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Monuments des Victoires et Conquêtes – Landshut

Panckoucke - Landshut
Panckoucke – Landshut

Passage du pont de Landshut

Landshut - Hersant
Landshut – Hersant

Peint par Hersent

Hersent Louis (1777-1860)

Prise d’assaut du pont et de la ville de Landshut par les grenadiers du 17e régiment de ligne, commandés par le général Mouton, le 21 avril 1809 (RMN)

L’HISTOIRE a consigné ce succès de nos armées, obtenu le 2l avril 1809, entre deux victoires: le lendemain de celle d’Abensherg, la veille d’Eckmül. Landshut est une ville de la Bavière, située sur l’Iser, et le pont qui lui sert de communication avec la route de Freysing était couvert par un corps de cavalerie assez nombreux, placé en avant dans une plaine fertile.

Napoléon laissa dans leurs positions les maréchaux Davoust et Lefebvre, pour tenir en échec les corps de Rosemberg, de Hohenzollern et de Lichtenstein. Il se porta, dès la pointe du jour, sur Landshut, et le duc d’Istrie culbuta les cavaliers ennemis. Le général Mouton fit avancer au pas de charge les grenadiers du dix-septième régiment, qui formait la tête de colonne.

Rien n’arrête l’intrépide infanterie. Chassé de sa position, l’ennemi est attaqué par le maréchal Masséna, qui débouche sur la rive droite confusion se met dans ses rangs; son artillerie, ses équipages obstruent tous les passages; toutes ses ressources tombent en notre pouvoir.

Avec la ville, les vainqueurs prirent trente pièces de canon, six cents caissons attelés, trois équipages de pont, trois mille voitures de bagages. Neuf mille combattans restèrent prisonniers; les hôpitaux, les magasins furent livrés à la discrétion de nos troupes. Plusieurs aides-de-camp, plusieurs corriers du prince Charles, et des convois de malades, arrivèrent dans la ville sans se douter qu’elle fût tombée en notre pouvoir, tant ce succès avait été imprévu, tant la marche de l’armée avait été rapide.

L’artiste a retracé l’instant où le général Mouton (depuis comte de Lobau, aide-de-camp de l’empereur) est descendu de cheval, se mêt à la tête des grenadiers, pour franchir le pont où l’ennemi a mis le feu. Il leur crie : ne tirez pas, marchez. L’attitude du général est bien dans l’action; et tous ces braves grenadiers suivent l’impulsion de leur chef. Déjà un peloton a dépassé le pont et bravé le feu que produit son embrasement. On aperçoit des sapeurs qui brisent la porte de Landshut, sur la rive opposée, où des éclats de bombes et de pierres, ainsi que l’incendie des maisons annoncent les ravages de notre artillerie.

Revenons sur le rivage qu’ont quitté ces intrépides grenadiers : le treizième d’infanterie légère y favorise le passage, en tirant continuellement sur l’ennemi. Voyez ces militaires français : celui-ci charge son fusil, cet autre couche le sien en joue et fait feu, cet autre amorce son arme; un chasseur soutient son jeune officier blessé grièvement, il appelle à son secours un chirurgien, qui accourt pour le soulager. D’autres blessés sont groupés sur le devant du tableau, et attendent leur tour avec résignation.

Il est empoissible de contempler cette scène sans éprouver le plus vif intérêt. Tous les détails sont si vraisemblables, qu’on croit assister à cette attaque et en partager les périls. Cet épisode du jeune officier blessé attache le spectateur, qui parcourt toutes ces actions si bien choisies pour concourir à l’efft de l’action principale. Peut-être désirerait-on un peu plus de chaleur dans le ton, dans l’action des grenadiers, dans la chute des morts et des blessés; mais le sentiment et la vérité qui règnent et dans les figures et dans tous les détails qui sont le plus près de l’oeil, font dusparaître de si légers défauts.

Hersent promettait, à cette époque, de devenir un artiste distingué; il a tenu parole. (L. V.)