Correspondance de Napoléon – Juin 1803
Saint-Cloud, 6 juin 1803
Au général Berthier
Le chef de bataillon Cantagrel, Citoyen Ministre, commandant d’armes de l’île d’Yeu, est goutteux, malade, et a demandé sa retraite. Veuillez présenter, pour le remplacer dans le commandement de cette île si importante, un officier brave et intelligent.
Indépendamment du commandant d’armes, envoyez dans cette île un adjudant commandant, que vous chargerez de faire exercer troupes. On m’assure que la 93e n’a pas une bonne discipline; vous pourriez envoyer là l’adjudant commandant Brouard.
Faites connaître au chef de bataillon commandant la 93e qu’il est nécessaire qu’il établisse une bonne discipline dans le corps qu’il commande; qu’il le fasse exercer et lui fasse faire toutes les semaines l’exercice à feu. Il doit aussi l’exercer aux manœuvres du canon
Le 12 prairial, aucune pièce d’artillerie n’était encore arrivée à l’île d’Yeu. Faîtes-moi connaître les ordres donnés au ministère pour l’artillerie, et comment il arrive que cette île soit encore sans défense.
Donnez ordre aux détachements de la 63e de ligne et de la 24e légère, qui sont dans cette île, de rentrer à leurs demi-brigades. Faites-les remplacer par deux compagnies de la demi-brigade helvétique qui est à la Rochelle. Ces deux compagnies seront complétées à 200 hommes; ce qui, joint aux 500 hommes de la 93e, fait 700 hommes de garnison.
Donnez ordre qu’on fasse partir du dépôt de l’île de Ré 300 hommes pour l’île d’Yeu, lesquels seront incorporés dans le bataillon la 93e qui est dans cette île, ce qui portera sa garnison à 1,000 hommes. Donnez ordre que ces 1,000 hommes soient approvisionnés pour six mois et que l’artillerie tienne dans l’île d’Yeu les cartouches et approvisionnements de guerre nécessaires; envoyez-y un chirurgien, et faites-y établir une petite ambulance.
Saint-Cloud, 6 juin 1803
Au général Berthier
Je suis instruit, Citoyen Ministre, que la 11e demi-brigade de ligne a la plus mauvaise tenue, que les soldats sont déguenillés, et que les chefs ne portent pas tout le soin qu’ils devraient à mettre ce corps sur un bon pied. Faites-vous faire un rapport particulier sur cette demi-brigade, et surtout sur le chef de brigade et les chefs de bataillon.
Saint-Cloud, 7 juin 1803
Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures
Je vous prie, citoyen Ministre, de faire faire les démarches nécessaires pour que MM. de Coucy, ancien évêque de la Rochelle, de Thémines, ancien évêque de Blois, et Gain de Montagnac, ancien évêque de Tarbes, qui se trouvent en Espagne et viennent, par des mandements séditieux, de chercher à troubler l’État, soient arrêtés et retenus au secret dans des couvents et dans les lieux de l’Espagne les plus éloignés de la France.
Quant à MM. Asselie, ancien évêque de Boulogne, qui est à Hildesheim, Montmorency, ancien évêque de Metz, qui est à Munster, Sabran, ancien évêque de Laon, qui est à Vienne, demandez que celui-ci soit envoyé au fond de la Hongrie, et que le roi de Prusse renvoie en Pologne Montmorency et Asseline, en leur enjoignant de ne point se mêler de faire des mandements s’ils veulent avoir un refuge dans ses États.
Saint-Cloud, 7 juin 1803
Au citoyen d’Affry
Citoyen Louis d’Affry, Landammann de la Suisse, j’ai reçu votre lettre. J’ai vu avec plaisir votre envoyé, dont on ne m’a dit que du bien. J’apprends avec bien de la satisfaction que les affaires de Suisse marchent bien. Je prendrai toujours une grande part à tout ce qui peut intéresser votre pays et vous en particulier.
Saint-Cloud , 7 juin 1803
A l’électeur archichancelier de l’Empire (Carl Theodor von Dalberg, 1744-1817. Prince-primat. Le seul à avoir conservé sa souveraineté ecclésiastique, ce qui explique son enthousiasme pour Bonaparte)
J’ai reçu la lettre par laquelle Votre Altesse Sérénissime me fait connaître qu’elle vient de prendre un nouveau titre. Je la prie de recevoir mon compliment.
J’ai vu avec plaisir le neveu de Votre Altesse. Elle peut être persuadée du désir que j’ai de faire ce qui peut être utile à sa Maison, et agréable à sa personne.
