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Napoléon Bonaparte, édification d’une Légende (1793-1823) – Première partie

« La force est fondée sur l’opinion. Qu’est ce que le Gouvernement ?
Rien s’il n’a pas l’opinion. »

Napoléon ler, Empereur des français.

Cedric Couteau

(Article publié en juin 2002)

INTRODUCTION

Ajaccio, le 15 août 1769, dans une maison cossue de la rue Saint Charles retentirent les premiers cris d’un nouveau-né, second enfant de Charles et Laetitia Buonaparte. C’est dans ce monde de la petite noblesse de Corse, française depuis seulement deux ans et dont les aspirations d’indépendance viennent de prendre fin deux mois plutôt lors de la défaite de Porto-Novo, que va grandir un petit homme.

Rien dans cette famille ne laissait alors présager que dans les sept enfants survivants il y aurait deux Rois, trois Princesses, et un Empereur futur maître de l’Europe.

La littérature portant sur la vie et l’œuvre de Napoléon Bonaparte fut prolixe. Depuis ses premiers pas dans le monde politique jusqu’à nos jours, sa vie n’a cessé de hanter les générations d’auteurs. Parfois honni, parfois glorifié, souvent idéalisé, Napoléon Bonaparte demeure aujourd’hui encore une des grandes figures de l’histoire européenne.

C’est ici un trait particulier de sa vie et de la constitution de sa gloire que nous nous proposons d’étudier. En effet, si les talents de l’homme sont incontestables, on ne peut nier l’importance et l’intelligence dont il a fait preuve afin de construire sa légende de son vivant.

Napoléon fut très tôt destiné à la carrière militaire. Entré à l’école de Brienne à l’âge de 10 ans, la légende veut que le petit corse ait aussitôt impressionné professeurs et pensionnaires par ses capacités de réflexion et de commandement.

Napoléon au Collège de Brienne comme se le représentera l’imagerie populaire. On voit ici le futur maître de l’Europe diriger une bataille de boules de neige durant l’hivers 1783.

En réalité, le petit Buonaparte, étranger en exil dans une terre inconnue, était en bute aux railleries de ses petits camarades qui se moquaient volontiers de ce petit « italien » au drôle de nom et à l’accent prononcé. Pour autant, les capacités intellectuelles du jeune élève, qui ne parlait pas un mot de français à son arrivée au Collège d’Autun en 1779, sont certaines. C’est ainsi qu’il se fera remarquer par ses maîtres, dont le Chevalier de Kéralio qui en 1784 le désigna pour l’Ecole Militaire de Paris, en dépit du fait que Napoléon n’avait pas l’âge requis:

« Je sais ce que je fais », répondit-il. « Si je passe par-dessus la règle, ce n’est pas une faveur de famille, je ne connais pas celle de l’enfant. C’est tout à cause de lui-même. Je perçois une étincelle qu’on ne saurait trop cultiver ». Il commettra toutefois une erreur en jugeant :  » Il sera un excellent marin ».

Les heures de solitudes à arpenter la cour de l’école ou à travailler dans sa cellule ont plus certainement contribué à faire de Napoléone ce qu’il deviendra quelques années plus tard grâce à la réflexion et la méditation sur les arts militaires et politiques. Une gravure célèbre veut d’ailleurs que ses prétentions européennes soient nées dans ces instants de travail. Certes, les prétentions politiques du jeune Napoléone apparurent relativement tôt, mais se limitaient, alors, à son île. Mais ses premières expériences politiques retentiront comme des échecs.

C’est la Révolution qui va lui offrir la faculté d’assouvir ses prétentions politiques. Son rôle lors de l’insurrection de Paris du 5 Octobre 1795 (13 vendémiaire An IV) par les royalistes, et l’habileté dont il a fait preuve pour la réprimer, lui valurent le titre de général Vendémiaire. A cet instant Napoléon réalisa que son sort était lié à celui de la France. Si ce moment de gloire l’avait momentanément sorti de l’anonymat, il fallait entretenir cette nouvelle admiration par la foule.

A partir de ce moment le jeune général de 26 ans entreprit une course aux victoires. Commandant l’armée d’Italie il remporte une série de victoires sur les armées autrichiennes révélant son génie militaire abondamment entretenu par une habile propagande qui inondait la France de ses exploits.

