Correspondance de Napoléon – Juillet 1800

Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Lucien Bonaparte, ministre de l’intérieur

Vous trouverez ci-joint, Citoyen Ministre, l’état des conscrits de l’an VIll que devait fournir chaque département, de ce qu’ils ont fourni et de ce qu’ils doivent encore fournir.

Le Corps législatif a mis à la disposition da Gouvernement tout la conscription de cette année. Le Gouvernement, par un règlement du Conseil d’État, n’a requis que 30,000 bommes, et cependant par le peu de zèle des préfets, le tiers seulement est fourni.

Vous devez bien distinguer que ces 30,000 hommes ne sont que pour les conscrits de l’an VIII, et que les préfets ne doivent pas prendre en compte les conscrits et réquisitionnaires qui ne sont pas de l’an VIII et qu’ils auraient fait rejoindre. Écrivez-leur une lettre chacun; établissez leur compte conformément à l’état ci-joint et ordonnez-leur de prendre des mesures efficaces pour que le complément que vous leur désignerez ait rejoint, avant le 15 thermidor, Dijon, où s’organise la seconde armée de réserve sous les ordres du général Brune. Laissez entrevoir dans cette circulaire qu’il serait p0ssible que le Premier Consul les passât en revue. Faites-leur connaître combien la gloire de nos armes, la prospérité de la République et une prompte paix dépendent de l’activité qu’ils mettront dans cette circonstance. Dites-leur aussi de faire rejoindre les conscrits et réquisitionnaires des années antérieures à l’an VIII, en leur spécifiant que ceux-ci doivent rejoindre aux dépôts des armées indiqués par le ministre de la guerre.

 

Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Lucien Bonaparte

Le ministre de l’intérieur fera connaître aux membres qui lui ont adressée cette lettre:

1° Qu’il n’y a point d’Académie français;
2° Qu’ils doivent savoir quelle a été abrogée par une loi de la République;
3° Que l’Institut réunit à la fois les anciennes académies des sciences, française et des belles-lettres;
4° Que je ne vois cependant pas d’inconvénient à ce que des moyens se réunissent pour former une société littéraire, toutes les fois qu’elle ne portera pas un nom qui tendrait à réveiller des institutions abolies, que son règlement n’aurait rien de contraire aux lois de la République, et qu’elle serait à l’instar du Lycée des arts ou de tout autre établissement de cette nature.
5° Quant à la proposition qui m’est faite d’être membre de cette association, vous leur ferez sentir que j’ai des choses plus importantes à faire;
6° Et si cette association continue à prendre le titre ridicule d’Académie française et à suivre ses anciens statuts, l’intention du Gouvernement est qu’elle soit sur-le-champ supprimée.

 

Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Gaudin, ministre des finances

Vous voudrez bien, Citoyen Ministre, me présenter un projet d’arrêté:

l° Pour qu’il ne soit reçu dans les caisses des receveurs des départements de l’ouest que de l’argent comptant, tout ainsi que les fer mages des biens nationaux;
2° Pour que les bons des réquisitions faites par l’armée républicaine pour la subsistance ne soient reçus comme comptant que pour l’arriéré;
3° Que, sous quelque prétexte que ce soit, on ne reçoive en paye- ment des bons donnés par les rebelles et qui auraient servi à leur subsistance.

 

Paris, 1 5 juillet 1800

Au citoyen Fouché, ministre de la police générale

Le projet d’arrêté, Citoyen Ministre, que vous avez présente au Conseil d’État, sur les émigrés, me parait absolument insuffisant. Vous voudrez bien me présenter demain un projet d’arrêté portant les dispositions suivantes:

1°- Tous les individus inscrits sur la liste qui n’ont point réclamé avant le 4 nivôse -an VIII, et tous ceux dont les réclamations n’étaient pas arrivées et enregistrées à la police au 25 messidor an VIII, sont définitivement maintenus;
2° Le dépouillement en sera fait par ordre alphabétique et remis aux Consuls le 1er thermidor:
3° Dans les arrêtés que les commissaires prendront pour des radiations, il sera d’abord constaté que les individus avaient réclamé avant le 4 nivôse an VIII, et que leurs pièces étaient enregistrées à la police avant le 25 messidor an VIII; et, à défaut de cette formalité, la commission ne pourra pas, sous quelque prétexte que ce soit, procéder à réexamen des pièces.

