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Lettres de Joubert – 3 juillet 1796

Corona,  le 3 juillet 1796

Vous parlez de la bravoure des Tyroliens et des Impériaux: avec 600 carabiniers, j’ai attaqué, dans des redoutes fermées qui se tenaient les unes aux autres, sur une montagne haute de plus d’une lieue, 400 paysans à cocarde blanche et armés d’arquebuses, et deux bataillons allemands faisant plus de 1200 hommes, en présence de plus de 2000 Allemands rangés en bataille sur une autre montagne, que 700 hommes seulement tenaient en échec, et mes carabiniers ont tout enlevé. J’avais 1300 hommes, l’ennemi 3500, et je lui ai mis toute sa gauche en déroute. Vous devez juger par là du découragement de l’ennemi et de la hardiesse de nos troupes. On dit que mon camarade le général autrichien me traite de téméraire, et dit qu’il m’y prendra, enfin que je la lui payerai; de sorte que je prends garde, et que je lui prépare un autre tour. Cette journée a été si fatiguante pour moi, portant moi-même mes ordres, parce que je ne trouvais personne qui pût aller aussi vite que moi (et je multipliais aussi mes officiers), que mon estomac a considérablement souffert. Je ne digère que difficilement.

La paix amènera le crédit en France. Nous en avons besoin. Quant à nous, grâce à l’argent des Italiens, nous ne sommes pas mal.