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Marie Walewska (1789-1817)

Une femme charmante, un ange !

C’est bien d’elle qu’on peut dire que

son âme est aussi belle que sa figure

(Napoléon, à Sainte-Hélène)

 

 

Les rumeurs concernant l’arrivée prochaine de l’empereur Napoléon s’amplifiaient constamment. L’attention de tous et chacun se tournait vers le grand homme et la crise politique, dans l’espoir qu’il réglât cette dernière en faveur de la Pologne.

Cherchant à toucher son cœur, la population manifesta son patriotisme de diverses manières. Cet émoi m’emporta au même titre que les autres et, conséquemment, je pris une décision irréfléchie. Accompagnée d’une cousine, je partis à sa rencontre pour tenter de l’apercevoir. Cette imprudence allait changer ma destinée.

Vêtues de costumes simples, ma cousine et moi montâmes dans un fiacre dès que les courriers annoncèrent que sa Majesté n’était qu’à une étape de Blonie. Je plongeai sans réfléchir dans cet enthousiasme, cet emportement frénétique qui s’emparait de tous. Chaque citoyen polonais désirait montrer ses sentiments à l’homme que l’on considérait déjà comme le sauveur de notre patrie.

La route était encombrée de troupes, de bagages, de courriers. Notre fiacre gardait difficilement son équilibre. En dépit de tout, nous poussâmes le cocher à se hâter.

Les questions fusaient sans cesse. « L’Empereur est-il encore loin ? », demandions-nous constamment. À notre arrivée à Blonie, nous vîmes une foule très nombreuse et des chevaux de relais piaffant d’impatience. Tout cela, naturellement, indiquait l’arrivée imminente de Napoléon.

Comme nous étions deux femmes seules, sans un homme pour nous protéger, nous fûmes pressées, poussées et presque étouffées. Dans cette situation désespérée et dangereuse, je craignis de ne point voir le triomphe qui me tenait tant à cœur. C’est à ce moment que nous entendîmes le bruit de son fiacre et les acclamations de la foule venue l’accueillir.

Profitant d’un instant de silence, je lançai un cri de détresse à un officier français de haut rang devant qui la foule s’écarta. Je tendis les bras vers lui et criai en français d’une voix suppliante : « Ah Monsieur, aidez-moi à me dégager d’ici et laissez-moi le voir, ne serait-ce qu’un instant ! »

Il me vit et, souriant, prit ma main et mon bras. À ma grande surprise, il me conduisit à la porte même de la voiture de l’Empereur. L’Empereur était assis près de la fenêtre et ce galant officier nous présenta en disant : « Voyez, sire, cette belle dame a affronté les dangers de la foule pour vous. »

Napoléon se pencha et souleva son chapeau en disant des paroles que, dans mon émoi, je ne compris point. Je parvins à articuler, d’une voix entrecoupée : « Soyez le bienvenu, mille fois bienvenu dans notre pays. Nous ne pourrons jamais exprimer avec assez de force toute l’admiration que nous éprouvons pour vous ainsi que notre joie de vous voir sur la terre de nos pères. Nous attendions que vous vinssiez nous sauver. »

J’étais comme en transes, mais l’éclat de mes sentiments se traduisit facilement en mots. Timide comme je suis, comment y étais-je parvenue ? Je ne sais pas. Et comment avais-je trouvé la force d’exprimer ma pensée ?

Je remarquai que Napoléon m’observait attentivement. Il prit un bouquet dans le fiacre et me l’offrit en disant : « Gardez ces belles fleurs en gage de mes bonnes intentions. Nous nous reverrons, je l’espère. Peut-être à Varsovie où j’attendrai que vous veniez me remercier. »

L’officier haut gradé retourna rapidement à son siège au côté de l’Empereur et la voiture s’éloigna rapidement. Mais le grand homme continuait de me saluer du chapeau.

