Correspondance de Napoléon – Juillet 1803

Lille, 9 juillet 1803

Au général Berthier, ministre de la guerre

Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner ordre à un bataillon de la 14e de se rendre à Maëstricht, et à un bataillon de la 17e légère de se rendre à Huningue.

Donnez ordre à tous les directeurs d’artillerie de partager sur la côte l’inspection avec les sous-directeurs, et de s’assurer que les batteries sont en bon état et que les grils à boulets sont approvisionnés de tout ce qui est nécessaire,

J’ai été surpris avec raison que les 3e bataillons ne sont pas à Hanovre. Le général Mortier doit savoir moins que le Gouvernement s’ils devaient y aller ou non. Après la capitulation, j’avais ordonné qu’ils y allassent, car ces 4,000 hommes devaient y être utiles; s’ils ne l’ont pas reçu, donnez-leur l’ordre de se rendre en toute diligence à Hanovre.

Je ne puis pas être plus satisfait de ce que vous m’envoyez sur la tête du musoir à Boulogne. Si cette batterie eût été armée, une frégate qui s’en était trop approchée aurait eu le sort de celle de Cherbourg.

Le rapport de l’officier du génie n’est pas du tout exact. J’ai passé quatre heures à la batterie sans pouvoir tirer un boulet ; il y avait trois ans qu’on n’avait essayé de les faire chauffer dans les fours à réverbère; il n’y avait pas de bois pour l’approvisionnement, il a fallu en couper.

Quant au musoir, le rapport n’est pas plus exact. J’ai vu la lettre par laquelle le génie en interdit l’entrée au génie maritime; au moins dans ce cas devait-il le réparer; c’est le seul point qui véritablement défende la rade de Boulogne.

Il y a à Saint-Malo, Cherbourg et Boulogne des prisonniers anglais; donnez ordre qu’ils soient envoyés dans l’intérieur, dans les dépôts désignés, sans qu’aucun puisse s’échapper.

Il résulte des rapports de Cherbourg qu’au fort Liberté il n’y avait que trois pièces en état de tirer. Comment un fort aussi important que celui-là n’est-il pas armé ?

 

Ostende, 10 juillet 1803

Au général Berthier

Je vois, Citoyen Ministre, par l’état de situation du ler messidor, que le bataillon piémontais commence à être dans une situation respectable; mais on l’a disséminé sur plusieurs points. Donnez ordre qu’il soit réuni dans un seul endroit, pour s’y exercer aux manœuvres. Le bataillon piémontais ne doit pas être comme un corps ordinaire; c’est un corps dont je veux me servir. Recommandez au chef de veiller à son instruction.

Je n’approuve pas que vous vouliez ôter 500 hommes à la 55e pour les donner à la 56e. La 55e faisant partie d’un des camp ne saurait être trop nombreuse ; elle n’a que 2,000 hommes sous armes, et son complet doit être à 2,300. On se contentera, dans la conscription de l’an X et de l’an XI, de donner peu de monde à cette demi-brigade, et on aura soin d’en fournir un plus grand nombre à  la 56e.

Vingt et une pièces d’artillerie me paraissent beaucoup pour le fort de l’île d’Yeu, surtout avec les batteries de côtes.

Pour avoir opinion, faites-moi passer l’état des batteries de côtes et de l’armement de l’île. Je n’approuve point les dispositions qui ont été faites.

Je ne veux rien tirer de Brest; on a trop de difficultés à faire passer quelque chose dans ce pays. Une fois que l’artillerie y est, on ne plus en rien tirer.

Par l’état que je vous renvoie, vous verrez que j’approuve que vous tiriez de Strasbourg neuf mortiers à la Gomer et neuf affûts, mais non 1,800 bombes. Vous trouverez des bombes de 12 pouces dans les points situés sur les rivières qui se rendent dans la Loire, tels que Valence, Auxonne, etc., sinon faites faire 1,800 bombes par des fortes à proximité de la faire. A faire venir ce matériel de Strasbourg, le transport serait plus cher et plus long que la fabrication. Nantes, Rochefort et la Rochelle doivent avoir une grande quantité de bombes.

J’approuve que vous retiriez vingt mortiers de 12 pouces à la Gomer de Douai, ainsi que quatre affûts de la Fère, mais non les dix-sept de Metz. Il vaut mieux les mettre en confection. Des crapauds faits avec de grosses pièces de bois valent mieux que des crapauds en foule, qui finissent par se fendre.