 

 Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Fouché

Vous voudrez bien, Citoyen Ministre, faire arracher tous les placards d’un soi-disant prospectus d’un collège de Navarre. Vous ferez traduire à la police correctionnelle les rédacteurs de ce prospectus, surtout celui des exemplaires où se trouve une gravure avec exergue latin.

 

 Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Lucien Bonaparte, ministre de l’intérieur

Je vous prie, Citoyen Ministre, de me faire connaître:

1° ce que c’est que ce collège de Navarre; 2° à qui appartient la maison où tenait autrefois ce collège. Si elle est à la République, l’intention Gouvernement est qu’il n’en soit pas disposé sans ordre.

 

Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

L’ordonnateur de la marine à Toulon me mande, Citoyen Ministre que les douze bâtiments qui ont été demandés pour 1’Égypte, sont
prêts à partir, et il me témoigne sa surprise de ce qu’il n’a pas encore reçu les boulets, les fusils et les dépêches. Je vous prie de faire partir les dépêches demain par un courrier extraordinaire. Vous sentez combien il est important que le général Kléber soit promptement instruit de la situation de l’Europe et des intentions du Gouvernement.

 

 Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Carnot

Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner l’ordre au 19e régiment le dragons de compléter un second escadron à 150 hommes et de l’envoyer à Dijon;

Au 1e1 régiment de cavalerie, de compléter un second escadron à 120 hommes et de l’envoyer à Dijon rejoindre le premier;

Au dépôt du 7e de dragons, de compléter un escadron de 120 hommes et de le faire partir pour Milan rejoindre le régiment.

Le 11e régiment de cavalerie, qui est à Lille, a spécialement besoin le chevaux; il faudrait lui en procurer.

Donnez l’ordre aux différents détachements de la 80e demi-brigade, qui se trouvent dans diverses places de l’armée du Rhin, de se rendre à Dijon pour faire partie de l’armée de réserve.

Le bataillon de Basques, qui est à Bordeaux, demande à ne pas être incorporé. Les députés de ce pays prétendent que, si ce bataillon part sans être incorporé, il arrivera fort de 600 hommes. Donnez ordre qu’il se rende à Dijon, et écrivez au commandant de ce corps que l’intention du Gouvernement est qu’il combatte sous ses drapeaux, afin de distinguer les braves habitants des Pyrénées et de faire connaître au peuple les services qu’ils rendront à la République.

Donnez l’ordre au commandant de la 10e division militaire de faire partir pour Paris, vingt-quatre heures après la réception de votre lettre, le bataillon de la 5e de ligne.

 

  Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Carnot

Le général Brune me mande, Citoyen Ministre, qu’il y a depuis plusieurs jours 100,000 francs à votre disposition à Dijon, pour habillement et les attelages de l’armée de réserve, et que personne ne se présente chez le payeur pour les prendre; qu’il n’arrive à Dijon ni habits ni attelages.

Je donne à la trésorerie l’ordre de faire partir demain deux autre 100,000 francs pour Dijon à votre disposition, et les autres 100,000 francs le ler thermidor; cela complétera les 700,000 franc qui ont été remis, an dernier conseil, à votre disposition pour l’armée de réserve.

L’avant-garde de cette armée est en marche pour la Suisse; mais une avant-garde sans artillerie n’est absolument rien, et, s’il n’arrive pas promptement un grand nombre d’habits, cette avant-garde ne pourra pas être suivie de sitôt de la 1ère division; et cependant il est urgent, pour les opérations de la campagne, que nous soyons forts en Suisse.