Je restai immobile, à le regarder disparaître au loin, mes mains serrant le bouquet contre mon cœur, mon esprit empli de mille nouvelles pensées. Je me souviens d’avoir pensé : « Est-ce un rêve ? Ai-je réellement vu et parlé au grand Napoléon, le grand Napoléon qui m’a donné ce souvenir, si flatteur pour mes espérances, un gage qui vaut plus à mes yeux que toutes les richesses du monde ? » Ma compagne me donna des coups de coude et me poussa pour me ramener à la réalité.

Nous quittâmes Blonie, n’atteignant la maison que tard en soirée. Je me mis au lit épuisée d’émotions, mais comblée de bonheur.

Varsovie était en effervescence. Aucun cœur ne pouvait rester insensible à tant d’enthousiasme. Une étincelle d’amour, d’espérance et d’honneur national s’était transformée en brasier, consumant la population entière, toutes classes et tous âges confondus. Les petits enfants sautaient de joie, tous patriotes de naissance… Comme nous étions heureux ! Nous pensions que par sa seule présence, Napoléon avait libéré notre patrie pour toujours et nos cœurs battaient de joie.

J’appris que l’Empereur avait dîné avec le comte, qui avait invité l’élite des dames de haut rang. Merveilleusement belles et spirituelles, elles faisaient honneur à notre pays en déployant leur charme radieux. Quant à moi, satisfaite d’avoir fait mon devoir patriotique bien avant les autres, flattée d’avoir retenu son attention pour un moment et d’avoir reçu de lui une promesse précieuse et un gage, je restai assez modeste pour cacher mon triomphe, le savourant en silence et dans la solitude.

Mais ma compagne agit bien différemment. Elle ne garda point notre secret. Un matin peu après, j’étais à peine levée que je reçus un message d’un des plus importants gentilshommes de notre communauté, me demandant le moment le plus opportun pour me rendre visite. Vivement étonnée d’une requête si matinale, je lui fis répondre que je le verrais à midi.

Il se présenta à l’heure dite et s’adressa à moi dans les termes les plus avenants et fervents.

« Madame, je suis venu vous demander pourquoi vous ne vous êtes pas prévalue de l’occasion d’accepter l’admiration de notre auguste invité, puisque vous êtes l’une des plus belles fleurs de notre pays. Sans mentionner le plaisir que j’aurais moi-même éprouvé à vous voir de près. Dorénavant, nous devrions nous dévouer entièrement à rendre plaisant et agréable le séjour de ce grand homme sur qui se fondent tous nos espoirs. C’est pourquoi je suis venu vous implorer de ne plus vous cacher, et d’accepter une invitation au bal que je donnerai chez moi. Je présume que vous n’avez pas besoin d’être annoncée. »

 

Il sourit et ajouta : « Nous savons tout, Madame. »

J’étais assez déconcertée par son rire espiègle, je rougis. Je ne voulais pas montrer que j’avais compris ce qu’il insinuait.

« Allons, allons, trêve d’humilité. Ne cachez plus votre charme. Votre secret a été trahi et je vous dirai comment j’ai fait pour connaître votre brillante conquête. Vous devez savoir que jeudi soir dernier, il a dîné au palais. Le comte avait placé autour de la table les plus belles et plus brillantes dames de notre société. Le grand homme a été charmant avec chacune d’elles, mais nous avons remarqué que son attention se fixait plus particulièrement sur la jeune princesse. Heureux d’avoir perçu ce qui semblait une préférence, nous lui avons offert le plaisir de la voir à toutes les festivités données en son honneur. Mais, imaginez ma surprise quand un des officiers de Napoléon me dit : « Il faut admettre que vos dames sont remarquablement supérieures sous tous les angles. Quand l’Empereur est revenu de la réception l’autre soir, il m’a confié ceci : ‘N’avez-vous pas remarqué, Duroc, que les plus belles fleurs auraient pâli en comparaison de cette assemblée de femmes attrayantes… mais qu’est-il arrivé à la jeune femme à qui j’ai remis le bouquet à Blonie?’ Il regrette encore de ne pas l’avoir trouvée. »

 

La comtesse Marie Walewska (née Laczinska) est née en 1786. À l’âge de 18 ans, elle marie le comte Athenase Walewski, de plusieurs années son aîné. Elle lui donne un fils en 1805.

