente ne prévoit pas ces attaques et se laisse malmener. Caraman lui dira qu’il est nécessaire qu’il prenne une bonne position dans un pays ouvert, sur des hauteurs où toute l’armée soit en bataille. Les hauteurs derrière Bautzen étaient les meilleures positions. Aujourd’hui il en doit prendre une quelconque. Il doit avoir sur la chaussée une avant-garde d’infanterie, cavalerie et artillerie, et des corps flanqueurs qui l’éclairent à droite et à gauche. Alors l’armée sera dans une bonne position, à l’abri de toute surprise et prête à recevoir le combat ou à faire ce qu’elle voudra, parce qu’elle sera bien postée.
Caraman restera là la journée, verra ce qui se passe, comment finit l’affaire de Lauriston, et ce qui se passera du côté du prince Poniatowski.
Il ne dissimulera pas, avec toute la réserve convenable, que je trouve le maréchal mal placé et ne comprends pas sa manière de faire.
S’il y avait quelque chose d’important, il m’expédierait un chasseur.
Il ira voir tous les corps d’armée, prendra tous les renseignements qu’il pourra obtenir sur leur état et leur esprit, et viendra me rendre compte à la fin de la journée.
Dresde, 14 septembre 1813, neuf heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, le général de division Lefebvre-Desnoëttes, qui est aujourd’hui à Freyberg, partira dans la journée pour se rendre à Dœbeln. Il prendra sous ses ordres les brigades Piré et Vallin, ce qui lui fera près de 4,000 chevaux. Donnez avis de ce mouvement aux généraux Pire et Vallin. Réitérez à cet effet l’ordre au duc de Bellune de faire partir le général Vallin. Envoyez un officier, qui longera l’Elbe, au général Lorge, parti de Torgau pour se porter dans la direction de Leisnig; il lui fera connaître le mouvement du général Lefebvre sur Dœbeln. Cet officier recommandera au général Lorge de se concerter avec le général Lefebvre pour attaquer demain 11’ennemi et le pousser vivement. Le général Lorge n’aura pas manqué de rendre compte au prince de la Moskova de tout ce qui sera arrivé à sa connaissance.
Prévenez les généraux Piré et Vallin du mouvement du général Lorge.
Prévenez-en aussi directement le prince de la Moskova, pour que, de son côté, il prévienne le général Lorge. Écrivez-lui qu’il serait convenable que le général Lorge eût au moins 2,500 chevaux; qu’il lui envoie tous les Polonais qu’il a ; qu’il instruise aussi le général Margaron , à Leipzig , pour que celui-ci fasse, de son côté , la diversion qu’il pourra; que ce qui est spécialement important aujourd’hui, c’est de rétablir nos communications avec Leipzig et que notre cavalerie passe partout, batte le pays et fasse arriver nos subsistances ; qu’il nous donne des nouvelles de Leipzig, nous n’en avons pas reçu hier.
Réitérez l’ordre au duc de Bellune de placer une division d’infanterie à Freyberg avec sa cavalerie. Il faut que celte infanterie se baraque militairement sur les hauteurs de Freyberg.
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- S. Ajoutez au duc de Bellune l’ordre que sa cavalerie batte l’estrade. Donnez-lui avis du mouvement que fait le général Lefebvre-Desnoëttes contre l’ennemi. Le duc de Bellune peut réunir 1,200 chevaux et huit compagnies de voltigeurs, bons marcheurs, et deux pièces de canon bien attelées. Cette colonne se portera au secours du général Lefebvre, si ce général en avait besoin, ou sur les derrières de l’ennemi, selon l’avis que donnera le général Lefebvre.
Dresde, 14 septembre 1813.
A Joachim Napoléon, roi de Naples, à Grossenhayn.
Mon Frère, l’affaire importante est le passage du convoi qui nous apporte 15,000 quintaux de farine. On me mande qu’il est parti de Torgau le 13, et je crois que le vent a été favorable; ainsi il ne devrait pas être loin, et il doit avoir passé les points difficiles.
Dresde, 14 septembre 1813.
A général comte Bertrand, commandant le 4e corps de la Grande Armée, à Torgau.
Monsieur le Comte Bertrand, j’ai reçu votre lettre du 12 septembre. Je vois avec plaisir que votre corps se soit bien comporté; mais j’ai vu avec peine la mauvaise issue de la bataille, qui me paraît, avoir été mal engagée. Je prendrai bientôt moi-même le commandement des trois corps, pour tâcher de vous procurer votre revanche.
Dresde, 14 septembre 1813.
Au général comte Drouot, aide-major de la garde impériale, à Dresde
Faites courir après la brigade de la Garde qui est à Weissig, pour la faire revenir. Faites passer sur cette rive les deux divisions de la jeune Garde qui sont sur la rive droite. Que la vieille Garde se tienne prête à partir aujourd’hui même, si cela est nécessaire. Faites passer sur cette rive toute l’artillerie de la Garde qui est sur la rive droite. Donnez ordre à la vieille Garde, qui est à Moritzburg, de partir à quatre heures pour passer les ponts.
Dresde, 14 septembre 1813.
Au général comte Nansouty, commandant la cavalerie de la garde impériale, à Pirna.
Monsieur le Général Nansouty, j’ai ordonné au général Lefebvre-Desnoëttes de se porter sur Dœbeln. Il prendra sous ses ordres la brigade Piré et la brigade Vallin, ce qui lui fera près de 4,000 chevaux.
Donnez ordre au général Ornano de partir sur-le-champ et de se rendre aujourd’hui à Nossen pour se mettre en communication avec le général Lefebvre-Desnoëttes; comme il est moins ancien, il sera sous les ordres de ce général. Cela complétera 6,000 hommes de cavalerie sous les ordres du général Lefebvre. Prenez au parc, à Neustadt, une batterie à cheval de la réserve, et confiez-la au général Ornano ; dirigez-la sur le chemin de Nossen, et que le général Ornano la prenne en passant. Jusqu’à ce qu’elle ait rencontré ce général, faites-la escorter par 100 hommes de cavalerie ou un bataillon d’infanterie.
Indépendamment de ce, le général Lorge, avec sa division de 13,500 hommes d’infanterie et 2,000 chevaux, arrive aujourd’hui de Torgau du côté de Dœbeln. Par ce moyen, il y aura là 7 à 8,000 chevaux, qui doivent culbuter toute la cavalerie ennemie, d’autant plus qu’elle est composée en grande partie d’Autrichiens, et la pousser dans tous les sens, afin d’en purger le pays. Le général Ornano et le général Lefebvre, s’ils ont des hommes fatigués, pourraient laisser chacun un escadron à Dresde pour faire le service de place et se reposer. Le général Ornano couchera aujourd’hui à Nossen. Il donnera avis de sa présence au général Lefebvre-Desnoëttes. Indépendamment des rapports du général Lefebvre, il écrira tous les jours pour faire connaître ce qui serait venu à sa connaissance.
Recommandez au général Lefebvre de laisser en position en arrière le général Ornano, ou de le rapprocher de Dresde, s’il se trouvait n’en avoir aucun besoin.
Dresde, 14 septembre 1813.
Au général comte de Flahault, aide de camp de l’empereur, à Dresde.
Vous allez partir; vous prendrez 50 gardes d’honneur, 25 chevau-légers polonais et 25 chasseurs de ma Garde, du piquet de service; vous vous rendrez sur les hauteurs de Weissig. De là vous découvrirez Stolpen , Königstein et toute l’armée du duc de Tarente, qui est placée de la manière suivante : le prince Poniatowski à Stolpen, le général Lauriston à Drebnitz, le quartier général à Harthau, le 3e corps à Schmiedefeld et Lauterbach. Des hauteurs de Weissig vous dominerez sur tout cela. Vous établirez là votre bivouac pour toute la journée, et vous m’enverrez toutes les demi-heures des nouvelles de ce qui se passe. Vous pourrez même envoyer quelques patrouilles à droite et à gauche pour s’approcher du feu, s’il y en a , et en rendre compte. Comme de Weissig ici il y a trois lieues, vous mettrez des postes à mi-chemin pour que vos dépêches m’arrivent promptement, c’est-à-dire dans une heure, et que mes réponses vous parviennent de même.
Dresde, 15 septembre 1813, deux heures du matin.
A Joachim Napoléon, roi de Naples, à Grossenhayn.
Mon Frère, 15 ou 20,000 hommes ont débouché hier par Peterswalde, ce qui a obligé le comte de Lobau à prendre la position da Berggiesshübel ; mais, comme l’ennemi n’a pas, en même temps J attaqué Borna, cela ne s’annonce pas comme un mouvement d’armée.
Il me tarde d’apprendre que le convoi de vivres est passé. Vous devez, vous et le duc de Raguse, faire tout pour faire arriver ce convoi. Cela fait, il faudra se tenir prêt à agir selon les circonstances, et revenir à Dresde si cela est nécessaire. Vous aurez dans la journée, des nouvelles positives de ce qui se sera passé. Je compte me rendre près de Pirna, pour être plus rapproché de ce qui aura lieu de ce côté. J’espère que si, hier 14, vous n’avez pas eu de nouvelles du convoi, vous en aurez aujourd’hui 15. Si vous avez la nouvelle qu’il est passé, préparez-vous à faire un mouvement; mais ne vous pressez pas de le faire jusqu’à ce que vous ayez des nouvelles de la journée.
Même lettre au duc de Raguse.
Dresde, 15 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, écrivez au duc de Tarente qu’il n’y a point de camp de la jeune Garde à Weissig; que la jeune Garde est entre Pirna et Dresde; que le comte de Lobau a été attaqué hier par l’ennemi, qui a débouché de Tœplitz, et qu’il s’est replié sur la seule position qu’il pouvait défendre, celle de Berggiesshübel. L’ennemi y est arrivé à une heure, et, après quelques coups de canon, il s’est arrêté devant cette position et s’est tenu tranquille. Le maréchal Saint-Cyr n’a pas été inquiété à Borna. On ignore ce qui se passera aujourd’hui. L’Empereur porte son quartier général à Mügeln, pour voir si l’ennemi offrira les moyens de l’attaquer. Il ne serait pas impossible qu’il fit jeter un pont à Pirna pour établir une communication directe avec Stolpen. Il n’y aurait alors que trois lieues. Il est indispensable que le duc de Tarente couvre la route de Radeberg et de Kamenz sur sa gauche. Faites-lui connaître que le duc de Raguse est à Grossenhayn et le roi de Naples entre Torgau et l’Elster, et que nous attendons d’un moment à l’autre le grand convoi de farine.
Pirna, 15 septembre 1813, neuf heures du soir.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Dresde
Monsieur le Duc de Bassano, j’ai fait aujourd’hui attaquer l’ennemi et l’ai fait rejeter en Bohême. Il paraît que l’ennemi avait fait son attaque sur le comte de Lobau avec 25 ou 30,000 hommes, aux ordres du prince de Wurtemberg. Nous lui avons fait quelques centaines de prisonniers, dont un major et plusieurs officiers.
Faites-moi connaître si le convoi des 15,000 quintaux de Torgau est enfin arrivé. Le roi de Naples a poussé ses postes jusqu’à Torgau.
J’ai fait jeter ici un pont de bateaux, de sorte que je suis en communication directe avec l’armée de la rive droite.
Il me semble qu’il doit être arrivé aujourd’hui à Dresde des farines de Nossen et de Dœbeln. Invitez le comte Daru à faire faire beaucoup de pain et â en envoyer dans toutes les directions ; je suppose que son riz de Leipzig lui sera enfin arrivé.
Écrivez à Paris, et donnez à Leipzig l’ordre que l’estafette passe par Magdeburg.
Faites connaître au sieur Bacher que des habitants d’Altenburg étant venus au marché de Leipzig, il était de son devoir de les interroger sur les forces de Thielmann ; que c’est de sa part une négligence impardonnable que de ne l’avoir pas fait, et que je compte qu’il la réparera.
Le général Lefebvre doit être aujourd’hui à Colditz, où il doit y avoir eu 2,000 hommes de Thielmann. Nous aurons donc des nouvelles. J’espère qu’il arrivera quelque échauffourée à l’ennemi, qui le dégoûtera de ce système trop étendu de partisans.
Occupez-vous sérieusement de former des magasins de fourrages, et d’avoine sur les bases dont je vous ai parlé, si ce n’est pour le moment actuel, du moins pour l’hiver.
Il est nécessaire de faire mettre dans le journal de Leipzig des articles sur ce que j’ai fait et d’indiquer où je suis, parce que cela retentit ensuite dans les journaux d’Allemagne et cela supplée à des nouvelles.
Sa Majesté s’étant mise au lit, m’a ordonné de faire partir cette lettre sans sa signature.
Baron Fain.
Sa Majesté pensant qu’on doit avoir besoin de nouvelles sur les derrières, m’a dit d’ajouter à la lettre de Votre Excellence qu’elle désirait que vous fissiez une espèce d’affaire de ce qui s’est passé aujourd’hui, en faisant mettre dans la Gazette de Leipzig que les Russes (25 à 30,000), commandés par le prince de Wurtemberg, ont voulu attaquer le comte de Lobau, mais que Sa Majesté est arrivée, les a fait tourner par une division, qui les a obligés de rentrer précipitamment en Bohême, et qu’on leur a fait des prisonniers, etc.
Pirna, 16 septembre 1813, au matin.
ORDRE.
Article premier. Il sera établi dans la journée, sur la rive droite, sur la hauteur vis-à-vis du pont de Pirna, une palanque en forme de flèche, dont chaque côté sera de 30 toises et appuyé à l’escarpement, de sorte qu’une centaine d’hommes s’y trouvent à l’abri des efforts de la cavalerie.
Art. 2. La petite palanque établie à la maison est inutile. La tête du village sera barricadée dans la journée et mise à l’abri d’une attaque de cavalerie, et un poste d’infanterie sera placé à la tête du village.
Art. 3. Une palanque sera établie à 100 toises du pont, près de la grosse maison qui ferme le village jusqu’à la rivière en aval, et quelques palissades seront plantées en amont pour fermer le sentier.
Art. 4. Il sera construit une redoute, de 20 toises de côté inférieur, au-delà de l’angle saillant de la flèche. Celte redoute sera armée de deux pièces de canon.
Art. 5. Le major général fera sur-le-champ les dispositions nécessaires pour l’exécution du présent ordre.
Pirna, 16 septembre 1813, au matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, écrivez au prince Poniatowski que j’ai reçu son rapport; que dans la journée d’hier j’ai chassé l’ennemi qui s’était avancé jusque vis-à-vis Berggiesshübel et que je lui ai fait du mal ; qu’aujourd’hui je vais le rejeter entièrement en Bohème au-delà des montagnes; que j’ai fait construire ici un pont, mais que personne n’y passe, afin d’en tenir l’existence secrète; qu’il serait possible que demain je passasse ce pont pour me joindre à lui, attaquer les Autrichiens et les Russes, détruire leurs redoutes, les chasser de leurs positions et leur faire tout le mal possible; que je suppose que les 15,000 Russes qu’il a vus sont le corps de Langeron; qu’il m’envoie des renseignements à cet égard ; que je n’ai pas encore reçu de reconnaissance du général Lauriston ; que, comme il a 50 prisonniers, il doit les interroger pour savoir si les corps qu’il a devant lui sont de l’armée qui vient de Silésie ou sont de nouvelles troupes; qu’il doit m’envoyer tous les renseignements qui pourraient faciliter mon opération; qu’il les fasse connaître au duc de Tarente et au général Lauriston; que je n’ai aucune nouvelle ni de l’un ni de l’autre; que je n’ai reçu aucune de leurs reconnaissances , ni aucun rapport de ce qu’ils ont fait.
Pirna, 16 septembre 1813, huit heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, donnez ordre au général Curial de marcher avec sa division pour appuyer la position du général Mouton-Duvernet. Il pourra laisser derrière lui la division Decous pour garder les hauteurs, et ne la fera venir pour le soutenir qu’au cas où cela sera nécessaire. La division Decous se tiendra éclairée du côté de Rosenthal. Prévenez le général Curial que je serai de ma personne à Hellendorf, sur la grande route, et que sur le midi je ferai attaquer vigoureusement l’ennemi pour le chasser des hauteurs de Peterswalde.
Envoyez un officier au comte de Lobau pour qu’il fasse connaitre si l’ennemi est toujours à Peterswalde; dites-lui que je me rends Berggiesshübel, que j’ai ordonné au général Curial d’appuyer le général Mouton-Duvernet, mon intention étant d’attaquer à midi l’ennemi et le rejeter en Bohême; qu’il fasse ses dispositions en conséquence, et qu’il en prévienne le maréchal Saint-Cyr, pour qu’il fasse les siennes de son côté.
Envoyez un officier au maréchal Saint-Cyr pour lui faire connaître que, de onze heures à midi, j’attaquerai l’ennemi qui occupe les hauteurs de Peterswalde ; que de son côté il doit réunir son corps et chasser l’ennemi au-delà des montagnes. Dites-lui de placer des postes pour assurer sa communication avec nous à Hellendorf. La montagne élevée qui domine tout le pays, à côté de Fürstenwalde communique sans interruption avec le col de Peterswalde. Il y a quelques jours, lorsque j’y étais, j’ai envoyé par là une patrouille de cavalerie qui a passé sans rencontrer d’obstacles. Il est certain quo l’ennemi a un fort détachement sur la droite de l’Elbe et un autre d côté de Marienberg, et que ses principales forces, dans cette partie,-sont sur la chaussée de Peterswalde, dont il lui importe de conserver le débouché pour être assuré que je ne prendrai pas l’offensive pendant qu’il se livrera à ses opérations. Faites connaître au maréchal Saint-Cyr que je serai de ma personne à Hellendorf, et recommandez-lui de m’y envoyer fréquemment de ses nouvelles.
Pirna, 16 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, écrivez au duc de Tarente que j’ai reçu sa reconnaissance; que je lui ai fait connaître que j’ai chassé l’ennemi, qui avait pris position devant Berggiesshübel, de Hellendorf et de Peterswalde, mais que la nuit nous a surpris au-delà de Peterswalde, et que l’ennemi occupe encore la hauteur qui domine la descente en Bohême; que je vais me porter pour le faire attaquer à midi et le jeter entièrement dans la plaine. Après cela, il serait possible que je débouchasse de nuit par le pont de Pirna pour me porter sur Stolpen et attaquer les Russes et les Autrichiens qui sont de ce côté. Le prince Poniatowski dit qu’il a devant lui 15,000 Russes : c’est probablement le corps de Langeron.
Je désire que le duc de Tarente me fasse connaître les mouvements qu’il pourrait faire pour faire du mal à l’ennemi, détruire les redoutes qu’il a commencé à élever entre Neustadt et Hohnstein, et le pousser jusqu’à Bautzen, que mon intention serait d’occuper, en plaçant le corps du duc de Tarente derrière.
