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7 mars 1815 – Panique à Vienne !

Déclaration des Puissances alliées au Congrès de Vienne, mettant Napoléon hors la loi (Pierre Bergé et Associés)
Déclaration des Puissances alliées au Congrès de Vienne, mettant Napoléon hors la loi (Pierre Bergé et Associés)

Mardi 7 mars 1815

Le Congrès apprend l’évasion de Napoléon de l’île d’Elbe [1]. Une bombe ayant explosé au cours d’une des réunions n’aurait pu provoquer une telle consternation.

J’ai aujourd’hui, cœur chéri, une nouvelle étonnante à te dire, qui ne va cependant pas t’étonner, car tu as souvent prédit cet évènement. Napoléon a disparu de l’île d’Elbe, avec toute son armée, qui toutefois n’est forte que de 1000 à 1500 hommes, et, jusqu’à présent, on ne sait pas où il s’est dirigé. La nouvelle est arrivée aujourd’hui par un courrier de l’ambassadeur anglais à Florence, et est donc fiable. C’était une grande imprudence des Anglais de ne pas avoir eu, au minimum, des navires autour de l’île, et pourtant ils n’en avaient pas. Il y avait une sorte d’observateur anglais, Campbell, mais il ne disposait que d’un tout petit bâtiment. Il avait observé les plans de Napoléon, seulement, incapable de s’y opposer, il s’était éloigné, dans la crainte d’être pris. Quand il a jugé la situation sûre, il était revenu, et avait alors appris que Napoléon, au soir du 26, avait mis voiles. Il s’était embarqué sur de petits bâtiments, trois je crois, dont deux qu’il avait loués, emportant six jours de vivres. Le 27, il était encore en vue de l’île. Il se dirigeait vers le nord. On se perd en conjecture sur la question de savoir où il se dirige (Wilhelm von Humboldt)[2]

Ce fut le 7 mars 1815  qu’à Vienne, où le Congrès était alors réuni (et où, entre parenthèse je me trouvais) on reçut la première nouvelle officielle de l’évasion de Napoléon de l’île d’Elbe. Toutes les armées, ou au moins une grande partie étaient encore sur le pied de guerre. Il aurait pu manifestement choisir un autre moment. Dès que l’on eut la certitude qu’il avait débarqué dans le sud de la France, les troupes furent mises en mouvement, et le 13, le célèbre manifeste, qui mettait pour ainsi dire Napoléon hors la loi, fut publié. [3]

Portrait de MetternichDans la nuit précédente, les discussions s’étaient prolongées jusqu’à 3 heures du matin, et Metternich avait interdit qu’on le réveille. Pourtant, vers 6 heures, un serviteur viole la consigne. Il est porteur d’un message du consul d’Autriche à Vienne. Metternich met de côté la lettre, tente de se rendormir, finit par l’ouvrir. Elle rapporte qu’un navire anglais était entré dans le port de Gênes; sa mission était de savoir où se trouvait Napoléon, qui avait quitté Elbe. (se reporter aux Mémoires de Metternich)

Inoubliable restera le jour où la première nouvelle du débarquement de Napoléon à Golfe Juan (entre Cannes et Antibes) arriva à Vienne [4]. C’était un dimanche soir, le 5 ou le 6 mars, je crois, dans la soirée, de sorte que mon mari appris la nouvelle à Cour, où la société s’était réunie pour une représentation théâtrale, et me la murmura ; car on ne pouvait pas de nouveau nommer le nom de l’ennemi vaincu, alors même que l’on avait espéré le voir banni pour toujours. Quoique les politiciens étaient habitués à se contrôler, ce moment terrible se lisait sur leurs visages (…)  Pourtant, on espérait s’emparer de nouveau de ce prisonnier de l’Europe, que l’on avait de façon incompréhensible si mal surveillé, avant qu’il ne mette de nouveau le feu au monde. Dans cet espoir on s’efforçait de faire « bonne mine à mauvais jeu » (en français dans le texte), et l’on publia, le 13 mars, l’avis de … qui a si souvent été blâmé. (Elise von Bernstorff) 

Nous étions à un bal chez Metternich, lorsqu’on nous apprit le débarquement de Napoléon à Cannes et ses premiers succès (…). Ce fut comme si des milliers de bougies s’éteignaient soudainement… les valseurs s’interrompirent; l’orchestre  jouait dans le vide… (Auguste de La Garde)

C’est là (chez Sidney Smith) que j’ai d’abord appris la nouvelle de l’évasion de Bonaparte. Le soir, chez la Pichler, les détails… L’Autriche envoie déjà plus de troupes en Italie. La nouvelle fait grande sensation, ce soir durant le spectacle de la Cour, Wellington et Talleyrand sont calmes. (Carl Bertuch)

