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Discours de Napoléon à l’ouverture de la session du corps législatif, le 3 décembre 1809

Messieurs les Députés des départements au Corps législatif, depuis votre dernière session j’ai soumis l’Aragon et la Castille et chassé de Madrid le gouvernement fallacieux formé par l’Angleterre. Je marchais sur Cadix et Lisbonne lorsque j’ai dû revenir sur mes pas et planter mes aigles sur les remparts de Vienne. Trois mois ont vu naître et terminer cette quatrième guerre punique. Accoutumé au dévouement et au courage de mes armées, je ne puis cependant, dans cette circonstance, ne pas reconnaître les preuves particulières d’amour que m’ont données mes soldats d’Allemagne.

Le génie de la France a conduit l’armée anglaise: elle a terminé ses destins dans les marais pestilentiels de Walcheren. Dans cette importante circonstance, je suis resté éloigné de quatre cents lieues, certain de la nouvelle gloire qu’allaient acquérir mes peuples et du grand caractère qu’ils allaient déployer. Mes espérances n’ont pas été trompées. Je dois des remerciements particuliers aux citoyens des départements du Pas-de-Calais et du Nord. Français ! Tout ce qui voudra s’opposer à vous sera vaincu et soumis; votre grandeur s’accroîtra de toute la haine de vos ennemis. Vous avez devant vous de longues années de gloire et de prospérité à parcourir. Vous avez la force et l’énergie de l’Hercule des anciens !

J’ai réuni la Toscane à l’Empire. Ces peuples en sont dignes par la douceur de leur caractère, par l’attachement que nous ont toujours montré leurs ancêtres et par les services qu’ils ont rendus à la civilisation européenne.

L’histoire m’a indiqué la conduite que je devais tenir envers Rome. Les papes, devenus souverains d’une partie de l’Italie, se sont constamment montrés les ennemis de toute puissance prépondérante dans la Péninsule; ils ont employé leur influence spirituelle pour lui nuire.

Il m’a donc été démontré que l’influence spirituelle exercée dans mes États par un souverain étranger était contraire à l’indépendance de la France, à la dignité et à la sûreté de mon trône. Cependant, comme je reconnais la nécessité de l’influence spirituelle des descendants du premier des pasteurs, je n’ai pu concilier ces grands intérêts qu’en annulant la donation des empereurs français, mes prédécesseurs, et en réunissant les États romains à la France.

Par le traité de Vienne, tous les rois et souverains mes alliés qui m’ont donné tant de témoignages de la constance de leur amitié, ont acquis et acquerront un nouvel accroissement de territoire. Les provinces illyriennes portent sur la Save les frontières de mon grand empire. Contigu avec l’empire de Constantinople, je me trouverai en situation naturelle de surveiller les premiers intérêts de mon commerce dans la Méditerranée, l’Adriatique et le Levant ! Je protégerai la Porte, si la Porte s’arrache à la funeste influence de l’Angleterre; je saurai la punir, si elle se laisse dominer par des conseils astucieux et perfides.

J’ai voulu donner une nouvelle preuve de mon estime à la nation suisse, en joignant à mes titres celui de son médiateur, et mettre un terme á toutes les inquiétudes que l’on cherche à répandre parmi cette brave nation.

La Hollande placée entre l’Angleterre et la France en est également froissée. Cependant elle est le débouché des principales artères de mon empire. Des changements deviendront nécessaires; la sûreté de mes frontières et l’intérêt bien entendu des deux pays l’exigent impérieusement.

La Suède a perdu, par son alliance avec l’Angleterre, après une guerre désastreuse, la plus belle et la plus importante de ses provinces. Heureuse cette nation si le prince sage qui la gouverne aujourd’hui eût pu monter sur le trône quelques années plus tôt! Cet exemple prouve de nouveau aux rois que l’alliance de l’Angleterre est le présage le plus certain de leur ruine.

Mon allié et ami, l’empereur de Russie, a réuni à son vaste empire la Finlande, la Moldavie, la Valachie et un district de la Galicie. Je ne suis jaloux de rien de ce qui peut arriver de bien à cet empire. Mes sentiments pour son illustre souverain sont d’accord avec ma politique.

Lorsque je me montrerai au-delà des Pyrénées, le Léopard épouvanté cherchera l’Océan pour éviter la honte, la défaite et la mort. Le triomphe de mes armes sera le triomphe du génie du bien sur celui du mal, de la modération, de l’ordre, de la morale sur la guerre civile, l’anarchie et les passions malfaisantes. Mon amitié et ma protection rendront, je l’espère, la tranquillité et le bonheur aux peuples des Espagnes.

Messieurs les députés des départements an Corps législatif, j’ai chargé mon ministre de l’intérieur de vous faire connaître l’histoire de la législation, de l’administration et des finances dans l’année qui vient de s’écouler. Vous y verrez que toutes les pensées que j’ai conçues pour l’amélioration de mes peuples se sont suivies avec la plus grande activité; que dans Paris, comme dans les parties les plus éloignées de mon empire, la guerre n’a apporté aucun retard dans les travaux. Les membres de mon Conseil d’État vous présenteront différents projets de lois, et spécialement la loi sur les finances; vous y verrez leur état prospère. Je ne demande à mes peuples aucun nouveau sacrifice, quoique les circonstances m’aient obligé à doubler mon état militaire.