Marquant son autonomie vis à vis d’un Directoire de plus en plus discrédité, il signe de son propre chef la paix avec le Piémont, refuse de marcher sur Rome, et prend la Lombardie aux autrichiens en contrepartie de la Sérénissime Venise qu’il avait préalablement dépecé afin de lui permettre de donner une monnaie d’échange à Vienne pour la signature de la paix entre la France et l’Autriche.

Après cette période de gloire survint le pire des dangers pour un général ambitieux : la Paix. Conscient que son patrimoine de sympathie fondait comme neige au soleil, Bonaparte obtint d’organiser une expédition en Egypte, officiellement afin de couper aux anglais la route des Indes.

Le Directoire, soulagé de voir partir ce gêneur, accepta bien volontiers. Mais malgré quelques revers, Napoléon revint en France en 1799, précédé de ses exploits relatés par sa propre propagande.

La position du Directoire était alors des plus instable, le pouvoir était à prendre. A l’aide de Sieyes, Lucien son frère et Murat, ce fut chose faite. Mais le plus délicat n’était pas d’accéder au pouvoir, mais de s’y maintenir. Comment dans ce cas légitimer cette prise de pouvoir, et ses dérives consulaires puis impériales ?

Bonaparte, fort de son expérience italienne, instaura un Gouvernement des esprits . Celui-ci perdurera jusqu’à la première abdication pendant laquelle le culte de l’Empereur s’effaça jusqu’à la renaissance de la légende à son retour de l’île d’Elbe.

 

Première partie

 

LE GOUVERNEMENT DES ESPRITS

Ce qu’il convient de qualifier de Culte de Napoléon s’est forgé au feu des campagnes militaires dont les récits exaltaient son génie militaire et la grandeur de l’Armée. Au même titre qu’il avait instauré une économie et une politique dirigées, Napoléon imposa la direction que devait prendre la vie intellectuelle des français au travers des arts, de la culture et de l’information.

Cette politique devait ainsi toucher toutes les strates de la population française.

 

L’envol de l’aigle

Napoléon usa et abusa de ses victoires militaires pour susciter l’admiration des français. C’est en Italie qu’il fera ses premières armes dans le domaine de la propagande. Elle trouvera un relais sous le Consulat et l’Empire dans les fameux bulletins de la Grande Armée.

 

L’Italie, répétition générale

Comme nous l’avons dit, la Campagne d’Italie devait permettre au Général Vendémiaire de quitter son anonymat. C’est au cours de cette Campagne qu’émergea de ce qu’il convient d’appeler la guerre de propagande au sens actuel de terme, ainsi que la naissance de la légende politique napoléonienne. Bien que dès 1793 des gravures circulaient déjà, honorant le héros de Toulon.

L’imagerie populaire s’empare déjà des exploits du « petit Caporal » représenté lors du siège de Toulon servant lui-même une pièce d’artillerie dont un canonnier vient d’être atteint.

Ce qui revient en mémoire au souvenir de cette époque est certainement cet étonnant appel au pillage que le jeune général aurait déclamé à ses troupes en guenilles et qui marquera tant de générations :

« Soldats, vous êtes nus, mal nourris. […] Je vais vous conduire dans les plus fertiles plaines du monde. De riches provinces, de grandes villes seront en votre pouvoir, vous y trouverez honneur, gloire et richesse. »

Ce sont ces victoires d’une armée en haillons [1]Voir sur l’état de l’armée française pendant la première Campagne d’Italie « La Fureur de Vaincre » d’Yves Amyot, ainsi que « Victoires, conquêtes, désastres et guerre civiles … Continue reading , qui devait à l’origine n’avoir qu’un rôle de diversion au profit de l’Armée du Rhin, qui mettront à genoux l’Empire autrichien et qui vont installer la légende napoléonienne. Mais comment faire connaître en France entière ces exploits extraordinaires ?

Ce que le général voit derrière ses troupes c’est l’opinion publique qu’il convoite et qu’il est nécessaire d’atteindre. Pour ce faire, il fondera le 20 Juillet 1797 le journal Le courrier de l’Armée d’Italie, puis le 10 août La France vue de l’Italie, dont les diffusions à grands tirages vont inonder la France entière.