Durant l’occupation de la Pologne par les Français, elle rencontre Napoléon et est poussée par ses amis patriotes à devenir sa maîtresse, ce qu’elle est peu disposée à faire de primes abords. Cependant, elle donne finalement son accord, espérant influencer l’Empereur pour qu’il traite la Pologne avec justice.

Napoléon et la comtesse tombent amoureux l’un de l’autre et la comtesse devient sa compagne fidèle et aimante. Le 4 mai 1810, elle lui donne un fils, Alexandre Walewski, qu’il fait comte et à qui il laissera plus tard des biens importants, y compris la propriété d’un immeuble au No 48, rue de la Victoire, lequel sera une source de revenus pour la mère.

Marie Walewska demeure fidèle à Napoléon jusqu’à son exil à Sainte-Hélène. En septembre 1816, elle marie un cousin éloigné de Napoléon, le comte Philippe-Antoine D’Ornano. Elle meurt en couches en 1817 et son cœur est placé dans la crypte des d’Ornano au cimetière du Père Lachaise. Son corps sera retourné en Pologne. Après la mort de la comtesse, son fils, le comte Alexandre Walewski, effectue de solides études, étant devenu le pupille de son frère, un officier de l’armée française. Plus tard, il s’allie aux Orléanistes, joint la Légion étrangère et sert en Afrique du Nord. C’est à cette époque qu’on lui accorde la citoyenneté française.

À son retour en France, il devient ami et collègue d’Adolphe Thiers. Il est nommé ministre à Copenhague juste avant le coup d’état de Louis Napoléon. Toutefois, avant même qu’il n’entre dans ses fonctions, le nouveau gouvernement nomme le comte Walewski ministre à Londres, où il œuvre à la réalisation de l’entente diplomatique entre les deux gouvernements. Cette entente conduira à la visite de Louis Napoléon en Angleterre et à celle de Victoria en France. En Angleterre, le comte Walewski marie Catherine-Caroline Montague, dont le père était le sixième duc de Sandwich. Elle meurt en couches.

Au cours d’une affectation diplomatique à titre d’ambassadeur en Italie, le comte Walewski marie une Italienne, Marie-Anne de Ricci, dont la famille était reliée au Prince Poniatowski. Leur fils, lieutenant-colonel de l’armée française, meurt au cours de la Première Guerre mondiale, sans laisser de descendance.

Entre ces mariages, le comte Walewski entretient une longue liaison avec la grande actrice Rachel Félix. Leur fils naît à Marly-le-Roi en 1844 (mort en 1898). La descendance actuelle des distingués Walewski est issue de cette lignée.

Le comte Walewski a été très actif dans la politique française. Il a été nommé sénateur et, à la mort du duc de Morny, il devint président de l’Assemblée. Il a été membre de l’Académie des beaux-arts. Il est décédé d’une attaque cardiaque à Strasbourg en 1868. 

A Varsovie, en 1807, Napoléon tombe amoureux d’une aristocrate polonaise, la comtesse Walewska. Elle lui donne un fils, Alexandre, et lui reste fidèle et dévouée jusqu’à l’exil.

A l’âge de 18 ans, Marie Laczinska épouse le comte Athénase Walewski, de très loin son aîné, dont elle a un fils en 1805. Deux ans plus tard, en janvier 1807, elle fait la connaissance de l’Empereur des Français. La comtesse Walewska a relaté leur rencontre dans son journal : « Napoléon ôta son chapeau, se pencha vers moi, je ne sais ce qu’il me dit alors car j’étais trop pressée de lui exprimer ce dont j’étais pénétrée : « Soyez le bienvenu, mille fois le bienvenu sur notre terre ! Rien de ce que nous ferons ne rendra d’une manière assez énergique ni les sentiments d’admiration que nous portons à votre personne ni le plaisir que nous avons à vous voir fouler le sol de cette patrie qui vous attend pour se relever ! »

