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Leontii Leontievich Bennigsen (1745 – 1826)

Portrait de Bennigsen par Peter Edward Ströhling

Levin August Gottlieb Theophil (Leonty Leontyevich), comte von Bennigsen, naît le 10 février 1745, à Brunswick, au sein d’une famille noble du Hanovre. Son père, qui est colonel des Gardes, le fait entrer, à l’âge de 10 ans, dans le service des pages. Quatre ans plus tard, il il reçoit une commission d’enseigne dans les Gardes. En 1763, il est capitaine, et participe à la campagne finale de la Guerre de Sept-Ans. L’année suivante, son père meurt. Lui-même se marie avec la baronne Steimberg. Il décide alors de quitter le service, quelque peu désillusionné par la carrière militaire. Il est alors considéré comme un officier sans compromissions. Retiré dans ses terres de Banteln, il semble qu’il gaspille alors son héritage. Après le décès prématuré de son épouse, il retrouve, brièvement le service du Hanovre, mais cherche rapidement un emploi au service de la Russie. .

Ceci se réalise en 1773. Il est nommé premier major au sein du régiment de mousquetaires Vyakta. Durant la guerre russo-turque, il sert dans le régiment de mousquetaires Narva, où les généraux Rumyantsev et Saltykov le remarquent. Il est promu lieutenant colonel en janvier 1779, au régiment de cavalerie légère Kiev. En 1787, il est colonel du régiment du régiment de cavalerie légère Isumsk, avec lequel il combat à à Ochakov et Bender. Un an plus tard, il est promu brigadier.

De 1792 à 1794, Bennigsen prend part aux opérations contre les insurgés polonais. Le 9 juillet 1794, il est nommé major général  et reçoit, le 24 septembre, l’Ordre de saint-Georges (3e Classe) . Une année plus tard, il est à la tête d’une brigade, à Vasilkov. Après un court passage à saint-Petersbourg, il prend part, en 1796, à la campagne  de Perse, sur les bords de la Caspienne, combattant en particulier à Derbent.

Lorsque Paul Ier monte sur le trône, Bennigsen est nommé, le 14 décembre 1796, commandant du régiment de dragons Rostov. Le 25 février 1798, il devient lieutenant général.

Tombé en disgrâce, Bennigsen est congédié du service le 11 octobre 1798; mais après le complot, dont on lui confie la direction, qui conduit  à l’assassinat, en 1801, de Paul Ier, il reprend du service à  l’avènement d’Alexandre Ier. Appelé au gouvernement militaire de Wilna et inspecteur de la Lituanie, il vient s’établir à Wilna. le 23 juin 1802, il est promu général de cavalerie (avec antériorité au 4 décembre 1799 !). Il reste à Wilna, jusqu’au commencement de la campagne de 1805 contre les Français. Chargé alors du commandement d’un corps de réserve de 48.000 hommes, stationné entre Taurrogen et Grodno. Il ne peut arriver à temps à Austerlitz. Il retourne en Russie, et est employé l’année suivante en Pologne.  Malgré ses efforts, il ne réussit pas à couvrir Varsovie, et est contraint de l’abandonner.

Lorsque, au début de 1807, Kamensky est rappelé, Bennigsen est nommé, le 13 janvier, général en chef de l’armée russe. C’est lui qui dirige les opérations à Pultusk et à Preussich-Eylau ; après cette dernière bataille, qu’il annonce au tsar comme une brillante victoire russe, il est décoré de l’Ordre de Saint-Georges, deuxième classe. Il commande ensuite les troupes russes à la bataille de Friedland. Il sera présenté à Napoléon, par l’empereur de Russie, à la suite de l’entrevue de Tilsit. Mais le 9 juillet, le tsar le démet de son commandement. Il restera en exil jusqu’en 1812 : le 8 mai, il reçoit l’ordre de rejoindre l’armée russe. Un moment, on pense à lui pour commander en chef celle-ci, mais c’est finalement Kutuzov qui sera choisi.  Il est, à la place, nommé chef d’état-major. Après la bataille de la Moskowa, il déconseille d’abandonner Moscou aux Français. Il se distingue ensuite à Tarutino, où il est blessé à la jambe.  Mais, ses désaccords avec Kutuzov s’amplifiant, il est congédié à la fin de 1812.

En 1813, le commandement de l’armée russe de Pologne est confié à Bennigsen. Il est à Lutzen, Bautzen et Leipzig. Il met ensuite le siège devant Torgau et Magdebourg.

Le maréchal Davout s’étant renfermé dans Hambourg, avec des forces considérables, Bennigsen met le blocus devant la ville, sans réussir toutefois à forcer le général français à capituler. Davout restera en fait dans Hambourg jusqu’après le retour de Louis XVIII à Paris. Bennigsen peut alors enfin occuper la ville et est décoré de l’ordre de Saint-Georges, première classe.

Alors qu’il est à la tête d’une puissante armée sur les frontières de la Turquie, Bennigsen est rappelé, pendant les Cent-Jours, en Pologne et à Berlin, puis il retourne ensuite à son gouvernement du sud de la Russie. En mai 1816, il se trouve à Tulzin, près de Hambourg, et y reçoit du roi de France la grand’croix de la Légion d’honneur.

Le comte de Bennigsen meurt dans sa terre de Bauteih, en Hanovre, le 3 octobre 1826, âgé de 81 ans.