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21 janvier 1815 – Anniversaire de la mort de Louis XVI

Samedi 21 janvier 1815

C’est aujourd’hui l’anniversaire de la mort de Louis XVI.  [1]

Il y a demain à Vienne un service que le prince de Talleyrand fait célébrer pour le roi Louis XVI ; je viens de lui écrire pour lui demander un billet d’entrée. Ce sera la seule cérémonie à laquelle je désire assister ici. La mort de ce prince est un crime auquel aucun de nous n’a participé, et j’ai cru qu’il était du devoir d’un Français de se réunir à ses compatriotes dans cette triste, mais obligatoire circonstance. (Méneval)

Talleyrand a informé depuis quelque temps de l’initiative qu’il entend prendre à cette occasion [2] :

Trois mois plus tard, ces mêmes puissances qui n’avaient rien fait pour sauver l’infortuné Louis XVI, étaient appelées par moi, à rendre un tardif mais solennel hommage à sa mémoire. Cet hommage était encore une manière de relier la chaine des temps, une nouvelle consécration des légitimes droits de la maison de Bourbon. Je dois dire que l’empereur et l’impératrice d’Autriche me secondèrent puissamment pour la pieuse et noble cérémonie célébrée à Vienne, le 21 janvier 1815, à laquelle assistèrent tous les souverains et tous les personnages alors présents dans la capitale de l’empire d’Autriche (Talleyrand)

Le 21 du présent mois, l'anniversaire d'un jour d'horreur et de deuil éternel, il sera célébré dans l'une des principales églises de Vienne un service solennel et expiatoire : j'en fais faire les préparatifs[3] ; en les ordonnant, je n'ai pas seulement suivi l'impulsion de mon cœur, j'ai encore pensé qu'il convenait que les ambassadeurs de Votre Majesté, se rendant les interprètes de la douleur de la France, la fissent éclater en terre étrangère et sous les yeux de l'Europe rassemblée. Tout, dans cette triste cérémonie, doit répondre à la grandeur de son objet, à celle de la Couronne de France, et à la qualité de ceux qu'elle doit avoir pour témoins. Tous les membres du Con­grès y seront invités, et je me suis assuré qu'ils y viendraient. L'Empereur d'Autriche m'a fait dire qu'il y assisterait[4]. Son exemple sera sans doute imité par les autres Souverains. Tout ce que Vienne offre de plus distingué dans les deux sexes se fera un devoir de s'y rendre. J'ignore encore ce que cela coûtera; mais c'est une dépense nécessaire. (Pallain)[5]

Le service du 21 janvier se fera dans la cathédrale ; l’archevêque de Vienne y officiera. C’est un vieillard de quatre-vingt-trois ans, qui a élevé l’Empereur. Rien de ce qui peut rendre cette cérémonie plus imposante ne sera négligé. (Pallain)

Les préparatifs pour la cérémonie du 21 sont presque achevés. L'empressement d'y assister est si grand, qu'il nous sera difficile d'y répondre, et que l'église de Saint-Etienne, la plus grande de Vienne, ne pourra contenir tous ceux qui y voudraient être. Tous les Souverains ont été prévenus de cette cérémonie. Tous, à l'exception de l'Empereur [6] et de l'Impératrice de Russie, qui n'ont point encore répondu, ont fait connaître qu'ils y assisteraient. L'Impératrice d'Autriche, à qui sa santé ne permet pas d'y aller, a désiré d'être excusée auprès de Votre Majesté (ce sont les expressions dont elle s'est servie [7]). Madame l'Archiduchesse Béatrix, sa mère, y assistera. Les femmes seront toutes en voile : c'est le signe du plus grand deuil. (Pallain)

Dans la cathédrale Saint-Étienne, devant l’ensemble des participants au Congrès (aucun ne peut se permettre une absence synonyme d’esprit révolutionnaire !), cérémonie à la mémoire de Louis XVI. Toutes les dames sont voilées, mais, malgré leurs fourrures, frissonnent dans le froid de l’église.   Isabey et Moreau ont dessiné le catafalque, érigé au centre de la nef, et flanqué de statues de plâtre représentant la France, « courbée par le chagrin », l’Europe, « couvert de larmes », la Religion, « qui tient le testament de Louis XVI » et l’Espoir, « levant son regard vers le ciel ». MM. Isabey et Moreau n’ont en général pas montré là un goût particulier. (Bertuch)

Le 21 janvier, avec le Grand-Duc, je pris part, en l’église Saint-Étienne, au service funèbre en mémoire du roi Louis XVI. L’église était bondée. On dit que le sermon du prêtre, aurait été écrit par le prince de Bénévent ; il contenait beaucoup de très bonnes choses [8]. Le souvenir du Te Deum [9] auquel j’avais assisté, en 1809, dans cette même église, à l’occasion de l’anniversaire de Napoléon s’imposait à moi et me rappelait la versatilité des choses humaines. (Baden)