Je vous prie de me faire connaître quand les trois demi-brigades qui sont à Paris seront habillées au complet.

 

Paris, 15 juillet 1 800

Au citoyen Carnot

Le Général Bernadotte me mande, Citoyen Ministre, que l’armée de l’ouest est toute nue. Toutes les fournitures d’habits que l’on fait faire ne réussissent pas. Moyennant les draps que vous allez faire délivrer à l’armée d’Italie, elle va se trouver habillée par le moyen des masses. Prenez des mesures pour faire délivrer à l’armée de l’ouest, en établissant un compte corps par corps, des draps pour confectionner 9,000 habits dans le courant de thermidor et 9,000 dans le courant de fructidor. Les corps ont leur dépôt avec eux, ils seront chargés de la confection de leurs babits.

Prenez la même mesure pour les quatorze demi-brigades qui rentrent de l’armée d’Italie dans l’intérieur. Par ce moyen une partie des armées de la République serait habillée d’une manière régulière.

 

Paris, 15 juillet 1800

Au général Bernadotte, commandant l’armée de l’ouest

Je reçois, Citoyen Général, vos lettres des 20 et 21 messidor Nous allons prendre des mesures pour habiller votre armée et des mesures de finances pour faire rentrer de l’argent dans les caisses des départements.

J’ai appris avec beaucoup de plaisir ce que vous me dites de l’approvisionnement de Belle-Île et autres îles que les Anglais pourraient vouloir attaquer.

Défaites-nous donc de ce misérable Georges.

Je vous salue et vous aime

 

Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Savary, aide de camp du Premier Consul

Vous partirez, Citoyen, demain pour Milan. Vous prendrez chez le citoyen Dufresne, directeur du trésor public, un million, partie en or, partie en lettres de change. Vous verserez cet argent dans la caisse du payeur de l’armée à Milan.

Vous me rapporterez l’état de situation de l’armée et l’organisation qu’elle a a reçue, ainsi que celui du nombre de pièces attelées. Vous causerez, à cet effet, avec le chef de l’État-major et le commandant le l’artillerie.

Vous visiterez la citadelle de Milan, et, à votre retour, les citadelles d’Alexandrie, Tortone, Turin; vous prendrez note des approvisionnements qui se trouvent dans ces places, de l’organisation de l’artillerie de l’État-major, et enfin de tout ce qui peut m’éclairer sur la véritable situation de l’Italie.

Vous aurez soin, à Milan et à Pavie, de voir s’il y a encore beaucoup d’artillerie à évacuer sur les derrières, et si les mines sont prêtes pour faire saurer le château de Milan.

 

 

 

Paris, 16 juillet 1800

Au citoyen Lucien Bonaparte, ministre de l’intérieur

Je vous prie, Citoyen Ministre, de choisir les six meilleurs peintres pour faire peindre les batailles suivantes: Rivoli, Marengo, Moeskirch, des Pyramides, Aboukir, du Mont Thabor.

Le général Berthier et le citoyen Denon pourront donner les notions nécessaires aux peintres que vous aurez désignés.

 

Paris, 16 juillet 1800

Au citoyen Dufresne, directeur du trésor public

Nous avons perdu, Citoyen, 8 à 10 pour cent sur toutes les lettres de change que nous avons eues à l’armée de réserve.

A l’armée, on a besoin de l’argent à mesure qu’il arrive, ce qui oblige, pour l’escompte, à faire des opérations ruineuses.

Bien loin que l’on ait reçu à l’armée d’Italie 171, 000 francs de plus qu’il n’était annoncé, le payeur de cette armée m’écrit qu’il lui manque 2,400,000 francs.

L’armée de réserve n’a pas reçu les 139,114 francs dont vous me parlez.