Saint-Cloud, 7 juin 1803
A l’électeur de Wurtemberg
J’ai reçu la lettre par laquelle Votre Altesse Sérénissime me fait connaître le nouveau titre qu’elle vient de prendre. Il était dû à l’illustration de sa Maison. Je la prie d’en recevoir mon compliment et de rester persuadée du désir que j’ai de lui être utile et agréable.
Saint-Cloud, 7 juin 1803
A l’électeur de Bade
J’ai reçu la lettre de Votre Altesse Sérénissime. Elle m’annonce qu’elle vient de prendre le titre que méritait l’illustration de sa Maison. Je la prie d’en recevoir mes compliments, et d’être persuadée de l’intérêt que je prends à tout ce qui peut être utile à sa Maison et agréable à sa personne.
Saint-Cloud, 7 juin 1803
Au général Bourcier
Citoyen Général Bourcier, Conseiller d’État, votre projet sur l’organisation de la cavalerie me paraît renfermer beaucoup de bonnes choses. Je désirerais,
1° Que, pour les dragons, les maréchaux des logis et brigadiers des escouades à pied fussent aussi à pied, et formassent des escouades séparées. Je verrais beaucoup d’inconvénient à ce que les hommes à pied fussent mêlés dans les escouades à cheval.
2° Je voudrais qu’en temps de guerre la différences des hommes à pied aux hommes à cheval fût du tiers, c’est-à-dire que, s’il y a 1,170 hommes, 390 restent à pied.
3° Je voudrais que vous ajoutassiez un article qui porterait qu’une fois entrés en campagne, tous les hommes à pied formeraient un escadron, et les hommes à cheval formeraient les trois premiers escadrons. L’escadron à pied serait commandé par un chef d’escadron et par les officiers du 4e escadron. Leurs sous-officiers les suivraient.
4° Je voudrais que vous changeassiez la botte du dragon.
5° Je pense qu’il est nécessaire de laisser les deux pistolets à toute la cavalerie, et de leur prescrire de les lier au pommeau de la selle.
6° Les grenadiers à cheval devraient avoir la baïonnette, que je voudrais donner également aux chasseurs et aux hussards.
Je vous prie de rédiger un projet d’arrêté sur les bases de votre travail avec ces modifications.
BONAPARTE
Saint-Cloud, 8 juin 1803
DÉCISION
| Le ministre du trésor public fait un rapport sur l’emploi du cuivre existant en nature dans les ateliers monétaires ; tout en proposant de fournir les espèces monnayées demandées, il fait connaître la grande perte qui en résultera, et demande par qui elle doit être supportée. | Les cuivres non mis en oeuvre, qui sont en nature dans les ateliers monétaires, seront livrés sans délai aux arsenaux maritimes. L’évaluation en sera faite et portée au comptede la marine et sur son crédit. Un essai sera fait en sous, à convertir en feuilles, pour 15 ou 20,000 francs. |
Saint-Cloud, 8 juin 1803
Au citoyen Chaptal, ministre de l’intérieur
Le Premier Consul me charge, Citoyen Ministre, de vous inviter à écrire au Citoyen Briot (Pierre-Joseph Briot, 1771-1827, commissaire général du gouvernement français à l’île d’Elbe. Il quittera l’île en janvier 1804, ne pouvant s’entendre avec Rusca), commissaire du Gouvernement, de ne contrarier en aucune manière les opérations du général Rusca, et, au contraire, de le seconder de tous vos moyens dans les mesures qu’il prendra pour la défense de l’île d’Elbe.
Paris, 8 juin 1803
Au général Berthier, ministre de la guerre
Renvoyer au premier inspecteur de l’artillerie tous les ordres qui ont été donnés pour l’armenunt de l’île d’Elbe, et les rapports du citoyen Dutaillis Adrien Ramon du Bosc, comte du Taillis, 1760-1851, général, alors au ministère de la guerre), pour voir ce qui manque, et par la faute de qui les ordres n’ont pas été exécutés; il faut qu’il y ait au moins double nombre complet d’affûts. En attendant, donner l’ordre au général qui commande à Livourne d’y faire passer, immédiatement après la réception de cet ordre, 30 affûts, 20,000 sacs à terre, 1,000 outils de pionniers, et tous les objets de défense d’artillerie dont la demande lui serait faite par le général Rusca.
Réitérer l’ordre au général Murat de mettre un adjudant général à Piombino; il lui sera fourni, de la garnison de Livourne, 100 hommes et une escouade de canonniers; il mettra la place en bon état de défense; il correspondra avec Porto-Ferrajo et Porto-Longone; il y fera passer les approvisionnements et tous les bois nécessaires.
