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1813 – Troisième Bulletin de la Grande Armée

Gœrlitz, 24 mai 1813.

L’empereur Alexandre et le roi de Prusse attribuaient la perte de la bataille de Lützen à des fautes que leurs généraux avaient com­mises dans la direction des forces combinées, et surtout aux difficultés attachées à un mouvement offensif de 150 à 180,000 hommes. Ils résolurent de prendre la position de Bautzen et de Hochkirch, déjà célèbre dans l’histoire de la guerre de Sept Ans, d’y réunir tous les renforts qu’ils attendaient de la Vistule et d’autres points en ar­rière, d’ajouter à cette position tout ce que l’art pourrait fournir de moyens, et là de courir les chances d’une nouvelle bataille, dont toutes les probabilités leur paraissaient être en leur faveur.

Le duc de Tarente[1], commandant le 11e corps, était parti de Bischofswerda le 15, et se trouvait le 15 au soir à une portée de canon de Bautzen, où il reconnut toute l’armée ennemie. Il prit position.

Dès ce moment, les corps de l’armée française furent dirigés sur le camp de Bautzen.

L’Empereur partit de Dresde le 18; il coucha à Hartau, et le 19 il arriva, à dix heures du matin, devant Bautzen. Il employa toute la journée à reconnaître les positions de l’ennemi.

On apprit que les corps russes de Barclay de Tolly[2], de Langeron[3] et de Sass, et le corps prussien de Kleist[4], avaient rejoint l’armée com­binée, et que sa force pouvait être évaluée de 150 à 160,000 hommes.

Le 19 au soir, la position de l’ennemi était la suivante : sa gauche était appuyée à des montagnes couvertes de bois et perpendiculaires au cours de la Spree, à peu près à une lieue de Bautzen. Bautzen soutenait son centre. Cette ville avait été crénelée, retranchée et cou­verte par des redoutes. La droite de l’ennemi s’appuyait sur des ma­melons fortifiés qui défendaient les débouchés de la Spree, du côté du village de Nimmschütz : tout son front était couvert sur la Spree. Cette position très-forte n’était qu’une première position.

On apercevait distinctement, à 3,000 toises en arrière, de la terre fraîchement remuée, et des travaux qui marquaient leur seconde position. La gauche était encore appuyée aux mêmes montagnes, à 2,000 toises en arrière de celles de la première position et fort en avant du village de Hochkirch. Le centre était appuyé à trois villages retranchés, où l’on avait fait tant de travaux, qu’on pouvait les con­sidérer comme des places fortes. Un terrain marécageux et difficile couvrait les trois quarts du centre. Enfin leur droite s’appuyait, en arrière de la première position, à des villages et à des mamelons également retranchés.

Le front de l’armée ennemie, soit dans la première, soit dans la seconde position, pouvait avoir une lieue et demie.

D’après cette reconnaissance, il était facile de concevoir comment, malgré une bataille perdue comme celle de Lützen, et huit jours de retraite, l’ennemi pouvait encore avoir des espérances dans les chances de la fortune. Selon l’expression d’un officier russe à qui on deman­dait ce qu’ils voulaient faire : « Nous ne voulons, disait-il, ni avancer ni reculer. — Vous êtes maîtres du premier point, répondit un offi­cier français; dans peu de jours, l’événement prouvera si vous êtes maîtres de l’autre. » Le quartier général des deux souverains était au village de Nechern.

Au 19, la position de l’armée française était la suivante :

Sur la droite était le duc de Reggio, s’appuyant aux montagnes sur la rive gauche de la Spree, et séparé de la gauche de l’ennemi par cette vallée. Le duc de Tarente était devant Bautzen, à cheval sur la route de Dresde. Le duc de Raguse était sur la gauche de Bautzen, vis-à-vis le village de Nimmschütz. Le général Bertrand était sur la gauche du duc de Raguse, appuyé à un moulin à vent et à un bois, et faisant mine de déboucher de Jeschütz sur la droite de l’ennemi.

Le prince de la Moskova, le général Lauriston et le général Reynier[5] étaient à Hoyerswerda, sur la route de Berlin, hors de ligne et en arrière de notre gauche.