Bonaparte y dépeindra son image, il se magnifie, exaltant son énergie au travail, son génie militaire et politique dans un style qui n’est pas sans rappeler certains héros de l’Histoire Antique.

Les grands thèmes du mythe napoléonien sont déjà en place. En Italie, il est fêté comme le héros de la Révolution, pendant qu’il fait l’apprentissage du pouvoir et de la renommée à Milan, capitale de la nouvelle fédération de la République Cisalpine qu’il vient de créer, faisant fi des injonctions du Directoire.

Mais que peut faire le Directoire contre le seul homme dont les exploits servent encore, pour un temps, la gloire ? Cet appareil de propagande suivra dorénavant le général dans toutes ses campagnes de l’Egypte jusqu’en Belgique.

 

Les Bulletins de la Grande Armée

Véritable organe de propagande de l’Armée et de son chef, les bulletins retraçaient de façon succincte les batailles, mettant en avant les capacités militaires de Napoléon, mais également de son armée. Y être cité nommément ou l’être par l’intermédiaire de son régiment était un honneur recherché, voire jalousé.

Dictés directement par l’Empereur les Bulletins étaient transmis au journal Le Moniteur [2]Le journal  Le Moniteur fut créé en 1789 par Charles Edouard Panckoucke, et fut érigé en 1799 en porte parole officiel après le 18 Brumaire. , dont les articles étaient par la suite repris par les autres journaux.

Ces Bulletins devaient expliquer aux soldats les opérations auxquelles ils avaient participé. Le but n’étant pas de refaire point par point l’évolution tactique de l’engagement mais de donner aux soldats un sentiment de fierté, d’avoir concrétisé le chef d’œuvre militaire de leur maître. Cette fierté fera d’eux de parfaites caisses de résonance auprès de la population, bien après la fin de l’Empire, de la grandeur du génie de leur chef.

Mais les Bulletins devaient également renforcer le moral des civils. Pas un Français ne devait pouvoir échapper à la lecture des victoires de l’Empereur. Leur diffusion faisait l’objet d’une véritable organisation mise sur le papier par le ministre de l’intérieur le 4 Mai 1809 [3](3) Cf. Historia pp 127-128. .

Leur arrivée, nous dit un préfet, devra être annoncée par les sons de cloche. Le maire en donnait immédiatement lecture devant la population, qui se le voyait répété le dimanche suivant lors de l’office par le curé. Et le préfet de terminer ainsi:

« Les citoyens sont invités à ne considérer comme certains que les faits annoncés par les bulletins déjà publiés et à ne donner foi aucune aux nouvelles hasardées que la malveillance ou l’oisiveté peuvent colporter. »

Enfin, ces bulletins devaient également permettre d’imposer à la postérité le souvenir de l’Histoire que l’Empereur souhaitait. Jean Tulard le fera remarquer en disant :

« il serait dangereux d’écrire l’histoire militaire à partir des bulletins. Napoléon ne s’y raconte pas, il s’y drape pour ses contemporains et pour la postérité. »

La lecture du 7ème bulletin de la Grande Armée, par Boilly. Sitôt la bataille finie, Napoléon rédige lui-même ses communiqués qui doivent être largement diffusés, partout en France. Pour exemple, le 18ème bulletin fut imprimé à 35000 exemplaires en une seule journée.

Mais ce serait une erreur que de sous estimer l’impact qu’ont eu ces bulletins sur la population française. Tant que les armées impériales étaient victorieuses sur les champs de bataille européens, les Français y puisaient un sentiment de fierté que l’expression populaire menteur comme un bulletin ne semblait pas troubler.

 

La manipulation des Bulletins

Ces Bulletins, rédigés sous la dictée de l’Empereur, annonçaient aussi bien les victoires que les défaites, même si celles-ci étaient annoncées parfois de façon prématurée. [4](3) Cf. Historia pp 127-128. Il ne s’agissait pas tant de mentir aux Français que de manipuler la vérité afin de cacher l’ampleur des réalités. Les récits ne sont nullement objectifs, et les pertes généralement revues à la baisse pour les Français.

Les manipulations répondaient à différentes attentes. Les Bulletins doivent bien évidemment mettre en avant les exploits militaires de l’Empereur, qui ne manquèrent pas au cours de ses nombreuses campagnes. Mais son image devait passer avant celle d’autres officiers. Ainsi le Bulletin du 15 octobre 1806 relatant la victoire de Iéna laisse-t-il dans l’ombre l’exploit de Davout à Auerstaedt qui mit en déroute une armée saxonne trois fois plus nombreuse.