Faites-lui connaître que le roi de Naples est arrivé vis-à-vis Torgau et qu’il y est arrivé à temps : six heures plus tard le convoi était pris. Ce convoi arrivera ce soir ou demain à Dresde. Le roi de Naples et le duc de Raguse restent entre Torgau et Grossenhayn. Le duc de Bellune est à Dippoldiswalde et occupe Freyberg. Je laisse ces corps se reposer dans leurs positions, afin de les avoir frais pour s’en servir selon les circonstances.
Peterswalde, 17 septembre 1813, cinq heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Peterswalde.
Mon Cousin, écrivez au duc d’Elchingen que l’ennemi qui avait passé en Saxe a été rejeté en Bohême après avoir perdu beaucoup de monde et des prisonniers, parmi lesquels se trouve le fils du général Blücher, qui commandait l’avant-garde.
Faites part des mêmes nouvelles au duc de Tarente, au prince Poniatowski, au général Durosnel et au général Margaron.
Faites connaître au prince de la Moskova que les réclamations du général Lapoype ne sont pas fondées; du moment qu’il a 1,500 hommes, c’est assez pour la défense de Wittenberg. Il faut donc que le prince de la Moskova réunisse tout le corps du général Dombrowski, infanterie, cavalerie et artillerie, et qu’il le laisse entre Dessau et Leipzig, afin de marcher contre les partisans, les Polonais étant très-propres à ce genre de service.
Faites connaître au prince de la Moskova et au général Margaron que le général Lefebvre-Desnoëttes a dû attaquer, hier 16, un colonel autrichien qui se trouvait avec 1,600 hommes à Grimma.
J’ai vu avec peine qu’on ait fait sortir de Torgau les dépôts de la Garde sans être assuré des points où on les mettrait. Ils sont mal à Wurzen. Mais, puisque cela est fait, faites-les diriger sur Gotha, aussitôt que Thielmann aura été chassé des débouchés de la Saxe.
Écrivez au duc de Raguse ce qui a eu lieu à Dresde, afin qu’il occupe, comme je l’ai ordonné, les deux routes qui aboutissent à cette ville.
Peterswalde, 17 septembre 1813, au malin.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Dresde
Monsieur le Duc de Bassano, j’ai couché celte nuit à Peterswalde. Hier j’ai jeté l’ennemi sur Kuhn. La cavalerie a fait quelques belles charges. Nous avons fait prisonnier le fils de Blücher, qui est colonel ou général-major. C’est le même qui avait été en partisan du côté de Gotha.
Le général Lefebvre était le 15 à Colditz. Hier 16, il a dû attaquer Grimma, où se trouvait un colonel autrichien avec 15 à 1600 hommes; par une lettre de ce colonel, qu’on a interceptée, il paraît qu’il se trouve assez embarrassé de son rôle.
Thielmann n’a pu rien prendre à Naumburg, si ce n’est l’hôpital ; il n’y avait ni garnison, ni commandant.
Je vais me rendre à Pirna dans la journée.
Peterswalde, 17 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Peterswalde.
Mon Cousin, envoyez un officier avec un ordre en chiffre au duc de Castiglione, et cet officier pourra lui répéter l’ordre, verbalement, de se porter le plus tôt possible sur la Saale, avec son infanterie, sa cavalerie et son artillerie, en ne laissant à Würzburg que ce que j’ai désigné pour la garnison. Son principal but sera de rester maître des débouches de la Saale et de chasser les partisans ennemis qui manœuvrent dans cette direction. Il peut se rendre en droite ligne par Cobourg sur Jena. Il faudrait lui envoyer cet ordre par quadruplicata et par différentes voies.
Peterswalde, 17 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Peterswalde.
Mon Cousin, écrivez au prince de la Moskova de donner ordre sur toute la ligne, et donnez vous-même ordre à Wittenberg et à Magdeburg, de ne recevoir aucun parlementaire de l’armée que commande le prince de Suède, et de déclarer que les communications Boivent se faire du côté de la grande armée que commande le prince de Schwarzenberg.
Peterswalde, 17 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Peterswalde.
Mon Cousin, donnez ordre à la division Decous de la jeune Garde de partir de la position où elle se trouve pour se rendre à Pi m a, où elle prendra position avant d’entrer dans la ville.
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Peterswalde, 17 septembre 1813.
Au comte Daru, directeur de l’administration de la Grande Armée, à Peterswalde.
Monsieur le Comte Daru, l’essai que nous venons de faire pour les vivres a prouvé que le gouvernement saxon, seul, pouvait nous fournir des farines. Si on avait pris ce parti au moment de la récolte, on aurait d’immenses magasins. Tontes les nouvelles que je reçois des colonnes destinées à protéger les arrivages s’accordent sur ce point : c’est qu’à peine a-t-on dit aux baillis qu’ils peuvent envoyer sur Dresde, qu’ils répondent aussitôt que tout est prêt et que l’envoi se fait. Il y a donc lieu de croire que le marché pour la farine se réalisera.
Il serait à désirer qu’on pût faire de semblables marchés avec le
gouvernement saxon pour la viande et pour les fourrages, hormis pour la portion qu’on doit tirer de la Westphalie. Les habitants, dans la triste perspective où ils sont de voir les soldats des deux armées les piller, préféreront vendre à leur gouvernement. Il faut donc s’attacher à cette idée de former nos magasins en traitant avec le gouvernement saxon.
Peterswalde, 17 septembre 1813, dix heures du soir.
Au maréchal Gouvion Saint-Cyr, commandant le 14e corps de la Grande Armée, à Breitenau.
Je vous ai écrit il y a deux heures pour vous dire que l’intention de l’Empereur était que vous débouchiez par Peterswalde demain matin ; mais le temps est si mauvais que votre artillerie ne pourrait passer par le débouché de Peterswalde.
De notre côté, l’Empereur s’est emparé des débouchés sur la plaine. Tenez les débouchés de Fürstenwalde; faites quelques démonstrations d’infanterie et de fusillades, afin que vous puissiez connaître ce qu’a l’ennemi. Vous aurez soin de nous donner des nouvelles de tout ce que vous verrez et apprendrez. Vous devez donc, pour demain matin, vous borner à observer et inquiéter l’ennemi, sans engager votre artillerie dans le défilé de Fürstenwalde (La minute de cette lettre adressée au prince de Neuchâtel porte en tête : Lettre à écrire par le major général).
Peterswalde, 18 septembre 1813, quatre heures da malin.
Au général Lefebvre-Desnoëttes, commandant la 2e division de cavalerie de la Garde, à Rœtha.
Je reçois votre lettre du 17 à deux heures du matin. Je suppose qu’il m’en manque une dans laquelle vous me rendez compte probablement de votre arrivée à Grimma. Votre officier m’assure que ce poste avait été évacué. Il est de la plus grande importance de chasser l’ennemi de Naumburg et Weissenfels, et de rouvrir les communications avec Erfurt. Concertez-vous avec les généraux Margaron et Lorge, et rétablissez la liberté des débouchés de la Saale. Il me manque plusieurs estafettes. Faites filer tous mes dépôts de cavalerie et de blessés, ainsi que tous les embarras qui sont à Leipzig, sur Erfurt et Gotha. Tout cela est de la plus haute importance.
Envoyez un officier à Würzburg au duc de Castiglione. Je lui ai donné ordre de se porter avec son infanterie, son artillerie et sa cavalerie sur la Saale, pour maintenir les débouchés. Comme il est possible qu’il n’ait pas reçu mon ordre, par suite de la difficulté des communications, votre officier le lui fera connaître; qu’il marche sur-le-champ sur la Saale et se porte sur Erfurt ou directement sur Iéna par Cobourg.
Le major général ordonnera au général Margaron de donner au général Piré et au général Vallin tout ce qui appartient à leurs régiments dans les corps qu’il a sous ses ordres.
Peterswalde, 18 septembre 1813, cinq heures du matin
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Peterswalde.
Mon Cousin, écrivez au prince de la Moskova que le général Lefebvre-Desnoëttes m’écrit, le 17, de Rœtha, qu’il paraît que le général Lorge n’est pas loin ; que j’espère qu’ils rétabliront les communications de la Saale; qu’on fera passer l’ordre au duc de Castiglione de se rendre à Iéna avec son corps, et qu’on fera filer par Gotha tous les dépôts de cavalerie et embarras qui sont à Leipzig; que le corps du général Dombrowski réuni en partisans observe Dessau; que le roi de Naples et le duc de Raguse sont toujours sur la rive droite, entre Torgau et Dresde; que je les destine à manœuvrer contre Berlin et l’armée de Berlin.
Ajoutez au prince de la Moskova qu’en cas d’événement inattendu il faut qu’il fasse tout son possible pour sauver Leipzig; qu’il se mette en correspondance avec le roi de Naples et le duc de Raguse.
Peterswalde, 18 septembre 1813, six heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Peterswalde.
Mon Cousin , faites connaître au duc de Bellune qu’hier nous avons obligé l’ennemi à montrer ses forces de l’autre côté de la montagne de Bohême; que nous lui avons pris quelques pièces de canon et fait des prisonniers, et que nous nous sommes emparés de tous les débouchés au bas de la montagne; que le général Lefebvre-Desnoëttes doit être aujourd’hui à Rœtha, et qu’il a chassé les partis ennemis de Wurzen, de Grimma, de Borna et de Leisnig ; que le général Thielmann n’a que 2,500 chevaux avec deux pièces de canon, et qu’il est poursuivi dans différentes directions.
Écrivez à ce maréchal que je suppose que la colonne légère que j’ai demandée est déjà à Freyberg, et que mon intention est qu’il y envoie une division entière, avec de la cavalerie légère, afin de pousser de fortes reconnaissances sur Chemnitz et se tenir éclairé de ce côté. Le 2e corps ne pouvant marcher que sur Dresde ou sur Leipzig, dans l’un et l’autre cas ce détachement ne saurait nuire; cela facilitera la subsistance de ce corps.
Faites-lui connaître que mon quartier général sera ce soir à Pirna, et qu’il nous instruise fréquemment de ce qu’il y a de nouveau du côté de Sayda, Marienberg et Chemnitz.
Peterswalde, 18 septembre 1813, au matin.
À M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Dresde
Monsieur le Duc de Bassano, je me suis rendu hier aux avant-postes, et, ayant aperçu l’ennemi dans la forêt et dans le village qui est au bas de la montagne, je l’ai fait attaquer afin de l’obliger à démasquer ses forces. On lui a enlevé toutes ses positions dans une charge de cavalerie. Les lanciers rouges de la Garde lui ont pris cinq pièces de canon. On a fait quelques prisonniers, et la journée a fini par une grande canonnade à peu près hors de portée. Ayant ainsi tous les débouchés, et le temps étant horrible, on a pris position. Je compte être aujourd’hui de bonne heure â Pirna.
Le général Lefebvre-Desnoëttes était hier 17 à Rœtha; il a balayé le colonel autrichien qui inquiétait Leipzig. Je suppose qu’à l’heure qu’il est il ira débloquer Naumburg et Weissenfels.
J’ai donné ordre au duc de Castiglione de venir sur la Saale.
Peterswalde, 18 septembre 1813, à midi.
Au général Mouton, comte de Lobau, commandant le 1er corps de la Grande Armée, à Peterswalde.
Je ne puis pas croire que l’ennemi attaque sérieusement ; s’il prend les armes, c’est qu’il croit être attaqué. Je considérerais une attaque comme une chose fort heureuse. S’il attaque, il faut descendre autant de pièces de canon qu’on en peut mettre en batterie en avant du village. Laissez-y la division Teste, la division Duvernet et la division Cassagne. Placez de l’artillerie sur les rampes et soutenez l’attaque. L’ennemi sera battu, et quand il sera repoussé nous le chargerons vigoureusement. Gardez le général Dumonceau en réserve et une brigade pour garder le défilé d’Aussig. Il faut, quelque chose qui arrive, sortir triomphant de l’attaque, c’est-à-dire garder le village et les débouchés. Si l’ennemi a 50,000 hommes, j’en ai ici 60.000. La Garde prend les armes et est ici en position de soutenir. Vous pouvez ordonner à Ornano et au général Letort de rester sur les hauteurs, jusqu’à ce qu’on voie ce que veut faire l’ennemi.
Peterswalde, 18 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Peterswalde.
Mon Cousin, je vous envoie le changement qu’il faut faire à la lettre du comte de Lobau. Montrez-la-moi encore avant de l’expédier.
Faites connaître au duc de Trévise et au général Nansouty tout ce ‘qui les regarde. La division Roguet partira ce soir et sera maîtresse, ou de marcher toute la nuit et de prendre position dans son camp derrière Berggiesshübel, ou de ne faire que deux ou trois lieues et demain de bonne heure de continuer son mouvement. La division Roguet restera en bataille pour assurer la position de Berggiesshübel et prendra son camp en arrière du comte de Lobau, de manière que, si je n’en ai pas besoin, je puisse laisser là cette division, sans quoi elle doit se tenir prête à suivre le mouvement de la Garde.
Voici la nouvelle rédaction de la lettre à écrire au comte de Lobau :
« Monsieur le comte de Lobau, l’Empereur ordonne que vous fassiez évacuer dans la journée tous vos blessés au-delà de Berggiesshübel ; que vous fassiez enterrer les morts français qui sont dans la forêt ; que vous envoyiez vos caissons vides pour se recharger, et que vous commenciez à faire filer à sept heures du soir vos ambulances, vos caissons, vos bagages et toute la partie de votre artillerie qui est inutile pour le service des divisions. Tout cela prendra position au camp de Berggiesshübel.
Ce soir, à sept heures, la division Dumonceau portera une de ses brigades en avant de Peterswalde et l’autre sur la hauteur en arrière. La division Teste viendra prendre position sur la chapelle, et la division Cassagne à peu près à la hauteur du débouché que l’ennemi a attaqué aujourd’hui.
A huit ou neuf heures du soir, toutes les troupes seront ainsi en position; elles y feront la soupe et y passeront la nuit, de sorte qu’à cinq heures du matin la 42e division, qui n’aura plus ni voitures ni artillerie (l’artillerie qui lui sera nécessaire aura été transportée à la chapelle), à cinq heures, dis-je, cette division se mettra en route pour arriver à sept ou huit heures du matin à la chapelle et filer ensuite plus loin.
La division Cassagne partira également à cinq heures, et précédera ainsi la 42e division.
Ces deux divisions auront dépassé à sept heures la chapelle, où la division Teste sera en position. Cette division placera ce soir deux bataillons et deux pièces de canon au débouche que l’ennemi a attaqué aujourd’hui, et ce sont ces deux bataillons qui feront l’arrière-garde de l’année, de sorte que demain, à sept heures du matin, toute l’armée se trouvera échelonnée depuis la chapelle jusqu’à la hauteur entre Hellendorf et Berggiesshübel.
La division Dumonceau arrivera demain de bonne heure à la position de Berggiesshübel; elle y prendra position avec l’artillerie, ainsi que toutes les autres divisions qui arriveront successivement.
Votre division d’arrière-garde pourra prendre position en avant de Hellendorf.
La 42e division prendra ses positions, par les défilés de Bara, sur le camp de Königstein. Il faut continuer à retrancher ces positions de toutes les manières.
Étudiez bien le terrain pour vous lier avec la 42e division, qui sera à Langen-Hennersdorf, et avec le maréchal Saint-Cyr.
Aujourd’hui vous ne devez faire, de jour, aucune espèce de mouvement rétrograde.
Le régiment de la Garde que commande le général Letort ne partira qu’à six heures pour venir prendre ses bivouacs plus loin que Hellendorf, et continuera demain de s’approcher de Pirna.
Le général Ornano continuera à commander votre cavalerie légère et fera la retraite en ordre. Il pourra faire partir cette nuit la portion de son régiment qui se compose d’hommes éclopés et fatigués. Arrivé à la position de Berggiesshübel, il prendra ses bivouacs entre Berggiesshübel et Pirna, et alors vous n’aurez de cavalerie que la brigade polonaise et votre autre brigade.
La division du général Roguet partira ce soir à six heures de la position qu’elle occupe en arrière du bois, et marchera toute la nuit pour prendre position derrière Berggiesshübel, où elle attendra de nouveaux ordres, c’est-à-dire jusqu’à ce que votre corps soit parfaitement placé. La division Teste fera l’arrière-garde, et on lui donnera une batterie d’artillerie à cheval.
Le quartier général de l’Empereur sera ce soir à Pirna. »
Peterswalde, 18 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Peterswalde.
Mon Cousin, écrivez au général Lefebvre-Desnoëttes, au général Margaron et au général Lorge de rouvrir le plus tôt possible les débouchés de la Saale.
Réitérez l’ordre, par duplicata, au duc de Castiglione, à qui le général Margaron le fera passer à Würzburg par des officiers, de partir avec tout son corps, infanterie, cavalerie et artillerie, pour se rendre sur Iéna, par Cobourg, afin de tenir libres les débouchés de la Saale et de protéger tous nos derrières.
Donnez ordre au général Margaron, au général Lefebvre-Desnoëttes et au général Lorge de pro léger le passage sur Erfurt et Gotha des dépôts de cavalerie, des blessés et des autres embarras de l’année qui se trouvent à Leipzig.
Peterswalde, 18 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Peterswalde.
Mon Cousin, donnez ordre à la cavalerie de la Garde que commande le général Walther de se mettre en mouvement pour prendre position ce soir près de Pirna.
Donnez ordre au régiment de la Garde que commande le général Letort de quitter sa position et de rejoindre le général Walther.
Donnez ordre au général Ornano de partir à deux heures après midi et de revenir prendre position du côté de Hellendorf. Il prendra, pour faire ce mouvement, les ordres du comte de Lobau, parce qu’il est indispensable que le général Colbert soit remplacé dans sa position.
Donnez ordre aux deux divisions de la jeune Garde qui sont le plus près de Iéna de partir sans délai pour s’approcher de Pirna ; elles pourront coucher ce soir une à Zehista et l’autre plus près de Pirna.
Donnez ordre que la division de la jeune Garde qui est en position sur le plateau n’en parte qu’à deux ou trois heures de l’après-midi , s’il n’y a rien de nouveau, et se dirige sur le camp de Berggiesshübel, où elle prendra position ce soir.
Donnez ordre à toutes les batteries de réserve de la Garde de rejoindre le parc de réserve près de Pirna.
Peterswalde, 18 septembre 1813.
Au maréchal Gouvion Saint-Cyr, commandant le 14e corps de la Grande Armée, à Breitenau.
Mon Cousin, j’ai fait hier une reconnaissance pour bien connaître la force et la position de l’ennemi. Sa position m’a paru forte, et, quoique le débouché de Peterswalde soit assez favorable pour l’artillerie, les pentes en étant assez douces, la position de l’ennemi ne me permettait pas de l’attaquer ; je me suis donc arrêté au parti de m’en tenir au jeu de va-et-vient et d’attendre l’occasion.
Peterswalde, 18 septembre 1813, après-midi.
ORDRE POUR LE GENERAL ROGUET,
COMMANDANT LA 1e DIVISION DE LA VIEILLE GARDE, A PETERSWALDE.
