Correspondance de Napoléon – Décembre 1800
Paris, 18 décembre 1800
MESSAGE AU SÉNAT CONSERVATEUR
Sénateurs, le Premier Consul, conformément à l’article 16 de la Constitution, vous présente, pour candidats aux deux places auxquelles le Sénat doit nommer en exécution de l’article 15 de la Constitution:
Le citoyen Dédelay d’Agier, qui a réuni les suffrages du Tribunat et du Corps législatif;
Le citoyen Rampon, général de division, actuellement en Égypte. Ce soldat a rendu des services dans les circonstances les plus essentielles de la guerre. I1 est digne d’ailleurs du peuple français de donner une marque de souvenir et d’intérêt à cette brave armée qui, attaquée à la fois du coté de la mer Rouge et de la Méditerranée par les milices de l’Arabie et de l’Asie entière, a été sur le point de succomber par les intrigues et la perfidie sans exemple du ministre anglais; mais elle se ressouvint de ce qu’exigeait la gloire, et confondit, aux champs d’Héliopolis, et l’Arabie et l’Asie et l’Angleterre. Séparés depuis trois ans de la patrie, que les soldats de cette armée sachent qu’ils sont tous présents à notre mémoire.
Paris, 18 décembre 1800
NOTE POUR LE MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES
Le Ministre d’Espagne Musquez a reçu des lettres de M. de Bouligny, ministre de la même cour à Constantinople, lequel est arrivé à Vienne. Faites en sorte que M. de Musquez nous les communique. Je désirerais même qu’il consentit à en rendre public quelques articles. Il y est question de différentes affaires relatives à l’Égypte et d’une conférence que M. de Bouligny a eue à ce sujet avec Thugut.
Lettres à Talleyrand
Paris, 19 décembre 1800
DÉCISION
| Le citoyen Masson, commissaire de police de la section des Marchés, fait connaître que plusieurs marchands de légumes se plaignent d’avoir été mis à contribution par des dragons de garde à la porte Saint-Martin, dans les nuits du 20 et du 22 de ce mois, sous prétexte qu’ils n’étaient point munis de papiers. |
Renvoy,é an général Mortier qui enverra demain un officier d’état-major avec de l’argent, pour rendre à ces individus ce qui leur a été pris et le retenir sur la solde des dragons. |
Paris, 19 décembre 1800
DÉCISION
| Des prêtres soumis à la République éveillent la surveillance du Gouvernement sur les assassins des prêtres patriotes, des acquéreurs de biens nationaux et de tout ce qui est républicain. Ils demandent que le Gouvernement leur garantisse la sûreté due à tous les citoyens. | Renvoyé au ministre de la police pour leur faire connaître, par l’organe du citoyen Grégoire, les mesures qu’i1 a prises pour que les prêtres constitutionnels soient proté,gés et celles pour l’arrestation des assassins d’Audrain. |
Paris, 19 décembre 1800
NOTE POUR LE CITOYEN TALLEYRAND
Nous sommes intéressés à ce que Vandergraff, Directeur général du commerce de la compagnie batave aux Indes et désigné Gouverneur de Batavia, s’y rende le plus tôt possible. Connaître quelles sont les vues du gouvernement batave sur cet objet.
Il nous serait nécessaire d’obtenir du gouvernement batave 200.000 piastres de crédit sur Batavia et autant des espagnols sur les Manilles
Lettres à Talleyrand
Paris, 20 décembre 1800
Au général Berthier, ministre de la guerre
Vous ferez connaître, Citoyen Ministre, au général Macdonald, que l’occupation de la Valteline par ses troupes a déjà procuré les deux avantages qu’en attendait le Gouvernement:
1° Obliger l’armée ennemie d’Italie à renforcer le corps qu’elle tient dans le Tyrol;
2° Mettre le général Brune à même d’augmenter son armée du détachement qu’il tenait dans la Valteline; qu’actuellement il doit aider de tous ses moyens le général Brune dans ses opérations;
Le projet du Gouvernement est que le général Macdonald arrive à Trente pour y réunir les différents détachements de son armée, protéger la gauche de l’armée d’Italie dans le pays vénitien, et pouvoir par la suite coordonner, les opération de l’armée du Rhin et d’Italie;
I1 est probable que, si les neiges empêchent de passer par Ponte-di-Legno, il lui sera facile de se trouver à Riva et de là à Trente, dans le temps que le général Brune s’occuperait de passer l’Adige, d’y réunir ses différents détachements, ce qui ferait monter son corps à 15,000 hommes;
Qu’il est possible qu’une fois dans 1e Tyrol il entre dans les vues du Gouvernement de faire marcher le général Macdonald sur la Drave, et qu’alors seulement il devrait être renforcé d’une partie de l’armée d’Italie, mais que jusqu’à ce moment il n’a pas besoin de plus de 12,000 bommes;
Que, pour toutes ces opérations, il se trouve absolument dépendant des mouvements du général Brune, et qu’il est nécessaire qu’il suive les opérations que lui prescrira ce général.