(…) Napoléon me regardait attentivement et prit un bouquet qui se trouvait dans la voiture et, me le présentant, dit : « Gardez-le comme garant de mes bonnes intentions, nous nous reverrons à Varsovie, je l’espère, et je recevrai un merci de votre belle bouche !  »

L’Empereur la remarque à nouveau lors d’une de ces fêtes somptueuses données par la noblesse polonaise. ll n’a de cesse de la revoir. A 22 ans, Marie Walewska, blonde, les yeux bleus, attise les passions. Les amis patriotes de la comtesse la poussent à devenir sa maîtresse, ce qu’elle commence par refuser. Mais elle cède finalement dans l’espoir d’amener l’Empereur à un traitement équitable de la Pologne.

« Son caractère charmait l’empereur, et la lui faisait chérir tous les jours davantage », raconte Constant Wairy. Leur liaison est passionnée. Pendant ce temps, Joséphine se morfond à Mayence.

L’idylle cesse provisoirement lorsque Napoléon prend le commandement de son armée pour la campagne d’Eylau. Le 4 mai 1810, Marie Walewska donne un fils à Napoléon, Alexandre Walewski .

La comtesse polonaise demeure fidèle au souvenir de Napoléon jusqu’à son exil à Sainte-Hélène. Elle demeure dans l’ombre, n’apparaissant que dans les moments pénibles. Elle vient discrètement à l’île d’Elbe pour réconforter l’Empereur en disgrâce.

En septembre 1816, elle épouse un cousin éloigné, le comte Philippe-Antoine d’Ornano. Elle meurt en couche en 1817. Son coeur est placé dans la crypte de la famille d’Ornano au cimetière du Père Lachaise, à Paris, et son corps est ramené en Pologne.

Mais il convient de ne pas ranger le « cas Marie Walewska » dans la rubrique des passades, et il faut s’y attarder un peu, car rien, dans cette affaire, n’est banal, ni la manière dont elle fut conduite à l’origine, ni son issue dont aucun de ses instigateurs ne se doutait.

Une aristocrate polonaise de haute et ancienne lignée, la comtesse Potocka (cf. chapitre 30) a décrit la jeune femme :

« Délicieusement jolie, elle réalisait les figures de Greuze ; ses yeux, sa bouche, ses dents étaient admirables. Son rire était si frais, son regard si doux, l’ensemble de la figure si séduisant, qu’on ne pensait jamais à ce qui pouvait manquer à la régularité de ses traits. »

Napoléon et Marie Walewska (Napoleonic Society)

Napoléon dans une attitude familière : main dans le gilet et le dos au feu.
Mais est-ce bien ainsi qu’il reçut Marie Walewska ?

Une grande et fidèle admiratrice de Napoléon, la comtesse saxonne Charlotte de Kielmannsegge, évoque, elle, les « premiers pas » de Marie Walewska auprès de Napoléon :

« Un jour, le prince Poniatowski me raconta dans quelle circonstance l’Empereur et la comtesse Walewska avaient fait connaissance : elle habitait près de Varsovie, avec son mari, beaucoup plus âgé qu’elle, un petit manoir où la propreté laissait fort à désirer. Le prince de Neuchâtel [Berthier] et son état-major s’y étant installés, la comtesse dut leur céder la place et s’accommoder de la ferme voisine. La cour qui la séparait du “château” était pleine d’immondices et de flaques d’eau. Un jour, au moment où la comtesse allait s’y engager, M. de Flahaut, un des aides de camp, l’aperçoit, accourt, et la prenant dans ses bras, la porte de l’autre côté. Quelque temps après, le comte et la comtesse assistaient au bal donné par la ville en l’honneur de l’Empereur. D’une nature timide, elle se sentait toute dépaysée au milieu de ces brillants uniformes et de ces éblouissantes toilettes. L’Empereur la remarqua, et sans lui dire un mot, dansa avec elle. Le lendemain et les jours suivants, le maréchal Duroc l’invita chez l’Empereur. En même temps, un ordre enjoignait à l’état-major du prince de Neuchâtel de s’abstenir de toute visite chez la comtesse. »