Ou de passer sous silence des événements dramatiques en ne mettant à l’avant que les succès. En 1805 par exemple la victoire d’Austerlitz supplanta le désastre de Trafalgar. Ou encore l’annonce de la bataille d’Eylau qui se garde bien de décrire les conditions de la victoire.

Avec les premières défaites, les Bulletins deviendront plus laconiques. La raison de la défaite de Leipzig en 1813 serait du, nous dit le Bulletin, à la faute d’un caporal qui aurait fait sauter un pont prématurément.

Jusqu’en 1814 le moral des Français tiendra. Avec l’invasion du territoire, la magie prendra fin. Ce qui s’explique certainement par le fait que tout au long du règne de Napoléon les esprits ont fait l’objet d’une longue opération de manipulation proche de l’endoctrinement.

 

Une culture dirigée

Traditionnellement approprié par les souverains de l’Ancien Régime, l’art est naturellement apparu pour Napoléon comme le moyen de diffuser son image ou tout au moins celle dont il voulait que son peuple ait à l’esprit.

Mais pour relayer cette image encore fragile il lui fallait s’appuyer sur les publications, journalières, poétiques ou théâtrales, expurgées de tout élément perturbateur.

 

L’épée et le pinceau

Napoléon fut confronté dans un premier temps au classicisme auquel étaient habitués les artistes. Ce qui explique que cette propagande par l’image fut longue à se mettre en place. Les premières œuvres représentaient Napoléon sous les traits de héros mythologiques. Cet art, qu’il qualifiait lui-même de trop allégorique demeurait difficilement compréhensible, pour ne pas dire hermétique, pour la majorité des français.

Aidé par Dominique Vivant Denon, directeur des musées, Napoléon instaura un véritable art d’Etat, un mécénat à la gloire du régime impérial. S’immisçant au plus profond des œuvres, il allait jusqu’à commenter et imposer aux artistes les scènes devant être peintes, mais également comment celles-ci devaient être organisées.

La sublimation du héros suivi une évolution dans ses représentations, devant conduire à une quasi-déification.

Le Napoléon au pont d’Arcole peint par Gros représente encore le héros de la Révolution. Le jeune général, cheveux aux vents, brandissant le drapeau de la quatrième demi-brigade d’infanterie de ligne, marche à la tête de ses hommes, décidé à en finir avec ses damnés autrichiens.

Durant les trois jours que durera la bataille, le général ne démérita pas, en ce sens le tableau retranscrit parfaitement son courage et sa détermination. Mais ce qu’il ne montre pas en revanche est le fait que le pont ne fut jamais franchi par les troupes françaises, et qu’assailli par les feux ennemis, le Général tomba dans le canal qu’enjambait le pont.

Mais déjà à cette époque, les gravures de la traversée du pont s’étaient arrachées, faisant du Général Vendémiaire le héros de la France.

Plus tard, pour commémorer le passage du Grand Saint Bernard, le premier Consul dira à David :

« Peignez moi calme, sur un cheval fougueux. »

A la remise des aigles, Napoléon devient le gendre des Césars, dans une scène aux inspirations antiques peinte par David

Mais c’est certainement avec les pestiférés de Jaffa que transparaît véritablement pour la première fois l’aspiration divine.

Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa lors de la campagne de Syrie, détail du tableau de Gros. Bien que victorieuse devant Gaza et Jaffa, l’armée française se trouve bientôt confrontée à un ennemi invisible, la peste. Méprisant la contagion, le général Bonaparte se rend auprès des soldats malades, accompagné des généraux Berthier et Bessières.

Le peintre ayant représenté le général Bonaparte, ému, touchant les écrouelles de ses malheureux soldats frappés par la peste lors du siège de Jaffa, pendant la campagne d’Egypte. Par cette œuvre, l’auteur lui approprie les qualités vertueuses des rois de France qui, dit-on, avaient le pouvoir de guérir par le simple touché [5]Ce tableau de Gros répondait également aux calomnies qu’avaient commencé à lancer les anglais sur le comportement du général lors de la campagne. .

