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Ernst Friedrich Wilhelm Philipp von Rüchel (1754-1823)

Ernst Friedrich Wilhelm Philipp von Rüchel
Ernst Friedrich Wilhelm Philipp von Rüchel

Ernst Friedrich Wilhelm Philipp von Rüchel naît le 21 juillet 1754, à Zizenow (Poméranie). Il est le fils d’un officier, alors à la retraite. Ses trois frères aînés étant morts au champ d’honneur durant la Guerre de Sept-Ans, il était destiné à la prêtise, mais le père céda aux demandes de son jeune fils, l’autorisant à embrasser la carrière militaire. Le 14 janvier 1767, il entre dans les le corps des Cadets, à Berlin. Il en sort, en 1771 pour entrer dans le régiment d’infanterie von Strojetien (n° 27), qui tient garnison à Stendal. Le commandeur est un lointain parent, le major von Rüchel. Il devient enseigne en 1773, second lieutenant l’année suivante. Il passe peu après au régiment du général von Knobelsdorff, avec lequel il va participer à la guerre de succession bavaroise (guerre des pommes de terre). Il y apprend l’art des opérations. et se distingue au combat de Gabel.

Le Grand Frédéric
Le Grand Frédéric

En janvier 1787,il reçoit l’ordre de se rendre à Postdam. Après un long entretien avec le roi, celui-ci décide de le garder près de lui, et le nomme capitaine. Après la mort de Frédéric, son successeur Guillaume II le garde à son service, le nomme Major en 1787et lui confie, en 1788, la réorganisation de la formation militaire des nobles. En 1790, la guerre avec l’Autriche menaçant, il est envoyé en Silésie, pour s’occuper d’un corps d’observation. Il accomplit si bien sa tâche, que, lors de la visite du roi en Silésie, celui-ci le décore de l’ordre pour le Mérite et le nomme chef d’état-major général. Il est également appeler à conseiller le roi dans la réorganisation et rénovation de l’armée.

Lorsque la guerre avec la France est déclarée, en 1792, il accompagne le roi. Il est au siège de Longwy, puis reçoit la tâche d’arrêter Custine, qui menace Coblence.  Le 1er janvier 1793, il est promu colonel. Sa bravoure lors de la prise de Mayence lui vaut le grade de general-major. Le voilà à la tête d’une brigade, avec laquelle il est au siège de Landau. Le siège est levé le 27 décembre et Rüchel conduit une retraite heureuse dans le Frankental, durant laquelle il se montre un chef clairvoyant et un soldat valeureux, comme, en particulier, à la bataille de Kaiserslauten, le 23 mai 1794. La guerre terminée, il emmène son régiment (dont il a été nommé propriétaire) dans sa garnison d’Anclam, et reprend ses activités d’enseignement militaire.

Le roi de Prusse Frégéric-Guillaume III (Anton Graff)
Le roi de Prusse Frégéric-Guillaume III (Anton Graff)

Le 30 janvier 1796, Rüchel est appelé à Postdam, comme Commandeur du régiment de la Garde, commandant de la ville et inspecteur de l’infanterie s’y trouvant. Après la mort de Guillaume II, son successeur Guillaume III, qui a connu Rüchel  durant les campagnes du Rhin, continue de lui faire confiance, le nommant inspecteur général du corps des Cadets et de l’École militaire.  En ami 1797, il est nommé lieutenant général. Mais en 1805, sous l’influence du parti francophile de la Cour, il tombe dans une sorte de disgrâce et est envoyé à Königsberg. Un ordre du 17 août le nomme gouverneur de la ville ainsi que de Pillau et Memel, et inspecteur général de l’infanterie en Prusse orientale. Il a donc autorité sur toute la province, à un moment où la guerre avec la Russie  n’apparaît pas impossible.

Mais ces bruits de guerre s’estompent et Rüchel est bientôt rappelé par le roi qui lui confie, lorsque la guerre au côté de la coalition austro-russe apparaît presque certaine, le commandement d’une armée stationnée dans le  Hanovre. La Prusse, finalement, n’intervenant pas, Rüchel retourne à Berlin, d’où il continue d’exercer ses fonctions en Prusse orientale, tout en menant de multiples autres activités.

En 1806, il reçoit d’abord le commandement d’un corps d’armée, formé des troupes stationnant en Hanovre et en Westphalie.. On sait que le matin du 14 octobre, se trouvant avec son armée (15.000 hommes), dans les environs de Weimar, il reçoit l’ordre de se rendre sur le champ de bataille d’Iéna. Mais il est trop tard pour sauver la situation. A Kapellendorf, il rencontre les fuyards de l’armée d’Hohenlohe. Il essaye désespérément de se mettre en travers des Français. A Groß-Romstedt, alors qu’il ordonne à ses troupes d’attaquer, il est blessé gravement à la poitrine. Fait prisonnier et rendu à la liberté, il retourne dans son domaine de Haffeleu, en Poméranie, mais dès le milieu de décembre, il reprend ses fonctions de gouverneur général de la Prusse et entreprend la préparation des troupes prussiennes à la poursuite de la guerre. Sa mésaventure de Iéna, dont la nouvelle s’est propagée dans tout le royaume, n’a pas terni sa réputation auprès du roi. Le 10 décembre il fait partie, aux côté de Stein et de Zastrow, de ceux qui sont chargés de la réorganisation du gouvernement. C’est l’échec et, après Tilsitt, Napoléon ordonne que Rüchel, un court moment ministre de la guerre, renonce à son poste. Celui-ci offre alors sa démission, qui lui est accordée, le 11 juillet 1807, en même temps que sa nomination de General der Infanterie (maréchal).

Ernst Friedrich Wilhelm Philipp von Rüchel ne participera pas aux Guerres de Libération, et s’éteindra le 13 janvier 1823, sur ses terres de Haseley (Poméranie).