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SEPTIÈME BULLETIN.

Vienne, le 13 mai 1809.

Le 10, a neuf heures du matin, l’Empereur a paru aux portes de Vienne avec le corps du maréchal duc de Montebello ; c’était à la même heure, le même jour et un mois juste après que l’armée autrichienne ait passé l’Inn, et que l’empereur François II s’était rendu coupable d’un parjure, signal de sa ruine. Le 5 mai, l’archiduc Maximilien, frère de l’impétrice, jeune prince âgé de vingt-six ans, présompteux, sans expérience, d’un caractère ardent, avait pris le commandement de Vienne, et fait les proclamations ci-jointes ( N° 1 et N° II. ). Le bruil était général dans le pays que tous les tetranchemens qui environnent la capitale étaient armés, qu’on avait construit des redoutes, qu’on travaillait à des camps retranchés, et que la ville était résolue à se défendre. L’Empereur avait peine à croire qu’une capitale si généreusement traitée par l’armée française en 1805, et que des habitants dont bon esprit et la sagesse sont reconnus, eussent été fanatisés au point de se déterminer à une aussi folle entreprise. Il éprouva donc une douce satisfaction, lorsqu’en approchant des immenses faubourgs de Vienne, il vit une population nombreuse, des femmes, des enfants, des vieillards se précipiter au-devant de l’armée française, et accueillir nos soldats comme des amis. Le général Conroux traversa les faubourgs, et le général Tharreau se rendit sur l’esplanade qui les sépare de la cité. Au moment où il débouchait, il fut reçu par une fusillade et par des coups de canon, et légèrement blessé. Sur 300,000 habitants qui composent la population de la ville de Vienne, la cité proprement dite qui a une enceinte avec des bastions et une contrescarpe, contient à peine 80,000 habitants et 1,300 maisons. Les huit quartiers de la ville qui ont conservé le nom de faubourgs, et qui sont séparés de la cité par une vaste esplanade, et couverts du côté de la campagne par des retranchements, renferment plus de 5,000 maisons, et sont habitées par plus de 220,000 âmes qui tirent leur subsistance de la cité, ou sont les marchés et les magasins. L’archiduc Maximilien avait fait ouvrir des registres pour recueillir les noms des habitants qui voudraient se défendre. Trente individus seulement se firent inscrire, tous les autres refusèrent avec indignation ; déjoué dans ses espérances par le bon sens des Viennois, il fit venir 10 bataillons de landwerh et 10 bataillons de troupes de ligne, composant une force de 15 à 16,000 hommes, et se renferma dans la place. Le duc de Montebello lui envoya un aide-de-camp porteur d’une sommation ; mais des bouchers et quelques centaines de gens sans aveu qui étaient les satellites de l’archiduc Maximilien, s’élancèrent sur le parlementaire, et l’un d’eux le blessa. L’archiduc ordonna que le misérable, qui avait commis une action aussi infâme, fut promené en triomphe dans toute la ville, monté sur le cheval de l’officier français et environné par la landwehr. Après cette violation inouïe du droit des gens, on vit l’affreux spectacle d’une partie d’une ville qui tirait contre l’autre, et d’une cité dont les armes étaient dirigées contre ses propres concitoyens. Le général Andréossi, nommé gouverneur de la ville, organisa dans chaque faubourg, des municipalités, un comité central des subsistances, et une garde nationale, composée des négociants, des fabricants et de tous les bons citoyens, armés pour contenir les propriétaires et les mauvais sujets. Le général-gouverneur fit venir à Schœnbrun une députation des huit faubourgs ; l’Empereur la chargea de se rendre dans la cité, pour porter la lettre ci-jointe (N° III), écrite par le prince de Neufchâtel, major-général, à l’archiduc Maximilien. Il recommanda aux députés de représenter à l’archiduc que, s’il continuait à faire tirer sur lès faubourgs, et si un seul des habitants y perdait la vie par ses armes, cet acte de frénésie, cet attentat envers les peuples, briseraient à jamais les liens qui attachent les sujets à leurs souverains. La députation entra dans la cité le 11, à dix heures du matin, et l’on ne s’aperçut de son arrivée que par le redoublement du feu des remparts. Quinze habitants des faubourgs ont péri, et deux Français seulement ont été tués. La patience de l’Empereur se lassa : il se porta avec le duc de Rivoli sur le bras du Danube qui sépare la promenade du Prater des faubourgs, et ordonna que deux compagnies de voltigeurs occupassent un petit pavillon sur la rive gauche, pour protéger la construction d’un pont. Le bataillon de grenadiers qui défendait le passage, fut chassé par les voltigeurs et par la mitraille de quinze pièces d’artillerie. A huit heures du soir, ce pavillon était occupé et les matériaux du pont réunis. Le capitaine Portalès, aide-de-camp du prince de Neufchâtel, et le sieur Susaldi, aide-de-camp du général Boudet, s’étaient jetés des premiers à la nage pour aller chercher les bateaux qui étaient sur la rive opposée. A neuf heures du soir, une batterie de vingt obusiers, construite par les généraux Bertrand et Navalet, à cent toises de la place, commença le bombardement ; 1800 obus furent lancés en moins de quatre heures, et bientôt toute la ville parut en flammes. Il faut avoir vu Vienne, ses maisons à huit, à neuf étages, ses rues resserrées, cette population si nombreuse dans une aussi étroite enceinte, pour se faire unè idée du désordre, de la rumeur et des désastres que devait occasionner une telle opération. L’archiduc Maximilien avait fait marcher, à une heure du matin, deux bataillons en colonne serrée, pour tâcher de reprendre le pavillon qui protégeait la construction du pont. Les deux compagnies de voltigeurs qui occupaient ce pavillon qu’elles avaient crénelé, reçurent l’ennemi à bout portant ; leur feu et celui des quinze pièces d’artillerie qui étaient sur la rive droite, couchèrent par terre une partie de la colonne ; le reste se sauva dans le plus grand désordre. L’archiduc perdit la tête au milieu du bombardement, et au moment surtout où il apprit que nous avions passé un bras du Danube, et que nous marchions pour lui couper la retraite. Aussi faible, aussi pusillanime qu’il avait été arrogant et inconsidéré, il s’enfuit le premier et repassa ces ponts. Le respectable général O’Reilly n’apprit que par la fuite de l’archiduc qu’il se trouvait investi du commandement. Le 12, à la pointe du jour, ce général fit prévenir les avant-postes qu’on allait cesser le feu, et qu’une députation allait être envoyée à l’Empereur. Cette députation fut présentée à S.M. dans le parc de Schœnbrunn. Elle était composée de