Ordre au général Roguet qu’en faisant son mouvement en arrière il fasse passer une brigade, avec . . . . (lacune dans le texte) pièces de canon, de Hellendorf par le défilé de Borna, et qu’il prenne position sur les hauteurs de Langen-Hennersdorf, entre le débouché de Rosenthal, jusqu’à ce que la 42e division y soit arrivée. Après cela, cette brigade viendra le rejoindre dans son camp, derrière Berggiesshübel. Il serait à propos que cette brigade eût 2 ou 300 chevaux. On peut les demander au général Ornano. Le général Roguet en préviendrait le général Mouton-Duvernet.
Peterswalde, 18 septembre 1813, cinq heures du soir.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Peterswalde.
Mon Cousin, envoyez au maréchal Saint-Cyr la copie de la lettre que vous écrivez au comte de Lobau, afin qu’il y conforme son mouvement. Faites-lui connaître que je désire qu’il appuie une de ses divisions au comte de Lobau ; deux divisions me paraissent assez pour garder son débouché. Mon intention est que le général Pajol prenne le commandement de toute sa cavalerie légère. Faites-lui également connaître que mon intention est qu’on tienne ferme à Borna et à Berggiesshübel, et que je n’aie aucune inquiétude pour ces deux positions. Sonnenstein étant maintenant très-fort, il faut [que l’ennemi ne puisse nous débusquer de ces deux positions que par nui mouvement général de son armée, qui justifierait alors le mouvement que je ferais contre lui; mais il ne faut pas qu’il m’oblige à ce mouvement avec de simples divisions légères, comme cela vient d’avoir lieu.
Dites à ce maréchal que, un grand convoi de farine venant d’arriver à Dresde, on doit avoir commencé à lui envoyer de bonnes rations. Son ordonnateur doit se donner plus de mouvement. Il serait nécessaire qu’il se procurât une partie de la farine dont il a besoin par les moulins de Dohna, Borna, etc. Nous avons du blé, il n’y a que la mouture qui nous gêne. Presque tous les villages ont des moulins, il faut en profiter en les saisissant pour le service du corps d’armée. Il serait bon que, par ce moyen, il pût donner à chaque homme huit onces de pain; on en enverrait huit onces de Dresde avec quatre onces de riz ; la ration serait alors de seize onces de pain et quatre onces de riz, à quoi le soldat joindrait les pommes de terre et les légumes qu’il trouvera encore longtemps dans tous les villages.
Peterswalde, 18 septembre 1813, cinq heures du soir.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Peterswalde.
Mon Cousin, écrivez au maréchal Saint-Cyr que je me suis porté aujourd’hui, à midi, aux avant-postes, pour revoir encore une fois la position de l’armée ennemie; le temps étant clair, on a tout vu en I détail.
L’ennemi a fait une attaque de huit ou dix bataillons sur la gauche; cela n’a duré qu’une heure, il a été vertement repoussé. Du reste, l’ennemi a paru être en position.
Pirna, 19 septembre 1813, dix heures du matin.
A Joachim Napoléon, roi de Naples, à Grossenhayn.
Je reçois votre lettre du 18. Selon les renseignements que j’ai, le corps de Bülow est à Schweidnitz, entre Wittenberg et Jüterbogk, et le corps Suédois entre Coswig et Roslau. Votre jonction avec le prince de la Moskova, entre Herzberg et Torgau, et votre projet de rejeter l’ennemi au-delà de l’Elster ne trouveraient pas, je crois, grand obstacle.
J’attends des nouvelles dans la journée. Il paraît que l’ennemi a poussé un assez fort parti de Pulsnitz sur Radeberg, et que le duc de Tarente en est fort inquiété. Un mouvement alors de Grossenhayn sur Kœnigsbrück et Kamenz favoriserait le mouvement du duc de Tarente et nous mettrait en mesure de reprendre la position de Bautzen.
Je suis descendu hier dans la plaine de Bohème, près de Kulm, et j’ai obligé l’ennemi à démasquer son camp et ses forces. Il a présenté toute son armée en bataille sur plusieurs lignes; il s’attendait à être attaqué ; j’ai fait alors reployer les colonnes. Cette nuit, le comte de Lobau et le maréchal Saint-Cyr ont repris leurs anciennes positions.
Si je me décide à marcher demain sur Stolpen, Bischofswerda et Bautzen, votre mouvement sur Kamenz, avec le duc de Raguse et la portion de cavalerie que vous avez sous la main, couperait beaucoup de partis et même de l’infanterie à l’ennemi. D’un autre côté, le général Lefebvre a déjà nettoyé nos communications de Leipzig à Dresde. Il paraît que Thielmann a abandonné Naumburg, où il n’est entré qu’avec 2,000 chevaux. On parle vaguement d’un mouvement des Suédois sur Dessau; cela mérite confirmation.
Tenez-vous prêt, ainsi que le duc de Raguse, ou à exécuter le mouvement que vous avez proposé, ou à faire celui sur Kamenz. Je vous enverrai des ordres ce soir. Il fait un temps horrible. Le prince de Neuchâtel est malade; je ne sais pas si c’est sa goutte ou seulement un accès de fièvre.
Pirna, 19 septembre 1813, onze heures du matin.
Au prince Poniatowski, commandant le 8e corps de la Grande Armée, à Stolpen.
Le duc de Tarente me mande qu’hier les flanqueurs qu’il avait à Pulsnitz ont dû se retirer sur Radeberg. Je viens d’ordonner à deux divisions de la jeune Garde et à la cavalerie de la Garde de passer le pont de Pirna et d’occuper Lohmen, Rœhrsdorf et Stürza. Couvrez ces troupes par votre cavalerie, afin que l’ennemi ne les voie point et qu’il ignore absolument ce mouvement.
Je ne serais pas éloigné, si le temps était moins affreux demain, de marcher à l’ennemi et de le pousser au-delà de Bautzen. On assure que le corps de Langeron a quitté vos environs et qu’il s’est porté du côté de Bautzen et de Bischofswerda, afin de déborder la gauche du duc de Tarente. Faites-moi connaître ce qu’il en est. S’il n’y a pas d’inconvénient, venez avant minuit à Pirna, pour me faire connaître exactement le dernier état des choses.
Pirna, 19 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, écrivez au duc de Bellune que ce n’est pas par 4,000 hommes, mais par 400, que le général Bruno a été enlevé : il dormait tranquillement dans la ville, avec tous ses hommes. Tant que les troupes légères serviront aussi mal, il arrivera des malheurs. Au lieu de bivouaquer dans une position militaire et de changer tous les jours de camp, le général Bruno s’était renfermé dans la ville. Dites au duc de Bellune de vous envoyer l’état de situation des deux escadrons qui étaient â Freyberg et de vous faire connaître s’il y avait de l’infanterie. Témoignez-lui mon mécontentement de ce qu’il n’avait pas donné au général Bruno des instructions telles qu’il ne se soit pas enfermé dans la ville. Le maréchal a dû savoir par ses officiers qu’il vivait chez les habitants, au lieu de bivouaquer.
Je viens de dicter un ordre du jour pour faire connaître à l’armée l’événement survenu au général Bruno. Il faut réitérer l’ordre aux troupes légères de ne jamais passer la nuit dans une ville; elles doivent bivouaquer et changer de bivouac le soir, de manière à coucher à une demi-lieue ou une lieue de l’endroit où elles étaient au coucher du soleil. C’est le moyen de n’être jamais surpris, et c’est faute de ces précautions que de pareils accidents ont lieu. 2 ou 300 hommes de cavalerie légère ne doivent pas prendre position comme un corps d’infanterie; leur but est d’éclairer et non de combattre. Faites sur ces principes un ordre du jour soigné et qu’on puisse imprimer. On doit faire connaître qu’il y a peine de mort contre les commandants de patrouilles de troupes légères qui passeraient la nuit dans une ville.
ORDRE.
Sa Majesté est mécontente de la manière dont se fait le service des troupes légères de cavalerie.
Le général Gobrecht, commandant les troupes légères du 1er corps, était en position sur les flancs de l’année sans grand’garde et tous les chevaux débridés. Les lois militaires rendent une pareille négligence passible de la peine de mort.
Sa Majesté a surpris un brigadier de la Garde qui, étant placé en grand’garde près de Pirna, avait ses chevaux débridés. Sa Majesté ordonne que ce brigadier soit cassé.
Le général de brigade Bruno, en reconnaissance avec 150 chevaux westphaliens, au lieu de bivouaquer, de changer tous les soirs d’emplacement, de ne jamais passer la nuit dans un lieu où on a pu l’observer au coucher du soleil, de n’entrer que le jour dans les villes et dans les villages, s’étant simplement cantonné dans Freyberg, ayant placé ses chevaux dans les écuries, y a été surpris par 400 Autrichiens. Sa Majesté ordonne que le général Bruno soit suspendu, et que sa conduite soit renvoyée à une commission d’enquête.
Tout officier et sous-officier qui, étant de grand’garde, négligera les précautions prescrites par les règlements militaires; tout commandant, quel qu’il soit, de troupes légères envoyées en reconnaissance ou détachées sans infanterie, en camp volant, qui négligera de prendre lesdites précautions; tout général de cavalerie qui, flanquant la position de l’armée, négligera de placer ses grand’gardes et l’exécution des règlements militaires, et exposera l’armée à une surprise de l’ennemi, sera traduit par-devant une commission militaire et condamné à mort.
Pirna, 19 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, écrivez an prince de la Moskova que vous avez reçu sa lettre du 18; que je vois avec plaisir la réunion du corps du général Dombrowski, infanterie, cavalerie et artillerie, à Bitterfeld; que je pense qu’il doit sur-le-champ occuper Dessau en force, avec de l’infanterie, de la cavalerie pt de l’artillerie, afin de bien garder les bords de la rivière; que le moyen le plus efficace d’empêcher l’ennemi de passer l’Elbe à Dessau est que ce prince concentre son corps à Wittenberg, mais que j’approuve cependant, en attendant que j’aie pris un parti définitif, les dispositions qu’il a faites.
Dites-lui que j’ai donné ordre au général Margaron de renvoyer au 3e corps de cavalerie tous les détachements qu’il a à Leipzig; que je désire que tous les détachements des dépôts qui formaient la garnison de Leipzig et qui en auraient été tirés, soit pour des escortes, soit pour toute autre cause, rentrent à Leipzig. Je désire avoir un état de situation en abrégé de ses différents corps et de la division Lorge, infanterie, cavalerie et artillerie. Où est cette division ?
Faites-lui connaître de plus que j’ai supprimé le 12e corps et qu’il doit faire sans délai cette organisation; que le duc de Reggio vient au quartier général ; que je ne vois pas d’inconvénient à ce qu’il envoie le duc de Padoue à Leipzig, toutefois en y laissant le général Margaron. Le duc de Padoue aurait sous ses ordres les divisions Defrance, Lorge et Margaron. Mais je désire néanmoins que le prince de la Moskova conserve la direction de tous ces corps, tant qu’il sera aussi près de Leipzig, puisque lui seul pourrait sauver Leipzig, si cette ville était sérieusement menacée, avant que mes dispositions offensives sur la rive droite de l’Elbe aient rappelé l’ennemi d’un autre côté. Si les mouvements de l’ennemi devenaient plus sérieux, il serait bon de porter le 7e corps à Wittenberg, afin de le lier avec le général Dombrowski à Bitterfeld et à Dessau. Il faut que le général Margaron reste à Leipzig, parce que le duc de Padoue en partira avec toutes ses troupes aussitôt que le temps sera meilleur et que j’aurai pris un parti sur les opérations qui auront lieu.
Pirna, 19 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, donnez ordre au duc de Bellune d’occuper Freyberg avec son corps, en laissant un corps d’observation d’infanterie, cavalerie et artillerie à Dippoldiswalde. Il prendra à Freyberg une bonne position militaire et poussera des partis sur Chemnitz.
Pirna, 19 septembre 1813.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Dresde
Monsieur le Duc de Bassano, vous devez répondre au comte de Narbonne que ses lettres sont ridicules et ne prouvent qu’une seule chose : c’est qu’il n’a aucun usage de la guerre. Est-il en effet extraordinaire qu’il y ait du désordre dans une place Note : Torgau) qui vient de servir de refuge à une armée qui a perdu une bataille ? Est-il extraordinaire qu’il y ait de l’embarras, quand il est question d’y former quatorze ou quinze dépôts ? On l’a envoyé là avec une autorité supérieure exprès parce qu’il y avait quelque chose à faire. Qu’il emploie dans ses lettres des formules plus sensées, telles, par exemple, que ses protestations de dire la vérité, comme si tout le monde ne devait pas dire la vérité et ne la disait pas; comme si tout ce qui a l’expérience des affaires ne la supposait pas. Des protestations de dire la vérité feraient presque croire qu’on n’a pas l’habitude de la dire toujours. Tâchez de lui faire comprendre cela de la manière la plus polie; mais vraiment il écrit au major général d’une manière ridicule et comme si ce devenait un mérite d’écrire la vérité. Qu’il ne s’étonne pas de ce qu’il voit; qu’il le dise avec simplicité, et tout aura son remède; l’armée du prince de la Moskova finira par aller ailleurs ; l’ennemi sera éloigné de la rive droite; le général d’artillerie enverra des armes; le comte Daru enverra des effets d’habillement, les habits arriveront de tous côtés; les dépôts seront armés, habillés : c’est un moment à passer, et il aura rendu service, en acquérant pour lui-même l’usage de ces affaires militaires.
Pirna, 19 septembre 1813.
DÉCISION.
| Le duc de Feltre, ministre de la guerre, soumet à l’Empereur une proposition d’échange de prisonniers, faite par le maréchal duc de Dalmatie, commandant l’armée française en Espagne. | Blâmer le duc de Dalmatie d’avoir consenti à un échange que je désapprouve; mais lui écrire que tout échange fait dans ces termes sera accepté, savoir : deux Espagnols et un Anglais contre trois Français. Ainsi on échangera 3,000 Français contre 2,000 Espagnols et 1,000 Anglais, grade pour grade et homme pour homme. Cet échange devra se faire simultanément, de manière que trois Français nous soient remis en même temps que nous remettrons deux Espagnols et un Anglais. |
Pirna, 20 septembre 1813, quatre heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, écrivez au duc de Tarente qu’il est fâcheux qu’il ait fait un mouvement sans nécessité et déplacé ses bivouacs et ses camps par une aussi horrible journée, ce qui fait souffrir infiniment sa troupe; que le général Maurin paraît faire fort mal la guerre; qu’il n’était pas à son poste, qu’il s’était cantonné dans un château avec sa cavalerie et n’avait qu’un bataillon d’infanterie et 20 chasseurs en avant; que je désire qu’il lui en témoigne mon mécontentement; que ce n’est pas ainsi qu’un général de troupes légères qui flanque une armée doit servir.
Écrivez au général Durosnel que l’alarme qu’a donnée le duc de Tarente était une fausse alarme; que le général Maurin, qui était à Pulsnitz, a fait faire tout ce tapage pour quinze escadrons qu’il a vus. Écrivez au prince de la Moskova que le mouvement du roi de Naples, qui a fait arriver le convoi de Dresde, a produit en outre le bien qu’on en attendait, puisqu’il a attiré sur le Roi une forte partie des troupes que l’ennemi opposait au prince de la Moskova.
Pirna, 20 septembre 1813, quatre heures du matin.
Au maréchal Marmont, duc de Raguse, commandant le 6e corps de la Grande Armée, à Grossenhayn.
La journée d’hier et cette nuit sont si affreuses qu’il n’y a pas moyen de bouger. Le duc de Tarente a donné une fausse alarme. Vous devez rester jusqu’à nouvel ordre dans votre position. Il n’est pas probable que l’infanterie ennemie ose s’avancer. Si cela était, je viendrais vous renforcer et nous livrerions bataille , ce qui serait une chose bien avantageuse, mais qui paraît opposée à leur système. La grande affaire de ce moment paraît être de conserver les armes et les cartouches le plus possible.
Pirna, 20 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, écrivez au roi de Naples, au duc de Raguse, au duc de Tarente et au prince Poniatowski, que le temps affreux qu’il a continué de faire aujourd’hui rend tout mouvement impossible, et que , si demain le temps s’améliore, il faudra se disposer pour après-demain.
Pirna, 21 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Donnez ordre au-duc de Trévise de porter aujourd’hui son quartier général à Pirna, et d’y venir avec une division de la jeune Garde. Donnez ordre à la vieille Garde de se rendre à Dresde. Deux bataillons resteront ici, à Pirna, jusqu’à ce que le duc de Trévise les ait fait relever par deux autres bataillons.
Donnez ordre au maréchal Saint-Cyr de porter, dans la journée de demain, son quartier général à Pirna. Vous lui ferez connaître qu’il est chargé de la défense de l’Elbe depuis vis-à-vis Pillnitz jusqu’à Königstein, et des débouchés de la Bohème depuis Königstein jusqu’à Freyberg; que je mets à cet effet sous ses ordres le 14e corps, le 1e et le 5e; que le 5e corps, que commande le général Lauriston arrive demain à Dresde et se portera sur-le-champ sur Dippoldiswalde; qu’il me fasse connaître de quelle manière il doit le placer; qu’il est nécessaire qu’il fasse venir une division du 14e corps à Pirna, pour occuper le camp en avant de Königstein; qu’ainsi le 14e corps aura une division à Königstein et l’autre sur le plateau de Pirna; qu’aussitôt que le général Lauriston sera arrivé à Dippoldiswalde il pourra retirer une autre division de Borna pour la placer vis-à-vis Pillnitz ; que le général Lauriston a trois divisions et une brigade de cavalerie, ce qui forme à peu près 16 ou 18,000 hommes : ses trois corps réunis lui formeront donc de 40 à 50,000 hommes.
Mandez-lui que le duc de Bellune fera occuper Chemnitz, se tenant en bataille, la gauche du côté de l’Elbe et la droite du côté de la Saale et vis-à-vis la frontière de Bohème; que le duc de Raguse va se porter à Freyberg, se tenant aussi en ordre de bataille; que le duc de Tarente avec le 11e corps va se porter en avant de Dresde, aux débouchés de la forêt; que le quartier général et toute la Garde seront à Dresde; que par ce moyen on pourra réunir l’armée et lui faire prendre un peu de repos.
Le 5e corps étant commandé par le général Lauriston, comme le 11e par le comte de Lobau, ces deux généraux seront comme des lieutenants du maréchal Saint-Cyr.
Pirna, 21 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, écrivez au maréchal ney qu’il aura vu, par la nouvelle position que prend l’armée, qu’il est chargé de la défense de l’Elbe depuis Magdeburg jusqu’à Torgau, et qu’il a sous ses ordres le 4e, le 7e et le 3e corps; que le 3e corps est en marche pour Meissen , où il sera demain;
Que, d’après les nouvelles du 20, par lesquelles il paraîtrait que l’ennemi jette un pont à Dessau, je pense qu’il doit se porter sur-le-champ sur Wittenberg avec le 7e et le 4e corps, et le 3e corps de cavalerie;
Que je donne ordre au duc de Raguse et au roi de Naples de passer au pont de Meissen, où ils seront demain de bonne heure; que, si la nouvelle se vérifie du passage de l’ennemi, le Roi, avec la cavalerie et le duc de Raguse, ira sur-le-champ sur Torgau.