La Messe qui a été célébrée pour le 22e anniversaire de la mort de Louis XVI, fait partie des distractions (sic) qu’il y a ici. Talleyrand l’a fait célébrer dans la cathédrale Saint-Étienne et ce fut comme un mauvais décor de théâtre. (Nostitz)

Mais le véritable “reportage” de cette cérémonie nous est une fois encore fourni par La Garde [10]:

Auguste Louis Charles de La Garde Chambonas
Auguste Louis Charles de La Garde Chambonas

Une imposante cérémonie vint enfin apporter une trêve à ces divertissements. Vingt-deux ans s’étaient écoulés depuis que l’infortuné Louis XVI avait porté sa tête sur l’échafaud, et sa mémoire n’avait pas encore reçu l’expiation d’un deuil solennel et public. Au moment où tous ces rois réunis travaillaient de concert à la paix de l’Europe, ils ne pouvaient manquer de protester, par une éclatante manifestation contre un attentat qui, en ébranlant leurs trônes, semblait avoir été le signal de cette guerre désastreuse. Aussi, quand M. de Talleyrand, comme chef de la délégation française, sollicita l’agrément du gouvernement autrichien pour faire célébrer un service funèbre lors du néfaste anniversaire du 21 janvier, sa demande fut-elle accueillie avec un douloureux empressement. Bien plus, l’empereur François voulut que cette cérémonie eût lieu dans la cathédrale de Saint-Étienne, qu’elle fût environnée d’une pompe extraordinaire, et que les dépenses en fussent supportées par le trésor impérial.

MM. Isabey et Moreau furent chargés de faire tous les dessins et de diriger les préparatifs. Conformément au vœu de l’empereur, ils y déployèrent la plus grande magnificence et cet éclat funéraire qui accompagne les obsèques des rois. Au centre de la vieille basilique, s’élevait, à une hauteur de soixante pieds, un immense baldaquin orné des Attributs de la royauté. Quatre statues colossales placées aux quatre angles du cénotaphe, représentaient la France répandant des pleurs, l’Europe apportant le tribut de ses regrets, l’Espérance guidant l’âme du vertueux monarque au séjour de l’immortalité, et la Religion tenant à la main ce sublime testament, modèle de charité et de pardon. La nef tout entière avait disparu sous une immense tenture richement brodée en argent : à chaque pilier apparaissait l’écusson de la maison de France. Une multitude innombrable de cierges et de bougies répandaient une vive clarté sous ces sombres voûtes fermées à la lumière du jour.

Une tribune entièrement drapée de velours noir rehaussée de franges d’argent avait été préparée pour les souverains. La nef et le chœur étaient réservés aux personnes invitées, et les parties latérales au public. Les billets d’invitation étaient ainsi conçus dans les termes de la plus grande simplicité :

« Les ambassadeurs de Sa Majesté Très Chrétienne vous prient d’assister au service qui sera célébré le 21 janvier dans l’église cathédrale de Saint-Étienne.»

Bien avant l’heure fixée pour le commencement cérémonie, une foule immense inondait l’enceinte du temple gothique. Tous les Français présents à Vienne avaient, quel que fut leur rang, reçu des lettres de convocation : pas un n’y avait manqué. Les chevaliers de la Toison d’or et les ambassadeurs en grand costume occupaient les premières places dans le chœur. Derrière eux se pressaient toutes les notabilités, tous les hôtes princiers et les autorités de la ville de Vienne. Un détachement des régiments des gardes et de la garde noble hongroise[11] faisait le service autour du catafalque, comme aux funérailles des empereurs. L’empereur François avait voulu donner ainsi un haut témoignage de ses sentiments. Dans la nef on voyait un nombre considérable de dames toutes vêtues de noir et enveloppées de longs voiles de deuil, substitués, pour quelques heures, aux fleurs, aux diamants, aux brillantes parures de tous les jours.   À onze heures, on sonna l’arrivée de l’empereur François, de l’empereur de Russie, des rois de Prusse,  de Bavière et de Danemark, des reines et de l’impératrice de Russie. L’impératrice d’Autriche, retenue dans son palais par sa mauvaise santé, que les émotions douloureuses ne pouvaient que compromettre encore plus, s’était seule abstenue de paraître à cette cérémonie. Le prince Léopold de Sicile [12], comme seul membre de la maison de Bourbon, et M. de la Tour-du-Pin, ambassadeur de France, se présentèrent au parvis du temple et conduisirent les souverains à la tribune impériale. L’office commença aussitôt.