Faites connaître ces dispositions au général Brune.
Paris, 20 décembre 1800
Au général Berthier, ministre de la guerre
Je vois avec peine, Citoyen Ministre, que les brigands continuent toujours leurs ravages dans la 8e division militaire. I1 y a cependant dans cette division des forces suffisantes. Vous trouverez ci-joint un arrêté que je vous prie d’envoyer par un courrier extraordinaire. Vous engagerez le général comandant la division à prendre toutes les mesures supplémentaires. Vous lui direz que je suis mécontent de voir tant de troupes à Lyon et à Marseille. Dans des circonstances pareilles, les troupes doivent être sans cesse sur les chemins et dans les bois; qu’il forme sur-le-champ ses colonnes, et en donne le commandement aux généraux Gareau et Guillot; qu’ils poursuivent sans relâche les brigands, en mettant toujours leurs quartiers généraux dans des villages.
Qu’on fasse connaître à l’ordre de ces colonnes qu’il y aura 500 francs de gratification par chaque brigand qui sera pris ou tué; à cet effet, la prise ou la mort d’un brigand sera constatée par un procès-verbal de la commission militaire.
Donnez l’ordre que ces colonnes soient soldées de préférence aux autres corps.
J’attends que le général commandant la division m’apprendra, dix jours après la marche des colonnes, que les brigands out disparu.
Paris, 20 décembre 1800
ARRÊTÉ
ARTICLE 1er. – I1 sera formé deux corps d’éclaireurs, un dans le département du Var, et l’autre dans celui des Bouches-du-Rhône.
ART. 2. – Celui des Bouches-du-Rhône sera composé de trois compagnies d’éclaireurs de la 19e demi-brigade de ligne; chaque compagnie composée de 60 hommes; et trois compagnies d’éclaireurs de la 74e, chacune composée de 60 hommes, de 30 gendarmes à cheval et de 30 chasseurs ou hussards tirés des dépôts.
ART. 3. – Le corps d’éclaireurs du Var sera composé de trois compagnies d’éclaireurs du corps de la marine, chacune de 60 hommes; de trois compagnies de carabiniers de la 7e légère, chacune de 60 hommes; de trois compagnies d’éclaireurs de la 7e légère, chacune de 60 hommes; de 30 gendarmes et de 30 chasseurs ou hussards pris dans les dépôts.
ART. 4. – Chacun de ces corps d’éclaireurs sera commandé par un général de brigade. I1 aura à sa suite une commission militaire extraordinaire qui jugera les brigands dans les vingt-quatre heures de leur arrestation. Cette commission sera nommée par le général commandant la division.
ART. 5. – Ces corps poursuivront les brigands sans avoir égard aux départements et partout où ils se réfugieront. Ils resteront constamment à leur poursuite.
ART. 6. – Les ministres de la guerre de la marine et de la police sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent qui sera imprimé au Bulletin des lois.
Paris, 21 décembre 1800
A l’empereur de Russie
J’ai vu hier avec grand plaisir M. le Général Sprengporten. Je l’ai chargé de faire connaître à Votre Majesté Impériale que, par des considérations politiques, comme par des considérations d’estime pour elle, je désire voir promptement et irrévocablement réunies les deux plus puissantes nations du monde.
J’ai tenté en vain depuis douze mois de donner le repos et la tranquillité à l´Europe : je n’ai pas pu réussir, et l’on se bat encore sans raison et, à ce qu’il parait, à la seule instigation de la politique anglaise.