Écrire en même temps au général Murat que Piombino appartient à la France; que la justice doit y être rendue au nom de la République, le prince n’y ayant plus aucun droit; que c’est spécialement par Piombino qu’il aura des moyens faciles de correspondre avec l’île d’Elbe.
Il faut que l’on ordonne de faire armer à Piombino trois ou quatre petites felouques pour la correspondance; avoir soin , si cette place était bloquée, de faire toujours porter les papiers par des officiers ou sous-officiers, de manière qu’ils ne puissent jamais tomber dans les mains des ennemis.
Écrire au général Rusca de bien organiser les troupes qui sont sous ses ordres; de correspondre par la Corse et par Piombino, où il y aura un adjudant commandant qui lui fera passer des nouvelles ainsi que les approvisionnements dont il pourra avoir besoin; d’organiser plusieurs felouques ou gondoles pour communiquer avec Piombino et Bastia.
Sa garnison étant considérable, il doit occuper la hauteur qui est à 400 toises de Porto-Ferrajo et y faire sur-le-champ construire un bon ouvrage, ce qui pourra par-dessus tout contribuer à la longue défense de cette place.
Il doit aussi, en supposant que le débarquement soit opéré et que l’ennemi ne puisse être forcé à se rembarquer, entretenir le plus possible la communication avec Porto-Longone, et une redoute sur la hauteur entre ces deux places contribuera efficacement à cet objet. Au reste, y compris les habitants, il se trouve avoir près de 5,000 hommes de garnison ; il faudrait donc, pour réaliser la descente, que l’ennemi l’attaquât avec au moins 9 à 10,000 hommes, ce qui n’est nullement probable dans les circonstances actuelles.
Le ministre s’informera si le nouveau chef de la 20e de ligne est parti. Dans le cas où il ne le serait pas, il lui ordonnera de rejoindre en poste.
Enfin recommander de nouveau au général Morand de faire occuper l’île de Capraja, d’y mettre une bonne garnison et des approvisionnements convenables; il doit former des habitants une ou deux compagnies, et charger de la défense un chef de bataillon intelligent et résolu.
Le ministre nommera un bon chef de bataillon pour aller prendre le commandement du bataillon étranger, à l’île d’Elbe.
Enfin recommander au général Rusca de faire faire au moins une fois par semaine le service à boulets rouges.
Le ministre ordonnera au général inspecteur des invalides de former une 15e compagnie de canonniers vétérans qui sera envoyée dans le département des Côtes-du-Nord, et il se fera rendre compte si, après cette compagnie formée, on pourrait en former une 16e, qui serait envoyée dans le Morbihan; avoir soin qu’on n’y admette que des hommes ayant servi dans l’artillerie.
En cas que le débarquement eût eu lieu à l’île d’Elbe et qu’on n’aurait aucun moyen de forcer l’ennemi à se rembarquer, les trois quarts de la garnison de l’île doivent être destinés à Porto-Ferrajo et l’autre quart à Porto-Longone, en ayant soin de partager entre ces deux places les troupes des différentes nations.
Répéter l’ordre de compléter les deux bataillons de la 20e avec les hommes du dépôt de Marseille.
Le ministre de la guerre fera faire le décompte de la solde de toute la garnison de l’île d’Elbe, en y comprenant, comme arrivés, les deux compagnies, les chasseurs corses et les 500 hommes du pays.
Donner l’ordre au premier inspecteur d’artillerie d’envoyer un de ses aides de camp à Nantes, et de là à l’île d’Yeu, pour accélérer le départ de toute l’artillerie nécessaire à cette île, faire toutes les enquêtes pour savoir quelle raison a empêché cette artillerie d’arriver, et prescrire toutes les dispositions pour que l’île soit promptement armée. Cet aide de camp écrira de Nantes et de l’île d’Yeu au premier inspecteur.
Donner ordre au général qui commande le département de la Vendée de se rendre à l’île d’Yeu , organiser les services, passer la revue des troupes, et ne quitter cette île que quand toutes les mesures auront été prises, soit pour sa défense, soit pour sa correspondance avec le continent.
L’aide -de camp du premier inspecteur, revenu de Nantes et de l’île d’Yeu, après avoir rempli sa mission , et sans revenir à Paris, ira à l’île d’Aix, à l’île de Croix, visitera ensuite toute la côte de Bretagne, et enverra de chaque point des rapports sur toutes les parties du service de l’artillerie, et propres à informer complétement le ministre.
Activer le départ de l’artillerie pour l’île de Bréhat.
