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Lettres de Joubert – 18 avril 1796

Du bivouac au-dessous de Céva, le 18 avril 1796

… Rien de plus terrible que l’assaut où j’ai été blessé en passant par un créneau: mes carabiniers me soutenaient en l’air; d’une main j’embrassais le mur, je parais les pierres avec mon sabre, et tout mon corps était le point de mire de deux retranchements dominant à dix pas; J’ai paré deux pierres et n’ai reçu qu’un coup de feu dans mon habit, et j’ai été abattu au moment où je pénétrais. Ma colonne, étonnée de ce nouveau genre d’attaque était ébranlée. Il avait fallu me sacrifier, et je me suis ressouvenu d’avoir été grenadier. Un officier m’a aidé à me relever. Toute ma colonne me croyant tué, avait reculé de trente pas. Cet assaut n’a pas réussi; nous y avons eu un général et un adjudant général tué; mais l’ennemi, intimidé du premier coup de main, s’est rendu. Je m’étends sur cette affaire, parce qu’il n’y a rien de plus terrible. Pannetier était auprès de moi. J’ai été consolé de ma blessure en entendant mes chasseurs crier: Vive notre général!

Le siège de Céva va nous laisser quelque repos.

Pannetier a eu son habit percé en portant mes ordres. Ma blessure me gêne un peu, mais n’empêche pas le service le plus actif. Il faut enfin en finir, et je vous promets que nous allons en enragés.