Vingt-quatre heures après que Votre Majesté Impériale aura chargé quelqu’un qui ait toute sa confiance et qui soit dépositaire de ses désirs, de ses spéciaux et pleins pouvoirs, le continent et les mers seront tranquilles : car, lorsque l’Angleterre, l’empereur d’Allemagne et toutes les autres puissances seront convaincus que les volontés comme les bras de nos deux grandes nations tendent à un même but, les armes leur échapperont des mains, et la génération actuelle bénira Votre Majesté Impériale de l’avoir arrachée aux horreurs de la guerre et aux déchirements des factions.
Si ces sentiments sont partagés par Votre Majesté Impériale, comme la loyauté et la grandeur de son caractère me portent à le penser, je crois qu’il serait convenable et digne que, simultanément, les limites des différents États se trouvassent réglées, et que l’Europe connût, dans le même jour, que la paix est signée entre la France et la Russie, et les engagements réciproques qu’elles ont contractés pour pacifier tous les États.
Celte conduite forte, franche et loyale pourra déplaire à quelques cabinets, mais elle réunira les suffrages de tous les peuples et ceux de la postérité.
Je prie Votre Majesté Impériale de croire aux sentiments de considération toute particulière que j’ai pour elle, et dont les sentiments exprimés dans cette lettre sont la plus grande preuve que je puisse lui donner.
Paris, 21 décembre 1800
DÉCISION
| Le général Launay propose au Premier Consul de former un établissement dans une des îles d’Afrique et demande à être chargé de cette expédition | Renvoyé au ministre de la marine pour conférer avec le général Launay; lui dire qu’il serait possible que je l’adoptasse, et qu’alors je mettrais à sa disposition une des trois frégates qui sont au Havre. |
Paris, 22 décembre 1800
Au citoyen Chaptal, ministre de l’intérieur par intérim (Jean Antoine Chaptal, 1756-1832.Il sera nommé ministre de l’intérieur le 21 janvier 1801)
Je désirerais, Citoyen Ministre, envoyer en Égypte une troupe de comédiens français; l’état de prospérité dans lequel se trouve l’armée d’Orient, l’oisiveté où elle est dans la grande ville du Caire, rendent cet objet, qui au premier aspect parait futile, nécessaire, même sous le point de vue politique.
On pourrait trouver à Marseille et à Toulon suffisamment d’artistes. I1 faudrait donc que vous fissiez choix d’un directeur discret qui se chargeât de se rendre à Toulon, d’y former la troupe et de la conduire. Je ne regretterais pas pour cet objet l’emploi d’une somme de 40,000 francs. I1 y a au Caire et à Alexandrie des salles de spectacle que l’on a fait construire. Nul doute que les artistes n’y fassent bien leurs affaires.
La plus grande difficulté pour cet objet est le secret dont il faut couvrir le plus possible cet envoi d’artistes.
Paris, 22 décembre 1800
Au citoyen Talleyrand, Ministre des Relations extérieures
Je vous prie, Citoyen Ministre, d’envoyer chercher les correspondants de la compagnie Barkry d’Alger et de leur faire connaître que je voudrais envoyer en Egypte deux millions de bouteilles de vin, de l’eau de vie, des liqueurs, des draps, des médicaments et de l’huile; les bâtiments en retour apporteront du riz, du café, de l’indigo et du verre.
Je voudrais être sûr qu’une partie de ces objets, le tiers par exemple, partis des cotes de Provence dans le courant de Nivôse pour arriver à Alexandrie en Ventôse.
Plusieurs personnes offrent au gouvernement de se charger de cette entreprise, mais je préfère la Maison Barkry, si elle peut s#en charger.
Ils achèteront le vin et tous les autres objets, en France, comme ils le voudront. Ils les chargeront à Marseille sur les bâtiments tunisiens.
On conviendrait du prix qui leur serait paye pour chacun des objets ci-dessus mentionnes, des qu#ils seraient arrives à Alexandrie. Au départ de chaque bâtiment de Marseille, il sera paye le tiers de la valeur du chargement.
Ils achèteront à Alexandrie le riz, le café au prix qu’ils pourront et le revendront de même à Marseille. Ils seront toutefois obliges d’opérer leur retour en France.
Tous les risques, accidents, etc., seront à leur compte.
S’ils se chargent de cette expédition vous leur demanderez s’ils ont des bâtiments de leur Nation à Marseille et combien de temps il leur faudra pour en faire venir.