Paris, 8 juin 1803
Au général Berthier, ministre de la guerre
Le Premier Consul désire, Citoyen Ministre, que désormais il ne soit donné aucun ordre de mouvement du matériel de la marine sans qu’il ait été préalablement mis sous ses yeux.
Saint-Cloud, 9 juin 1803
Au citoyen Maret, secrétaire d’État
Les tableaux joints au présent arrêté relatif à l’appel de l6,0000 conscrits de la réserve ne seront pas insérés au Bulletin des lois. Le ministre enverra aux préfets l’état de ce que doivent fournir les départements, et pour quels corps. Il enverra le même état au corps. Cependant le ministre fera imprimer séparément dix exemplaires de l’arrêté avec les tableaux, dont un pour le Premier Consul, deux pour le secrétaire d’État, un pour le ministre de la guerre, un pour le ministre directeur de l’administration de la guerre, un pour être déposé aux archives de la guerre, un pour la section de la guerre du conseil d’État, un pour le ministre inspecteur général de la gendarmerie, un pour le ministre de l’intérieur et un pour le grand juge. Il est indispensable que l’arrêté soit expédié dans la journée demain; il est de la plus grande urgence.
Saint-Cloud, 9 juin 1903
Au général Berthier, ministre de la guerre
La 93e demi-brigade, Citoyen Ministre, tiendra un bataillon à l’île d’Yeu et l’autre à l’île de Ré. Le bataillon de l’île d’Yeu sera complété par les dépôts de l’île de Ré et de Bordeaux, jusqu’à ce qu’il soit au complet de 1,000 hommes; or, à cet effet, quand 100 hommes seront disponibles à l’un ou à l’autre de ces dépôts, ils seront dirigés sur l’île d’Yeu. Il est nécessaire que ces hommes ne traversent pas la Vendée pour se rendre à l’île d’Yeu , mais s’embarquent à la Rochelle et à Rochefort.
Le bataillon de la 93e, qui sera à l’île de Ré, sera aussi complété à 1,000 hommes, et à cet effet tous les conscrits seraient envoyés à l’île de Ré, après toutefois que le bataillon de l’île d’Yeu sera complété. Recommandez au chef de brigade et aux commandants de l’île d’Yeu et de Ré de maintenir une sévère discipline dans l’un et l’autre de ces bataillons.
Saint-Cloud, 9 juin 1803
Au général Berthier
Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire placer dans l’île Dumet, à l’embouchure de la Vilaine, six pièces de 18, et d’ordonner qu’il soit formé un plan pour la défense de cette île.
Saint-Cloud, 9 juin 1803
Au général Mortier
Citoyen Lieutenant Général Mortier, commandant l’armée française en Hanovre, je vous félicite de la promptitude de votre marche et des bonnes dispositions que vous avez faites. J’attends votre premier courrier pour vous féliciter sur les prises que vous ne manquerez pas de faire sur l’Elbe et le Weser. J’espère que le roi d’Angleterre ratifiera la convention que vous avez faite. Dans ce cas, je me trouverai entièrement satisfait; car, par cette ratification, il consentira à l’échange de ses soldats contre nos matelots. S’il ne la ratifiait pas, nous serions obligés de prendre d’autres mesures. Dans tous les cas, tenez-vous prêt à tout. La promptitude de votre marche vous a occasionné des embarras, mais elle a épargné du sang et beaucoup de tracasseries diplomatiques.
Paris, 10 juin 1803
NOTE POUR LE MINISTRE DE LA MARINE
L’intention positive du Premier Consul est que, sous aucun prétexte, on ne laisse faire dans l’arrondissement aucun travail de commerce ou corsaire que l’on n’ait dans les ports assez d’ouvriers pour les travaux de la République ; et le Premier Consul me charge de vous faire connaître que s’il apprend qu’on travaille pour le commerce et les corsaires, il ne pourra prendre en considération l’allégation du défaut d’ouvriers que vous pourriez alléguer pour justifier ce qui serait omis dans l’exécution des travaux ordonnés pour l’État.
Si cela excite des réclamations, on fera connaître que telle est la volonté positive et nominale du Premier Consul.
Saint-Cloud, 11 juin 1803
Au citoyen Régnier
Citoyen Ministre, de faire remettre au colonel Sébastiani 100,000 franc pour dépenses secrètes; à M. Chatillon, 25,000 francs; à M. l’évêque d’Orléans, 30,000, et au préfet de la Loire-Inférieure, 25,000 francs.
Saint-Cloud, 11 juin 1803
Au citoyen Régnier, Grand-Juge, ministre de la justice
Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire suspendre le jugement du gendarme qui a été condamné à mort par le tribunal de la 1e division, ce gendarme s’étant pourvu en grâce.