On pourvoira aux quatorze de 24 et aux douze pièces de 36 j’ai demandées, en se servant des pièces de 33 qui sont à Calais ou qui se trouvent encore dans différentes places ; on achètera douze pièces de 36, et, si ce n’est pas suffisant, on achètera un supplément aux fonderies de la marine.

Ostende n’est pas armé convenablement; il lui faut huit mortiers à la Gower de 12 pouces et douze pièces de 36 ; envoyez-les le plus tôt possible. J’ai ordonné au génie maritime de construire au bout du musoir et de la digue d’Ostende deux batteries, l’une à 100 toises, l’autre à 250 toises en mer, ce qui mettra ce port à l’abri de tout bombardement.

Le ministre de la marine vous fera connaître les dispositions qui ont été arrêtées pour assurer le cabotage de Dunkerque à Boulogne.

 

Ostende, 11 juillet 1803

Au consul Cambacérès

J’ai reçu, Citoyen Consul, votre lettre du 19 (8 juillet). Je suis parti de Lille pour Nieuport et Ostende. J’ai traversé plusieurs points de la Belgique ; je suis content de l’esprit des habitants. J’ai parcouru Ostende toute la journée d’hier, et j’ai fait différentes expéditions utiles au port et aux habitants. Je pars dans ce moment-ci pour suivre la côte jusqu’à Blankenberghe. Je serai ce soir à Bruges, où ma femme est déjà rendue.

Priez le consul Lebrun de nous donner souvent des nouvelles comme celle de la Minerve, et surtout de se bien porter.

Je ne vois pas d’inconvénient à ce que lord Elgin aille à Barrèges.

 

Ostende, 11 juillet 1803

Au citoyen Régnier, Grand-Juge, ministre de la justice

J’approuve les mesure que vous avez prise pour les communications de Jourdan avec Londres , sauf à revenir si l’on s’aperçoit qu’il nous trompe.

J’ai reçu des plaintes de Cayeux. Faites-vous rendre compte de l’esprit de cette commune et du maire. Il ne peut y avoir d’espionnage ni de communication avec l’ennemi dans une si petite commune sans que le maire en soit instruit.

Faites ce qui est convenable pour Coxburn. Éloignez le plus d’Anglais possible de Paris. Je suis assez content de la Belgique, que je viens de parcourir. Je pars dans une demi-heure pour suivre la côte jusqu’à l’embouchure de l’Escaut.

Je serai ce soir à Bruges.

 

Ostende, 11 juillet 1803

Au citoyen Gaudin, ministre des finances

J’ai reçu la lettre par laquelle vous m’annoncez le petit échec qu’a reçu la loterie. Il n’y a pas beaucoup de mal si cela ne coûte que 5 ou 600,000 francs. Si vous n’en avez pas d’autres en thermidor et fructidor, vous n’aurez point trop à vous plaindre.

Je suis content de ces départements de la Belgique, et il me semble qu’ils font de grands pas pour se franciser.

Je vois avec plaisir que vous poussez nos rachats de rente. Il faut s’occuper un peu d’accélérer à Paris la coupe des bois nationaux. Il m’a paru des endroits où la vente éprouve des difficultés. Cependant, il me semble que vous m’avez répété souvent qu’on doit tout vendre, hors les biens réservés par l’arrêté qui a été pris il y a dix ans.

Je pense que le directeur de l’enregistrement, qu’avant de partir j’ai désiré que vous envoyassiez dans les quatre départements pour dépouiller tout ce qui est relatif aux biens des princes, est parti.

 

Ostende, 11 juillet 1803

ARRÊTÉ

ARTICLE 1er. – Les ingénieurs des travaux maritimes feront les travaux nécessaires pour établir, à la tête de la jetée de l’est, à rentrée d’Ostende, une plate-forme capable de contenir cinq pièces de 36, et trois de 36 à la tête de la jetée de l’ouest.
ART. 2. – Ils rétabliront le chemin de halage de la jetée de l’est.
ART. 3. – Le ministre des finances ordonnera sur-le-champ une coupe de cinq cents pieds d’arbres dans les forêts le plus à portée d’Ostende.
ART. 4. – Toutes ces dispositions seront prises de manière que la batterie soit armée et prête à faire feu au 1er vendémiaire.
ART. 5. – Il sera établi six mortiers à la Gomer sur la digue servant de chemin couvert. Au lieu de la batterie actuelle, la batterie du phare sera armée de quatre pièces de 36.
ART. 6. – Il sera établi trois batteries, chacune de trois pièces de 24, sous les trois petites places d’armes rentrantes qui se trouvent derrière la digue servant de chemin couvert. Elles seront dirigées de manière à défendre l’issue du port. Chacune de ces batteries aura un gril à boulets rouges.
ART. 7. – Les ministres de la marine, de la guerre, et des finances, sont chargés de l’exécution du présent arrêté.