Lettres à Talleyrand
Paris, 22 décembre 1800
Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures
Je désirerais, Citoyen Ministre, que, par le retour du courrier de l’ambassadeur en Espagne, vous lui fissiez connaître:
1° Que le Gouvernement désirerait qu’il trouvât le moyen d’expédier au moins une fois par mois un bâtiment en Égypte; quo les bâtiments les plus propres à ce sujet paraissent être les marocains et même les américains.
2° I1 ferait connaître au général Menou la situation de l’Europe et lui enverrait tous les journaux français, anglais et espagnols qu’il pourrait se procurer à Madrid
3° I1 ferait mettre sur chaque bâtiment un millier de fusils, 10,000 boulets de calibre quelconque, 250 paires de pistolets et 950 sabres; une caisse de graines de toute espèce pour le jardinage; une caisse de médicaments, et principalement de quina (100 livres pesant), de mouches cantharides, émétique et ipécacuana.
Pour les deux premiers envois, l’ambassadeur s’arrangera avec le ministre d’Espagne pour les munitions de guerre qu’on lui restituera.
Quant au prix du nolis, il devra consister en deux conditions principales :
1° Une lettre ostensible de l’ambassadeur en Espagne au général Menou, dans laquelle il dirait quo le bâtiment expédié pourrait se charger à Alexandrie de café, de riz, d’indigo, de sucre, et qu’à cet effet il serait exempt de payer les droits de douane;
2° Un prix raisonnable qui réglerait l’agent commercial du port d’où partirait ce bâtiment, avec la clause que le bâtiment, de retour en Espagne ou en France avec les dépêches du général Menou, dans les 70 jours du départ, aurait une gratification extraordinaire du quart du prix du nolis.
Vous lui ferez connaître qu’il faudrait choisir pour cet objet des tartanes du Maroc, de 40 à 50 tonneaux, ce qui dés lors mettrait à même d’en avoir douze ou quinze.
Indépendamment de ces bâtiments, on désirerait que l’ambassadeur fit partir, soit au compte des négociants qui voudraient s’en charger, soit même au compte de la République, des vins et du fer, pour la valeur de 150,000 francs. Un bâtiment du Maroc qui se chargerait de cela ne courrait aucun risque; il ne s’agirait plus que de s’assurer, par des cautions, que le chargement ne serait pas volé, détails que l’on abandonne à la prudence et à la connaissance de détails des agents qu’il emploierait. I1 fera connaître aux négociants espagnols que le vin le plus ordinaire se vend à Alexandrie 40 sous la bouteille, et que, pouvant encore gagner sur les objets qu’ils exporteraient d’Égypte, il résulterait pour eux un bénéfice très-considérable.
Paris, 22 décembre 1800
Au général Berthier, ministre de la guerre
Je désire, Citoyen Ministre, que le citoyen Clément, officier supérieur de la garde, se rende à Madrid, pour de là s’embarquer sur le premier bâtiment qu’expédiera l’ambassadeur de la République en Espagne. I1 sera porteur d’un duplicata de vos dépêches au général Menou, ainsi que d’une collection des différents journaux de frimaire.
Le citoyen Croizier, officier de la garde, se rendra sur-le-champ à Toulon pour s’embarquer sur le premier bâtiment qui partira pour l’Égypte; il portera un duplicata de vos dépêches.
I1 faudr,ait choisir quatre on cinq jeunes officiers d’artillerie et autant du génie pour expédier sur les bâtiments qui partiront pour l’Égypte. Ces officiers y resteront; mais les citoyens Croizier et Clément, qui conserveront leur poste dans la garde, reviendront avec les dépêches du général Menou.
Paris, 22 décembre 1800
Au général Berthier
Le ministre des relations extérieures a écrit, Citoyen Ministre, au citoyen Belleville et au conseiller d’état Dejean, pour que l’un et l’autre fassent expédier trois bâtiments de Livourne et de Gênes, ces bâtiments chargés de fusils et autres objets nécessaires à l’armée.
Écrivez aux généraux Brune et Marmont pour qu’ils favorisent de tous leurs moyens le prompt départ de toutes ces expéditions.
Le général Brune fera partir, sur chacun de ces six bâtiments, un officier jeune, de confiance, et, autant que possible, choisi parmi ceux qui sont déjà connus de l’armée d’Égypte : tels seraient l’aide de camp du général Marmont, du général Davout.