Malgré ses quatre-vingt-quatre ans, le vénérable archevêque de Vienne, prince de Hohenwarth, avait voulu officier. Un saint respect, une vive et religieuse émotion régnaient dans cette immense réunion à la vue de ce sarcophage royal, et de ce pontife en cheveux blancs appelant sur le vertueux roi la miséricorde divine. Quelles réflexions faisait naître la présence de tous ces monarques pieusement agenouillés non loin de ce tombeau qui rappelait un si grand attentat et une si grande infortune ! Tous tenaient par des alliances ou des traités à l’illustre maison de France, la plus ancienne de l’Europe.

M. Zaiguelius [13], Français d’origine et curé de l’église Sainte-Anne de Vienne [14], prononça en français un discours où l’on remarqua de grandes beautés; quelques personnes prétendirent que M. de Talleyrand y avait mis la main [15]. Son texte était celui-ci : Que la terre apprenne à craindre le nom du Seigneur. L’orateur rappela d’abord la puissance et la gloire de cette monarchie française qui datait de quatorze siècles. Il peignit ensuite à grands traits la marche rapide de la Révolution qui, en trois ans, avait renversé de fond en comble cet antique édifice. Dans ces désastres inouïs, il montra le doigt de Dieu qui élève et abaisse les trônes. Enfin, après avoir appelé les prières des assistants sur Louis XVI et sur Marie-Antoinette d’Autriche, il termina en citant les principaux passages de ce Testament qu’on a si bien appelé le code le plus héroïque de la charité. Là était pour Louis la plus belle oraison funèbre. Quand M. Zaiguelius descendit de la chaire, des larmes coulèrent de tous les yeux.

Deux cent cinquante voix exécutèrent ensuite, sans aucun accompagnement, un Requiem [16] composé par  Neukomm, élève d’Haydn [17]. Des amateurs s’étaient joints aux musiciens : ils formaient deux chœurs, l’un était conduit par Salieri, le maître de chapelle de l’empereur (l’autre par Neukomm lui-même – ndlr). L’effet en fut admirable. Écouté dans le plus profond recueillement, cet hymne de douleur semblait moins une prière adressée au ciel pour la vertueuse victime qu’une association aux sublimes paroles de pardon qu’on venait d’entendre.

Portrait anonyme du compositeur Sigismond von Neukomm (Gallica)
Portrait anonyme du compositeur Sigismond von Neukomm (Gallica)

Les frais occasionnés par cette solennité s’élevèrent à près de cent mille florins, et furent entièrement couverts par la cour autrichienne.

Un ordre exprès de l’empereur avait, pour ce jour-là, suspendu tous les divertissements quotidiens. Le soir, une foule inaccoutumée s’était rendue dans les salons de M. de Talleyrand. Tout y était grave comme d’ordinaire ; car les discussions politiques y trouvaient plutôt accès que les fêtes et les plaisirs. (La Garde) [18]

 

Mais d’autres témoins étaient présents

Ce matin, jour de l'anniversaire de l'horrible exécution de Louis XVI, il y a eu un grand service à la cathédrale de Vienne en commémoration de la mort du roi, de Marie-Antoinette et de Madame Élisabeth. Nous étions invités à la cérémonie, qui a été très belle; c'est la légation française qui en a fait les frais; le catafalque était fort beau; cette cérémonie coûtera quatre-vingt mille francs. (Eynard)

(La messe) qui fut célébrée en l’honneur de l’âme de Louis XVI mérite une particulière attention. Une grande pyramide, recouverte d’un habillement noir, avait été érigée au milieu de l’église Saint-Étienne. Sur ses marches des cierges  avaient été placés, dans de grands candélabres d’argent. Sur la marche inférieure, aux quatre coins, se trouvait une statue en pleurs, au sommet, la couronne, le sceptre et les insignes de divers ordres, avaient été placés ; et par-dessus le tout, très-haut, une autre couronne était suspendue, d’où retombait une draperie noir, semblable à un canopée, dont l’effet, car il flottait dans l’obscurité de l’arche, était saisissant. De chaque côté de cette décoration funéraire, se trouvaient d’autres ornements similaires, situés dans d’autres parties de l’église. A l’heure dite, lorsque les souverains, leurs suites et tous les ambassadeurs furent présents, une grande messe fut célébrée, et une péroraison, écrite par le prince de Talleyrand (sic), fut prononcée par le prêtre. La cérémonie dura plus de deux heures. (Bright)

Et tous ne sont pas à l’unisson :