 

Bruges, 11 juillet 1803

Au consul Cambacérès

J’arrive à Bruges, Citoyen Consul. Je réponds à votre lettre du 20 (9 juillet) Nous avons besoin de mâts et de chanvres. Ce ne sont point des phrases qui nous en donneront. Si l’on propose des équivalents aux propositions du ministre de la marine, à la bonne heure; sans cela j’adopterai ces dernières. J’attends donc avec grande impatience les projets d’arrêtés du Conseil d’État.

 

Bruges, 11 juillet 1803

Au général Mortier

Citoyen Lieutenant Général Mortier, commandant les troupes française en Hanovre, j’approuve la convention que vous avez faite puisqu’elle remplit politiquement le même objet et quelle épargne le sang d’un grand nombre de braves. Je vous recommande d’être inflexible sur son exécution ; de ne pas souffrir, en aucune manière, l’introduction de malles, courriers, marchandises anglaises dans le pays que vous occupez, ni dans l’Elbe et le Weser. Les gazettes anglaises se flattent, je ne sais pourquoi, que les malles passent par Hambourg en traversant l’Elbe. Veillez rigoureusement, et vous-même, à l’exécution de cette mesure, car vous avez porté un coup funeste à l’Angleterre ; beaucoup de maisons ont fait faillite. Ces nouvelles ont ranimé leurs espérances. Pour un objet aussi important, vous ne devez vous fier qu’à vous-même.

Faites-nous passer des chevaux en France, surtout pour la grosse cavalerie. S’il y en avait deux ou trois cents pour la garde, envoyez nous-les à Paris. Ayez soin de désarmer le pays, et renfermez toutes les armes dans les places fortes, jusqu’à ce que vous puissiez les faire passer en France.

Je partirai demain matin pour Flessingue. Je serai sous peu de jours à Bruxelles. Je suis fort content de l’esprit des départements que j’ai traversés, et il me parait que les Belges se francisent beaucoup.

 

Bruges, 13 juillet 1803

Au consul Cambacérès

J’ai été hier à Flessingue, Citoyen Consul. J’ai visité l’île de Cadzand et l’île de Walcheren. Le temps était très-beau à l’aller et au retour. J’ai fait la traversée en une heure. Je suis rentré dans Bruges1 à deux heures du matin.

J’ai reçu vos lettres des 21 et 22. Je ne vois pas d’inconvénient à garder quelques charpentiers pour les constructions de bateau d’approvisionnement de Paris. J’ai dit au ministre de l’intérieur de faire appeler pour ce service des charpentiers des villes.

Je compte me rendre demain à Gand.

 

Bruges, 13 juillet 1803

Citoyen Régnier, Grand-Juge, ministre de la justice

Puisque le rédacteur du journal officiel a promis d’être plus circonspect, il ne faut pas faire d’éclat. Ce n’est pas le moment de sévir contre ces individus.

Tâchez donc de prendre des mesures pour faire arrêter ce misérable Hyde.

 

Bruges, 13 juillet 1803

Au général Berthier, ministre de la guerre

J’ai reçu, Citoyen Ministre, votre lettre du 22. Il ne me reste qu’à approuver la conduite du général Mortier.

Il faudrait faire tenir dans les villes à portée des côtes un nombre de fusils non de calibre, ou de calibre étranger, que l’on distribuerait aux gardes nationales, pour se défendre des ainsi que quelques chaloupes.

Activez la formation des compagnies de garde-côtes.

L’état de l’artillerie de l’île d’Elbe, que je vous renvoie, me parait satisfaisant; il y a peu de places aussi bien armées.

Je ne conçois pas d’où peut provenir la plainte du général Laroche. Il a les 39e et 49e de ligne, la 28e légère et un régiment de dragons; c’est plus qu’il n’en faut pour garder sa division.

Relativement à l’affaire du colonel Lassalle, il faut avoir le rapport du général. Si tout cela est vrai, il faut que cet officier soit devenu fou.