Le général Brune fera réunir toutes les gazettes italiennes et françaises qui pourraient se trouver à Milan depuis le 1er frimaire, et les leur enverra. I1 écrira au général Menou une lettre qui puisse être rendue publique; il y fera connaître combien les braves, défenseurs de la République comptent sur l’armée d’Orient pour garder ce centre du monde qui peut devenir si intéressant.
On embarquera sur chaque bâtiment quatre ouvriers en fer, bois, maçonnerie, pris dans le pays et une escouade d’une vingtaine de Cisalpins ou d’italiens qui seraient de bonne volonté.
On pourrait, parmi les officiers, y envoyer deux officiers du génie.
Le général Brune tâchera aussi d’y envoyer une troupe de danseurs et chanteurs italiens. I1 est autorisé à dépenser pour cet objet 40 on 54,000 francs. Dans un pays où les mœurs sont si différentes des nôtres, c’est un véritable secours qu’un objet de divertissement. Ces expéditions doivent être tenues le plus secrètes possible.
Les femmes qui auraient leurs maris ou parents en Égypte, et qui voudraient y aller, auront le passage.
Vous recommanderez également an général Brune de charger un commissaire des guerres de faire une pareille expédition du port de Rimini on de Pesaro, s’il trouve une tartane à cet effet; ne trouvât-il qu’un petit bâtiment de 30 ou 40 tonneaux pour porter des nouvelles, il devrait en profiter.
Paris, 22 décembre 1800
Au citoyen Forfait, ministre de la marine et des colonies
Je vous prie, Citoyen Ministre, de réunir chez vous les citoyens Truguet, Villaret et Bruix, avec deux ingénieurs-constructeurs, et de me présenter le plan d’un vaisseau de guerre de 74 canons, et qui ne tirerait pas plus d’eau que ne tiraient le Dubois et le Causse afin qu’il puisse facilement entrer dans le port d’Alexandrie.
Le second objet de cette assemblée sera de se faire remettre sou les yeux les différents mémoires et plans envoyés d’Alexandrie par le citoyen Barré sur les passes d’Alexandrie, afin qu’ils décident si un vaisseau de 74 ordinaire peut y entrer.
Paris, 22 décembre 1800
Au citoyen Forfait
Je vous prie , Citoyen Ministre, d’ordonner que l’on tienne un bâtiment prêt à partir pour Saint-Domingue , et de me présenter un projet d’arrêté pour nommer Toussaint Louverture capitaine général à Saint-Domingue. Le citoyen Deforgues, qui était commissaire de police à Nantes, m’a été désigné pour la place de préfet colonial. Faites-moi un rapport sur cela.
Faites-moi connaître qui l’on pourrait nommer pour commissaire de justice.
I1 faudrait que le bâtiment pût partir, soit de Brest, soit de Lorient, dix jours après le départ du contre-amiral Ganteaume. Je désirerais que le général Michel (Claude Étienne Michel, 1772-1815) s’y embarquât en qualité de commandant des troupes.
Le citoyen Roume ne pourrait-il pas être, envoyé dans la partie espagnole en qualité d’agent?
Pressez l’armement de Lorient, afin que le contre-amiral Lacrosse puisse partir. (Jean Baptiste Raymond Lacrosse, 1760-1829. Il sera préfet préfet colonial de la Guadeloupe, puis Gouverneur de l’île, où il mena une politique de répression. Il commandera la flottille de Boulogne après la mort de Bruix9
Paris, 23 décembre 1800
DÉCISION
| Pfeffel, ancien jurisconsulte, attaché au département des affaires étrangères, demande à être rayé de la liste des émigrés. | Le Premier Consul désire que le ministre de la police générale fasse comprendre le vieillard signataire de cette pétition dans une des classes des éliminations à proposer; et, dans le cas où il y aurait quelque obstacle à suivre cette forme, il invite le ministre à lui présenter sur cette affaire un rapport particulier. |
Paris, 23 décembre 1800
Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures
Je vous prie, Citoyen Ministre, d’envoyer chercher les, correspondants de la compagnie Bakry d’Alger, et de leur faire connaître que je voudrais envoyer en Égypte deux millions de bouteilles de vin, de l’eau-de-vie, des liqueurs, des draps, des médicaments et de l’huile; les bâtiments, an retour, apporteront du riz, du café, de l’indigo et du sucre.