J’envoie copie de votre lettre au général Masséna et au général Brune. Dès que j’aurai leur réponse sur l’emploi de ces fonds, on les comprendra dans une distribution décadaire, car les armées ne doivent recevoir de fonds que de cette manière.

 

Paris, 16 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand, ministre des Relations extérieures

Vous trouverez ci-joint, Citoyen Ministre, deux lettres du général Massena, que vous me renverrez.

Vous écrirez général Dupont combien il est indispensable qu’il fournisse 1,500,000 francs par mois pour la subsistance de l’armée. Il est nécessaire que les 1,500,000 francs pour messidor soient soldes avant la fin de la première décade de thermidor.

Vous ferez sentir au Citoyen Petret que j’espérais que les 2 millions pour le mois de messidor, que cependant j’apprends qu’ils n’ont point encore été verses, qu’ainsi il n’a pu rien être paye pour la solde. Vous lui ferez sentir qu’il prenne des mesures pour que ces deux millions rentrent exactement. Car enfin le plus essentiel est de nourrir l’armée tant pour l’Italie que pour la France.

Lettres à Talleyrand

 

Paris, 18 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

Vous voudrez bien, Citoyen Ministre, nommer le général d’artillerie Dulauloy. commandant la ville et la forteresse de Tortone. I1 pourra emmener avec lui un officier du génie, un officier d’artillerie et un commissaire des guerres de confiance. I1 ne pourra être, ainsi que es trois officiers, changé que par mon ordre.

Vous luis ferez sentir l’importance de cette place, et vous lui ferez connaître que cette mission extraordinaire montre la confiance que le Gouvernement a en lui.

 

Paris, 18 juin 1800

AU SÉNAT CONSERVATEUR

Sénateurs, depuis deux ans, la garnison de Malte résiste aux plus grandes privations. En prêtant serment an pacte social, les soldats de la garnison de Malte ont juré de tenir jusqu’à la dernière once de pain, et de s’ensevelir sous les ruines de cette inexpugnable forteresse. Le Premier Consul croit ne pouvoir donner comme plus grande preuve de la satisfaction du peuple français et de l’intérêt qu’il prend aux braves de la garnison de Malte, qu’en vous proposant le général Vaubois, qui la commande, pour une place au Sénat conservateur.

En conséquence, et conformément aux articles ler, 15 et 16 de l’acte constitutionnel, le Premier Consul présente le général Vaubois comme candidat pour remplir une place an Sénat conservateur.

 

Paris, 18 juillet 1800

Au citoyen Abrial, ministre de la justice

Les Consuls ont reçu, Citoyen Ministre, le dernier travail de la commission des émigrés; ils n’en ont pas été satisfaits.

Le bureau particulier que vous aviez chargé de préparer le travail de la commission a donné l’exemple de la partialité. La commission propose à la radiation des émigrés qui naguère portaient encore les armes contre la République. Le Gouvernement est obligé de faire recommencer le travail.

Renvoyez le citoyen Lepage; il a abusé de votre confiance. Présentez, dans le courant de la décade prochaine, au Gouvernement un nouveau projet pour la formation des bureaux de la commission. N’y comprenez point ceux qui composaient le premier bureau:  ils n’ont pas la confiance publique.

Composez votre bureau d’hommes justes, intègres et forts. Qu’ils soient bien convaincus que l’intention du Gouvernement n’est pas de fermer la porte aux réclamations des individus victimes de l’incohérence des lois sur l’émigration, mais qu’il sera inexorable pour ceux qui ont été les ennemis de la patrie.

Il vous appartient de surveiller l’exécution des lois; ne présentez à la signature du Premier Consul aucun acte qu’elles réprouvent.

 

Paris, 18 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire connaître aux 6e et 24e demi-brigades légères, aux 22e, 28e, 40e, 43e et 96e de ligne, que le Gouvernement leur accorde à chacune quinze fusils d’honneur, pour la bonne conduite qu’elles out tenue à Marengo;

A la 9e légère, 44e et 59e de ligne, dix

Aux bataillon de la 10le et à la 30e, cinq.