L’ennemi ayant appris qu’un corps considérable arrivait par Hoyerswerda, se douta que les projets de l’Empereur étaient de tourner la position par la droite, de charger le champ de bataille, de faire tomber tous ces retranchements élevés avec tant de peine, et l’objet de tant d’espérances. N’étant encore instruit que de l’arrivée du général Lauriston, il ne supposait pas que cette colonne fût de plus de 18 à 20,000 hommes. Il détacha donc contre elle, le 19 à quatre heures du matin, le général York[6], avec 12,000 Prussiens, et le général Barclay de Tolly, avec 18,000 Russes. Les Russes se pla­cèrent au village de Klix, et les Prussiens au village de Weissig.

Cependant le comte Bertrand avait envoyé le général Peyri[7], avec la division italienne, à Königswartha, pour maintenir notre commu­nication avec les corps détachés. Arrivé à midi, le général Peyri fit de mauvaises dispositions; il ne fit pas fouiller la forêt voisine; il plaça mal ses postes, et à quatre heures il fut assailli par un hourra qui mit du désordre dans quelques bataillons. Il perdit 600 hommes, parmi lesquels se trouve le général de brigade italien Balathier[8], blessé, deux canons et trois caissons; mais la division ayant pris les armes s’appuya au bois, et fit face à l’ennemi.

Le comte de Valmy[9] étant arrivé avec de la cavalerie se mit à la tête de la division italienne, et reprit le village de Königswartha.

Dans ce même moment, le corps du comte Lauriston, qui marchait en tête du prince de la Moskova pour tourner la position de l’ennemi, parti de Hoyerswerda, arriva sur Weissig. Le combat s’engagea, et le corps d’York aurait été écrasé, sans la circonstance d’un défilé à passer, qui fit que nos troupes ne purent arriver que successivement. Après trois heures de combat, le village de Weissig fut emporté, et le corps d’York, culbuté, fut rejeté de l’autre côté de la Spree.

Le combat de Weissig serait seul un événement important. Un rapport détaillé en fera connaître les circonstances.

Le 19, le comte Lauriston coucha donc sur la position de Weissig, le prince de la Moskova à Maukendorf, et le comte Reynier à une lieue en arrière. La droite de la position de l’ennemi se trouvait évi­demment débordée.

Le 20, à huit heures du matin, l’Empereur se porta sur la hauteur en arrière de Bautzen. Il donna ordre : au duc de Reggio de passer la Spree et d’attaquer les montagnes qui appuyaient la gauche de l’ennemi; au duc de Tarente de jeter un pont sur chevalets sur la Spree, entre Bautzen et les montagnes; au duc de Raguse de jeter un autre pont sur chevalets sur la Spree, dans l’enfoncement que forme cette rivière sur la gauche, à une demi-lieue de Bautzen; au duc de Dalmatie[10], auquel Sa Majesté avait donné le commandement supérieur du centre, de passer la Spree pour inquiéter la droite de l’ennemi; enfin au prince de la Moskova, sous les ordres duquel étaient le 3e corps, le comte Lauriston et le général Reynier, de se rapprocher sur Klix, de passer la Spree, de tourner la droite de l’en­nemi, et de se porter sur son quartier général de Wurschen, et de là sur Weissenberg.

À midi, la canonnade s’engagea. Le duc de Tarente n’eut pas besoin de jeter son pont sur chevalets : il trouva devant lui un pont de pierre, dont il força le passage. Le duc de Raguse jeta son pont; tout son corps d’armée passa sur l’autre rive de la Spree. Après six heures d’une vive canonnade et plusieurs charges que l’ennemi fit sans succès, le général Compans fit occuper Bautzen; le général Bonet fit occuper le village de Nieder-Kayna, et enleva au pas de charge un plateau qui le rendit maître de tout le centre de la position de l’ennemi; le duc de Reggio s’empara des hauteurs, et à sept heures du soir l’ennemi fut rejeté sur sa seconde position. Le général Bertrand passa un des bras de la Spree; mais l’ennemi conserva les hauteurs qui appuyaient sa droite, et par ce moyen -se maintint entre le corps du prince de la Moskova et notre armée.

L’Empereur entra à huit heures du soir à Bautzen, et fut accueilli par les habitants et par les autorités avec les sentiments que devaient avoir des alliés heureux de se voir délivrés des Stein, des Kotzebue et des Cosaques. Cette journée, qu’on pourrait appeler, si elle était isolée, la bataille de Bautzen, n’était que le prélude de la bataille de Wurschen. .