Donnez ordre au roi de Naples de passer, avec le 1er corps de cavalerie et le duc de Raguse, au pont de Meissen. Le Roi enverra sur-le-champ des partis sur la rive gauche jusqu’à Torgau. Le duc de Raguse fera occuper la tête de pont de Meissen, et se tiendra prêt à marcher sur Torgau, quoique les dispositions générales de l’armée le placent à Freyberg, si son mouvement était prompt et qu’il fût vrai que l’ennemi pût déboucher sur Leipzig.
Pirna, 21 septembre 1813
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, expédiez au maréchal Saint-Cyr l’ordre de prendre les positions qui lui sont assignées dans l’ordre général; au duc de Raguse, au roi de Naples et au 1er corps de cavalerie, l’ordre de se diriger sur Meissen; au 5e corps l’ordre de se diriger sur Dippoldiswalde, et au 3e corps l’ordre de se diriger sur Meissen, par Dresde. Le duc de Trévise, avec ses divisions de la jeune Garde r devra continuer à rester à Pirna et à Zehista toute la journée de demain, et même jusqu’à nouvel ordre.
Pirna, 21 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, écrivez au général Curial que le général Decous ne doit occuper Stürza que par des postes et des reconnaissances, et que toutes ses troupes doivent se réunir sur Dobra. Faites connaître au général Curial qu’il doit toujours tenir son corps réuni, et qu’en cas d’événement il doit se retirer de Dobra sur Lohmen.
Pirna, 21 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Pirna.
Mon Cousin, écrivez au duc de Tarente de bien appuyer le prince Poniatowski, afin que dans aucun cas il ne soit obligé d’évacuer Stolpen. Il paraît que l’ennemi occupe des hauteurs entre Neudœrfel et Lauterbach, qui l’inquiètent.
Pirna, 21 septembre 1813.
Au comte Daru, directeur de l’administration de la Grande Armée, à Dresde.
Monsieur le Comte Daru, j’ai donné l’ordre qu’on transportât au camp de Lilienstein 5,000 rations de biscuit et 60 quintaux de farine, pris sur l’approvisionnement du fort de Sonnenstein; de sorte qu’il y ait toujours dans ce camp 10 ou 12,000 rations. S’il n’y avait pas de bœufs, il faudrait en envoyer quelques-uns.
La 42e division, commandée par le général Mouton-Duvernet, campée sur le plateau de Sonnenstein, est dans un pays ingrat. Il faut lui destiner tout ce que peuvent fournir Pirna, Königstein et les villages du plateau. Le commissaire des guerres de cette division doit faire moudre dans ces villages, et il doit être facile de se procurer ainsi une soixantaine de quintaux de farine par jour. Il faut en outre que vous envoyiez à cette division pour quatre jours de vivres, à raison de 6,000 hommes, en pain, riz et viande.
Le 1er corps est également dans un pays ingrat, et a besoin d’être tenu au courant. Ordonnez au commissaire ordonnateur de ce corps de s’aider de tous les moulins qui se trouvent dans son arrondissement. Il est nécessaire que tous les corps aient toujours des vivres pour quatre jours d’avance.
Dresde, 22 septembre 1813, deux heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin , écrivez au duc de Tarente la lettre suivante : « La situation de l’ennemi entre la Sprée et Bischofswerda paraît douteuse. Le duc de Tarente a fait connaître, par sa lettre du 14, que les corps de Langeron et Saint-Priest, ce qui est la meilleure partie de l’armée russe, manœuvraient sur la droite, et que cela le décidait à concentrer sa position. Depuis, il a fait connaître par sa lettre du 19 qu’il craignait d’être dans le cas de prendre la position de Weissig, parce que l’ennemi, après avoir manœuvré par sa droite, venait de manœuvrer par sa gauche et menaçait d’arriver à Dresde avant lui. Enfin, d’après les rapports d’hier, du duc de Tarente, les espions annoncent que 15,000 hommes du corps d’York se portent sur l’extrême gauche, et qu’un autre corps russe ou prussien file plus loin, toujours dans la direction de l’Elbe.
Dans cette situation de choses, l’Empereur ordonne qu’aujourd’hui 22, entre onze heures et une heure après midi, le duc de Tarente fasse attaquer par sa gauche, par son centre et par sa droite, abordant l’ennemi dans toutes ses positions et le menant battant jusqu’à ce qu’il le trouve en position devant une armée prête à recevoir bataille et de force égale ou supérieure à la sienne. On tâchera de faire des prisonniers, on interrogera les habitants pour recueillir le plus de renseignements possible sur les mouvements de l’ennemi. L’Empereur sera probablement en arrière sur la route, pour s’y porter si les circonstances l’exigeaient, et pour attaquer le lendemain si on trouvait l’ennemi en ligne.
L’attaque d’aujourd’hui pour cette grande reconnaissance est ordonnée par l’Empereur comme tenant aux affaires générales de tout l’ensemble, et ne doit être ajournée sous quelque prétexte que ce soit, à moins que le temps ne soit aussi mauvais que dans la journée du 20; mais, si le temps est comme dans la journée du 21, l’attaque doit avoir lieu. »
Dresde, 22 septembre 1813, quatre heures du matin.
Au général comte Drouot, aide-major de la Garde impériale.
Écrivez au duc de Trévise que je suis surpris d’apprendre que l’ennemi a été vu à Lohmen ; que ce doit être une erreur du chef de bataillon; qu’il se tienne avec une division entre Pirna et Lohmen, en prenant une bonne position et observant l’ennemi; qu’aujourd’hui, entre midi et une heure, l’ennemi sera attaqué dans ses différentes positions par le duc de Tarente; qu’il voie bien ce qui se passe.
Aussitôt que vous aurez des renseignements sur l’heure où sont arrivées les deux divisions de la Garde à pied et la division Ornano, ainsi que sur le lieu où elles ont couché, et si elles sont bien, vous me communiquerez ces renseignements.
Dresde, 22 septembre 1813, cinq heures et demie du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, envoyez au prince Poniatowski un extrait de votre ordre au duc de Tarente. Faites-lui connaître que le duc de Trévise, avec une division de la jeune Garde, occupe le pont de Pirna. Je suis surpris d’apprendre que ce maréchal, hier au soir, a trouvé Lohmen occupé par l’ennemi.
Dresde, 22 septembre 1813, dix heures du matin.
Au maréchal Macdonald, duc de Tarente, commandant le 11e corps de la Grande Armée.
Mon officier d’ordonnance Laplace arrive. Je serai entre midi et une heure aux avant-postes. Je désire que vous fassiez réunir toute, la cavalerie, l’infanterie et l’artillerie que vous pourrez. Si l’artillerie ne peut se remuer que sur la grande route, il en sera de même pour l’ennemi, qui n’en aura que plus d’embarras s’il est là en position. S’il n’est pas en position, et qu’il n’ait là qu’un rideau, nous n’aurons besoin que de peu d’artillerie. Je désire savoir positivement aujourd’hui ce que fait l’ennemi. Le général Delmas ayant fait sa reconnaissance par la gauche, faites-le appuyer pour qu’il la puisse faire à fond.
En faisant, entre midi et deux heures, une attaque brusque, on fera quelques prisonniers. On aura d’ailleurs quelques renseignements à Bischofswerda, et alors, selon les circonstances, on sera en mesure d’agir fortement demain. Je vous avais prévenu que mon intention était d’attaquer du moment que le temps serait moins mauvais. Dans une guerre combinée comme celle-ci, les jours sont d’une haute importance. Faites, je vous prie, vos dispositions.
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Dresde, 22 septembre 1813, onze heures du matin.
Au maréchal Victor, duc de Bellune, commandant le 2e corps de la Grande Armée, à Freyberg.
Mon Cousin, les gens du pays disent que le général Mohr est à OEderan, avec une division légère de 4 à 5,000 hommes. Ce qui me rend cette nouvelle suspecte, c’est qu’il s’est fait précéder par 200 cavaliers pour tracer son camp; or, comme on n’a pas besoin d’envoyer tracer un camp pour faire camper 4 à 5,000 hommes, cela paraît n’être qu’une démonstration. Mais j’attache la plus grande importance à être positivement instruit de ce fait. Si le général Mohr est réellement en bataille avec sa division sur la grande route de Chemnitz, cela pourrait donner créance à un mouvement de la Bohême sur la Saale. Si vous avez donc des doutes sur l’existence à OEderan, non d’un parti de cavalerie, mais d’une division de 4 à 5,000 hommes, envoyez-y une forte reconnaissance pour éclaircir la chose. Instruisez-moi du résultat, mon intention étant, si l’ennemi faisait un mouvement sur la Saale ou sur Altenburg, de marcher contre lui avec votre corps et ma réserve, afin de le couper de la Bohème.
Dresde, 22 septembre 1813.
ORDRE
Sa Majesté ordonne, 1° que toutes les maisons qui sont dans la redoute n° 1 du camp retranché de la rive droite seront, dans les journées d’aujourd’hui et de demain, démolies, hormis une qui sera conservée comme corps de garde. Les maisons et tous les embarras qui obstruent cette redoute seront démolis.
Au moment de la présence de l’ennemi, les maisons des villages jusqu’à 60 toises en avant des redoutes seront démolies. Cette autorisation sera donnée pour consigne au gouverneur et au commandant du génie.
2° Les bois en avant des redoutes, sur les hauteurs, seront coupés à 60 toises plus loin qu’ils ne le sont dans ce moment-ci, de manière qu’un fusilier caché dans ces bois ne puisse pas envoyer ses balles dans les redoutes.
3° La redoute n° 1 ayant un fossé nul sera environnée d’un autre fossé, à 20 toises, qui sera palissade. Ledit fossé sera précédé d’uni abatis à 20 autres toises. Tous les arbres qui sont dans l’intérieur del la redoute ou à portée de fusil seront sur-le-champ coupés.
4° Tous les arbres coupés seront placés, en forme d’abatis, à demi-côte des hauteurs, entre les redoutes, de manière que cela forme un obstacle naturel.
5° Les bois, dans la vallée du ruisseau, entre les redoutes n° 6 #t 7, seront coupés, et les hauteurs qui masquent la redoute n° 7 seront écrêtées, de manière que la redoute batte dans la vallée.
Les redoutes n° 7 et 8 seront réunies par un rang d’abatis qui interceptera le vallon et tous les chemins.
II sera fait un fossé qui réunira les redoutes n° 1, 2 et 3. Ce fossé sera enfilé par les redoutes et assez large pour que la cavalerie ne puisse le sauter.
A 30 ou 40 toises derrière, les gorges des trois redoutes seront réunies par un palissadement.
En avant de la redoute n° 1, il sera fait un fossé qui réunira cette redoute à la rivière; en arrière, une palissade réunira la gorge à la rivière.
6° Il y aura une barrière sur les grandes routes de Leipzig et de Berlin; il y aura une barrière entre la redoute n° 2 et la redoute n° 3. Cette barrière sera telle qu’une colonne puisse sortir par peloton.
II sera tiré, de la redoute n° 4, un fossé qui ira perpendiculairement et qui ensuite reviendra parallèlement sur la redoute n° 3, qui est sur le chemin de Berlin, de manière également que ce fossé ne puisse pas être franchi par la cavalerie. Derrière, il sera également établi une palissade en angle droit, vis-à-vis le bois, comme il est dit ci-dessus; il n’y aura pas de fossé, afin que rien ne s’oppose au débouchement des colonnes, mais le fossé sera remplacé par un cheval de frise mobile servant de barrière.
7° Tous les bords de la forêt seront couverts d’abatis, de manière qu’aucun homme à cheval ne puisse passer et que tous les petits chemins soient interceptés, et qu’il ne reste que les grands chemins de Leipzig, de Berlin, de Radeberg et de Bautzen. Les abatis seront tellement fourrés, que les chemins soient impraticables.
Ces quatre chemins seront fermés à la lisière de la forêt et à la hauteur des abatis par une barrière, et elle sera défendue par un blockhaus ou palissadement capable de contenir 30 hommes et de la mettre à l’abri de la cavalerie ; de sorte que, par l’occupation de ces quatre corps de garde, ces quatre routes seront bien gardées et interceptées le long de la lisière du bois et des hauteurs.
8° II sera cherché un emplacement sur la première hauteur qui domine le chemin de Bautzen, avant le chemin qui conduit à Pillnitz; il sera construit là une bonne redoute, qui sera liée aux montagnes de gauche par un abatis, de sorte que nous restions toujours maîtres du pont de bois sur la route , et que, cette redoute venant à être forcée, les hommes qui se retireront de cette redoute puissent se retirer par le pont de bois, la route de Bautzen ou le long de la rivière, et l’on pratiquera un petit chemin en coupant les vignes et les murailles.
Il sera cherché un autre emplacement sur la hauteur qui domine le chemin de Berlin, où on établira également une redoute qui sera liée au chemin et à la plaine par des abatis, de sorte que cette redoute défendra le chemin et la hauteur, et que les hommes et l’artillerie qui la défendent pourront se retirer et gagner la plaine sous la protection des abatis.
9° On marquera les arbres qui devront être coupés fort en avant des redoutes, afin de conserver un quart de lieue d’abatis.
10° Au moment où les troupes prendront la position du camp retranché, le commandant du génie aura fait prendre connaissance et préparer des ordres pour couvrir les redoutes d’un quart de lieue d’abatis, qui sera défendu par le canon et le feu des deux nouvelles redoutes ordonnées ci-dessus, et pour le chemin de Kœnigsbrück, par la redoute actuellement existante.
11° II sera fait un palissadement qui joindra la route n° 8 à la grande route de Bautzen, et un autre qui joindra la grande roule à la rivière, avec une nouvelle barrière sur le grand chemin. Il sera fait un tambour au petit pont en pierre, derrière la redoute n° 8 et en avant du faubourg.
ARMEMENT.
1° Dans les journées d’aujourd’hui et de demain la redoute n° 1 sera armée de trois pièces de canon; la redoute n° 2 sera armée de deux pièces de canon; celle n° 3, de trois pièces; celle n° 4, de quatre; les redoutes n° 5, 6 et 7, chacune de deux pièces; la redoute n° 8 sera armée de cinq pièces, dont deux de 12 et un obusier.
2° Les deux nouvelles redoutes, sur les routes de Bautzen et de Berlin, seront armées par du canon de campagne attelé, appartenant aux troupes qui défendront les redoutes. On fera demain dei sacs à terre et des gabions pour couvrir les canonniers.
POLICE.
Tous les chemins de la forêt seront interdits, et il ne sera plus permis, même aux paysans, que de passer par les quatre grands chemins.
Le major général prendra foutes les dispositions nécessaires pour la prompte exécution du présent ordre.
Hartau, 22 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Monsieur le Duc de Bassano, je couche à Hartau. J’ai fait attaquer et pousser l’ennemi, qui se retire sur Bautzen. Mon avant-garde est au-delà de Bischofswerda. Il paraît que l’ennemi était divisé en trois corps : celui de Langeron en avant de Stolpen, pour tourner notre droite; celui de Sacken, du côté de Kamenz, pour tourner notre gauche; York sur Bischofswerda. La colonne de 20,000 hommes qui marchait sur notre gauche était celle de Sacken. Instruisez le roi de Naples et le duc de Raguse, qui sont à Grossenhayn.
J’ai reçu des nouvelles du général Lefebvre, du 21 à huit heures du matin; il était à Naumburg; Thielmann s’était retiré sur Zetz. J’espère avoir bientôt une estafette.
Instruisez le duc de Bellune de la retraite de Thielmann sur Zeitz : le duc de Bellune est à Freyberg. Il paraît que le gros de l’armée ennemie est à Hochkirch, sur la rive droite de la Sprée.
Hartau, 23 septembre 1813.
Au général baron Rogniat, commandant le génie de la Grande Armée, à Dresde.
Monsieur le Général Rogniat, le major général vous fera connaître mes intentions; mais, pour plus de célérité, je vais vous donner moi-même les détails convenables. Mon intention est de reporter l’armée du duc de Tarente sur la rive gauche de l’Elbe, en conservant, 1° un pont à Königstein, couvert par une estacade et défendu par les ouvrages de Lilienstein; 2° un pont à Pirna; à cet effet, on fera descendre, dans la journée de demain 24, un des deux ponts qui sont à Königstein ; 3° un pont à Pillnitz; à cet effet, on fera descendre, dans la journée de demain 24, le pont de pontons qui est à Pirna el à Pillnitz; 4° les trois ponts de Dresde; 5° le pont de Meissen.
Il est donc nécessaire qu’on établisse une estacade au pont de Königstein et qu’on perfectionne les ouvrages de Lilienstein , pour les mettre à l’abri d’un coup de main.
Il est nécessaire que la redoute située en avant de la palanque, sur la rive droite, en avant du pont de Pirna, soit terminée dans la journée du 25, et qu’elle soit armée de deux pièces de canon tirées de Sonnenstein. Il est également nécessaire que la palanque établie à droite et à gauche, pour la défense de ce pont, soit prolongée au travers des vignes, jusqu’à l’escarpement de la montagne. Le village vis-à-vis Pirna sera barricadé de manière que l’infanterie y soit à l’abri de toute attaque des troupes légères. Il est nécessaire que dès demain, à huit heures du matin, vous ayez déterminé, de concert avec le général commandant l’artillerie, la position précise du pont de Pirna; et qu’à la même heure deux ou trois compagnies du génie, avec une brigade des troupes du duc de Trévise, travaillent à établir un bonnet de prêtre sur la rive droite, de 150 toises de développement, et qu’à 100 toises de chacun des angles de ce bonnet de prêtre on construise une redoute, de sorte que ces trois redoutes se flanquent entre elles et forment une bonne tête de pont.
Il est nécessaire qu’on travaille avec une nouvelle activité à la tête de pont de Meissen. Le duc de Raguse fournira tous les ouvriers nécessaires. Ayez soin qu’il y ait des outils, et redoublez d’efforts pour qu’en peu de jours le pont de pierre soit réparé, de sorte que l’on puisse se passer du pont de bateaux.
Voyez le général commandant l’artillerie, et faites toutes les dispositions nécessaires à l’exécution de tout cela.
Mon intention est que vous envoyiez une compagnie de mineurs, dans la nuit, à Stolpen, pour faire sauter ce fort aussitôt que le due de Tarente l’ordonnera; toute l’artillerie en sera transportée à Dresde. Mon intention n’est pas d’occuper simplement le camp retranché de Dresde, puisqu’on s’y bornant cela laisserait l’ennemi en possession des hauteurs. Je désire donc que dès demain, à huit heures, vous traciez et fassiez travailler à la redoute que j’ai ordonnée sur la hauteur qui domine la route de Pillnitz et celle de Bautzen; on travaillera également aux abatis qui doivent lier cette redoute au bois, ainsi qu’aux tambours qui doivent couvrir le pont de bois, mon intention étant de tenir là une division qui me rendra maître du vallon de Pillnitz et me permettra de déboucher sur l’ennemi sans avoir à lutter contre une position avantageuse.