Les chefs de corps enverrons les noms des individus qui se sont le plus distingués.

Il sera accordé vingt carabines d’honneur pour les différents escadrons de cavalerie qui ont donné à la bataille de Marengo. Les généraux de cavalerie et les chefs de corps se réuniront pour désigner les individus qui se sont le plus distingués.

 

 Paris, 18 juillet 1800

Au citoyen Carnot

Le Gouvernement, Citoyen Ministre, voulant donner une marque de confiance au général Morand, commandant d’armes à Paris, lui confie le commandement de la place et forteresse d’Alexandrie, la plus importante, par sa position et son étendue, de toutes les places fortes que nous avons en Italie. Il mènera avec lui un officier du génie, un officier d’artillerie et un commissaire des guerres de confiance. Ces trois individus ne pourront être déplacés d’Alexandrie que par vos ordres immédiats, ainsi que le général Morand.

Vous chargerez le général Morand de vous rendre un compte particulier des vivres de cette place, qui doit être approvisionné pour six mois

Le général Morand laissera le commandement de Paris à un des adjudants généraux de 1’État-major.

 

Paris, 18 juillet 1800

Au citoyen Carnot

Je vous prie, Citoyen Ministre, d’ordonner au général Mortier de compléter les compagnies de grenadiers des 12e, 45e et 64e demi brigades, et de former une compagnie d’éclaireurs forte de 100 hommes par bataillon, choisie parmi des hommes vigoureux et d’élite et commandée par des officiers distingués.

Vous donnerez le même ordre pour les 6e, 50 et 35e de ligne, et la 26e légère.

Chaque demi-brigade enverra un chef de bataillon, un adjudant major et un adjudant sous-officier pour commander ces compagnies.

Vous donnerez l’ordre pour que ces différentes compagnies soient rendues à Paris pour le 15 thermidor.

Il est nécessaire que vous teniez en réserve une certaine quantité de baïonnettes, fusils, habits, souliers, chapeaux, briquets de grenadier, etc. pour pouvoir compléter l’équipement de ces corps, et qu’au 15 thermidor ils soient en état d’entrer en campagne.

 

 Paris, 18 juillet 1800

Au général Bernadotte, commandant en chef l’armée de l’ouest

Je viens à l’instant même d’être instruit, Citoyen Général, que Georges se trouvait, il y a quelques jours, entre Nantes et Paimboeuf, où il a eu une conférence avec ses principaux officiers. Il les a instruits que les Anglais devaient opérer dans le Morbihan un débarquement de 20,000 hommes, et qu’il comptait sur eux pour faire lever le pays. I1 y a eu grande division encre eux, et on m’assure qu’une partie aurait déclaré qu’ils ne veulent plus se fier aux Anglais.

 

Paris, 18 juillet 1800

Au citoyen Forfait, ministre de la marine et des colonies

Je vous envoie, Citoyen Ministre, des instructions qui me paraissent assez bonnes. 11 sera facile de trouver en Corse une vingtaine de barques coralines. On trouvera également pour leur chargement, de l’huile, du lard et même du blé. L’expédition de ces vingt barques, escortées de deux galiotes, peut avoir un résultat satisfaisant.

 

Paris, 19 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures

Vous trouverez ci-joint, Citoyen Ministre, un article que je fais mettre dans le Moniteur. Vous voudrez bien faire une lettre dans ce sens au ministre des relations extérieures à Pétersbourg, et vous expédierez dans la journée un courrier à Hambourg ou à Copenhague, comme vous le jugerez convenable. Notre chargé d’affaires remettra la lettre en main propre au ministre russe, en tirera un reçu, et l’invitera à la faire passer à Petersbourg par un courrier extraordinaire.