Au milieu de cette agitation arriva, le 7 mars, la nouvelle que Napoléon s’était échappé de l’île d’Elbe ; elle émanait du consul autrichien à Gênes, et fit l’effet d’un choc électrique sur le Congrès. Au Burg[5], où nous étions ce soir-là, étaient présentés à ce moment-là deux pièces de théâtre français, « Les rivaux d’eux-mêmes[6] » et « Le calife de Bagdad »[7]. Chacun se frappait la tête, et on était anxieux de savoir vers où Napoléon s’était dirigé. J’entendis plusieurs généraux et diplomates exprimer le sentiment qu’on devait se saisir de l’empereur et le condamner sévèrement. Le roi de Prusse, qui entendait les conversations, dit, avec le calme qui le caractérisait : avant de le rendre inoffensif, encore fallait-il s’en saisir, et cela ne serait pas si simple. (Wilhelm von Baden)

Au milieu d’une fête, d’une représentation de toutes les divinités de l’Olympe et du Parnasse, vient retentir, comme un coup de tonnerre, cette nouvelle étonnante : Napoléon a quitté l’île d’Elbe, Napoléon est en France ! La personne de qui je tiens ces détails, et qui en fut le témoin oculaire, le comte de Salmoni, homme de beaucoup d’esprit, me conta que l’alarme fut grande parmi les dieux de l’Empyrée, et que, parmi ceux de la terre, l’empereur Alexandre, en homme sage, se retira le premier de la fête, pour dérober au public l’impression qu’il éprouvait. (Comtesse de Choiseul) [8]

 

Ce jour-là (c’était le 7 mars) il y avait à la cour un ballet  pantomime, « Les noces de Psyché ». Tout l’Olympe était représenté : le prince Leopold de Cobourg [9] était Jupiter. On l’appelait alors « Jupiter tonnant », car, dans la romance du Cid, il chantait toujours, avec son accent, « tonnez, tonnez » au lieu de « donnez ». Le visage expressif et noble du prince, avec ses yeux d’un brun prononcé semblait être fait pour le rôle du roi des Dieux. Junon, personnifiée par la grave et fière comtesse Kinsky-Wrbna[10] ne lui cédait en rien en majesté. Venus, Apollon, Diane et les autres Dieux avaient également trouvés des représentants très acceptable, les Grâces et les Muses étaient regroupées, entourées de nuages, pendant que, à leurs pieds, un choix des plus belles jeunes filles, fêtaient, par des danses et des chants, les fiançailles de l’Amour (le jeune comte Tolstoï) et de Psyché (la comtesse Leo Starhemberg, qui deviendrait plus tard ma belle-sœur). Ma sœur Konstantine représentait Clio, j’étais moi-même Caliopée, avec une tunique bleu ciel et une couronne de laurier dans mes boucles brunes    (…). Bien que n’ayons sûrement pas été, dans cette noble assemblée des Dieux, les plus remarquables, ma voix, si j’avais vraiment été Caliopée, aurait fait mourir de peur, non seulement les Dieux sur la scène, mais également les spectateurs, car ils auraient pu entendre les mots accablants « Napoléon s’est enfuit de l’île d’Elbe ! ». En fait, cette terrible nouvelle était arrivée quelques heures auparavant, on se la murmurait sur la scène, dans les coulisses, sur les sièges du parterre, en particulier ceux où se trouvaient les ministres et les Princes. Ces maîtres du monde ne laissaient rien paraître. Le visage enjoué, les jumelles dans la main, ils faisaient comme si seul le spectacle les intéressaient. Pourtant, quelques fronts assombris trahissaient l’agitation intérieure, et les remarques chuchotées, qu’ils échangeaient entre eux, concernaient sûrement plus l’avenir prochain, que celui de l’Olympe. On aurait pu entendre l’empereur Alexandre murmurer à l’oreille de l’empereur François « j’ai à ma disposition 300.000 hommes, qui peuvent se mettre au service des Alliés à n’importe quel moment ». (Lulu Thürheim) [11]

Au milieu de ces joies et de ces magnifiques divertissements, M. de Talleyrand (sic) reçut un cour­rier qui apportait la nouvelle du débarquement de Napoléon. On eût dit la foudre éclatant par un beau jour sans nuages et pulvérisant des mortels d’autant moins préparés à ce choc imprévu, qu’ils avaient déjà oublié leurs revers et leur abaisse­ment. Le lion avait fait le mort; il revenait rugissant et superbe ! Tout se prosternait à son approche. Il n’était plus temps d’échanger des notes et de négo­cier; c’était un sauve-qui-peut général, on n’avait plus la tête à rien ! — Des courriers furent lancés dans toutes les directions afin d’arrêter les armées qui, chacune, s’acheminait vers son pays. — On pourrait affirmer que, ce jour-là, souverains et ministres couchèrent le chapeau sur la tête et l’épée au côté, tant l’alarme fut grande ! (Anna Potocka)