En France, la célébration de ce triste jour, durant laquelle on put sentir moins d’émotion mais d’autant plus de haine, était un défi malvenu ; à Vienne, où il n’y avait vraiment de raison d’être contrarié, elle parue cependant mal venue. On trouva inutile que, en présence de tant de princes, l’exécution de l’un des plus prestigieux soit rappelée solennellement, on considérait qu’il valait mieux qu’un tel évènement resta dans l’ombre et l’oubli. On parla de choses, dont on aurait mieux fait de ne pas parler, et la personne même de Louis XVIII ne fut pas épargnée, car, naturellement, ce qui se disait à Paris se répétait à Vienne. Talleyrand n’avait pas, sur ce point, une position facile, qui devait de toutes façons lui être pénible ; le souvenir de l’exécution du duc d’Enghien, dans laquelle il portait quelque responsabilité, était encore très proche : de plus, il avait jusqu’ici vécu en paix avec la condamnation de Louis XVI. C’est assez, tout ceci fit une fâcheuse impression, et ne fut pas rapporté, dans le Oesterreichische Beobachter, de façon particulière, mais en tout cas mieux que dans la réalité. (Varnhagen)

Après la cérémonie (elle a duré de 11 à 13 heures), réception au palais Kaunitz, avec banquet. Le soir, plusieurs centaines d’invités participent au « Cercle ».

M. de Talleyrand a eu cercle ce soir; il a beaucoup parlé de la cérémonie de ce matin ; il a fait de grandes phrases. À l’entendre, on aurait pu penser qu’il avait toujours été le plus fidèle sujet de Louis XVI. (Eynard)

De leur côté, les Zichy donnent le soir un bal, auquel participent un grand nombre de ceux qui, le matin, ont pieusement assisté à la cérémonie religieuse, à leur tête le tsar Alexandre !

(Extrait de « Le Congrès de Vienne – Carnet mondain et éphémérides » – R. Ouvrard – Paris 2014

 

NOTES

[1] À 11 heures, ce jour-là, meurt la mère de Karoline Pichler.

[2] Dans ses Mémoires, Varnhagen n‘hésite pas à écrire que les ambassades françaises à l’étranger avaient reçu l’ordre, de Paris, d’organiser des services religieux pour l’occasion !

[3] Déjà le 11 janvier, il a écrit à la duchesse de Courlande : « Je fais travailler notre bon Neukomm. Sa messe sera vraiment très belle : toute la musique sera vocale : point d’instrument. Nous aurons 150 voix. » (il y en eut en fait 300 –NDLR)

[4] « On dit que Marie-Louise, invitée par Talleyrand au service en l’honneur de Louis XVI, s’abstiendra d’y aller » (Weil, 1346)

[5] La cérémonie a été annoncée dans le Wiener Zeitung du 19 janvier.

[6] Il sera en fait présent.

[7] Elle avait répondu à l’invitation des plénipotentiaires français qu’elle ne se sentait pas assez forte pour soutenir les émotions que lui occasionnerait une cérémonie aussi lugubre (Flassan, op. cit.)

[8] Ce que confirme, entre les lignes, Talleyrand lui-même, lorsqu’il écrit à Louis XVI : « Ce n’est point une oraison funèbre, ni un sermon ; c’est un discours. On n’a eu que quelques jours pour le faire, pour le rendre analogue à l’objet de la cérémonie et en même temps aux circonstances présentes et à la qualité des principaux d’entre les assistants ; il était moins nécessaire d’y mettre de l’éloquence que de la mesure ». La Tour du Pin confirme aussi le fait, à un « confident » de Hager (Weil, 1360).

[9] Le Requiem est écrit pour deux chœurs, sans accompagnement d’orchestre.

[10] Mais le Wiener Zeitung du 23 janvier consacre à l’évènement presque une grande page, dont La Garde s’est peut-être (sans doute ?) inspiré.

[11] Cette garde avait été formée en 1764, avec des jeunes nobles de Hongrie, Transylvanie et Croatie, avec le rang de lieutenants. Leur uniforme est rouge, galonné d’argent. Les jours de gala, ils revêtent également une peau de tigre. Ils portent un haut bonnet de fourrure à aigrette blanche.

[12] Léopold de Bourbon des Deux-Siciles (1790 – 1851)

[13] Georg Joseph Ulrich Zaiguelius (1748 – ?). Après avoir exercé son sacerdoce en Alsace, il émigre (c’est un prêtre « non-jureur ») à Freiburg, puis entre au service du comte Ferraris, à Vienne.

[14] Anna-Kirche, près de la Kärtnerstrasse, qui est alors l’église française de Vienne.

[15] Weil, 1360

[16] L’oeuvre avait été composée entre 1813 et 1815. Pour cette œuvre, Neukomm fut décoré par Louis XVIII de la croix de Chevalier de la Légion d’honneur.

[17] « Monsieur Neukomm a, dans cette œuvre, montré que l’esprit de ses deux maîtres est encore en lui. » (JLKLM)

[18] Le 25 janvier, Jaucourt écrira à Talleyrand : « Je termine en vous admirant de nouveau de l’idée expiatoire, monarchique, européenne, de l’idée qui a donné au Congrès son premier résultat : la réunion des Souverains dans un service solennel à la mémoire de Louis XVI… Nous vous nommons le prince des diplomates. »