Cependant l’ennemi commençait à comprendre la possibilité d’être forcé dans sa position. Ses espérances n’étaient plus les mêmes, et il devait avoir dès ce moment le présage de sa défaite. Déjà toutes ses dispositions étaient changées : le destin de la bataille ne devait plus se décider derrière ses retranchements; ses immenses travaux et 300 redoutes devenaient inutiles; la droite de sa position, qui était opposée au 4e corps, devenait son centre, et il était obligé de jeter sa droite, qui formait une bonne partie de son armée, pour l’opposer au prince de la Moskova, dans un lieu qu’il n’avait pas étudié et qu’il croyait hors de sa position.

Le 21, à cinq heures du matin, l’Empereur se porta sur les hauteurs, à trois quarts de lieue en avant de Bautzen.

Le duc de Reggio soutenait une vive fusillade sur les hauteurs que défendait la gauche de l’ennemi. Les Russes, qui sentaient l’importance de cette position, avaient placé là une forte partie de leur armée, afin que leur gauche ne fût pas tournée. L’Empereur ordonna aux ducs de Reggio et de Tarente d’entretenir ce combat, afin d’em­pêcher la gauche de l’ennemi de se dégarnir et de lui masquer la véritable attaque, dont le résultat ne pouvait pas se faire sentir avant midi ou une heure.

A onze heures, le duc de Raguse marcha à 1,000 toises en avant de sa position, et engagea une épouvantable canonnade devant les redoutes et tous les retranchements ennemis.

La Garde et la réserve de l’armée, infanterie et cavalerie, masquées par un rideau, avaient des débouchés faciles pour se porter en avant par la gauche ou par la droite, selon les vicissitudes que présenterait la journée. L’ennemi fut tenu ainsi incertain sur le véritable point d’attaque.

Pendant ce temps, le prince de la Moskova culbutait l’ennemi au village de Klix, passait la Spree et menait battant tout ce qu’il avait devant lui jusqu’au village de Preititz. À dix heures, il enleva le vil­lage; mais les réserves de l’ennemi s’étant avancées pour couvrir le quartier général, le prince de la Moskova fut ramené et perdit le vil­lage de Preititz. Le duc de Dalmatie commença à déboucher à une heure après midi. L’ennemi, qui avait compris tout le danger dont il était menacé par la direction qu’avait prise la bataille, sentit que le seul moyen de soutenir avec avantage le combat contre le prince de la Moskova était de nous empêcher de déboucher. Il voulut s’op­poser à l’attaque du duc de Dalmatie. Le moment de décider la bataille se trouvait dès lors bien indiqué. L’Empereur, par un mouve­ment à gauche, se porta, en vingt minutes, avec la Garde, les quatre divisions du général Latour-Maubourg[11] et une grande quantité d’artillerie, sur le flanc de la droite de la position de l’ennemi, qui était devenue le centre de l’armée russe.

La division Morand[12] et la division wurtembergeoise enlevèrent le mamelon dont l’ennemi avait fait son point d’appui.

Le général Desvaux établit une batterie dont il dirigea le feu sur les masses qui voulaient reprendre la position. Les généraux Dulauloy[13] et Drouot, avec 60 pièces de batteries de réserve, se portèrent en avant. Enfin le duc de Trévise, avec les divisions Dumoustier[14] et Barrois[15] de la jeune Garde, se dirigea sur l’auberge de Klein-Baschütz, coupant le chemin de Wurschen à Bautzen.

L’ennemi fut obligé de dégarnir sa droite pour parer à cette nouvelle attaque. Le prince de la Moskova en profita et marcha en avant. Il prit, le village de Preititz, et s’avança, ayant débordé l’armée en­nemie, sur Wurschen. Il était trois heures après midi, et, lorsque l’armée était dans la plus grande incertitude du succès, et qu’un feu épouvantable se faisait entendre sur une ligne de trois lieues, l’Empe­reur annonça que la bataille était gagnée.

L’ennemi voyant sa droite tournée se mit en retraite, et bientôt sa retraite devint une fuite.

À sept heures du soir, le prince de la Moskova et le général Lauriston arrivèrent à Wurschen. Le duc de Raguse reçut alors l’ordre de faire un mouvement inverse de celui que venait de faire la Garde; il occupa tous les villages retranchés, et toutes les redoutes que l’en­nemi était obligé d’évacuer, s’avança dans la direction d’Hochkirch, et prit ainsi en flanc toute la gauche de l’ennemi, qui se mit alors dans une épouvantable déroute. Le duc de Tarente, de son côté, poussa vivement cette gauche et lui fit beaucoup de mal.