La nouvelle arrivait à la cour d’Autriche, dans la soirée du 5 mars, par un message de Sardaigne, à l’heure où dans les salons de l’Impératrice suivant une mode introduite, quelques années plus tard, à des réunions brillantes de Paris, on donnait la représentation d’un tableau vi­vant. Le sujet de ce jeu de cour était la première entrevue de Maximilien 1er avec Marie de Bourgogne, la riche héritière apportant sa dot à l’Empire, cadre vrai­ment favorable pour y déployer de magnifiques parures, et, dans les accidents variés d’une scène muette, placer à leur avantage les beautés à la mode, en flattant l’orgueil des souvenirs historiques, sans gêner par aucune témérité de réflexion et de langage la prudente éti­quette d’un auditoire de souverains, de princes, de mi­nistres et d’ambassadeurs.

L’attention admirative qui suivait les scènes diverses, les changements pittoresques, les attitudes guerrières ou gracieuses du tableau, est tout à coup troublée par un murmure de distraction et d’entretiens contenus. Le spectacle est bientôt interrompu. L’empereur d’Au­triche et les monarques ses hôtes se retirent dans une pièce à part. Les ministres plénipotentiaires sont réunis en groupes animés. Tout le monde, dans le palais, se répète bientôt que, le 26 février au soir, Napoléon, avec quelques centaines d’hommes de sa garde, montés sur un brick et sur plusieurs petits navires, a quitté l’île d’Elbe, et que l’Europe est menacée.

Quelques personnages officiels essayent de traiter légèrement cet incident. Mais l’inquiétude perce et domine dans le langage des plus fermes. L’incerti­tude, quant à la portée de l’entreprise, dura cependant deux jours encore. Le 8 mars seulement, un nou­veau courrier de Sardaigne apporta la nouvelle que Napoléon avec sa petite armée était descendu sur la côte de Provence, dans le golfe Juan, près la ville de Cannes, et qu’il marchait à la conquête de son trône.

Ce jour-là même, les principaux membres du Con­grès, le prince de Metternich, le duc de Wellington et le prince de Talleyrand devaient se rendre à Presbourg, afin de porter au roi de Saxe les résolutions dernières qui terminaient ses longues inquiétudes et raffermissaient sa couronne, fort amoindrie d’ailleurs. Le départ ne fut pas différé, quelle que dût être la préoccupation des trois hommes d’État et le nouveau sujet donné à leurs entretiens, depuis le 5 mars. (Abel-François Villemain)

Un courrier arrivé hier à midi a apporté la nouvelle totalement inattendue, que Napoléon Bonaparte, le prince souverain de l’île d’Elbe, s’est éloignée s’en est éloigné sur une flottille, avec une partie de ses gardes les plus fidèles et plusieurs canons, sans que l’on puisse en même temps savoir quelle direction avait pris la flottille, bien que l’on soupçonne qu’elle a pris la direction de l’Italie ou de Naples. Cette nouvelle a provoqué à la Cour une extraordinaire agitation, et un grand nombre de courriers ont été aussitôt préparés. Cette nouvelle a, en général, également provoqué quelque sensation, d’autant plus que l’on sait, que les Provinces italiennes  nourrissent de toutes façons l’esprit de sédition, et tiennent toujours à Napoléon, que le roi de Naples, soucieux pour son trône vacillant, le recevra avec joie et marchera de concert avec lui. Quoiqu’il arrive, Napoléon mènera au bout difficilement son plan, élaboré avec encore tant de précautions et d’intelligence, cela coûtera du sang, des troubles et peut-être une guerre civile (si par exemple il doit se tourner contre la France), en résulter (…) Certains font remarquer que l’évasion de Napoléon de l’île d’Elbe a pour origine le fait que, depuis une tentative d’assassinat il ne se croyait plus en sécurité sur l’île, qu’il pensait qu’il était entouré de meurtriers et de traîtres, et avait donc pris la fuite. Les journaux parlaient depuis un certain temps de cette situation, mais je ne crois pas que cela soit la cause de son évasion. (Mathias-Franz Perth)

Avant le ballet, on a également joué une pièce en un acte de Kotzebue [12], « Die alten Liebschaften », avec les deux comtesses Zichy (Julie et Sophie), et le comte Széchenyi.