 

« GRACIEUSE AUTANT QUE FEMME PEUT L’ÊTRE… »

La description physique de la jeune femme faite par la comtesse Potocka se retrouve plus sobrement évoquée sous la plume de Mme de Kielmannsegge :

« J’eus peu de rapports avec Mme Walewska, qui me produisit cependant l’impression d’une personne au cœur très tendre, mais d’influence nulle. Quand je la vis pour la première fois, elle ne me parut pas d’une beauté exceptionnelle, néanmoins, plus je l’observais, plus je m’apercevais qu’elle était gracieuse autant que femme peut l’être. Elle n’était pas précisément grande, mais elle avait la taille bien prise, les cheveux blonds, le teint clair, la figure pleine, un sourire extrêmement agréable et un timbre de voix qui la rendait sympathique aussitôt qu’elle parlait ; modeste et sans prétention, très réservée dans ses gestes et toujours très simple dans sa toilette, elle avait comme femme tout ce qu’il faut pour plaire et être aimée. »

Si, comme on le dit, la « manœuvre » consistant à faire se rencontrer la jeune comtesse Walewska et Napoléon pour le salut de la Pologne a été montée par Poniatowski, celui-ci devait être fin psychologue et connaître le penchant de l’Empereur pour les « femmes bonnes, naïves et douces », comme il l’avait écrit de Berlin à l’Impératrice Joséphine, car Marie Walewska répondait à tous ces « critères ».

N’en doutons pas : au début, Napoléon ne vit certainement dans cette jeune femme fragile qu’une bonne fortune de plus, et, assez maladroitement, il lui fit tenir des billets, vraisemblablement sans équivoque, qui, à juste titre, durent la blesser puisqu’elle commença par refuser toutes les invitations qui lui étaient transmises.

Marie Walewska
Marie Walewska (1789-1819), que l’on surnomma « l’épouse polonaise de Napoléon ».

FIDÈLE JUSQUE DANS L’ADVERSITÉ ET LE RENIEMENT

 

C’est alors que la machination sordide, ouvrage, notamment – ce qui n’est pas à son honneur – du prince Poniatowski, si attachant par ailleurs, se mit en route, sous la forme d’une intervention directe des chefs de la Pologne qui, sans aucune vergogne, osèrent écrire à la jeune femme ces mots :

« Pour servir votre patrie, il y a des sacrifices que vous devez vous imposer, même s’ils vous sont pénibles. Croyez-vous qu’Esther [ jeune Juive déportée à Babylone, qui devint, d’après le livre biblique qui porte son nom ( IIe s. av. J.-C.), reine des Perses et sauva les Juifs du massacre] se soit donnée à Assuérus par un sentiment d’amour ? Elle s’est sacrifiée pour sauver sa nation et elle a eu la gloire de la sauver. Puissions-nous en dire autant pour votre gloire et notre bonheur. »

Et, malheureusement pour elle, la jeune comtesse était patriote.

Elle finit donc par accepter le triste marché, dont nous connaissons tous la suite : Marie Walewska s’attachera très sincèrement à Napoléon, lui donnera un fils, et se prendra à l’aimer. Pendant toute la duré de l’Empire, elle restera dans l’ombre, pour ne réapparaître que dans les moments pénibles, lorsque l’Empereur, le temps des revers venu, sera abandonné et trahi de tous.

Elle ira ainsi le voir à l’île d’Elbe, et lui rendra même visite à Malmaison après le désastre de Waterloo.

Quant à lui, il aimera tout aussi sincèrement cette jeune femme constante, désintéressée et sensible qu’il appelait sa « bonne Marie », et qui le méritait si bien.