 

Bruges, 13 juillet 1803

ARRÊTÉ

ARTICLE 1er. – 8,000 courbes et 20,000 pieds d’arbres propres au service de la marine seront coupés dans les bois nationaux de la 25e conservation forestière.
ART. 2. Les agents de la marine procéderont au martelage sur-le-champ. Lesdits bois seront coupés du moment que la saison sera favorable, et transportés sur-le-champ dans les ports de Boulogne et de Dunkerque.
ART. 3. – Les bois seront pris dans la limite au plus de six lieues de distance des rivières et canaux navigables.
ART. 4. – Les ministres de la marine et des finances sont chargés de l’exécution du présent arrêté.

 

Bruges, 14 juillet 1803

Au général Berthier, ministre de la guerre

Je reçois, Citoyen Ministre, vos lettres du 23 (12 juillet); ce que dit le directeur de l’artillerie ne justifie pas ce que j’ai vu; les batteries de Saint-Quentin n’étaient pas du tout armées lorsque je suis passé à Saint- Valery.

La réserve qui est à Deventer ne dépend plus du général Dessolle; il doit simplement faire venir à Osnabrück les détachements des 45e, 54e et 84e.

Changez l’uniforme piémontais. On peut donner la couleur qu’on voudra, pourvu qu’elle ne soit ni bleue, ni rouge.

Je ne vois pas d’inconvénient à ce que les terres de la famille Bernstorff soient ménagées en Hanovre.

Recommandez au général Menou d’activer le plus possible le recrutement de cette légion.

Envoyez des fonds pour continuer les travaux de l’île d’Yeu avec la plus grande activité. Faites-y passer un lieutenant et 20 hommes du 41e de chasseurs. Envoyez-y également 60,000 cartouches.

Le plan proposé par les ingénieurs pour la réparation du musoir aurait coûté 300,000 francs. Ce que j’ai imaginé ne coûtera ni ne nécessitera aucun agrandissement.

Donnez ordre que les six batteries que j’ai ordonnées, de Boulogne à Calais, soient promptement faites.

 

Gand, 15 juillet 1803

Au consul Cambacérès

Je reçois votre lettre du 24, Citoyen Consul. Je suis arrivé à Gand à six heures du soir. Je resterai ici trois jours; je compte rester autant à Anvers; après quoi je partirai pour Bruxelles. La ville a fait hier une illumination qui m’a paru très-bien.

Vous trouverez ci-joint la réponse à la lettre de l’amiral Truguet. Il me paraît convenable qu’il parte pour Brest. Il ne suffit pas d’avoir des vaisseaux; il faut que celui qui les commande les fasse manœuvrer, mette son pavillon sur un vaisseau de guerre, fasse rester tout le monde à bord, y reste lui-même pour donner l’exemple, appareiller tous les jours, et empêche la désertion de l’équipage par sa surveillance immédiate.

 

Gand, 15 juillet 1803

Au citoyen Gaudin, ministre des finances

Je reçois votre lettre du 24 messidor (13 juillet), Citoyen Ministre. Je partage votre opinion relativement à l’inconvénient d’accroître les imposition directes. Il est fort essentiel de prendre tous les moyens pour faire accélérer tous les comptes.

Les impositions directes du département de la Lys me paraissent plus considérables que celles du Nord et de l’Escaut.

 

Gand, 15 juillet,1803

Au général Berthier, ministre de la guerre.

J’ai reçu les nouveaux détails que vous m’avez envoyés sur la Minerve. Il n’y a pas de doute que les forts n’aient contribué beaucoup à la prise de cette frégate, mais il faut en laisser la gloire  à la marine; la prise d’une frégate ne peut pas ajouter à la gloire de l’armée de terre. Faites-moi connaître les canonniers qui ont le mieux tiré et les officiers qui commandaient les batteries.

Au lieu de Gand, le camp aura lieu à Bruges; il sera beaucoup plus à la portée d’Ostende, de Nieuport et de l’embouchure de l’Escaut. J’imagine que vous ne perdez pas un moment, tant pour l’organisation de l’artillerie que pour la confection et la préparation des vivres. Nous touchons à thermidor, c’est-à-dire que nous n’avons plus que deux mois.

On ne peut pas tenir à Boulogne moins de deux compagnies d’artillerie de ligne, une à Ostende, une à Dunkerque, une à Calais, indépendamment des garde-côtes. Je n’ai point vu de vétérans sur cette côte.