C’est durant la représentation [13], que la nouvelle de l’évasion, jusqu’ici gardée secrète [14], se répand dans le public.

Karoline Pichler, de son côté, apprend la nouvelle au cours d’une réunion dans son Salon :

C’était un soir où j’attendais de la société. Déjà plusieurs dames et messieurs étaient rassemblés, lorsque le comte Stolberg entra [15], avec une allure qui annonçait l’irritation et la morosité, s’assit à sa place habituelle près du sofa, et ne pris pas, ou très peu, part à la conversation. Durant une vive discussion, à laquelle participait le reste de la société, il me murmura : Connaissez-vous la nouvelle qui vient d’arriver ? Napoléon s’est enfuit de l’île d’Elbe, et la guerre recommence » Nous parlâmes encore – moi à moitié incrédule, parce que de tels bruits, sont quelquefois propagés volontairement par des spéculateurs en bourse. Mais bientôt arriva la major Kronenthal, de la cour de Bade, il s’approcha de nous et confirma la nouvelle, qui fut confirmée par d’autres arrivants.

Talleyrand, de son côté, a appris la nouvelle le matin, alors qu’il était encore au lit. À son « lever », Dorothée lui fait la conversation, lorsqu’un valet apporte un message de Metternich. La comtesse ouvre le pli, y jette les yeux et y lit la nouvelle. Or, elle doit se rendre, dans la journée, chez l’épouse de Metternich, pour répéter avec la troupe de comédiens de salon, « Le Sourd ou l’auberge pleine »[16]. « Ah ! Mon oncle ! Et ma répétition ? », dit-elle à son oncle. Ce à quoi Talleyrand répond tranquillement : « Elle aura lieu ».

Lorsque  les ministres vinrent chez moi, ils ignoraient encore l’évènement. Talleyrand entra le premier. Je lui fis lire l’avis que j’avais reçu de Gênes. Il resta impassible [17], et nous eûmes ensemble la conversation laconique que voici : Talleyrand : Savez-vous où va Napoléon ? – Moi : le rapport n’en dit rien – Talleyrand : il débarquera sur quelque côte d’Italie et se jettera en Suisse – Moi : Il ira droit à Paris. (Metternich)

Ma bonne Auguste,  conçois-tu rien de plus  extraordinaire que ce qui vient d’arriver ? L’empereur est parvenu à quitter l’île d’Elbe, les uns disent qu’il va en France, d’autres qu’il va rejoindre le roi de Naples. (Eugène de Beauharnais)

Cette effrayante nouvelle bouleverse toutes les imaginations; on court, on s’arrête, on s’interroge, on voit des groupes dans toutes les rues. Mme de Liedkerque, fille de M. de la Tour du Pin, ministre plénipotentiaire au congrès, a arrêté aujourd’hui trois fois mon mari dans les rues pour lui demander des nouvelles. C’était à eux à en savoir !… (baronne Du Montet)

Le courrier anglais qui nous a apporté hier la nouvelle du départ de Bonaparte de l’ile d’Elbe a fait une très-grande sensation, on attend les détails avec une vive impatience. (Starhemberg)

J’étais à Vienne au moment où la nouvelle de l’évasion de Buonaparte arriva. Je ne manquais pas de présager les suites dans toute leur étendue. L’Empereur (le tsar) en fut également convaincu dès le premier instant. (Pozzo di Borgo à Castlereagh, 21 avril 1815)

Les Anglais tâchent d’excuser leurs Officiers qui auraient dû mieux surveiller. Je disais à Sir Sidney Smith : vous ne l’auriez pas laissé échapper, pardonnez-moi me répondit-il, nous n’avions pas d’ordre de l’arrêter.» (Hans-Christoph Ernst von Gagern)

Pour le Congrès, le retour de Napoléon, et son rétablissement sur le trône de France, sont intolérables. Alors, dans une proclamation que l’empereur François a atténuée, jugeant les termes proposés par Talleyrand trop brutaux, il est déclaré hors la loi [18],

La nouvelle de l’entreprise de Napoléon (7 mars) a répandu l’inquiétude générale et a fortement rapproché les parties. Elle a atteint Lord Wellington. Il était inquiet en raison du mauvais esprit de l’armée française et de la connivence que Napoléon na avec elle. Esprit guerrier, tendance libertaire, esprit de vengeance, morgue offensée, mécontentement au sujet de la perte des dotations, du prestige de l’armée et du peuple, et un déchainement de ce tempérament hostile est à craindre. (Heinrich-Friedrich Carl von Stein)

