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Hohenlinden – Résultats

Mes Amis, s’écria Moreau, dans l’effusion modérée de sa joie, vous avez conquis la paix ! Oui, c’est la paix que nous venons de conclure au champ d’Hohenlinden ! (« Victoires, conquêtes, etc », Tome XIII, page 199)

La nuit trouve l’armée autrichienne défaite, séparée en trois groupes :

  • l’archiduc Ferdinand se trouve à Lengsdorf
  • Kienmayer et Baillet-Latour sont entre Isen et Dorfen
  • Les restes des divisions Kolowrat et Riesch étant entre Haag et Ramsau.

Les pertes autrichiennes et de leurs alliés bavarois sont, selon des sources autrichiennes, particulièrement élevées:

  • du coté autrichien : 978 tués, 3.687 blessés, 7.195 prisonniers; ils ont perdus 50 canons et 85 voitures de munitions
  • du coté bavarois : 24 tués, 90 blessés, 1754 prisonniers; ils ont perdus 26 canons et 36 voitures de munitions.

Toutefois, d’après d’autres sources, les pertes bavaroises s’élevèrent, au total, à 1.694 hommes. (1)

Le général Dessolle, chef d’état-major de l’armée du Rhin, évalue à 11.000 le nombre de prisonniers austro-bavarois (dont le GM Spannocchi et le général bavarois Deroy) et à 100 le nombre de canons capturés. Coté français, il donne 1.200 tués et blessés et 500 à 600 prisonniers.(2)

L’armée autrichienne vient de subir une sévère défaite. Seule la nuit – en cette saison vers 16 heures – et la résistance de la cavalerie sous les ordres de Liechtenstein (il sera honoré par la Grande Croix de l’Ordre de Marie-Thérèse) permettent aux autrichiens d’effectuer leur retraite. Par chance aussi, les français ne mènent pas une poursuite efficace.

L’archiduc Jean informe sans détours l’empereur de la défaite et l’informe ouvertement que, dans l’hypothèse où les Français franchiraient l’Inn, l’esprit de l’armée s’effondrerait et ne serait plus en mesure d’empêcher l’ennemi d’entrer dans les états héréditaires.

Au quartier-général à Anzing, le 12 Frimaire An 0 de la République.

L’armée autrichienne a été complètement battue. Le 11 (NDLR : Frimaire An IX) nous avons pris environ quatre-vingt bouches à feu et deux cents canons, dix mille prisonniers, un grand nombre d’officiers, parmi lesquels sont trois généraux; la perte de l’ennemi est incalculable, la poursuite a duré jusqu’à la nuit. L’armée est fière de son succès, surtout par l’espoir qu’elle contribuera à accélérer la paix.

Signé : Moreau

(Extrait du Journal officiel du 18 frimaire an 9 de la République)

Schwarzenberg écrit à sa femme :

Mon Dieu ! Quel commandement , aucune compréhension des hommes …. Si on a voulu croire qu’un nom seul (Schwarzenberg fait référence ici à l’archiduc) suffisait pour battre l’ennemi, ce combat a vengé l’archiduc Charles…. Encore une défaite, et l’armée est au bord de la désagrégation; la confiance des troupes a disparue… (3)

Le prince de Condé peint de l’armée battue un portrait encore plus sombre, dans son rapport au prétendant au trône de France :

Jamais on a vu une telle déroute que celle de l’armée autrichienne après l’affaire d’Hohenlinden, le 3… Il est difficile de se faire une idée du désordre, de la confusion, du découragement et de la terreur qui règnent dans cette armée… (4)

L’armée autrichienne se retire d’abord en direction de Salzbourg, puis, tout en livrant des combats d’arrière garde, jusqu’au-delà de la Traun, vers Lambach. Le 18 décembre, l’archiduc Charles prend le commandement – tout comme en 1797 en Italie, dans une situation désespérée. L’impression que fait cette armée sur le nouveau commandant en chef, est déprimante. Il écrit à son père adoptif, le duc Albert de Saxe-Teschen :

Il règne une ignorance, une insouciance, un désordre, une confusion que vous ne pouvez pas vous imaginer. Lorsque l’on voit les troupes, et que l’on entend les généraux et les soldats, on a envie de pleurer. (5)

La retraite se poursuit jusque derrière l’Erlauf. Là, l’archiduc reçoit de l’empereur les pouvoirs pour signer un cessez-le-feu, ce qui est fait le 25 décembre, à Steyr. Le 9 janvier 1801. Charles est nommé Président du Conseil aulique de la guerre et nommé feldmarschall. La route est libre maintenant pour réformer l’armée autrichienne.

J’ai reçu, citoyen général, votre rapport de l’affaire d’Hohenlinden. Je vous prie de témoigner à toute votre division combien j’ai admiré son courage et son dévouement dans cette brillante journée, où peut-être elle s’est surpassée elle-même. 
Sa récompense la plus douce sera sans doute dans la reconnaissance de la République pour des services aussi signalés. J’ai bien du plaisir à y joindre le témoignage de mon attachement. J’attends le rapport des actions d’éclat particulières, et ce sera avec plaisir que je provoquerai la récompense que les braves auront méritée. (Moreau à Grouchy – 6 décembre 1800 – in Mémoires du maréchal Grouchy)

(1) Selon Digby Smith (The Greenhill Napoleonic Wars Data Book), les pertes autrichiennes se montent à 1.900 tués et blessés, 8.000 prisonniers. Ils perdent 50 canons et 85 chariots de munitions et de bagages. Du coté bavarois, les pertes se monte à 24 tués, 90 blessés, 1.581 prisonniers. Ils perdent 19 canons et 5 obusiers, 44 chariots de munitions.

Les pertes en artillerie sont les plus sévères jamais enregistrées par l’armée de l’empire depuis la guerre de Sept-Ans.

(2) Selon Digby Smith, les pertes françaises se montent à environ 2.500 tués et blessés.

(3) Schwarzenberg, page 67

(4) Picart, Bonaparte, page 331

(5) Wertheimer, page 57 (l’original est en français)