Mon intention est également que demain , à huit heures, vous ayez tracé et qu’on travaille à la redoute que j’ai ordonnée sur la hauteur qui domine la route de Berlin , ainsi qu’aux abatis qui doivent assurer la communication de cette redoute avec la plaine, me proposant également de faire camper derrière une division qui me donnera la possession des hauteurs de la route de Berlin. S’il était praticable de réunir le pont qui sera établi à Pillnitz à la montagne par une palanque, de sorte que l’ennemi ne pût pas s’introduire entre la montagne et Pillnitz, ce serait fort avantageux; toutefois il est nécessaire que le pont soit établi assez loin des hauteurs pour que la tête de pont n’en soit pas dominée.
Hartau, 23 septembre 1813.
Au maréchal Marmont, duc de Raguse, commandant le 6e corps de la Grande Armée, à Grossenhayn.
L’ennemi a repassé la Sprée en désordre. Le duc de Tarente doit être dans ce moment à Bautzen. Mon intention est de faire remplacer le général Normann par un colonel du duc de Tarente, dans la journée de demain, et de vous donner ordre de vous replier sur Meissen. Aussitôt que le roi de Naples sera parti, le général Latour-Maubourg sera sous vos ordres. Je dirigerai, le 25 ou le 26, le 3e corps également sur Meissen; il sera pareillement sous vos ordres. Vous aurez ainsi une forte armée pour vous porter partout où les circonstances l’exigeront. Faites préparer des vivres à Meissen et dans les bailliages environnants. J’attache une haute importance au pont de Meissen. Pressez les travaux de la tête de pont et fournissez tous les ouvriers nécessaires. Il est nécessaire de changer le pont de bateaux de place, puisque sous huit jours le pont sera terminé. J’aurai un pont à Königstein, un à Pirna, un à Pillnitz, trois à Dresde et un à Meissen. J’ai ordonné de construire deux redoutes à une demi-lieue en Lavant du camp retranché, sur la route de Bautzen et sur celle de Berlin. Le duc de Tarente est chargé de la garde du camp retranché et de tous les débouchés de la forêt de Dresde. Je pourrai, par conséquent, disposer du 3e, du 5e et du 8e corps, ainsi que de la plus grande partie du 2e corps de cavalerie et de toute ma Garde ; avec toutes ces forces je battrai l’ennemi de l’œil pour profiter de la première faute qu’il fera.
Envoyez un officier au prince de la Moskova pour lui faire connaître verbalement la situation des choses. Le général Lefebvre-Desnoëttes a battu Thielmann et rétabli la communication avec Erfurt, d’où je viens de recevoir sept estafettes de Paris. Le 5e corps de cavalerie restera à Grossenhayn pour couvrir les roules de Dresde et de Meissen.
Hartau, 23 septembre 1813.
A Joachim Napoléon, roi de Naples, à Grossenhayn.
J’ai poussé l’ennemi ; partout il est en retraite, et le duc de Tarente sera ce matin à Bautzen. L’ennemi refusant ainsi tout engagement, .mon intention est d’avoir un pont à Königstein, un pont à Pirna, un à Pillnitz, trois à Dresde et un à Meissen, et de faire repasser les troupes sur la rive gauche, afin de leur donner quelque repos. Tous ces ponts seront défendus par de bonnes têtes de pont, et nous occuperons tous les débouchés de la forêt de Dresde. Dans cette position je battrai l’ennemi de l’œil, et, s’il s’enfourne dans quelque opération offensive, je tomberai sur lui de manière qu’il ne puisse pas éviter une bataille. Vous receviez l’ordre, par le major général, de repasser sur la rive gauche au pont de Meissen avec le général Latour-Maubourg et le duc de Raguse. Ce mouvement fait, le général Latour-Maubourg sera sous les ordres du duc de Raguse, et vous pourrez revenir à Dresde.
Par le détail des ordres du major général, vous verrez que vous devez passer le 25; le 5e corps de cavalerie restera à Grossenhayn et éclairera les routes de Meissen et de Dresde. Le duc de Raguse fera terminer la tête de pont de Meissen. Le 3e corps arrivera le 26 à Meissen, et sera également sous les ordres du duc de Raguse. Le prince Poniatowski se rend avec toute sa cavalerie sur mes derrières. Le duc de Tarente sera le 25 sur la hauteur de Weissig, et le 20 il garnira tous les débouchés de la forêt. Si l’ennemi s’enfourne sur Leipzig, je l’en ferai repentir et le forcerai à livrer bataille.
J’ai enfin reçu sept estafettes de Paris, le général Lefebvre-Desnoëttes ayant rouvert sa communication avec Erfurt. Je vous écrirai ce soir de Dresde.
Hartau, 23 septembre 1813.
Au comte Daru, directeur de l’administration de la Grande Armée, à Dresde.
Monsieur le Comte Daru, l’armée n’est point nourrie. Ce serait une illusion que de voir autrement. Vingt-quatre onces de pain , une once de riz et huit onces de viande sont insuffisantes pour le soldat. Les règlements de tous les temps accordaient au soldat en guerre vingt-huit onces de pain, et cela n’était même regardé comme suffisant qu’en y ajoutant les légumes et les pommes de terre qu’il pouvait se procurer dans le pays. Aujourd’hui vous ne donnez que huit onces de pain, trois onces de riz et huit onces de viande. Le soldat vit mal et ne vit qu’au moyen de la grande consommation de viande qu’il fait. Si on continuait donc à ne donner que huit onces de pain, il en résulterait, 1° que le soldat dépérirait; 2° qu’il consommerait une énorme quantité de viande, soit en la prenant dans le pays, soit en la prenant dans les parcs de l’armée. Aucune discipline et aucune surveillance ne pourront empêcher le soldat d’abattre des bœufs autant qu’il en trouvera, et cependant la viande nous manquera plus tôt que le pain. Le riz était nécessaire à distribuer dans le temps de la chaleur, mais sa distribution est inutile aujourd’hui. Les trois onces de riz qu’on donne aujourd’hui pourraient être supprimées si on donnait vingt-quatre onces de pain, et les pommes de terre et les légumes que les soldats se procurent en tiendraient lieu. Ces trois onces, le riz nous coûtant 70 francs le quintal, reviennent à trois sous environ, qu’il faut payer argent comptant, et sans qu’on puisse espérer aucune diminution, le riz étant une denrée étrangère au pays; or, comme ces trois onces ne représentent que douze onces de pain ou une demi-ration, il s’ensuivrait que la ration entière reviendrait à six sous, tandis que le blé est une denrée du pays et qu’on n’a besoin de payer qu’en partie. Il serait donc convenable de réduire la distribution de riz à une once seulement. Une once de riz et vingt-quatre onces de pain formeraient une très-bonne ration; une once de riz représenterait les quatre onces de pain qui manquent pour aller de vingt-quatre à vingt-huit. Les pommes de terre et les légumes trouvés par le soldat dans le pays équivaudraient aux deux onces de légumes qu’on doit lui donner.
Pour assurer la subsistance de l’armée pendant cent jours, il faut compter 300,000 rations par jour. Cela ferait 30 millions de rations ou 300,000 quintaux de farine, dont il faudrait la moitié, c’est-à-dire 150,000 quintaux, à Dresde, et l’autre moitié à Magdeburg, Erfurt, Leipzig, Torgau, Wittenberg et sur la ligne d’étapes. Il faudrait donc, à ce compte, 1,500 quintaux de farine par jour à Dresde. Quant aux 150,000 quintaux à avoir à Magdeburg, Erfurt, Leipzig, etc., comme ils existent en partie à Hambourg, et qu’il s’agit d’un grand nombre de points différents, cela ne peut pas inquiéter; la seule difficulté est de réunir sur le seul point de Dresde 1,500 quintaux par jour; il n’y aurait de moyen de se les procurer que par les bailliages. Sur les 150,000 quintaux nécessaires , vous en avez 20,000 assurés par le marché de Leipzig , vous en avez déjà 10,000 en réserve à Dresde, le pays doit en fournir 120,000; et vous pourrez en tirer 50,000 de Leipzig et d’Erfurt, à raison de 500 par jour. Tout cela est fondé sur le principe d’une libre circulation sur les derrières, ce qui, sauf quelque accident, va avoir lieu. Pour faciliter l’administration, on pourrait donner les vingt-quatre onces en seize onces de pain ou de farine et huit onces de blé en grains. Par exemple, la Garde, qui à elle seule prend 50,000 rations, recevrait seize onces de farine et huit onces en grains que son administration ferait moudre. Le 1er et le 14e corps, qui occupent beaucoup de villages qui ont des moulins, recevraient également leurs huit onces en grains. Ainsi le 1er corps, qui a 18,000 rationnaires, ne recevant que seize onces de pain, aurait 12,000 rations de pain et 15,000 rations de grains, qui ne font que 60 quintaux de farine, ce qui ne demande que peu de moulins. Ce corps, qui occupe le plateau de Pirna et plusieurs grands villages, ne manquera pas de moyens de faire moudre cela. Il reste aussi encore des moulins portatifs dont on pourra se servir. IL faudra donc se procurer une certaine partie de nos approvisionnements en grains. Le 3e, le 5e et le 11e corps n’ont pas eu de riz depuis cinq jours; leurs soldats sont donc réduits à huit onces de pain. Je voudrais donner l’ordre que tous les corps eussent la ration de vingt-quatre onces de pain et une once de riz. Ceux qui tireraient leurs vivres des magasins de Dresde, savoir le 1er, le 14e, le 3e, le 5e et le 11e et la Garde, auraient, sur leurs vingt-quatre onces, seize onces en pain ou farine et huit onces en grains, qu’ils feraient moudre avec les ressources de leurs cantonnements. La Garde, qui a 50,000 rationnaires, prendrait donc 17,000 rations de grains, qu’elle serait chargée de moudre. À cet effet, elle aurait un établissement hors de Dresde, à Nossen, par exemple; cet établissement est d’ailleurs nécessaire pour tous ses équipages et ses dépôts qui ne pourraient pas être à Dresde et ont besoin de s’éloigner de la ville pour se nourrir. Dresde fournirait par jour la valeur de 180,000 rations; 120,000 seraient donc en farine et 60,000 en grains. Cela exigerait 1,300 quintaux de farine et 700 de grains par jour. Pour le riz, il en faudrait 100 quintaux. Sur les 1,300 quintaux de farine, on pourrait en avoir 300 au moyen des ressources de la ville, et les 1,000 autres seraient envoyés d’Erfurt et de Leipzig et fournis par les bailliages.
Les 120,000 rations de farine seraient distribuées à peu près comme il suit : à la Garde, 40,000; à la garnison, aux dépôts, etc., 15,000; aux 5e, 11e et 3e corps, 40,000; au 1er corps, 10,000; au 14e corps, 15,000; total, 120,000.
Les 60,000 rations de grains seraient distribuées ainsi : à la Garde, 20,000; aux dépôts, 7,000; aux 5e, 11e et 3e corps, 20,000; au 1er corps, 5,000; au 14e corps, 8,000; total, 60,000.
Faites-moi un rapport sur tous les objets de cette lettre.
Hartau, 24 septembre 1813, quatre heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Hartau.
Mon Cousin, donnez ordre sur-le-champ au général Lauriston de faire occuper Stolpen, en le prévenant que le prince Poniatowski se porte sur la grande route de Bautzen à Dresde, à la hauteur de Fischbach.
Donnez ordre au prince Poniatowski de réunir son corps, infanterie, cavalerie et artillerie, sur la grande route de Bautzen à Dresde, à la hauteur de Fischbach , et d’envoyer un officier afin de me faire connaître son arrivée, pour agir selon les circonstances. Il est convenable que le prince Poniatowski soit arrivé dans cette position avant dix heures du matin. II faut qu’il fasse prévenir le duc de Trévise de son mouvement, et qu’il s’assure, avant de partir, que le général Lauriston a fait occuper Stolpen par une division. Le mouvement du prince Poniatowski doit être fait de manière à avoir l’air d’être fait en avant de Stolpen plutôt que sur Dresde.
Hartau, 24 septembre 1813, quatre heures du matin.
Au maréchal Macdonald, duc de Tarente, commandant le 11e corps de la Grande Armée, à Fischbach.
Vous pouvez faire échelonner le 3e corps pour suivre votre mouvement sur Bautzen. J’ai donné ordre que tous les Polonais se réunissent sur la grande route, à la hauteur de Fischbach, ayant l’intention de les envoyer aujourd’hui même à Dresde, aussitôt que vous serez prêt pour marcher sur Bautzen. Je ferai placer de même un …. (mots illisibles) de la jeune Garde à Weissig (mots illisibles), les faire venir à Bautzen ou les renvoyer à Dresde. Le 5e corps devra donc occuper Stolpen par une de ses divisions, et les autres tiendront en respect Ile corps ennemi qui manœuvre sur Neustadt.
Il serait à souhaiter que vous partissiez le plus de bonne heure possible, afin que vous puissiez être arrivé à dix ou onze heures du matin à Bautzen, que je puisse en être instruit et envoyer sur-le-champ sur Dresde toutes les troupes qui sont nécessaires ailleurs.
J’aurais désiré savoir si les 15,000 hommes d’infanterie qu’on nous a présentés étaient russes ou prussiens, de Sacken ou de Langeron, et enfin si on avait fait quelques prisonniers qui donnent des renseignements. Les habitants du village de Burkau ont dû vous donner.
Hartau, 24 septembre 1813, cinq heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Hartau.
Mon Cousin, écrivez au prince de la Moskova que j’ai reçu sa lettre du 22 à deux heures après midi; qu’il paraît que le général Lefebvre-Desnoëttes a rouvert la communication avec Erfurt; qu’effectivement toutes les estafettes nous sont arrivées de France; que le duc de Castiglione, avec son corps, est en marche pour arriver sur la Saale; que j’ai fait attaquer l’ennemi, qui de ce côté s’était trop approché de Dresde; que je l’ai fait chasser sur Bautzen; que les régiments russes, soit à cette armée, soit à celle de Bohême, sont réduits à 150 et 250 hommes par bataillon.
Écrivez-lui aussi qu’il place la majeure partie de ses forces sur Wittenberg; que, tant que l’ennemi aura la crainte qu’on ne marche sur le pont de Dessau, il n’osera pas le dégarnir; que le prince Poniatowski, avec son corps, marche sur la rive gauche contre les partisans; que d’autres corps de cavalerie passent également l’Elbe pour se diriger dans le même sens.
Hartau, 24 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Hartau.
Mon Cousin, donnez l’ordre le plus positif que tout ce qu’il y a à Leipzig et tout ce qui arriverait d’Erfurt de bataillons provisoires soit envoyé à Torgau, et que, sous quelque prétexte que ce soit et sous les plus graves peines, il n’en soit rien retenu. Ceci doit s’appliquer aux bataillons de marche, aux bataillons provisoires et aux hommes isolés. Défendez, sous les plus sévères peines, aux gouverneurs de Torgau, de Wittenberg et d’Erfurt, d’employer ces hommes à tout autre service qu’à celui de l’intérieur de la place. Ce serait autant de perdu que d’employer au service des escortes cette infanterie, qui, n’ayant ni consistance ni organisation, n’est bonne à rien.
Remettez-moi l’état de tout ce qu’il y a appartenant aux différents corps d’armée, aux dépôts de Torgau, à Leipzig et dans les différents régiments de marche. Proposez-moi de faire venir à Dresde tout ce qu’il y aurait de bien habillé et bien équipé appartenant au 1er, au 14e, au 5e corps et à la jeune Garde.
Le dépôt de cavalerie qui est à Gotha ne doit pas être le dépôt de l’armée; il doit s’éteindre au fur et à mesure que les chevaux guériront et qu’ils pourront rejoindre l’armée. Donnez ordre qu’il soit formé un dépôt de cavalerie à Leipzig pour le 3e corps et pour tous les corps de cavalerie à portée de Leipzig; faites-en former un autre entre Meissen et Leipzig pour tous les corps à portée de Dresde. Donnez ordre à la Garde d’en former un autre entre Meissen et Leipzig.
Je désire que vous me fassiez connaître l’état des troupes qui n’ont pas encore rejoint l’armée, et qui cependant sont parties de Mayence : d’abord la colonne commandée par le général Piquet, dont j’ignore le numéro; celle du général Girardin; enfin la 53e, la 54e, et même la 55e colonne, qui, à l’heure qu’il est, doit être partie de Mayence, afin que j’aie le renseignement détaillé par corps de ce que les différents corps ont à Torgau, Leipzig et sur les derrières, soit cavalerie, soit infanterie.
Hartau, 24 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Hartau.
Mon Cousin, écrivez au prince de la Moskova pour lui faire connaître l’étrange conduite du colonel wurtembergeois Biberstein, qui s’est retiré avec 400 hommes de cavalerie bien montés, 500 hommes d’infanterie et six pièces de canon, jusqu’à Göttingen. Que le général Franquemont fasse rentrer ces fuyards et en fasse un exemple.
Hartau, 24 septembre 1813, cinq heures du soir.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Hartau.
Mon Cousin, donnez ordre au duc de Tarente de se porter demain
sur la position de Hartau; le général Lauriston sur Stolpen; le général Souham avec le 3e corps entre Hartau et Weissig, occupant la position de Weissig, ou à Dresde s’il n’y a pas d’inconvénient,
Le général Delmas restera pour flanquer le 11e corps à Pulsnitz et Radeberg. Après-demain 26, le général Souham sera de bonne heure à Dresde; le général Lauriston se rendra également à Dresde. Le 11e corps occupera la position de Weissig. On fera sauter après-demain, à six heures du matin, le fort de Stolpen. Le duc de Tarente restera le 27 à Weissig. Il faut qu’il fasse son mouvement de manière à ne pas fatiguer ses troupes et à ne perdre aucun homme. J’ai remarqué sur la route quelques cadavres français; le duc de Tarente doit les faire enterrer et ne laisser aucun débris.
Hartau, 24 septembre 1813, six heures du soir.
Au maréchal Macdonald, duc de Tarente, commandant le 11e corps de la Grande Armée, à Goldbach.
Il est probable que l’ennemi bâtira en retraite cette nuit et repassera la Sprée. S’il ne la repasse pas cette nuit, il la repasserait demain lorsqu’il apercevrait qu’on déploie contre lui de grandes forces. Je perdrais plusieurs jours inutilement sans pouvoir espérer aucun résultat.
Le major général vous fait connaître mes intentions.
Renvoyez-moi à Dresde tout de suite le 3e et le 5e corps. Gardez les quatre divisions du 11e et le 2e corps de cavalerie. Je suppose que vous pourrez rester les journées du 27 et du 28 à Weissig. Au reste, rien n’empêche que vous ne veniez à Dresde pour en conférer avec moi et prendre connaissance du camp retranché et de tous les débouchés de la forêt. Mon intention*est que vous soyez chargé de la garde du camp retranché de la rive droite et de tous les débouchés de la forêt jusqu’à deux lieues de Dresde.
Mon quartier général restera à Dresde. Je resterai à Dresde avec toute ma Garde, artillerie, cavalerie et infanterie.
Je disposerai des 3e et 5e corps aussitôt qu’ils seront arrivés à Dresde.