Il n’y a ici (à Vienne) rien de nouveau. Le Congrès tire à sa fin ; cela n’ira peut-être pas plus loin que Pâques. En attendant, voici un intermède qui commence. Napoléon s’est échappé de l’île d’Elbe. Il y a là une nouvelle source de troubles. Quand cela finira-t-il ? (Archiduc Charles)

(extrait de mon livre « Le Congrtès de Vienne – Carnet mondain et éphémérides – Paris – Nouveau Monde – 2014)


NOTES

[1] Curieusement le 25 février un informateur du chef de la police Hager l’avait informé que la nouvelle avait été reçue à Paris, « que Napoléon s’était sauvé de l’île d’Elbe et était arrivé à Naples » et que « Wessenberg avait été aussitôt informé !

[2] Briefe Wilhelms, etc.                          

[3] In Erinnerungen des Prinz August von Thurn und Taxis. Leipzig, 1912. C’est lui qui a apporté à Munich l’annonce de la victoire des Alliés à Paris, en 1814, et il accompagne Wrede au Congrès de Vienne. Ce dernier, à la demande de l’Autriche, y représente la Bavière à la place de Mongelas.

[4] En fait, à ce moment, si l’on sait à Vienne que Napoléon s’est enfuit de l’île d’Elbe, l’endroit vers lequel il se dirige n’est pas encore connu.

[5] Lire « à la Hofburg »

[6] Comédie en un acte de Charles-Antoine Pigault de l’Épinoy, dit Pigault-Lebrun (1753 – 1835), datant de 1798.

[7] Opéra-comique en un acte de Boieldieu, représenté pour la première fois en 1809 au Burgtheater.

[8] Il s’agit de la représentation théâtrale « amateur », organisée dans la salle des Redoutes, à laquelle participent tous les souverains et leurs invités. En plus de la pièce de Kotzebue, on présentait un « Ballet et tableau mouvant, dont le sujet est le moment où Psyché est présentée aux Dieux par l’Amour ». C’est donc vraisemblablement durant cette deuxième partie que ce situe l’évènement rapporté par la comtesse de Choiseul.

[9] Leopold von Saxe-Cobourg-Gotha (1790 – 1865), le futur roi de Belgique, Leopold Ier (1831).

[10] Thérèse Wrbna (1790 – 1865) avait épousé, en 1808, le comte Kinsky (1784 – 1823)

[11] Celle-ci écrira dans son Journal : “Le 11 mars 1815 j’écrivis : Pendant que les souverains se disputaient, à Vienne, à propos de l’héritage de Bonaparte, que les peuples au contraire se réjouissaient de la paix achetée avec leur sang et faisaient confiance à leurs décisions, Napoléon s’était enfuit d’Elbe et avait foulé le sol de la France avec 12.000 (sic) hommes, à Fréjus.  40.000 hommes ont été envoyés à sa rencontre, pour se défendre ou l’accueillir, c’est ce que l’on verra. Les suppositions les plus terribles ébranlent le monde et personne ne pouvait supposer que cette éventualité aurait pu se produire chaque jour. Les diplomates les plus habiles s’étaient réunis à Vienne, pour discuter de misérables intrigues égoïstes, et l’épée de Damoclès était suspendue au-dessus de leurs têtes, sans qu’aucun ne le remarque. C’est ainsi que va la raison humaine ! Les armées de Russie, d’Autriche et de Prusse se préparent à marcher.  Par chance, les garnisons et les troupes du sud de la France sont commandées par des ci-devant, qui sont tous fidèles au Roi (une confiance absurde qu’on avait en cette race de lâches rodomonts – en français dans le texte).

[12] Auguste von Kotzebue (1761 – 1821)

[13] Selon Yvon Toussaint (L’autre Corse – 2004), on joue ce jour-là, au Prater « La danse interrompue », vaudeville en un acte d’Yvon Barré (musique) et Maurice Ourry (livret) !

[14] Metternich aurait souhaité attendre le lendemain pour rendre la nouvelle publique, pour préserver  la soirée !

[15] Dans son Journal, Stolberg se contente d’écrire : le soir, chez Madame von Pichler.

[16] Comédie en trois actes de Pierre Jean-Baptiste Choudard (1794)

[17] Pourtant, dans ses Mémoires, Hardenberg écrira : « Cet évènement d’effroi pour le plus grand nombre fit passer M. de Talleyrand d’une hauteur insultante à la plus honteuse pusillanimité »

[18] « Bonaparte avait parfaitement le droit de quitter l’île d‘Elbe ; il a rompu son serment dès-lors qu’il a foulé le sol français, dans le but de redevenir le souverain de la France. » (20 mars – Gentz à Rahel von Varnhagen)