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Historiques – 1er hussards – Le Consulat et le Premier empire

Écusson du 1er Hussard
Écusson du 1er Hussard

L’Empereur a témoigné sa satisfaction au 1er de hussards (Bulletin de la Grande Armée – 1806)

« Aultre ne veut »

 Lion pour les combats, aigle pour la victoire
Tel, du 1er hussards, est le résumé de gloire

Levé en 1720, les Hussards de Bercheny, deviennent 1er régiment de Hussards en 1791. Dès les débuts de la Révolution, le régiment se montre peu enclin aux idées nouvelles. En effet, le régiment, majoritairement composé d’étrangers, fond en mars 1791, lorsque 365 hussards hongrois et allemands émigrent avec le colonel. 

Malgré cette désertion massive, le régiment n’est pas dissout et est placé à l’armée du Nord. Mais, le 8 mai 1792, le nouveau colonel, 26 officiers et 169 hommes, suite à des menaces des représentants de l’Assemblée contre les officiers nobles, émigrent ; ce qui n’empêche pas le régiment de combattre valeureusement à Valmy (20 septembre 1792), Nerwindeen (18 mars 1793) et de charger à Jemmapes (6 novembre 1792) et Andrelecht. Si le régiment sauve son honneur par ces brillants combats, le 4 avril 1793, des hussards du 1er régiment, sans doute assez modérés, indignés de voir les commissaires de la Convention menacer Dumouriez, les capturent et en compagnie du général félon, passent à l’Autriche. Indignée, la Convention prévoit de supprimer ce régiment qui par trois fois à trahi la France. Mais, grâce au soutien de son lieutenant colonel, le régiment est épargné et aux 200 derniers hussards restés fidèles au dépôt sont amalgamés, le 30 avril 1793, cent hommes des Dragons de la Montagne, deux escadrons de volontaires de cavalerie légère du Calvados, cent hommes du 26e régiment de cavalerie et d’une compagnie de huhlans-flanqueurs. Si le régiment doit survivre, il ne combattra plus sur le Rhin.

Durant l’automne et l’hiver 1793-94, le cloître de Brou, à Bourg, abrite le 1er Hussards [1][1]. Il prend une part active à la répression fédéraliste lyonnaise et s’y montre féroce avec les ennemis de la République. Bien que leur ferveur révolutionnaire ait été jugé douteuse le 1er nivôse An II par le représentant du peuple Gouly, les hussards du 1er régiment se montrent d’un grand zèle quand il s’agit de seconder les sans-culottes de Bourg dans leurs expéditions rurales, tant et si bien, que le jour de leur départ, l’agent national du district de Bourg Rollet-Marat, à la société des sans-culottes de Bourg le 21 Pluviôse An II,  demande à ce que l’on conserve à Bourg “ les braves hussards qui se sont très bien conduits et qui méritent de la part des sans-culottes beaucoup d’égard ”[2]

 

Colonels et chefs de brigade
1792-1815

1792: Stengel (Henri-Christian-Marie de) – Colonel
1792: Nordman (Joseph-Armand) – Colonel
1793: Glad (Phillipe) – Chef de Brigade
1795: Bougon-Duclos (Louis-Jean-Charles) – Chef de Brigade
1796: De Carowe (Antoine-Henri) – Chef de Brigade
1797: Picard (Joseph) – Chef de Brigade
1803: Rouvillois (Phillipe-Augustin) – Colonel
1807: De Juniac (Jacques-Begougne) – Colonel
1810: Merlin (Antoine-François-Eugene) – Colonel
1813: Clary (François-Joseph-Marie) – Colonel
1814: Oudinot (Nicolas-Charles-Victor) – Colonel
1815: Clary (François-Joseph-Marie) – Colonel
(Source : Tony Broughton)

Le régiment est envoyé à l’armée des Pyrénées Orientales où il fait des prodiges, éclairant, capturant en 7 batailles, 60 combats et 400 escarmouches 14 drapeaux, 20 canons et 10 000 soldats ennemis. Le 4 mai 1795, un maréchal des logis et un hussards s’emparent de deux canons. 

Des Pyrénées, il passe en Italie, où il combat à Mondovi [22 avril 1796), Lodi (10 mai 1796) , où il capture 6 canons, Rovereto (4 septembre 1796), où il fait 500 prisonniers, capture 1 drapeau et 7 canons, Arcole (15-17 novembre 1796), la Favorite , Alexandrie et Novi (15 août 1799).  

Le 14 juin 1800, un escadron du 1er hussards fait partie de la cavalerie de la division Desaix, à Marengo.

A partir du 19 février 1802, le 1er escadron devient compagnie d’élite. 