Le général Delmas se trouvera placé sur votre gauche; je ne vois pas d’inconvénient que vous le gardiez quelques jours.
Il faudrait que vous ayez le temps de reconnaître tous les débouchés de la forêt, afin qu’en quittant Weissig vous puissiez garnir tous ces débouchés.
Lorsque vous aurez l’ordre de quitter la position de Weissig pour venir à Dresde, vous établirez votre quartier général dans une maison de campagne en avant de la Neustadt.
11 y a au camp retranché des baraques soignées faites par la jeune Garde pendant l’armistice, et qui sont à l’abri de la pluie ; ces baraques peuvent contenir 10,000 hommes. .
Écrivez-moi exactement.
Les Polonais formant le 8e corps passeront demain sur la rive gauche; le général Souham pourra en être bien près.
Donnez ordre aux généraux Souham et Lauriston de m’envoyer un officier pour me faire connaître l’heure précise où ils arriveront à Dresde, afin que je leur donne sur-le-champ une destination.
Faites allumer ce soir beaucoup de feux, puisque vos troupes ne se retireront qu’à cinq heures du matin, et que tout porte à penser que l’ennemi de son côté se retirera aussi.
Dresde, 25 septembre 1813, cinq heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, donnez ordre au maréchal Saint-Cyr de porter aujourd’hui son quartier général à Pirna et d’y faire venir une de ses divisions; de sorte que le 14e corps aura une division à Königstein, Langen-Hennersdorf et Sonnenstein, une autre division à Pirna et Pillnitz, gardant le pont de Pirna et le pont vis-à-vis Pillnitz, et les deux autres divisions à Borna.
Le 1er corps aura ses trois divisions à Berggiesshübel, comme il les a, et sera sous les ordres du maréchal Saint-Cyr.
Le général Pajol commandera toute la cavalerie sous les ordres de ce maréchal, et il couvrira tous les débouchés.
Dresde, 25 septembre 1813, cinq heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, donnez ordre au duc de Reggio de prendre le commandement de deux divisions de la jeune Garde, savoir : de la division Curial et de la division Decous.
Donnez ordre au général Curial de prendre le commandement de la 2e division de la vieille Garde. Il formera cette division dans la journée d’aujourd’hui. Cette division sera composée, 1° de la brigade de fusiliers; 2° des deux bataillons de vélites; 3° des deux bataillons polonais et saxons. Deux batteries seront attachées à cette division.
La 1e division sera sous les ordres du général Friant.
Les fusiliers seront remplacés dans la jeune Garde par la brigade composée des deux 11e régiments, voltigeurs et tirailleurs. Ce changement se fera dans la journée de demain. La nouvelle division Curial prendra ses cantonnements dans la Neustadt. Les Bavarois remplaceront la brigade de la jeune Garde pour le service de la place de Dresde.
Donnez ordre au duc de Trévise de placer une division de la jeune Garde avec ses trois batteries vis-à-vis Pillnitz, dans la forêt qui borde la rive gauche ; de faire construire dans cette forêt des cabanes solides, telles que cette division soit là à l’abri des pluies, et de faire venir l’autre division à Pirna. Aussitôt que le maréchal Saint-Cyr sera arrivé avec une de ses divisions à Pirna, le duc de Trévise lui remettra le pont de Pirna et se portera avec sa division de Pirna sur les villages qui sont entre Mügeln et Dresde. Il placera son quartier général dans une maison de la rive gauche, voisine le plus qu’il sera possible du pont de Pillnitz.
Dresde, 25 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, écrivez au duc de Padoue que je reçois ses lettres des 23 et 24; que sa proposition d’occuper Halle, Weissenfels, Merseburg et Naumburg n’est pas raisonnable; qu’en supposant qu’on ne mît que 1,500 hommes de garnison et quatre pièces de canon dans chacune de ces places, ce seraient 6,000 hommes et seize pièces de canon inutiles et qui ne feraient rien pour nos convois, puisque l’ennemi irait les attaquera deux ou trois lieues de la ville; qu’il faut occuper seulement Merseburg, y nommer un commandant et un officier du génie, et s’attacher à armer sur-le-champ cette place de manière que 1,500 hommes puissent la défendre un mois contre une armée; qu’il faut ensuite occuper Halle, Weissenfels et Naumburg par des colonnes mobiles d’infanterie, de cavalerie et d’artillerie. Mon intention est d’abandonner le système des garnisons, de n’en avoir qu’à Leipzig, et d’y suppléer par le système des colonnes mobiles, qui se combineront en raison de l’importance des passages; il faut écrire dans ce sens au prince de la Moskova, au général Lefebvre-Desnoëttes et au général d’Alton; que l’avantage de ces colonnes est qu’elles poursuivront la guerre offensive contre l’ennemi, qu’elles se trouveront à Halle, à Weissenfels, à Naumburg, selon que le passage l’exigera, et que le lendemain elles seront sur des points tout différents; que c’est le seul moyen de purger le pays et d’assurer la liberté des communications.
Dresde, 25 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, écrivez au duc de Padoue qu’il faut mettre de l’ordre et de l’organisation dans les colonnes mobiles ; que d’abord il n’y faut aucun bomme d’infanterie isolé, ni aucun bataillon provisoire; qu’il doit envoyer tout cela à Torgau; que cela n’est bon qu’à perdre des hommes et à affaiblir l’armée sans résultat; que les colonnes mobiles doivent se composer, 1° des troupes du général Dombrowski, qui a six bataillons, six pièces de canon et douze pièces d’artillerie à cheval; ce général a la mission d’observer Dessau; 2° de la colonne du général Lefebvre-Desnoëttes, qui est composée de 2,000 chevaux de la Garde, de 1,000 chevaux de la brigade Pire et de 1,000 chevaux de la brigade Vallin, ce qui fait 4,000 chevaux; 3° de la division Margaron, qui est composée de 2,000 chevaux, de deux pièces d’artillerie à cheval, de quatre pièces d’artillerie à pied, de trois bataillons badois et de cinq bataillons français; 4° enfin de la division de cavalerie légère du général Lorge. Je crois que le prince de la Moskova s’est conservé les divisions Defrance et Fournier; il ne reste donc plus que la division Lorge à la disposition du duc de Padoue. Ainsi le duc de Padoue a : en cavalerie, 4,000 chevaux du général Lefebvre-Desnoëttes, 2,000 du général Margaron, 2,000 du général Lorge, 1,000 du général Dombrowski, total 9,000 chevaux ; en artillerie, seize pièces de canon du général Margaron, six du général Lorge, six du général Dombrowski, total vingt-huit pièces de canon; en infanterie, sept bataillons de la division Margaron, six de la division Dombrowski, ensemble treize bataillons formant environ 6 à 7,000 hommes; total, 15 à 16,000 hommes.
Faites connaître au duc de Padoue que le prince Poniatowski arrivera ce soir à Nossen avec 4,000 hommes de cavalerie, beaucoup d’artillerie, et 8,000 hommes d’infanterie; qu’il se portera sur Mittweida et éclairera les routes de Chemnitz, de Rochlitz et de Waldheim; que le duc de Padoue doit se mettre en correspondance avec lui; que le duc de Castiglione arrive à Iéna avec 4,000 hommes de vieille cavalerie et 20,000 hommes d’infanterie. Il arrive plusieurs bataillons entiers à Erfurt, qui étaient destinés au Ier corps d’armée; remettez-m’en l’état et faites-moi connaître le jour où ils arriveront à Erfurt; on en augmentera la division Margaron, mais à condition de ne retenir dans ces colonnes ni bataillons de marche ni hommes isolés.
Dresde, 25 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, donnez ordre que toutes les voitures de la Garde, soit artillerie, soit équipages militaires, réunies sur la rive droite, passent aujourd’hui à huit heures sur le pont de bateaux qui est en amont, et prennent position sur la rive gauche. Le mouvement de passage commencera à huit heures précises.
Donnez ordre que toutes les voitures d’équipages militaires, de train d’artillerie, appartenant à l’armée, et tous les dépôts quelconques qui seraient sur la rive droite, passent sur la rive gauche, aujourd’hui à huit heures, en passant au pont en aval, de sorte qu’aujourd’hui, à midi, il n’y ait plus rien sur la rive droite.
Dresde, 25 septembre 1813, midi.
Au maréchal Macdonald, duc de Tarente, commandant le 11e corps de la Grande Armée, à Schmiedefeld.
Je vois par votre lettre que vous pensez que l’ennemi a été renforcé et qu’il est en situation de donner bataille. Je pense qu’il est convenable, si cela est, que vous reteniez les 3e, 5e et 11e corps sur les hauteurs de Weissig, et que vous preniez ainsi position. Le général Delmas restera sur votre gauche. On verra dans cette situation ce que veut faire l’ennemi. Le fort de Stolpen qu’on a fait sauter, et votre mouvement rétrograde si marqué, peuvent l’enhardir. Toutefois, si les événements de la rive gauche l’exigent, vos troupes touchant aux ponts de Dresde et de Pillnitz, on pourra en faire déboucher plusieurs divisions sans que l’ennemi s’aperçoive que vous soyez affaibli. Je pense que ce projet tiendra davantage en échec l’armée ennemie, couvrira mieux Dresde, et sera plus convenable pour les troupes qui seront campées sur des hauteurs toutes réunies.
J’ai placé une division de la jeune Garde dans le camp retranché. J’aurai toujours gagné, en restreignant ma position, le corps polonais, qui sera d’un excellent effet sur nos derrières. Je vous envoie mon officier d’ordonnance Atthalin, qui connaît bien toutes les positions et en a parcouru tous les environs. Le général Delmas pourra toujours rester sur la route de Radeberg â Dresde, au débouché du bois, puisqu’en occupant la position de Weissig vos avant-postes occuperont toute la forêt. Le 2e corps de cavalerie pourra fournir une colonne pour observer la route de Kœnigsbrück ; jusqu’à cette heure le général Normann s’y trouve. Vous pourrez prendre demain cette position-, j’irai vous y trouver après-demain et nous la reconnaîtrons. Quelque mouvement que fasse l’ennemi, je puis vous renforcer de 40,000 hommes dans une nuit, pour déboucher à la pointe du jour.
Les Autrichiens avaient avancé un corps qui avait traversé la route de Chemnitz à Freyberg pour se porter dans la direction de Leipzig; mais ce corps a rétrogradé et a gagné la Bohême, soit par la nouvelle d’un mouvement offensif de votre côté, soit à cause de l’arrivée du duc de Bellune à Freyberg, soit à cause qu’ils aient changé de dessein.
Dresde, 25 septembre 1813.
Au général comte Durosnel, gouverneur de Dresde.
Dans la journée d’aujourd’hui, deux divisions de la jeune Garde vont entrer en ville; une sera cantonnée dans le faubourg de Friedrichstadt, et l’autre dans le camp de la jeune Garde.
Le 8e corps (polonais) passera dans la matinée. Il passera au pont en aval et se cantonnera sur la route de Nossen.
À midi, il ne doit plus y avoir sur la rive droite aucune voiture, et tous les équipages militaires de la Garde, artillerie, etc., doivent filer par le pont en amont, le reste par le pont d’aval.
Dans la matinée, la cavalerie du général Walther passera également et se dirigera sur Tharandt.
Le 3e corps passera probablement dans la journée de demain, et le 5e dans la journée d’après-demain. Il ne restera plus sur la rive droite que le 11e corps que commande le duc de Tarente. Ce corps doit garder tous les débouchés dans la forêt et tenir l’ennemi éloigné de Dresde. Il n’y aura donc plus sur la rive droite que les fourrages que pourra se procurer ce corps pour ses propres besoins. Mon quartier général continuera à rester à Dresde. La cavalerie de la Garde et tous les équipages militaires pourraient se réunir dans la vallée de Tharandt. Il faudrait choisir un autre lieu, à trois ou quatre lieues de Dresde, pour y établir les dépôts d’équipages militaires, artillerie et cavalerie de l’armée, de manière à dégorger Dresde le plus possible.
Ayant ainsi fait passer beaucoup de corps de cavalerie sur la rive gauche, les derrières se trouveront entièrement purgés et les routes très-sûres.
Faites-moi connaître les lieux à fourrages sur la rive gauche.
Dresde, 25 septembre 1813.
Au maréchal Marmont, duc de Raguse, commandant le 6e corps de la Grande Armée, à Grossenhayn.
Je reçois votre lettre du 24. J’ai ordonné qu’effectivement, sans défaire le pont actuel, on établisse des piles sur bateaux qui nous donnent sous quarante-huit heures le passage du pont de pierre. Faites exécuter cet ordre : cela fera deux ponts au lieu d’un, ce qui nous sera avantageux jusqu’à ce que nous ayons définitivement un véritable pont.
Donnez ordre qu’à Meissen on ne laisse plus passer un bateau pour Torgau, puisque la rivière n’est pas libre.
Dresde, 25 septembre 1813.
Au maréchal Mortier, duc de Trévise, commandant les 2e et 4e divisions de la Jeune Garde, à Pirna.
Mon Cousin, la brigade de la jeune Garde qui est destinée pour le pont de Pillnitz doit tenir position sur la rive gauche, ayant seulement un bataillon à la tête de pont et fournissant tous les travailleurs nécessaires pour terminer promptement la tête de pont. Les canons doivent également être mis en batterie de ce côté-ci du pont, quatre pièces à droite et quatre à gauche. Vous devez retirer toutes les troupes qui sont sur la rive droite vis-à-vis Pirna, ne laissant qu’un bataillon pour la tête de pont. Ce bataillon mettra 100 hommes pour garder la redoute sur la hauteur. Le village de la rive droite doit être barricadé. On pourra d’ailleurs faire tous les jours des fourrages en règle pour alimenter la garnison de Pirna.
On a cru hier, de Hartau, vers trois heures après midi, entendre une canonnade du côté de Pirna ; mais, comme vous ne m’avez rendu compte de rien, il faut qu’on se soit trompé.
Dresde, 25 septembre 1813, au soir.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, donnez ordre au duc de Raguse de s’approcher demain de Meissen avec le 1er corps de cavalerie et le 6e corps, d’envoyer un de ses officiers au prince de la Moskova et au comte de Narbonne, gouverneur de Torgau, pour avoir des nouvelles; de placer le 5e corps de cavalerie sur les routes de Meissen, de Grossenhayn et de Moritzburg à Dresde, occupant même Grossenhayn; de laisser aussi avec ce corps une avant-garde en avant de Grossenhayn; ainsi placé, d’être prêt, après-demain 27, à faire, s’il en reçoit l’ordre, une forte journée sur Torgau par la rive gauche. Il est convenable toutefois que tout le pays de Meissen et Grossenhayn et environs soient couverts par ses postes.
Dresde, 26 septembre 1813.
Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l’administration de la guerre, à Paris
Monsieur le Comte de Cessac, le ministre du trésor me mande que vous lui demandez 4 millions d’extraordinaire. II ne faut faire aucune dépense qui ne soit dans votre budget et qui n’ait été prévue. Ceci me fait craindre que vous n’ayez fait des dépenses imprévues : ce serait sottise et de l’argent dépensé mal à propos. Ne vous engagez pas dans des dépenses de cette espèce, et donnez-moi des explications.
(Même lettre au ministre de la guerre)
Dresde, 26 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, envoyez ordre au prince Poniatowski et aux différentes divisions de la Garde et des corps qui ont eu ordre de faire évacuer le bétail de la rive droite sur la rive gauche, de vous faire connaitre l’état de ce qui a été évacué. Il y a des habitants qui ont suivi leurs bestiaux; donnez ordre que leurs bestiaux leur soient rendus, avec la condition de rester sur la rive gauche; qu’à cet effet ils soient dirigés sur un village vis-à-vis Pillnitz. Exigez que cela soit fait, et que l’état des bestiaux vous soit envoyé dans la journée. Les Polonais étant peu nombreux et ayant beaucoup enlevé, faites venir au pare de l’armée la moitié de tout ce qu’ils ont pris.
Instruisez de ces dispositions le directeur de l’administration de l’armée, lequel fera connaître au ministre du roi de Saxe que mon intention est de liquider et de payer sur-le-champ à un pris convenue.
Dresde, 26 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, donnez ordre au général Ornano de se rendre avec sa division à Dippoldiswalde ou aux environs, de manière à être maître! de cette ville, afin d’en tirer des ressources et d’éclairer les mouvements de l’ennemi sur Altenberg et Frauenstein. Prévenez-en le duc de Bellune, qui pourra faire appuyer le colonel Hardy à Shora.
Ordonnez au maréchal Saint-Cyr d’envoyer deux bataillons du 14e corps à Dippoldiswalde. Ces deux bataillons seront sous les ordres du général Ornano et soutiendront sa cavalerie. Mandez au maréchal Saint-Cyr de tenir aussi entre Dippoldiswalde et Liebstadt de l’infanterie et de la cavalerie pour établir sa communication avec le général Ornano.
Écrivez au général Ornano que le 7e de lanciers pourra ainsi se mettre en avant et en ligne.
Il est nécessaire que les deux bataillons que le maréchal Saint-Cyr doit envoyer à Dippoldiswalde y soient arrivés aujourd’hui, ou demain au plus tard.
Dresde, 26 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, faites connaître au duc de Bellune que le général Ornano doit occuper Dippoldiswalde. Aussitôt qu’il aura occupé cette ville, le duc de Bellune pourra retirer ses troupes, afin de renforcer sa colonne de Shora. Faites-lui connaître que le prince Poniatowski arrive aujourd’hui avec son corps à Nossen, et demain à Waldheim; que sa cavalerie battra Leisnig, Rochlitz, Colditz, Penig et Chemnitz, et qu’à cet effet il aura dès aujourd’hui une colonne de cavalerie à Mittweida. Mandez également au duc de Bellune qu’il a été nécessaire de diriger ce corps sur Waldheim, afin de le rapprocher de Leipzig et d’Altenburg.
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Dresde, 26 septembre 1813.
Au prince de Poniatowski, commandant le 8e corps de la Grande Armée, à Nossen.
Vous porterez le plus tôt possible votre quartier général à Waldheim, où vous cantonnerez votre corps. Vous pousserez votre avant-garde sur Rochlitz. Vous laisserez six pièces de canon et un bataillon à Nossen, avec une compagnie, de sapeurs, qui mettra sur-le-champ en état le fort de Nossen. Vous y laisserez une centaine de chevaux. La cavalerie du 8e corps se vendra aujourd’hui, la moitié à Colditz, l’autre moitié à Mittweida. Chacune de ces deux colonnes aura une batterie d’artillerie légère; vous joindrez à chacune deux bataillons, de sorte qu’elles seront fortes de 2 à 3,000 hommes chacune. Vous donnerez ordre à la colonne de Mittweida d’envoyer des partis sur Chemnitz, sur Zwickau et sur les différents débouchés de la Bohème. L’autre colonne, qui sera à Colditz, enverra des partis sur Altenburg, Borna et Leisnig.
Le général Lefebvre-Desnoëttes avec 4,000 hommes de cavalerie était sur Zeitz, le 23, poursuivant Thielmann. Le duc de Padoue commande à Leipzig.