J’avais ordonné la formation d’une compagnie de vétérans à l’hôtel des Invalides; faites-moi connaître si elle est formée.

 

Gand, 15 juillet 1803

ARRÊTÉ

ARTICLE 1er. – Le cœur de Latour-d’Auvergne, premier grenadier de la République, mort à la bataille de Neubourg, le 9 messidor an VIII, continuera à être porté ostensiblement par le fourrier de la compagnie de grenadiers de la 4e demi-brigade, dans laquelle il servait.
ART. Le nom de Latour-d’Auvergne sera maintenu dans les contrôles et dans les revues; il sera nommé dans tous les appels, et le caporal de l’escouade dont il faisait partie répondra par ces mots “Mort au champ d’honneur!
ART. 3. – Le ministre de la guerre est chargé de l’exécution du présent arrêté.

 

Gand, 15 juillet 1803

Au vice-amiral Truguet, conseiller d’État

Le ministre de la marine a dû répondre à votre première lettre, qui renfermait des vues sur l’emploi de la flotte de Brest; mais elle ne peut être en état d’agir que dans quatre ou cinq mois. Elle pourra alors être portée à 18 ou 20 vaisseaux, indépendamment de l’escadre de Rochefort. D’ici à ce temps, il deviendra nécessaire de porter tous vos soins à bien discipliner et organiser l’escadre, je n’ai pu vous donner une plus grande preuve de la confiance que j’ai en vous qu’en vous donnant le commandement de la plus belle escadre qu’a la marine française.

 

Gand, 15 juillet 1803

Au citoyen Portalis, conseiller d’État, chargé de toutes les affaires concernant les cultes

J’ai reçu les différentes lettres que vous m’avez écrites. Le cérémonial que vous avez envoyé aux évêques est tout à fait impraticable par rapport à nos mœurs actuelles; il faudra en substituer un plus simple.

 

 

Gand, 16 juillet 1803

ARRÊTÉ

ARTICLE ler. – Le citoyen Jacques-Auguste Chassériau, âgé de huit ans, fils du capitaine de frégate de ce nom, qui a péri, le 2 thermidor an IX, en défendant la corvette la Chevrette, est admis au Prytanée.
ART. 2. – Le ministre de l’intérieur est chargé de l’exécution du présent arrêté.

 

Gand, 17 juillet 1803

Au consul Cambacérès

J’ai reçu, Citoyen Consul, vos lettres du 25 et du 26 (14-15 juillet).

J’ai été hier à une très-belle fête que m’a donnée le commerce au milieu de la grande place de Gand.

J’ai été aujourd’hui, en grande pompe, entendre la messe à la cathédrale de Gand.

Je partirai demain matin pour Anvers.

J’ai approuvé l’arrêté du Conseil d’État du 9 messidor.

 

Gand, 17 juillet 1803

Au citoyen Régnier, Grand-Juge, ministre de la justice

Les régiments Watteville et Dillon, suisses, viennent d’être licenciés à Gibraltar et traversent l’Espagne par pelotons de 30 à 40 hommes. Donnez ordre de les arrêter à nos frontières pour connaître quels sont ces hommes, et de veiller à ce qu’il ne s’en glisse aucun dans la Vendée.

 

Gand, 17 juillet 1803

AUX CITOYENS PRÉSIDENT ET MEMBRES DU GRAND CONSEIL DU CANTON DE THURGOVIE

Citoyens Président et Membres du grand conseil du canton de Thurgovie, je suis extrêmement sensible aux témoignages de confiance et de reconnaissance que vous m’exprimez dans votre lettre du 13 juin. Je n’ai voulu que votre bien. J’ai vu que la discorde seule et de malheureuses suggestions vous empêchaient d’être heureux et libres. Je suis charmé que ma médiation ait fait disparaître les obstacles qui s’opposaient à l’accomplissement de vos vœux.

La constitution de votre pays vous a rendu des droits que vous méritez d’exercer, puisque vous êtes libres et citoyens, et que vous avez dans le cœur les sentiments qui conviennent à des citoyens libres.

Soyez unis, chérissez vos lois, confiez-vous à la France, et soyez assurés de l’intérêt que je ne cesserai de prendre à votre bonheur.

 

Gand, 17 juillet 1803

Au général Berthier, ministre de la guerre

J’ai reçu, Citoyen Ministre, votre lettre du 26 (15 juillet). Je vous renvoie les lettres qui y étaient jointes.