L’Empereur coucha sur la route au milieu de sa Garde, à l’auberge de Klein-Baschütz. Ainsi l’ennemi, forcé dans toutes ses positions, laissa en notre pouvoir le champ de bataille couvert de ses morts et de ses blessés, et plusieurs milliers de prisonniers.

Le 22, à quatre heures du matin, l’armée française se mit en mouvement. L’ennemi avait fui toute la nuit par tous les chemins et par toutes les directions. On ne trouva ses premiers postes qu’au-delà de Weissenberg, et il n’opposa de la résistance que sur les hauteurs en arrière de Reichenbach. L’ennemi n’avait pas encore vu notre cavalerie.

Le général Lefebvre-Desnouettes[16], à la tête de 1,500 chevaux des lanciers polonais et des lanciers rouges de la Garde, chargea, dans la plaine de Reichenbach, la cavalerie ennemie et la culbuta. L’ennemi, croyant qu’ils étaient seuls, fit avancer une division de cava­lerie, et plusieurs divisions s’engagèrent successivement. Le général Latour-Maubourg, avec ses 14,000 chevaux et les cuirassiers français et saxons, arriva à leur secours, et plusieurs charges de cavalerie eurent lieu. L’ennemi, tout surpris de trouver devant lui 15 à 16,000 hommes de cavalerie, quand il nous en croyait dépourvus, se retira en désordre. Les lanciers rouges de la Garde se composent en grande partie des volontaires de Paris et des environs ; le général Lefebvre-Desnouettes et le général Colbert[17], leur colonel, en font le plus grand éloge. Dans cette affaire de cavalerie, le général Bruyère[18], général de cavalerie légère, de la plus haute distinction, a eu la jambe emportée par un boulet.

Le général Reynier se porta avec le corps saxon sur les hauteurs au-delà de Reichenbach, et poursuivit l’ennemi jusqu’au village de Holtendorf. La nuit nous prit à une lieue de Gœrlitz. Quoique la journée eût été extrêmement longue, puisque nous nous trouvions à huit lieues du champ de bataille, et que les troupes eussent éprouvé tant de fatigues, l’armée française aurait couché à Gœrlitz; mais l’ennemi avait placé un corps d’arrière-garde sur la hauteur en avant de cette ville, et il aurait fallu une demi-heure de jour de plus pour la tourner par la gauche. L’Empereur ordonna donc qu’on prît position.

Dans les batailles du 20 et du 21, le général wurtembergeois Franquemont[19] et le général Lorencez[20] ont été blessés. Notre perte dans ces journées peut s’évaluer à 11 ou 12,000 hommes tués ou blessés[21]. Le soir de la journée du 22, à sept heures, le grand maréchal duc de Frioul étant sur une petite éminence à causer avec le duc de Trévise et le général Kirgener[22], tous les trois pied à terre et assez éloignés du feu, un des derniers boulets de l’ennemi rasa de près le duc de Trévise, ouvrit le bas-ventre au grand maréchal et jeta raide mort le général Kirgener. Le duc de Frioul se sentit aussitôt frappé à mort; il expira douze heures après.

Dès que les postes furent placés et que l’armée eut pris ses bivouacs, l’Empereur alla voir le duc de Frioul. Il le trouva avec toute sa connaissance et montrant le plus grand sang-froid. Le duc serra la main de l’Empereur, qu’il porta sur ses lèvres. « Toute ma vie, lui dit-il, a été consacrée à votre service, et je ne la regrette que par l’utilité dont elle pouvait vous être encore. — Duroc, dit l’Empereur, il est une autre vie ! C’est là que vous irez m’attendre, et que nous nous retrouverons un jour. — Oui, Sire; mais ce sera dans trente ans, quand vous aurez triomphé de vos ennemis et réalisé toutes les espérances de notre patrie… J’ai vécu en honnête homme; je ne me reproche rien. Je laisse une fille : Votre Majesté lui servira de père »

L’Empereur, serrant de sa main droite le grand maréchal, reste un quart d’heure la tête appuyée sur sa main gauche dans le plus profond silence. Le grand maréchal rompit le premier ce silence, « Ah ! Sire, allez-vous-en; ce spectacle vous peine ! » L’Empereur, s’appuyant sur le duc de Dalmatie et sur le grand écuyer, quitta le duc de Frioul sans pouvoir lui dire autre chose que ces mots : « Adieu donc, mon ami ! » Sa Majesté rentra dans sa tente, et ne reçut per­sonne pendant toute la nuit.