Vous avez l’autorisation nécessaire, sans attendre de nouveaux ordres, pour diriger vos deux colonnes mobiles sur Altenburg, Chemnitz, Zwickau, Grimma, dans la direction de Leipzig, enfin partout où vous apprendrez qu’il y a des partisans ennemis et qu’elles pourront les couper de la Bohême ou leur faire du mal.
Envoyez un de vos aides de camp à Leipzig pour instruire le duc de Padoue de votre arrivée, de votre force et de ce que vous aurez fait. Établissez une correspondance suivie et directe avec lui, afin qu’il vous tienne au courant de tous les mouvements du générale Lefebvre-Desnoëttes, des généraux Lorge, Piré, etc. Le général Dombrowski avec sa division est à Bitterfeld.
Envoyez des rapports deux fois par jour. Envoyez de tous côtés des espions, et tenez-vous instruit de fous les mouvements des partisans ennemis. Faites une instruction pour qu’aucune de vos patrouilles ne se laisse surprendre et n’ait la maladresse de se cantonner la nuit dans des villages.
Dresde, 26 septembre 1813.
Au général baron Rognat, commandant le génie de la Grande Armée, à Dresde
Monsieur le Général Rogniat, mon intention est d’occuper fortement Merseburg, afin d’être, à tout événement, bien assuré d’un pont sur la Saale. Envoyez-y un officier du génie; donnez-lui 20,000 francs et qu’il fasse un projet; mais, en attendant, qu’il travaille à fortifier la place, en organisant bien les portes, en mettant de l’eau dans les fossés, en abattant les faubourgs et les maisons inutiles qui gênent l’enceinte, et en couvrant l’enceinte par de bonnes lunettes. Il faut établir là un bon pont et une bonne fête de pont, de manière que l’armée soit toujours sûre de ce passage.
Exigez que l’officier du génie vous envoie sur-le-champ les projets.
Dresde, 27 septembre 1813, quatre heures du matin.
Au maréchal Marmont, duc de Raguse, commandant le 6e corps de la Grande Armée, à Okrilla.
Mon Cousin, faites repasser l’Elbe à vos divisions et au 1e corps de cavalerie. Gardez la tête de pont de Meissen par une brigade. Faites filer une portion du 1er corps de cavalerie et vos deux premières divisions en échelons sur Torgau, de manière que votre tête ne soit, qu’à une bonne journée de marche; prenez une route qui ne soit en rien découverte de la rive droite. Assurez-vous que les blockhaus, sont occupés par les troupes qui doivent les garder, et jetez quelque cavalerie le long de la rivière pour vous assurer que l’ennemi ne peut pas passer.
Placez le 5e corps de cavalerie de manière qu’il couvre la route de Radeburg et celle de Grossenhayn à Dresde, en prenant sa ligne d’opérations sur Dresde; et, selon les nouvelles qu’on aura dans la journée de Dessau et du prince de la Moskova, tenez-vous prêt à vous rendre en grande marche à son secours.
Je suppose qu’avant midi vous aurez votre quartier général à Meissen.
Prenez des renseignements et rendez-moi compte du nombre de bateaux chargés soit d’effets d’artillerie, soit de malades, qui seraient tombés dans les mains de l’ennemi. Il y a surtout un bateau chargé de 3,000 fusils : est-il arrivé à Torgau ?
Dresde, 27 septembre 1813, neuf heures du matin.
Au maréchal Marmont, duc de Raguse, commandant le 6e corps de la Grande Armée, à Okrilla.
Votre première division arrivera demain à Eilenburg, votre deuxième à Wurzen, votre troisième à Oschatz. La cavalerie du général Latour-Maubourg sera sur Dahlen et Schilda. Votre quartier général sera à Wurzen. Vous donnerez l’ordre qu’une brigade de grosse cavalerie reste à Meissen jusqu’à ce qu’elle soit relevée par 600 hommes de cavalerie qui appartiennent au 5e corps et qui sont aujourd’hui à Wilsdruf.
Vous tiendrez votre quartier général demain toute la journée à Meissen.
Vous formerez trois colonnes, chacune de 3 à 400 hommes de cavalerie, un bataillon d’infanterie et six pièces d’artillerie à cheval. Ces colonnes seront bien commandées. Vous en enverrez une vis-à-vis Mühlberg, une à Strehla, et une entre Strehla et Meissen, sur les points où il y avait des bacs. Ces colonnes battront toute la rive et empêcheront tout passage. Elles feront construire des blockhaus intermédiaires entre ceux qui existent déjà, de sorte qu’au lieu d’en lavoir toutes les deux lieues il y en ait de lieue en lieue. Ces colonnes feront voir qu’elles ont de l’artillerie, en la promenant le long de la rivière, pour la montrer tantôt d’un côté, tantôt de l’autre; et elles détruiront à coups de canon tous les bateaux de l’ennemi.
Vous formerez deux autres colonnes, chacune de 500 hommes de cavalerie, 500 hommes d’infanterie et deux pièces de canon, que vous ferez commander par des officiers intelligents. Ils concerteront leurs mouvements avec le prince Poniatowski, le général Lefebvre-Desnoëttes, le duc de Padoue et le général Lorge, afin de courir après les partisans ennemis, et faire en sorte qu’il n’y en ait aucun entre l’Elbe et Leipzig.
Faites une instruction pour toutes ces colonnes, et qu’aucune ne passe la nuit là où elle aurait vu coucher le soleil. Toutes ces colonnes doivent être très-actives, correspondre entre elles et purger le pays de tous les partis ennemis.
Le prince Poniatowski est à Waldheim; sa cavalerie légère est à Colditz : elle pourra ainsi se lier avec la vôtre. Le général Lefebvre-Desnoëttes est à Altenburg. Le duc de Padoue est à Leipzig avec beaucoup de cavalerie; mettez-vous en correspondance avec lui. Le prince de la Moskova est à Pretzsch et Kemberg. Dans cette position, vous serez à portée de vous joindre au prince de la Moskova pour couvrir Leipzig et couper à l’ennemi le chemin de l’Elbe, ou bien de prendre l’offensive par Wittenberg, pour faire tomber tous les ponts de l’ennemi, ou enfin revenir sur Dresde, sur Chemnitz ou sur Altenburg, pour s’opposer aux mouvements que l’ennemi pourrait faire de la Bohême.
Le duc de Bellune est à Freyberg.
Il va vous arriver d’Erfurt 3,000 hommes d’infanterie de votre corps. Je donne ordre au général Margaron de renvoyer au ler corps de cavalerie les 1,000 hommes de ce corps qu’il a à Leipzig.
Dresde, 27 septembre 1813.
NOTES POUR LE MINISTRE DE LA GUERRE.
Le ministre de la guerre fera un rapport qui précédera la proposition du sénatus-consulte sur les levées de conscrits.
Il dira qu’on ne demande 200,000 hommes que pour imposer à l’Europe, mais que, dans la réalité, la conscription de 1815 ne sera levée que l’année prochaine ;
Que, quant aux 120,000 hommes des conscriptions arriérées, ils ne forment guère que le septième des hommes restant disponibles, dont l’état s’élève au-delà de 900,000 hommes; que 120,000 suffiront, mais que, si on les demandait plus tard, il en faudrait le double ; que cependant ceux qui ne seront pas appelés sur les 900,000 doivent se tenir prêts à partir si les circonstances l’exigent.
Le ministre dira :
Que l’Empereur n’a donné aucun sujet de plainte à l’Autriche, ainsi que le démontre le manifeste même de cette puissance; qu’on n’a pas voulu négocier à Prague, parce que d’avance la guerre était résolue; que la paix ou la guerre ne tenait pas à une province de plus ou de moins, mais que les puissances de l’Europe, dans leur jalousie contre la France, ont jugé l’occasion favorable à leurs ressentiments et ont voulu la saisir; que les ennemis de la gloire du nom français n’ont écouté que la haine qui les anime; qu’il y a sans doute chez nos ennemis des hommes sages qui blâment la guerre, mais qu’il en est aussi beaucoup parmi eux qui ne respirent que la dévastation de notre territoire;
Que l’Angleterre, ainsi que l’Europe le sait, a rejeté toute proposition de paix; qu’elle ne veut en admettre aucune jusqu’à ce qu’elle ‘puisse dicter les conditions secrètes qu’elle veut nous imposer, combler l’embouchure de l’Escaut et obliger la France à n’avoir jamais plus de trente vaisseaux de guerre : quel est le Français qui achèterait une paix précaire à un tel prix ?
Que la Russie s’est montrée ennemie implacable; qu’elle a employé son influence à empêcher toute négociation ; qu’ayant attiré sur elle, par la guerre qu’elle a provoquée, les malheurs qui ont frappé ses provinces; qu’ayant, de son propre aveu, allumé de ses mains l’incendie de Moscou, elle n’aspire qu’à se venger des maux qu’elle ne doit qu’à elle et à porter la torche dans les villes de l’Empire, peut-être même dans Paris, s’il était possible que dans l’excès de son aveuglement elle en eût conçu l’espoir ;
Que les alliés ne voulaient pas la paix au congrès de Prague; qu’ils n’ont point hasardé de présenter un ultimatum, parce que leurs prétentions étaient portées à un tel excès, qu’ils n’osaient pas se les avouer à eux-mêmes ;
Que ce n’est pas à la cession du duché de Varsovie, à la cession des provinces illyriennes, à la cession d’une portion quelconque de notre territoire ne portant pas essentiellement atteinte à la force de l’Empire, qu’a tenu la question de la paix ou de la guerre, mais à la jalousie des puissances, à la haine des sociétés secrètes, aux passions fomentées par les artifices de l’Angleterre;
Que, pour faire échouer les desseins conçus par l’excès de la haine et de la jalousie de l’étranger, il faut des sacrifices, il faut des hommes et de l’argent; que, lorsqu’une puissance qui compte 5 millions d’habitants a mis 200,000 hommes sous les armes, un empire de 60 millions d’habitants ne doit pas trouver au-dessus de ses forces les sacrifices qu’on lui demande; que ces sacrifices sont le sûr moyen de tenir la guerre éloignée de notre territoire, de conserver l’intégrité de l’Empire, et de faire repentir nos ennemis de leurs audacieux projets; qu’enfin (et pourquoi ne pas le dire ?) c’est le seul moyen de se montrer digne du souverain qui ne connaît aucune fatigue, aucun danger pour assurer le bien-être de ses peuples e l’honneur de son Empire; que les circonstances sont grandes, qu’il faut que le peuple français montre toute l’étendue des nobles sentiments qui l’animent; que le Sénat, ce premier corps de l’État, lui en donnera l’exemple;
Qu’il n’y a personne qui ne voie que les sacrifices nécessités par des circonstances si graves sont peu de chose en comparaison de ceux qu’il faudrait faire si, faute de les avoir faits avec empressement, oui’ devait finir par nourrir la guerre dans l’intérieur de l’Empire;
Que cette lutte, qui met les armes à la main à la génération actuelle presque tout entière, est l’ouvrage de l’Angleterre; qu’elle ces-!i serait si cette puissance renonçait à son implacable jalousie; que l’Empereur est prêt à tous les sacrifices, et qu’il l’a annoncé hautement, pour obtenir la paix maritime et la liberté du commerce, sans laquelle la France ne pourrait exister, sans laquelle la France devrait renoncer à son indépendance, subir les restrictions qu’il conviendrait à l’Angleterre de mettre à notre navigation et le traité de commerce qu’elle voudrait nous imposer, enfin se rendre tributaire de l’Angleterre et ne travailler que pour elle comme les Indous;
Que, les passions haineuses et jalouses ayant réuni tant d’ennemis contre nous, tout Français doit sentir le besoin de courir aux armes, afin de protéger nos alliés, d’éloigner la guerre de notre territoire, et de donner de nouvelles preuves de son amour pour l’Empereur, pour la patrie et pour la gloire ;
Que les peuples du royaume d’Italie ne le céderont point aux peuples de la France, et que le dévouement de 60 millions d’hommes confondra les complots de nos ennemis.
Dresde, 27 septembre 1813.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
J’ai reçu votre lettre du 19 septembre sur Alexandrie.
J’approuve qu’on masse l’ancienne enceinte en terre, qu’on termine les couronnes, qu’on complète l’armement. Il est indispensable que vous ayez au moins quatre compagnies d’artillerie à Alexandrie
Mon intention est que vous vous concertiez sur-le-champ avec le ministre des finances, pour que dans les forêts, soit impériales, soit communales, situées le long du Pô et du Tessin, on coupe les bois nécessaires pour qu’Alexandrie soit, une fois pour toutes, approvisionnée en bois. Ne perdez pas un moment pour cela. La Régente signera le décret. Il faut agir comme on a fait pour Mayence.
La même mesure doit être prise pour la citadelle de Turin.
Il ne faut acheter ni palissades, ni bois de chauffage, ni bois de blindage; tout cela doit être fourni en nature par le pays et coupé dans les forêts. En général, vous devez établir ce système pour toutes mes places.
J’attache la plus grande importance à ce que toutes mes places, comme Hambourg, Coeverden, Delfzyl, Naarden, Wesel, Grave, Mayence, Juliers, Venlo, Strasbourg, les places qui sont sur le Rhin, etc., aient leur dotation complète en bois, soit pour palissadement, soit pour blindage. Ces bois pourront durer cinquante ans, et ce sera une affaire finie pour toujours.
Je ne parle pas des places du Texel, d’Anvers, de Flessingue, d’Hellevoetsluis, de Brielle, d’Ostende, parce que ces places, se trouvant à portée des chantiers de la marine, se feraient fournir facilement le bois nécessaire à leur approvisionnement ; cependant je crois qu’il est convenable de faire faire des coupes pour ces places, afin que je n’aie plus besoin d’entendre parler de cela.
Le Havre et Cherbourg ont, je crois, ce qu’il leur faut.
Un travail général sur cette matière serait bien important, et c’est un grand souci de moins de savoir toutes mes places frontières bien approvisionnées en bois.
Recommandez au général Chasseloup de bien mettre en état Venise et Palmanova. J’ai déjà ordonné l’armement de Malghera, Palmanova, Osoppo. Ces places doivent être parfaitement approvisionnées. Si elles ne l’étaient pas, prenez-vous-en au vice-roi.
Dresde, 27 septembre 1813.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de Feltre, je désire que vous ayez un peu l’œil sur la situation de mon artillerie en Italie.
Il est nécessaire que, outre ce que peuvent contenir mes arsenaux
d’Alexandrie, de Gênes et de Turin, il y ait à Fenestrelle, à Grenoble, au fort Barraux et à Antibes, tout ce qui est nécessaire pour le service d’une armée qui se réunirait sur les Alpes, en supposant toute l’Italie perdue. Cela doit consister non-seulement en canons et équipages d’artillerie, mais aussi en fusils et en munitions. C’est sous ce point de vue que Grenoble est toujours un point important et ne doit pas être sacrifié entièrement à Turin. C’est aussi sous ce point de vue que vous devez toujours soigner l’arsenal d’Auxonne, puisqu’on peut considérer ce qui est à Auxonne comme si c’était à Grenoble. Assurez-vous que dans aucune place du Piémont, hormis Fenestrelle et la citadelle d’Alexandrie, il n’y ait des armes. Il est bien nécessaire qu’il n’y en ait pas à Gênes. Il serait préférable que le dépôt en fût placé dans la petite citadelle de Savone. D’ailleurs Alexandrie est si près de Gênes, qu’on peut tirer ce qui serait nécessaire de la citadelle d’Alexandrie.
J’ai ordonné des travaux au mont Cenis; vous sentez la grande importance que j’y attache; on m’a fait espérer qu’ils seraient finis en septembre, et qu’alors 3 à 400 hommes pourraient y obtenir un résultat; nous touchons à octobre; ainsi la campagne doit bientôt Unir dans ce pays. Je désire que, si les travaux sont avancés, comme on me l’a promis, vous fassiez sur-le-champ armer de quelques pièces et obusiers le couvent et les tours dont j’ai ordonné la construction.
Vous avez, je crois, un commandant au mont Cenis; il serait convenable d’y placer 3 à 400 hommes et de renforcer la gendarmerie pour garder ce point important et en faire la police. Si l’armée d’Italie éprouvait quelque échec, c’est là qu’on pourrait arrêter tous les fuyards.
J’avais demandé des projets pour le Simplon; faites-les faire, afin que je puisse les adopter au prochain conseil et qu’ils soient exécutés l’été prochain. Il en faut aussi pour le col de Tende et pour le col de Cadibona, sur le chemin d’Alexandrie par Savone.
Le fort de Gavi est censé fermer le débouché de Gènes; je crois qu’il le ferme assez mal ; faites voir si, sur la Bocchetta, on ne pourrait pas essayer des fortifications qui fermassent le col.
Ces ouvrages sur le Simplon, sur le mont Cenis, sur le col de Tende, Cadibona et sur la Bocchetta, nous rendront, avec peu d’hommes et de dépenses, maîtres de fous les débouchés sur l’Italie, et nous seront d’un grand secours pour la défense de la frontière du Valais, de la Savoie, de Nice et de Gènes.
Je ne me souviens pas de la décision que j’ai donnée pour les fortifications de Genève. Je désire que vous me la remettiez sous les yeux. Il me semble que cette place défendrait parfaitement les débouchés du Valais et de la Savoie, et serait fort utile pour couvrir Lyon.
Dresde, 27 septembre 1813.
Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l’administration de la guerre, à Paris
Monsieur le Comte de Cessac, j’ai reçu votre lettre du 18. Je pense qu’il est sage d’augmenter un peu la réserve de Wesel et de Mayence; mais je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’y avoir ce grand approvisionnement qui exigerait 6 millions et qui serait en pure perte. La bonté de la récolte rend nécessaire le réapprovisionnement du munitionnaire, et il suffit d’avoir un peu plus de farine à Mayence et à Wesel; mais il ne faut pas faire de dépenses inutiles. Les fourrages seraient perdus, car je ne vois aucune probabilité que cette année l’armée rentre en France.
Dresde, 27 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, donnez ordre qu’il soit établi à Wurzen un pont sur pilotis avec une double tête de pont, et que ce pont nous assure ce passage, indépendamment de tous les débordements ou des glaces de la rivière.
Dresde, 27 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, donnez ordre au duc de Reggio de porter son quartier général dans un des faubourgs de la Neustadt, derrière le camp de la jeune Garde, et de faire ses dispositions pour placer aux débouchés de la forêt, sur les chemins de Grossenhayn, de Meissen et de Kœnigsbrück, des postes d’infanterie avec du canon. Il choisira lui-même les positions qu’il doit occuper et fera faire les abatis, afin de tenir l’ennemi éloigné d’une ou deux lieues du camp retranché.
Il enverra des ordres au général Lhéritier, qui doit être sur Moritzburg, pour qu’il s’approche et garde les chemins de Meissen, Grossenhayn et Kœnigsbrück, mêlé avec son infanterie; ces postes seront ainsi gardés jusqu’à ce qu’il soit relevé par les troupes du duc de Tarente.