La conclusion de votre lettre sera de demander quelle route Sa Majesté veut que ses troupes suivent.

Vous mettrez dans votre lettre que, si Sa Majesté Impériale le juge à propos, elle exigera des Anglais qu’ils restituent un pareil nombre de prisonniers français; dans le cas contraire, qu’elle voudra bien recevoir ses troupes. Comme une marque toute particulière de l’estime du Premier Consul pour les braves armées russes, et du désir qu’il a et qu’il aura toujours de faire quelque chose qu’il soit agréable Sa Majesté Impériale.

……………………….

Vous me renverrez cette note quand vous aurez fait votre lettre.

 

Paris, 20 juillet 1800

ARRÊTÉ

Les Consuls de la République arrêtent:

ARTICLE ler. -Il sera frappé une médaille pour éterniser l’entrée de l’armée française à Münich et la conquête de toute la Bavière par l’armée du Rhin.
ART. 2. – Le ministre de l’intérieur est chargé de l’exécution présent arrêté.

 

Paris, 20 juillet 1800

ARRÊTÉ

Les Consuls de la République arrêtent:

ARTICLE 1er. – Le sabre de Latour-d’Auvergne, premier grenadier de l’armée, sera suspendu dans le temple de Mars.
ART. 2. -Le ministre de l’intérieur est chargé de l’exécution présent arrêté.

 

Paris, 20 juillet 1800

ARRÊT

Les Consuls de la République, sur le rapport du ministre de la guerre, arrêtent:

ARTICLE ler. – Le ministre de la guerre est autorisé à faire payer sur-le-champ à la citoyenne Beaufranchet, mère du général Desaix, tué sur le champ de bataille à l’affaire de Marengo, le 25 prairial an VIll, la somme de 3,000 francs, à titre d’indemnité.
ART. 2. -I1 est accordé à cette citoyenne, en conformité de l’article 9 de la loi du 14 fructidor an VI, une pension viagère de 3,000 francs, à compter du jour de la mort de son fils.
ART. 3. – Le ministre de la guerre et celui des finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera inséré au Bulletin des lois.

 

Paris, 20 juillet 1800

Au général Augereau, commandant en chef de l’armée française en Batavie

Je reçois, Citoyen Général, par vôtre frère, votre lettre du 27 messidor.

Vous devez avoir reçu du ministre de la guerre un courrier extraordinaire, avec l’ordre de presser votre marche, parce que des négociations de paix vont s’ouvrir et qu’il est trés-intéressant que vous vous trouviez à cette époque en Allemagne, tant pour vivre sur le pays ennemi, y lever des contributions, que pour y obliger les petits princes à des paix séparées.

Je reçois à l’instant, par le télégraphe, la nouvelle que Moreau a conclu un armistice avec l’armée ennemie. Il avait été prévenu de votre mouvement; ainsi je pense que cela ne vous dérangera en rien. Je recevrai demain les conditions de l’armistice, et je vous expédierai sur-le-champ un courrier à Mayence.

 

Paris, 21 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

Je reçois, Citoyen Ministre, vos rapports du 29 messidor sur l’armée du Rhin. Je crois que le général Moreau, qui se trouve sans appui de places fortes, ne peut avoir ses dépôts en Allemagne, et dés 1ors je crois nécessaire de laisser quelques divisions militaire à ses ordres, où il pourra trouver ses dépôts.

Quant à la suspension d’armes, elle est conclue; je crois qu’elle sera utile au général Moreau pour rassembler son armée. Ordonnez lui de tirer toutes les troupes de la Suisse et de concentrer prés de lui toutes les troupes du général Sainte-Suzanne. Le général Augereau prendra ses quartiers sur le Rhin. Par ce moyen, si la cour de Vienne ne se décide pas promptement, nous aurons pris des quartiers de rafraîchissement et nous pousserons la guerre avec plus de vigueur.