Au 1er janvier 1803, le régiment compte 39 officiers et 488 hommes de troupe pour 54 chevaux d’officiers et 309 chevaux de soldats. Il est cantonnés à Bologne jusqu’en mai 1803 où les deux premiers escadrons sont à Ravennes et les deux derniers à Reggio. Le 1er août 1803, le régiment passe à l’armée d’Observation et cantonne à Modène jusqu’au 1er décembre où il passe dans le Royaume de Naples à Vigevano.

En 1804, le régiment reçoit 4 aigles et étendards modèle Challiot. 

En 1805, le régiment qui compte 600 hommes fait partie de la Brigade Dupré, Division Tilly, VIe corps d’armée maréchal Ney, avec lequel il fait la campagne d’Allemagne. Il est présent à Dürnstein, sous les ordres de Rouvillois (corps de Dupont) et ne sera donc pas à Austerlitz.

Officiers tués et blessés (1805-1815)

Tués : 5

Morts de leurs blessures : 6

Blessés : 57

(Sources : Tony Broughton)

Alors que le régiment rejoint la Grande Armée en 1806 et combat à Iéna (14 octobre – colonel Rouvillois – brigade Milhaud – division de cavalerie légère de la réserve de cavalerie Murat – NDLR), Eylau (7/8 février 1807 – division de cavalerie légère Lasalle, brigade Milhaud – NDLR), Heilsberg (10 juin 1807 – division de cavalerie légère Lasalle – réserve de cavalerie Murat – NDLR) et Friedland (14 juin 1807), ses aigles restent au dépôt dès septembre 1806. 

En 1808, le 1er hussard est à l’armée d’Espagne puis du Portugal. Il combat à Braga, Santillo, Sabugal et Monasterio. 

En 1812, 4 aigles (3 sont renvoyées) et Étendard modèle 1812 sont en service avec ULM IENA EYLAU. 

En 1813, le 1er escadron du régiment quitte la Péninsule et rejoint la Grande Armée. Le 1er escadron se bat à Juterbock, Leipzig (16/19 octobre 1813) et Hanau (30/31 octobre 1813). 

Batailles et combats
1792-1815

1792: Valmy, Jemmapes, Andrelecht
1793: Neerwinden
1794: Le Boulou
1796: Mondovi, Fombio, Lodi, Borghetto, Rivoli, Lonato, Castiglione, Alba, Roveredo, Bassano, Saint-Georges, Arcole
1797: Rivoli, La Favorite, La Piave, Tagliamento, Gradisca
1799: Paolo, Magnano, Valence, Alexandrie, San Giuliano, Novi
1800: Marengo
1805: Ulm, Austerlitz (?)
1806: Iéna
1807: Eylau, Heilsberg, Friedland
1809: Braga, de Santille
1811: Sabugal
1812: Monasterio
1813: (1er escadron), Juterbock, Leipzig, Hanau
1814: Mincio
1815: Namur

En 1814, le régiment fait partie de l’Armée d’Italie. Il se bat à Mincio. Si le régiment se fait remarquer sur tous les théâtres d’opération par sa bravoure, il se fait aussi remarquer par son courage avec les civils : dans la nuit du 25 au 26 février 1814, alors que les Autrichiens sont repoussés sur Genève, 

il s’est manifesté un incendie dans une maison du faubourg du Jura, qui a d’abord fait quelques progrès ; mais les secours des militaires et des pompiers ont été prompts et efficaces. Les hussards du 1er régiment, ci-devant Berchény, ont travaillé avec un zèle rare ; un d’entre eux, au péril de sa vie, à retirer des flammes un vieillard qui eût péri infailliblement, le plancher s’étant écroulé après. Cet acte de dévouement l’honore et l’auteur et le corps dont il fait parti » [3]

Sous la Première Restauration, il est renommé Hussard du Roi. 

En 1815 le régiment reçoit 1 aigle et étendard modèle 1815. Il est engagé à Namur. Son aigle est détruit à Bourges lors de la Seconde Restauration.  

Jérôme CROYET.

Docteur en Histoire, archiviste adjoint aux A.D. Ain

Conférencier à l’Université Lumière Lyon II

NOTES

(a) Le 1er régiment de hussards a pour filiation (de 1787 à 1815):

  • 1720 : Bercheny
  • 1791 : 1er régiment de hussards
  • 1814 : Hussards du Roi
  • 1815 : 1er régiment de hussards
  • 1815 : dissous

(source : Recueil d’Historiques de l’armée blindée et de la cavalerie – Général Andolenko – 1968 (NDLR)

(b) Un certain nombre de notes ont été ajoutées à cet article, basées essentiellement sur « Napoleon Wars Data Book – Digby Smith – Greenhill Books)

[1] Quelques années plus tard, en 1799, les 4e et 9e régiments de chasseurs à cheval, ainsi que le 1er régiment de hussards cisalpin, seront en caserne à Bourg.

[2]  A.D. Ain série L, ancien D7 des A.C. de Bourg. Registre de délibérations de la société des sans-culottes de Bourg.

[3] Journal de l’Ain, 27 février 1814. A.D. Ain.