Dresde, 27 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, répondez au roi de Westphalie que vous avez reçu sa lettre du 24; que j’approuve qu’il réunisse, habille et arme les hommes isolés qui arrivent de ce côté, et qu’il les mette en subsistance dans sa garde; que je lui recommande les dépôts de cavalerie de Gotha, d’Eisenach, Langensalza, etc.; que tous les rapports qu’il a sur la Bavière sont controuvés; qu’il doit se méfier de ces rapports; que Czernitchef, loin d’avoir 17,000 hommes, n’en a que 3,600; que Walmoden n’a que le tiers de ce qu’il lui suppose; que tous les renseignements qu’il a reçus sont exagérés.
Dresde, 27 septembre 1813.
ORDRE.
Le nombre des blockhaus qui ont été établis sur la rive gauche de l’Elbe depuis Pirna jusqu’à Wittenberg sera doublé, de manière qu’il y ait un blockhaus à toutes les lieues.
Le major général fera toutes les dispositions nécessaires pour la prompte exécution du présent ordre.
Dresde, 28 septembre 1813, quatre heures du matin.
Au maréchal Marmont, duc de Raguse, commandant le 6e corps de la Grande Armée, à Meissen.
Mon Cousin, j’ai reçu votre lettre du 27 à huit heures du soir. Il est fâcheux que le général Lhéritier ne se soit pas retiré sur Dresde; mais, puisqu’il a passé à Meissen, ordonnez-lui de mettre son quartier général à Meissen. Il enverra à Wilsdruf, où il y a 6 à 700 hommes de son corps, pour les faire rejoindre. Ce général formera deux colonnes, chacune de 4 à 500 chevaux et deux pièces d’artillerie, et bien commandées. Une de ces colonnes sera chargée de la garde de la rivière, depuis Meissen jusqu’à Riesa, son commandant pourra se placer à peu près vis-à-vis le chemin de Grossenhayn à l’Elbe. L’autre colonne sera chargée de la garde de la rivière de Meissen à Dresde; son commandant se placera au village de Gohlis ou de Kostebaude. Vous laisserez à Meissen une brigade commandée par un bon général, avec sa batterie. Cette brigade tiendra un bataillon dans la tête de pont, sur la rive droite. Donnez ordre que le pont soit attaché aux piles du pont de pierre. Je ne conçois pas la bêtise du général Bouchu : cela aurait épargné beaucoup d’ancres et de cordages. Le général Lhéritier étant chargé de la garde de la rivière de Meissen à Riesa, vous pourrez former une colonne de moins.
Dresde, 28 septembre 1813, quatre heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, le 5e corps de cavalerie, commandé par le général Lhéritier, restera à Meissen. Ce général réunira à son corps ses détachements qui sont à Wilsdruf. Il formera deux colonnes, chacune de 4 à 500 chevaux, avec deux pièces d’artillerie. L’une sera chargée de la garde de l’Elbe depuis Meissen jusqu’à Riesa, et l’autre de Meissen à Dresde. Tout le cours de la rivière doit être bien surveillé. Il vous fera connaître les officiers qu’il aura choisis pour les commander; il se tiendra avec le reste de son corps à Meissen, pour se porter partout où cela serait nécessaire. Par ce moyen, le duc de Raguse pourra ne former que deux colonnes, au lieu de trois, pour garder [la rive gauche de l’Elbe.
Par le retour de l’officier d’état-major que vous enverrez , le général Lhéritier vous fera connaître l’état de sa cavalerie et de son artillerie. Donnez-lui ordre de faire visiter tous les blockhaus le long de l’Elbe, et de faire connaître leur situation et la garnison qu’ils ont. Les officiers commandant ces deux colonnes correspondront avec les commandants des blockhaus. Le commandant de la colonne chargée de la garde de la rive de Meissen à Riesa pourra se placer au village, à peu près vis-à-vis le chemin de Grossenhayn à l’Elbe. Celui de la colonne chargée de la garde de la rive de Meissen à Dresde se placera au village de Gohlis ou au village de Kostebaude. Donnez ordre au duc de Raguse de laisser une brigade d’infanterie avec sa batterie pour occuper Meissen, jusqu’à ce qu’elle y soit remplacée par d’autres troupes, Elle tiendra un bataillon dans la tête de pont. Le pont sera attaché aux piles du pont de pierre. Les canons du château et l’artillerie de la brigade seront mis en batterie sur la rive gauche pour protéger la tête de pont. S’il était à craindre que le pont fût rompu, il serait établi un bac pour la communication d’une rive à l’autre. Le duc de Raguse laissera un bon général de brigade pour commander cette brigade jusqu’à ce qu’elle soit remplacée.
Dresde, 28 septembre 1813.
Au général comte Lefebvre-Desnoëttes, commandant la 1e division de cavalerie de la Garde, à Altenburg.
Je reçois vos lettres, du 27. Je mande au prince Poniatowski d’envoyer une de ses colonnes de Mittweida sur Penig, afin de ne pas souffrir que l’ennemi occupe Waldenburg ni Chemnitz.
Le duc de Castiglione devrait arriver à Iéna le 30. Envoyez des agents à sa rencontre, afin de vous mettre sur-le-champ en communication avec la cavalerie. Il a 4,000 hommes de vieille cavalerie d’Espagne que commande le général Milhaud. Vous ferez passer au duc de Castiglione les nouvelles que vous aurez de Leipzig.
L’ennemi avait jeté un pont près de Wittenberg, vis-à-vis Elster. Le général Bertrand l’a chassé de Wartenburg sur la rive gauche, l’obligeant à lever son pont et à défaire sa tête de pont.
Dresde, 28 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, donnez ordre au général Durosnel de faire repasser sur la rive gauche tous les parcs et voitures inutiles qui seraient sur la rive droite. Il ne doit y avoir au camp retranché que ce qui appartient au 3e corps, ou au 11e corps. Donnez ordre au général Durosnel de désigner le pont en amont pour le mouvement qui aura lieu de la rive droite à la rive gauche, et le pont en aval pour le mouvement de la rive gauche à la rive droite. On laissera le pont de pierre pour les mouvements de la ville. Il est fort nécessaire que ces dispositions soient bien prises et que les chemins soient tracés pour ces ponts avant d’entrer dans la Neustadt, de sorte qu’il n’y ait encombrement nulle part. Il faut, à cet effet, les faire jalonner et y mettre des officiers de gendarmerie qui soient responsables.
Donnez ordre au duc de Reggio d’avoir son quartier général au camp retranché, d’occuper toutes les routes du camp retranché sur la rive droite, de placer des postes de la division de la jeune Garde aux débouchés des routes de Meissen, Grossenhayn, Kœnigsbrück et Radeberg.
Donnez ordre au général Nansouty de faire passer aujourd’hui au camp retranché, sur la rive droite, 400 chevau-légers, 400 chasseurs et 200 gardes d’honneur, formant 1,000 hommes, qui seront en réserve sous les ordres du duc de Reggio.
Donnez ordre au duc de Tarente pour que le 3e corps, cavalerie, infanterie et artillerie, se rende au camp retranché sur la rive droite et soit placé par le duc de Reggio : la division Ricard sur le chemin de Grossenhayn, la division Souham sur celui de Kœnigsbrück, et la division Delmas sur celui de Radeberg, gardant les débouchés de la forêt et à deux lieues de Dresde. Lorsque le duc de Reggio aura ainsi placé ces divisions, il retirera les postes de la Garde qu’il avait placés momentanément, lesquels rentreront à leurs divisions.
Donnez ordre au duc de Tarente de faire passer le 5e corps par le pont de Pillnitz sur la rive gauche, d’occuper, avec le 11e corps et la partie du corps du général Sébastiani dont il n’aura pas besoin, les hauteurs qui dominent les chemins de Bautzen et de Pillnitz. Il reconnaîtra la position, afin de placer ses troupes de la manière la plus avantageuse et de se défendre le plus qu’il pourra.
Dresde, 28 septembre 1813.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
J’ai reçu votre lettre du 22 septembre. J’approuve ce que vous avez fait pour les vingt et un régiments de cavalerie de l’armée d’Espagne. Je vois qu’ils ont chacun quatre escadrons, ce qui fait 84 escadrons pour cette armée; et à 250 hommes par escadron, cela ferait 21,000 hommes de cavalerie. Il est indispensable d’avoir plus de 15,000 hommes de cavalerie en bon état pour l’année d’Espagne. Sans l’existence de cette cavalerie, l’ennemi, qui ne manquerait pas de connaître l’état des choses, pourrait tenter quelque entreprise dans la plaine de la Garonne; mais, quand il saura que nous avons une cavalerie aussi nombreuse, il ne s’y hasardera pas. Je désire que vous me fassiez un rapport sur la situation de cette cavalerie au 1er octobre, en officiers et en soldats, et que vous me proposiez de l’organiser en dix brigades, chaque brigade composée de 15 à 1000 chevaux. Il faut constamment travailler à mettre cette cavalerie en état, et de préférence augmenter la cavalerie légère. Les escadrons de cuirassiers et de dragons peuvent être suffisants à 200 hommes ; il en faudra 250 à 300 pour la cavalerie légère.
Dresde, 29 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, faites connaître au duc de Padoue que le général Lefebvre-Desnoëttes avait besoin d’être soutenu, qu’ainsi il ne fallait pas le dégarnir. On n’aurait pas dû envoyer le général Lorge pour soutenir le prince de la Moskova. Ce maréchal ayant 40,000 hommes auprès de Dessau, on a le temps de voir venir de ce côté, au lieu que le général Lefebvre-Desnoëttes est en l’air; qu’il le fasse donc soutenir. D’ailleurs, le duc de Raguse est aujourd’hui à Wurzen, avec le 1er corps de cavalerie, ce qui lui donne aussi 40,000 hommes. C’est donc encore une fois le général Lefebvre-Desnoëttes qu’il est nécessaire de soutenir. Le duc de Padoue doit donc lui envoyer la division Lorge, la brigade Vallin et tout ce dont il peut disposer. Recommandez-lui de faire travailler avec la plus grande activité aux fortifications et à l’armement de Merseburg. Il a eu tort de retirer son infanterie au général Lefebvre-Desnoëttes; il doit au contraire renforcer ce général; Altenburg est un point fort important, puisque ce n’est que de la Bohème qu’il peut s’avancer des forces qui menacent sérieusement Leipzig. Le duc de Castiglione étant à Iéna, c’est également la position d’Altenburg qui couvrira la communication avec lui.
Dresde, 29 septembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, faites connaître au duc de Bellune qu’on a également chassé l’ennemi de la rive gauche, vis-à-vis Dessau, qu’on lui a enlevé sa tête de pont, et qu’on l’a obligé à replier son pont; qu’ainsi l’ennemi n’a plus de pont sur l’Elbe.
Mandez également cette nouvelle au prince Poniatowski et au général Lefebvre-Desnoëttes.
Mandez au prince de la Moskova qu’il est convenable de placer le général Dombrowski à Dessau, pour éclairer toute la rive et empêcher l’ennemi de tenter de nouveau un passage; que le duc de Raguse arrive aujourd’hui à Wurzen; que je désire qu’il soit employé dans l’opération qui aura pour objet de faire lever le siège de Wittenberg. Écrivez au maréchal Saint-Cyr qu’il paraît que l’ennemi a renoncé définitivement à son projet de pénétrer sur Dresde et à toute opéra-lion offensive, se contentant de faire la petite guerre; que des corps d’armée qui avaient l’air de déboucher par Kommotau et dans différentes directions se sont repliés sur la Bohème, et que tous les ponts que l’ennemi avait jetés sur l’Elbe à Wartenburg, vis-à-vis l’Elster, à Acken et à Dessau, ont été levés après de légers engagements avec le prince de la Moskova; les fortes têtes de pont qu’ils avaient établies ont été démolies; que, dans cette situation des choses, l’Empereur pense qu’il est convenable que la division qu’il a à Pirna, et celle qu’il a à Königstein, occupent le plus de terrain qu’il sera possible sur la rive droite, afin de vivre; d’autant plus que ces divisions seront toujours prêtes à repasser l’Elbe et à se porter contre l’attaque que l’ennemi ferait en Bohème. Écrivez au maréchal Saint-Cyr qu’il “ne doit compter sur aucun renfort de cavalerie; que, s’il n’a pas de pain, c’est la faute de son ordonnateur, puisqu’il y a ici du pain; que ce maréchal doit exiger 6,000 rations de Pirna.
Dresde, 30 septembre 1813, trois heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, donnez ordre au général Souham , qui a son quartier général sur le chemin de Grossenhayn, à la hauteur du camp retranché de Dresde, de faire partir à cinq heures du matin, en les faisant passer de la rive droite sur la rive gauche, sa batterie de 12 et ses batteries d’artillerie à cheval, ainsi que sa propre division, la brigade de cavalerie légère du général Beurmann et le quartier général de son corps d’armée. Tout cela se rendra à Meissen par la rive gauche. Arrivé à Meissen, il enverra la brigade d’infanterie du 6e corps qui s’y trouve rejoindre son corps, ainsi que toute l’artillerie qui appartiendrait au 6e corps; il la remplacera par sa propre artillerie pour protéger le pont.
Donnez ordre au duc de Tarente de faire partir à six heures du matin une des divisions de cavalerie légère du corps du général Sébastiani, pour remplacer au camp retranché la brigade Beurmann.
Instruisez le duc de Reggio de ces dispositions. Il doit faire remplacer la division Souham par un régiment de la division de la Garde. La division de cavalerie légère du corps du général Sébastiani prendra ses ordres, et il la distribuera sur les différents chemins.
Dresde, 30 septembre 1813, trois heures du matin.
Au prince Poniatowski, commandant le 8e corps de la Grande Armée, à Waldheim.
Monsieur le Prince Poniatowski, portez-vous avec le 4e corps de cavalerie sur l’ennemi. Il me semble que la position de Frohburg, ayant des colonnes de cavalerie sur Altenburg, serait une position favorable. Le général Lauriston porte son quartier général aujourd’hui à Nossen, et aura son avant-garde à Waldheim. Le duc de Raguse, avec son corps et le 1er corps de cavalerie, est à Leipzig; il aura une brigade à Wurzen. Envoyez de forts partis sur Penig, tombez sur les derrières de l’ennemi, et mettez-vous en correspondance avec le duc de Raguse et le comte Lauriston. Le duc de Bellune est toujours à Freyberg. Tous les renseignements que j’ai ne me paraissent pas encore prouver que l’ennemi ait fait un mouvement d’infanterie sur Altenburg; il en a fait, sans doute, un de 8 à 10,000 chevaux et quelques milliers d’hommes d’infanterie; toutefois c’est de vous que j’attends d’être positivement instruit. Retirez de Nossen toutes les troupes qui vous appartiennent; elles y seront remplacées par le général Lauriston.
Dresde, 30 septembre 1813, trois heures et demie du matin.
Au prince Poniatowski, commandant le 8e corps de la Grande Armée, à Waldheim.
J’ai reçu votre lettre du 29 septembre à sept heures du malin. Je ne vois rien de nouveau dans la lettre du duc de Padoue. D’ailleurs le duc de Raguse est arrivé hier à Leipzig; ce qui, joint à votre corps, à la division Margaron et au 5e corps, formerait plus de 60,000 hommes, indépendamment de 50,000 qu’a le prince de la Moskova sur Dessau.
Le 28 à midi, les Suédois ont voulu reprendre Dessau; la garde suédoise y a perdu 1,500 hommes et a échoué complètement.
Je vous ai envoyé, il y a deux heures, l’ordre de vous porter à Frohburg. Vous serez, par ce moyen, à une journée sur la gauche de Leipzig.
Comme je ne pense pas que l’infanterie ennemie soit plus forte que 5 à 6,000 hommes, si vous trouvez moyen de lui faire du mal, faîtes-le. Je suppose que dans la journée j’aurai des renseignements positifs sur les mouvements de l’ennemi. J’ai bien de la peine à croire que les Autrichiens aient voulu compromettre un corps de 20 à 30,000 hommes de cette manière.
Dresde, 30 septembre 1813, trois heures et demie du matin.
Au maréchal Marmont, duc de Raguse, commandant le 6e corps de la Grande Armée, à Leipzig.
Je reçois votre lettre du 28, où vous me faites connaître que vous vous rendez à Leipzig et réunirez le 1er corps de cavalerie à Wurzen. Le prince Poniatowski se rend aujourd’hui de Waldheim à Frohburg, une journée de votre gauche. Il fera battre Altenburg et Borna. Le 5e corps se rend à Nossen, son avant-garde à Waldheim. Le 2e corps se rend à Chemnitz avec le 5e corps de cavalerie. Le duc de Castiglione devra arriver demain à Iéna. Je fais relever votre brigade à Meissen par la division Souham. L’ennemi a-t-il dirigé 25,000 hommes d’infanterie sur Altenburg ? Si cela est, il faut couper et enlever ce corps. N’a-t-il envoyé que de la cavalerie, il faut encore harceler et obliger ce corps à se reployer. Le prince de la Moskova, avec les 4e et 7e corps, le 3e corps de cavalerie et la division Dombrowski, se trouve avoir 40,000 hommes. Les 6e, 8e et 5e corps, le 1er corps de cavalerie, le 4e et la division Margaron, cela vous fera près de 60,000 hommes. Correspondez avec le prince Poniatowski et le général Lauriston.
Dresde, 30 septembre 1813, trois heures et demie du matin.
Au général comte Lauriston, commandant le 5e corps de la Grande Armée, à Wilsdruf.
Je vous ai fait donner l’ordre de partir le plus tôt possible pour vous porter sur Nossen. Le prince Poniatowski a laissé à Nossen 100 chevaux et 150 hommes d’infanterie; renvoyez tout cela à ce prince. Affectez à la garnison du château de Nossen 150 hommes éclopés de votre corps, mais bien commandés. Il est nécessaire que votre cavalerie légère et deux pièces d’artillerie légère arrivent aujourd’hui à Waldheim. Si les deux bataillons peuvent y arriver, tant mieux; mais, si la journée est trop forte, il faut que les deux bataillons s’en approchent le plus possible pour y arriver demain de bonnet heure.
Le duc de Bellune porte son quartier général en avant de Freyberg, et pousse une de ses divisions entre Freyberg et Chemnitz. Le prince Poniatowski part ce matin de Waldheim et se porte sur Frohburg. Le duc de Raguse est à Leipzig. Mettez-vous en communication avec tous ces corps. Vous ne devez plus attendre de vivres de Dresde; il faut vous en procurer militairement en en requérant dans les bailliages.
Un corps de 6 à 7,000 hommes de cavalerie s’est porté le 28 sur Altenburg et a obligé le général Lefebvre à se reployer. On prétend qu’il est suivi par de l’infanterie. On varie sur la force de cette infanterie. Ce mouvement paraît si hasardé, que j’ai peine à le croire. Un corps de 20 à 30,000 hommes serait trop lourd et ne serait pas assez fort pour ne pas être compromis; toutefois, comme ce mouvement peut se rattacher à quelque grand plan, insurrection ou autre, il faut se mettre en mesure de tomber sur ce corps , si l’ennemi s’était compromis ainsi.