Napoléon n’est plus le gendre des Césars, il devient un élu de Dieu, dont la consécration sera donnée par la cérémonie du sacre. La République s’est effacée devant la Monarchie de droit divin. Puis, c’est tel un Dieu que le représentera Mauzaine, gravant le Code Civil sur les tables de Loi. Ces mêmes lois qu’il imposera à l’Europe

« l’Empire romain imposait ses lois aux peuples vaincus, dira t-il, pourquoi la France n’en ferait pas autant ?« 

Mais si Napoléon s’est attaché à cette grandeur il n’en délaissera pas pour autant ses liens avec le peuple.

 

Un Dieu à visage humain

Cette propagande, dont l’unique objet visait la gloire d’un seul homme, s’employait également à faire naître des liens entre l’homme d’Etat d’apparence inaccessible, et la population à laquelle il restait attaché.

C’est une fois de plus dans le cadre de l’armée que l’Empereur est perçu comme un homme à l’écoute de ses soldats. Les tournées de bivouac, illustrées par le tableau La veille de la bataille de Wagram d’Adolf Roehn, sont fréquentes. Napoléon s’adresse à ses hommes de façon familière. Mais ce n’est pas tant l’armée qu’il faut convaincre du caractère d’un homme qui commence à être attaqué par une image détestable distillée par les alliés.

La bataille d’Eylau peint par Gros nous donne un aperçu de cette humanité. Regardant autour de lui et ne voyant que mort et désolation, l’Empereur demanda que l’on secoure tous les blessés, qu’ils soient français ou russes.

Napoléon sur le champ de bataille d’Eylau, par Gros

Un soldat russe, reconnaissant pour ce geste, s’agenouilla devant son cheval. Il s’agit, nous dit Jean Tulard parlant de la propagande napoléonienne, d’amener le citoyen à un état de communion et de dévouement avec le chef de l’Etat. Mieux même, de foi totale à sa personne, en cet individu qui ne peut plus rien avoir de commun avec le simple mortel et qui devient légendaire.

En glorifiant son armée c’est lui-même qu’il honore. Il était donc nécessaire de lui rendre également hommage, magnifique jusqu’au sacrifice ultime.[6]Ce tableau de Gros répondait également aux calomnies qu’avaient commencé à lancer les Anglais sur le comportement du général lors de la campagne.

Le dévouement de l’armée est d’autant amplifié que le soldat de base ressent que son chef subit les mêmes risques que lui, en allant au combat [7]De ce courage lui est venu le surnom de petit Caporal, donné par les soldats de l’Armée d’Italie en 1796, constatant qu’il se portait au feu avec autant d’élan que n’importe … Continue reading . Il partage également leurs peines lors de la retraite de Russie. Ce côté si humain le rend insaisissable, ce grand héros est capable de pleurer sur le sort de ses hommes.

A une époque où la vie économique et sociale était rythmée au son des canons de l’hôtel des Invalides, toute fausse note provoquera des dépressions [8]Voir sur ce site, du même auteur, « La France, l’Angleterre et le Blocus Continental » . Les images sont là pour rappeler la gloire qui peut pour un temps faire défaut. Mais le seul juge demeure le peuple français.

 

Deuxième partie

 

References

References
1 Voir sur l’état de l’armée française pendant la première Campagne d’Italie « La Fureur de Vaincre » d’Yves Amyot, ainsi que « Victoires, conquêtes, désastres et guerre civiles … » de Panckoucke.
2 Le journal  Le Moniteur fut créé en 1789 par Charles Edouard Panckoucke, et fut érigé en 1799 en porte parole officiel après le 18 Brumaire.
3, 4 (3) Cf. Historia pp 127-128.
5 Ce tableau de Gros répondait également aux calomnies qu’avaient commencé à lancer les anglais sur le comportement du général lors de la campagne.
6 Ce tableau de Gros répondait également aux calomnies qu’avaient commencé à lancer les Anglais sur le comportement du général lors de la campagne.
7 De ce courage lui est venu le surnom de petit Caporal, donné par les soldats de l’Armée d’Italie en 1796, constatant qu’il se portait au feu avec autant d’élan que n’importe lequel de ses soldats.
8 Voir sur ce site, du même auteur, « La France, l’Angleterre et le Blocus Continental »