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1806 – Onzième Bulletin de la Grande Armée

Merseburg, 19 octobre 1806

Le nombre des prisonniers qui ont été faits à Erfurt est plus considérable qu’on ne le croyait. Les passe-ports accordés aux officiers, qui doivent retourner chez eux sur parole, en vertu d’un des articles de la capitulation, se sont montés à 600.

Le corps du maréchal Davout a pris possession, le 18, de Leipzig. Le prince de Ponte-Corvo, qui se trouvait le 17 à Eisleben pour couper des colonnes prussiennes, ayant appris que la réserve de S. M. le roi de Prusse, commandée par le prince Eugène de Wurtemberg, était arrivée à Halle, s’y porta. Après avoir fait ses dispositions, le prince de Ponte-Corvo fit attaquer Halle par le général Dupont et laissa la division Drouet en réserve sur sa gauche. Le 32e de ligne et le 9e d’infanterie légère passèrent les trois ponts au pas de charge et entrèrent dans la ville, soutenus par le 96e; en moins d’une heure tout fut culbuté. Les 2e et 4e régiments de hussards et toute la division du général Rivaud traversèrent la ville et chassèrent l’ennemi de Diemitz, de Peissen et de Rabatz. La cavalerie prussienne voulut charger le 8e et le 96e d’infanterie; mais elle fut vivement reçue et repoussée. La réserve du prince de Wurtemberg fut mise dans plus complète déroute et poursuivie l’espace de quatre lieues.

Les résultats de ce combat, qui mérite une relation particulièrement soignée, sont 5,000 prisonniers, dont 2 généraux et 3 colonels, 4 drapeaux et 34 pièces de canon.

Le général Dupont s’est conduit avec beaucoup de distinction, le général de division Rouyer a eu un cheval tué sous lui.

Le général de division Drouet a pris en entier le régiment Treskow.

De notre côté, la perte ne se monte qu’à 40 hommes tués et 200 blessés. Le colonel du 9e régiment d’infanterie légère a été blessé.

Le général Léopold Berthier, chef de l’état-major du prince de Ponte-Corvo, s’est comporté avec distinction.

Par le résultat du combat de Halle, il n’est plus de troupes ennemies qui n’aient été entamées.

Le général prussien Blücher, avec 5,000 hommes, a traversé la division de dragons du général Klein, qui l’avait coupé. Ayant allégué au général Klein qu’il y avait un armistice de six semaines, ce général a eu la simplicité de le croire.

L’officier d’ordonnance près de l’Empereur, Montesquiou, qui été envoyé en parlementaire auprès du roi de Prusse l’avant-veille de la bataille, est de retour; il a été entraîné pendant plusieurs jours avec les fuyards ennemis; il dépeint le désordre de l’armée prussienne comme inexprimable. Cependant, la veille de la bataille leur jactance était sans égale; il n’était question de rien moins que de couper l’armée française et d’enlever des colonnes de 40,000 hommes. Les généraux prussiens singeaient autant qu’ils pouvaient les manières du grand Frédéric.

Quoique nous fussions dans leur pays, les généraux paraissaient être dans l’ignorance la plus absolue de nos mouvements; ils croyaient qu’il n’y avait sur le petit plateau d’Iena que 4,000 hommes, et cependant la plus grande partie de l’armée a débouché sur ce plateau.

L’armée ennemie se retire à force sur Magdeburg. Il est probable que plusieurs colonnes seront coupées avant d’y arriver. On n’a point de nouvelles depuis plusieurs jours du maréchal Soult, qui a été détaché avec 40,000 hommes pour poursuivre l’armée ennemie.

L’Empereur a traversé le champ de bataille de Rosbach. Il a ordonné que la colonne qui y avait été élevée fût transportée à Paris.

Le quartier général de l’Empereur a été le 18 à Merseburg, et il sera le 19 à Halle. On a trouvé dans cette dernière ville des magasins de toute espèce très-considérables.