Je voudrais être sûr qu’une partie de ces objets, le tiers par exemple, partit des cotes de Provence dans le courant de nivôse, pour arriver à Alexandrie en ventôse.
Plusieurs personnes offrent au Gouvernement de se charger de cette entreprise; mais je préfère la maison Bakry, si elle peut s’en charger.
Ils achèteront le vin et tous les autres objets en France, comme ils le voudront. Ils les chargeront à Marseille sur des bâtiments tunisiens.
On conviendrait du prix, qui leur serait payé, pour chacun des objets ci-dessus mentionnés, dés qu’ils seraient arrivés à Alexandrie. Au départ de chaque bâtiment de Marseille, il leur sera payé le tiers de la valeur du chargement.
Ils achèteront à Alexandrie le riz, le café, etc., au prix qu’ils voudront, et le vendront de même ù Marseille. Ils seront toutefois obligés d’opérer leur retour en France.
Tous les risques, accidents, etc., seront à leur compte.
S’ils se chargent de cette expédition, vous leur demanderez s’ils ont des bâtiments de leur nation à Marseille, et combien de temps i1 leur faudrait pour en faire venir.
Paris, 24 décembre 1800
Au citoyen Jaubert, interprète du gouvernement pour les langues orientales.
Le Premier Consul a ordonné, Citoyen, que la lettre qui lui a été adressée par les ulémas, chérifs, etc., du Caire, serait insérée en original arabe au journal officiel; la traduction française doit y être jointe. J’ai chargé le directeur de l’Imprimerie de la République de faire composer l’arabe et le français, pour que cette composition soit intercalée dans les formes du Moniteur.
J’ai l’honneur de vous prier, Citoyen, de vouloir bien suivre ce travail à l’Imprimerie de la République, afin qu’il soit fait avec une exactitude qu’on ne peut attendre que de votre surveillance.
Je vous prie en même temps de vouloir bien revoir la traduction qui a été faire an Caire. Je suis assuré que, corrigée par vous, nous ne serons point exposés à donner aux étrangers une idée peu juste de nos connaissances dans les langues orientales.
Paris, 24 décembre 1800
DÉCISION
| Note proposant de faire apporter en France des copies, déjà commencées de toutes les figures ou pièces anatomiques en cire exécutées à Florence, sous la direction de Fontana et de Fabroni. | Le ministre des relations extérieures fera passer cette note an citoyen Belleville, pour qu’il profite des circonstances pour faire achever ce travail. |
Paris, 24 décembre 1800
Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures
Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire connaître au citoyen Belleville que, par toutes les nouvelles que nous recevons d’Angleterre, il est constant que l’on a été beaucoup trop indulgent envers les navires neutres qui se trouvaient à Livourne, de manière que les Anglais sont parvenus à sauver, en se masquant de la neutralité, plus de 500,000 livres sterling qui devaient appartenir à la République.
On doit confisquer également toutes les propriétés appartenant à l’Empereur.
Paris, 27 décembre 1800
Au citoyen Fouché
Le Premier Consul désire, Citoyen Ministre, que vous ordonniez sur-le-champ la saisie et la suppression de tous les exemplaires d’une brochure intitulée: Point de paix solide et durable sans la restauration de la Pologne, ou réflexions du citoyen polonais Charles Moller.
Je joins à ma lettre un exemplaire de ce pamphlet.
Paris, 28 décembre 1800
ARRÊTÉ
ARTICLE ler. – Le ministre de l’intérieur nommera une commission spécialement chargée d’évaluer les dommages occasionnés aux différents citoyens par l’explosion de la machine infernale.
ART. 2. – Primidi prochain, il présentera son rapport sur les opérations de ladite commission; il remettra la liste des individus qui ont été tués ou blessés, et fera connaître le nom des femmes et des enfants des citoyens tués ou blessés grièvement qui auraient besoin des secours du Gouvernement.
Paris, 31 décembre 1800
Au général Berthier, ministre de la guerre
Je vous prie, Citoyen Ministre, de me faire un rapport sur le dépôt de 15 à 1 800 militaires blessés (de l’armée d’Italie) qui sont à Lyon dans le plus grand dénuement