Saint-Cloud, 11 juin 1803
Au citoyen Régnier
Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire remettre au préfet du département du Morbihan 15,000 francs, qu’il emploiera en entier à meubler l’hôtel de la préfecture, me paraissant convenable que le magistrat du Morbihan surtout soit convenablement logé.
Vous lui ferez connaître que à dater du ler messidor vous lui ferez payer, tous les mois, 9,000 francs, pour dépenses extraordinaires, et dont il ne devra aucun compte. Cette augmentation de traitement le mettra à même d’avoir un train de maison convenable, et d’avoir des chevaux pour se porter partout où les circonstances l’exigeront. Vous lui témoignerez en même temps ma satisfaction sur la marche de son administration.
Saint-Cloud, 14 juin 1803
Au général Berthier, ministre de la guerre
Je vous renvoie, Citoyen Ministre, les projets que vous aviez rédigés pour le camp de Saint-Omer. Voici définitivement les bases auxquelles je me suis arrêté :
Six camps seront formés, lesquels, destinés à ne composer qu’une seule armée, seront commandés par six lieutenants généraux commandant en chef. Ils auront chacun un parc d’artillerie commandé par un général d’artillerie et par un colonel directeur du parc. Les six parcs seront tous soumis à un général commandant en chef l’artillerie et à un général de brigade directeur général des parcs des six camps. Chacun de ces camps aura un ordonnateur, lequel correspondra avec un ordonnateur en chef des six camps.
Ces six camps seront : un en Hollande, un à Gand, un à Saint-Omer, un à Compiègne, un à Saint-Malo, un à Bayonne.
Le camp de Hollande sera composé de 30,000 hommes, dont 18,000 de troupes françaises et 19,000 de troupes bataves. Les 54e, 84e, 45e, 17e, 109e, 11e, 7le, 35e et 41e demi-brigades seront d’abord destinées à faire partie de ce camp; avant un mois d’autres troupes seront désignées pour compléter le nombre de 18,000 hommes; 6e de hussards et 1er régiment de chasseurs qui seront désignés, trois compagnies d’artillerie à pied, une compagnie d’artillerie à cheval, une compagnie d’ouvriers.
Pour le camp de Gand, les 6e et 13e légères; 12e, 33e, 51e, 108e, 14e, 36e, 6le, 85e de ligne ; le 2e régiment de chasseurs , ler hussards, les 4e, 16e et 17e de dragons.
Pour le camp de Saint-Omer, la 10e légère, 25e, 28e, 55e de ligne; 26e légère, 22e, 43e, 46e et 75e de ligne; 8e et 11e régiment de chasseurs; 2e, 5e, 10e et 21e de dragons.
Pour le camp de Compiègne, les 9e et 24e légères; les 18e, 44e, 63e, 64e, 4e, 32e, 96e et 111e de ligne; le 3e régiment de hussards; le 10e de chasseurs; les ler, 3e, 8e et 9e de dragons.
Chacune des demi-brigades ci-dessus ne fournira que ses 1er bataillons, lesquels seront complétés à 1,000 hommes. Il est donc nécessaire que ces corps soient prévenus sur-le-champ que leurs deux premiers bataillons doivent marcher vers la fin de l’été, afin qu’ils activent l’instruction, l’habillement, etc.
On se réserve de désigner postérieurement les corps de grosse cavalerie qui devront faire partie de ces trois camps.
Le personnel de l’artillerie sera composé, l° de compagnies fournies, au nombre de six, par chacun des quatre régiments ci-après, savoir : les ler, 5e, 7e et 3e régiments; lesquelles six compagnies seront complétées au pied de guerre; 2° de deux escadrons de chacun des 2e, 5e et 6e régiments d’artillerie à cheval, complétés au pied de guerre; ce qui fera vingt-quatre compagnies d’artillerie à pied et douze compagnies d’artillerie à cheval ; 3° un demi-bataillon de pontonniers.
Le premier inspecteur du génie désignera deux compagnies do mineurs et un bataillon de sapeurs mis sur le pied de guerre.
Le premier inspecteur de l’artillerie désignera le nombre de compagnies nécessaires aux six parcs.
Le général Marmont, premier inspecteur général, commandera en chef l’artillerie des six camps.
Le général Faultrier sera directeur général des parcs des six camps. Le conseiller d’État Petiet sera commissaire ordonnateur en chef des six camps. Au travail de samedi, le ministre m’apportera ces arrêtés avec les projets de cantonnement.











