Monnier Jacques Paschal (1778-1869)

Saint Martin aux Buneaux

Une famille seigneuriale, puissante sous les capétiens, donna son nom à ce village, placé sous la protection du grand Saint Martin : les BUNEL ou BURNEL ou BUNEAUX possédèrent cette terre. Aussi dit-on en désignant cette terre seigneuriale : St Martin aux Bunel ou aux Buneaux.

Eudes RIGAUD écrivait dans son “pouillé” (état des bénéfices ecclésiastiques d’une province ou d’un royaume): St Martin aux Buneaux. Et les registres de l’Archevêché traduisaient : Sancti Martini ad Bunellis.

Au temps de Philippe Auguste , le seigneur patron de l’église s’appelait encore Luc BURNEL et il présenta un prêtre nommé Luc à l’archevêque de Coutances.

La population de ce bourg a singulièrement grandi en importance depuis quelques siècles. Sous St Louis , elle se composait de 100 familles environ et sous Louis XV on compta 350 feux. En 1820, l’annuaire de la Seine Inférieure dénombrait 1500 âmes. En 1866 il y avait 1433 habitants. Actuellement environ 500 personnes résident dans cette commune dont un certain nombre composé de résidents secondaires. C’est ainsi que Monsieur Pierre BEREGOVOY premier ministre de Monsieur François MITERRAND, possédait une maison dont il faisait sa résidence secondaire pour recevoir sa famille.

La population devait être très importante au temps de FRANCOIS 1er, car ce fut à cette époque que fut construite l’église, l’une des plus vaste de la contrée. Elle se compose de deux larges nefs, d’une étendue presque égale, si bien qu’il est malaisé de distinguer la principale de l’ancienne. Celle ci se reconnaît au tuf roman que l’on remarque au pignon de l’ouest et aux contreforts du XIIIe siècle qui soutiennent le chœur. Dans cette partie de l’église les fenêtres ont été élargies au temps de Louis XVI et le mur date du temps de Louis XIV. Cette grande nef communique avec l’allée du nord, par un rang d’arcades cintrées de la fin du XVIe siècle. Au 13ème siècle on reconstruisit une des larges nefs en y laissant quelques traces du 11ème… Au côté nord, le 16ème siècle a ajouté la seconde nef d’une étendue presque égale. Le vaisseau, tout en grès avait été richement vitré en couleur par le talent des artistes et la générosité des seigneurs et des paroissiens. Le vent et les révolutions ont détruit ces magnifiques verrières, dont il ne reste que quelques fragments pour faire regretter la perte des autres. Nous citerons parmi les morceaux échappés aux tempêtes, un Saint Martin, les Hébreux dans le désert dansant autour du veau d’or, Moïse exaltant le serpent d’airain et le sacrifice d’Abraham. Ce dernier surtout est très mutilé.

Le XVIe siècle amena des compléments non négligeables au patrimoine de la commune, ainsi c’est durant ce siècle que l’on planta la croix de grès du cimetière, également fut renouvelé dans le style de la Renaissance le baptistère de pierre dont le pied orné d’anges sculptés est du plus joli effet. Il faut remarquer dans cette église une Assomption datant du 17ème siècle, et aussi une contre table en bois, riche menuiserie, d’environ 1700. C’est une des plus gigantesque de cette époque qui en fut si prodigue.

Les registres de cette église existent aux archives départementales, section des trésors et fabriques. Ce sont deux gros livres de comptes et de délibérations, dont l’un va de 1685 à 1756, et l’autre de 1758 à 1787, sources précieuses de renseignements sur la vie de la commune à cette époque. Nous avons remarqué entre autres qu’en 1692, période de disette et misère, on répara près de l’autel St Nicolas une vitre qui avait été cassée par des voleurs.

Quant au village de St Martin, il y a le bas avec les Petites Dalles (la mer) et il y a le haut (la terre)(dalles = vallée). Le hameau des Petites Dalles situé ou se trouve actuellement la plage et de charmantes villas pour les résidenciers, se trouve coupé en deux par la rue principale, une partie est sur St Martin aux Buneaux, l’autre sur Sassetôt le Mauconduit. On y a trouvé des débris de vases gaulois et romains et un cimetière franc a été exploré en 1864 par Monsieur l’abbé Cochet, il a été trouvé 15 sépultures avec des vases, des armes et autres objets, notamment un éperon en bronze. On y a construit un hôtel des bains. Le site agréablement situé au débouché d’un vallon toujours vert, planté d’arbres, protégé du fait de son étroitesse des grands vents est fréquenté en saison par des familles paisibles qui recherchent le calme et la simplicité.

Une arche taillée par la nature dans la falaise du rivage, s’ouvre sur la mer et forme une perspective immense. Cette arche fort élevée permettait aux pêcheurs de descendre à la mer par un escalier qui serpente en détours capricieux au travers des rochers. La hauteur des falaises est d’environ 80/90 mètres.

Ce pittoresque sentier était suivant Guilmeth ce que les côtes de la Haute Normandie présentent de plus curieux après les admirables roches d’Etretat.

En 1386, un navire anglais ayant fait naufrage sur la côte, l’équipage composé de 11 hommes demeura prisonnier de Pierre du Val écuyer, et le navire fut probablement adjugé à l’Abbaye de Fécamp, qui la même année fut mise en possession de 36 anglais et de leur navire, naufragés devant Veulettes!…

Une foire qui remontait au 14ème siècle se tenait autrefois le 19 Septembre, et il y avait aussi le marché le Vendredi, l’une et l’autre furent absorbés par la commune de Sassetôt le Mauconduit.