Le 23, à neuf heures du matin, le général Reynier entra dans Gœrlitz. Des ponts furent jetés sur la Neisse, et l’armée se porta au-delà de cette rivière.

Le 23, au soir, le duc de Bellune était sur Rothenburg; le comte Lauriston avait son quartier général à Hochkirch, le comte Reynier en avant de Trotschendorf sur le chemin de Lauban, et le comte Bertrand en arrière du même village; le duc de Tarente était sur Schönberg; l’Empereur était à Goerlitz.

Un parlementaire envoyé par l’ennemi portait plusieurs lettres où l’on croit qu’il est question de négocier un armistice.

L’armée ennemie s’est retirée, par Bunzlau et Lauban, en Silésie. Toute la Saxe est délivrée de ses ennemis, et dès demain 24 l’armée française sera en Silésie.

L’ennemi a brûlé beaucoup de bagages, fait sauter beaucoup de parcs, disséminé dans les villages une grande quantité de blessés. Ceux qu’il a pu emmener sur des charrettes n’étaient pas pansés; les habitants en portent le nombre à plus de 18,000. Il en est resté plus de 10,000 en notre pouvoir.[23]

La ville de Gœrlitz, qui compte 8 à 10,000 habitants, a reçu les Français comme des libérateurs.

La ville de Dresde et le ministère saxon ont mis la plus grande activité à approvisionner l’armée, qui n’a jamais été dans une plus grande abondance.

Quoiqu’une grande quantité de munitions ait été consommée, les ateliers de Torgau et de Dresde, et les convois qui arrivent par les soins du général Sorbier[24], tiennent notre artillerie bien approvisionnée.

 

On a des nouvelles de Glogau, Küstrin et Stettin. Toutes ces places étaient en bon état.

Ce récit de la bataille de Wurschen ne peut être considéré que comme une esquisse. L’état-major général recueillera les rapports, qui feront connaître les officiers, soldats et les corps qui se sont dis­tingués.

Dans le petit combat du 22, à Reichenbach, nous avons acquis la certitude que notre jeune cavalerie est, à nombre égal, supérieure à celle de l’ennemi.

Nous n’avons pu prendre de drapeaux; l’ennemi les retire toujours du champ de bataille. Nous n’avons pris que 19 canons, l’ennemi ayant fait sauter ses parcs et ses caissons. D’ailleurs l’Empereur tient sa cavalerie en réserve, et, jusqu’à ce qu’elle soit assez nombreuse, il la veut ménager.

[1] Étienne-Jacques-Joseph Macdonald (1765 – 1840)

[2] Michel Barclay de Tolly (1761 – 1818)

[3] Alexandre-Louis Andrault de Langeron (1763 – 1831)

[4] Friedrich Kleist von Nollendorf (1762 – 1823)

[5] Jean-Louis-Ébézener Reynier (1771 – 1814)

[6] Ludwig Yorck von Wartenburg (1759 – 1830), le signataire de la Convention de Tauroggen.

[7] Luigi Gaspare Peyri (1758 – 1822)

[8] Éloi Charles Balathier de Bragelonne (1771 – 1830)

[9] François-Étienne Kellermann (1770 – 1835)

[10] Jean-de-Dieu Soult (1769 – 1851).

[11] Marie Victor de Fay, marquis de Latour-Maubourg (1768 – 1850), commandant le 1er corps de cavalerie.

[12] Charles Antoine Morand (1771 – 1835)

[13] Charles François Dulauloy (1761 – 1832)

[14] Pierre Dumoustier (1771 – 1831).

[15] Pierre Barrois (1774 – 1860).

[16] Charles Lefebvre-Desnouettes (1773 – 1822).

[17] Pierre David de Colbert-Chabanais (1774 – 1853).

[18] Jean Pierre Joseph Bruguière (1772 – 1813). Les deux jambes emportées par un boulet, Il décèdera le 5 juin suivant.

[19] Frédéric de Franquemont (1770 – 1842).

[20] Guillaume Latrille de Lorencez (1772 – 1855).

[21] En réalité, de l’ordre de 20.000.

[22] François-Joseph Kirgener de Planta (1766 – 1813).

[23] Les pertes alliées furent de l’ordre de 20.000 tués et blessés.

[24] Jean Barthélemot de Sorbier (1762 – 1827).