Je ne sais pas de quoi veut parler le général Saint-Cyr. Il n’y a eu, depuis son départ, aucun changement fait à ses rapports avec le ministre de la République à Naples et avec le général Murat. Je trouve très déplacé que le général Murat ait envoyé un agent à l’armée du général Saint-Cyr, pendant qu’il y était. Il ne doit pas oublier les grands services qu’a rendus le général Saint-Cyr, ainsi que la latitude que le Gouvernement a donnée à sa mission. Écrire dans ce sens au général Saint-Cyr.

Écrivez au général Cervoni qu’il doit faire passer à l’île d’Elbe les détachements des dépôts de Villefranche et de Marseille, en les débarquant sur des felouques et autres bâtiments légers, et les faire diriger ainsi, de batterie en batterie, jusqu’à Piombino, d’où leur arrivée à l’île d’Elbe est infaillible.

Il doit faire la même chose pour la Corse quand les circonstances le demanderont. Il a l’île de Ratonneau où il peut mettre des des détachements en partance, sans qu’il puisse en déserter.

J’ai lu les lettres du général Rusca du 4 messidor. Je suis fâché de ne pas avoir l’état de sa garnison. Écrivez-lui de vous l’envoyer fréquemment. Demandez-lui si le chef de la 20e demi-brigade ligne est arrivé.

Envoyez de France deux chefs de bataillon pour commander les deux bataillons francs du pays.

Enfin écrivez aux directeurs de l’artillerie et du génie que vous désirez avoir au moins tous les mois l’état des travaux faits pour mettre Porto-Ferrajo et Porto-Longone dans un bon état de défense. Faites-moi connaître les travaux projetés sur les hauteurs de Porto-Ferrajo pour tenir l’ennemi éloigné de la ville. Faites-moi connaître également ce qu’est devenu le général Campredon et les mesures qui ont été prises pour suppléer à son absence.

Écrivez au ministre de la République à Gênes qu’à mesure qu’il aura 100 hommes du bataillon des déserteurs allemands, il les fasse embarquer pour Porto-Ferrajo.

Demandez au ministre Dejean s’il a envoyé la quantité de farine et de blé qui a été demandée.

Faites payer à Gênes les affûts qui ont été fournis, à condition qu’on rétablira ceux qui ont été ôtés des remparts ; car il ne faut point trop appauvrir cette république.

Aux îles Marcouf, cent coups à tirer par pièce ne sont pas suffisants. Ordonnez que l’approvisionnement soit fait à raison de cents coups par pièce et cent cartouches par homme.

La même observation s’applique à l’île d’Yeu.

Je n’ai pas besoin de vous recommander de prendre des mesures efficaces pour que l’artillerie que j’ai demandée pour compléter l’armement de Boulogne et d’Ostende y arrive dans le plus délai. Il est possible que, dans le courant de thermidor ou de fructidor, les Anglais bombardent ces deux places.

Il paraît que les garde-côtes s’organisent bien lentement. Rendez-moi un compte particulier de la manière dont marche cette organisation.

Donnez ordre aux 200 hommes du dépôt de Nantes, qui sont prêts, de se rendre à Belle-île. Donnez ordre aux 170 qui sont prêts au Havre de se rendre aux îles Marcouf.

Ordonnez également qu’on forme à Bergues un bataillon des hommes provenant du dépôt de Dunkerque. Donnez-en le commandement à un chef de bataillon ferme et vigoureux, avec des pouvoirs un peu étendus pour qu’il ait les moyens de les contenir.

Si le 26e régiment de chasseurs n’est pas parti, contremandez l’ordre de son départ pour le Hanovre.

J’imagine que la levée de chevaux s’y fait avec la plus grande activité pour l’artillerie.

Le pain blanc sera donné aux troupes campées, comme aux autres. Beaucoup de corps qui doivent recevoir des conscrits de la réserve  n’en ont pas encore reçu l’avis. Prévenez-en surtout les généraux Mortier, Murat et Saint-Cyr, afin qu’ils fassent des dispositions pour 1’habillement de leurs conscrits.

Donnez ordre au général Mortier de laisser recruter les Hollandais, les Espagnols et les Prussiens dans l’armée hanovrienne, et de lever, s’il le croit possible, une légion composée d’autant de bataillons qu’il pourra en former; chaque bataillon composé de cinq compagnies, et chaque compagnie de cent cinquante hommes.