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S.M. assura les députés de sa protection ; elle exprima la peine que lui avait fait éprouver la conduite inhumaine de leur gouvernement qui n’avait pas craint de livrer sa capitale à tous les malheurs de la guerre, qui portant lui-même atteinte à ses droits, au lieu d’être le roi et le père de ses sujets, s’en était montré l’ennemi et en avait été le tyran. S.M. fit connaître que Vienne serait traitée avec les mêmes ménagements et les mêmes égards dont on avait usé en 1805. La députation répondit à cette assurance par les témoignages de la plus vive reconnaissance. A neuf heures du matin, le duc de Rivoli, avec les divisions Saint-Cyr et Boudet, s’est emparé de Leopolstadt. Pendant ce temps, le lieutenant-général O’Reilly envoyait le lieutenant-général de Vaux et M. Belloute, colonel, pour traiter de la capitulation de la place. La capitulation ci-jointe (No IV) a été signée dans la soirée, et le 13, à six heures du matin, les grenadiers du corps d’Oudinot ont pris possession de la ville.

Ordre du jour.

Au quartier impérial, à Schœnbrunn, le 13 mai 1809.

Soldats, 

Un mois après que l’ennemi a passé l’Inn, au même jour, à la même heure, nous sommes entrés dans Vienne. Ses landwehrs, ses levées en masse, ses remparts  créés par la rage impuissante des princes de la maison de Lorraine, n’ont .point soutenu vos regards. Les princes de cette maison ont abandonné leur capitale, non comme des soldats d’honneur qui cèdent aux circonstances et aux revers de la guerre, mais comme des parjures que poursuivent leurs propres remords. En fuyant de Vienne, leurs adieux à ses habitants ont été le meurtre et l’incendie ; comme Médée, ils ont, de leur propre main, égorgé leurs enfants. Soldats, le peuple de Vienne, selon l’expression de la députation de ses faubourgs, délaissé, abandonné, veuf, sera l’objet de vos égards. J’en prends les bons habitants sous ma spéciale protection : quant aux hommes turbulents et méchants, j’en ferai une justice exemplaire. Soldats, soyons bons pour les pauvres paysans et pour ce bon peuple qui a tant de droits à notre estime : ne conservons aucun orgueil de nos succès ; voyons-y une preuve de cette justice divine qui punit l’ingrat et le parjure.

Signé NAPOLÉON.

Par l’Empereur, Le prince de Neufchâtel, major-général, ALEXANDRE.

N° 1er.

Proclamation aux habitants de Vienne.

Pendant que l’armée combat pour la plus juste et la plus grande des causes qui jamais firent prendre les armes, tandis qu’el!e fait preuve de courage et de persévérance, une division de l’armée ennemie pourra tenter de surprendre Vienne. S.M. l’empereur m’a envoyé ici pour rendre une pareille entreprise vaine, en employant les moyens les plus vigoureux. Nobles et généreux habitants de Vienne, S.M. est convaincue d’avance de votre disposition à me seconder de tous vos efforts. L’amour de la patrie que vous avez manifesté en toute occasion, votre fidélité envers le souverain bien-aimé, n’ont jamais brillé avec autant d’éclat que dans ce moment, où il s’agit de décider de votre sort durant des siècles. Je sais, et l’univers saura ce dont vous êtes capables. Vos ancêtres ont chassé, sous Ferdinand et Léopold, des murs de Vienne, un ennemi terrible. Si celui qui les menace aujourd’hui a pu les franchir, il y a quelques années, des malheurs d’une nature extraordinaire lui avaient frayé le chemin ; mais aujourd’hui, où une masse de forces qui nous promet des succès assurés, est aux ordres du souverain, aujourd’hui qu’il y aurait de la pusillanimité et de la lâcheté, a douter de l’heureuse issue de la guerre, aujourd’hui, nous lui abandonnerions sans résistance cette ville respectable, le centre de la monarchie, demeure de tant de grands princes qui ont illustré le nom de l’Autriche et rendu ses peuples heureux! Loin de nous une telle ignominie. Pénétré d’une reconnaissance profonde envers le monarque qui m’a confié votre sort, je serai sans cesse au milieu de vous. Je compte sur vos efforts, sur votre promptitude à exécuter toutes les mesures que requerra de nous la conservation de la capitale et l’honneur de la nation. Lorsqu’une volonté nous animera, qui pourra nous vaincre? Le danger que nous avons à braver sera, s’il se présente réellement, de peu de durée. Les armées voleront à notre secours de tous côtés, et mettront un terme aux efforts exigés par la résistance. Si, jusques-là, la renommée de votre généreux dévouement enflamme des milliers de vos concitoyens, si votre exemple sauve la patrie, songez quelles sont les récompenses, quelle est la gloire qui vous attendent?

Vienne, le 5 mai 1809.

Signé, MAXIMILIEN, archiduc.

N° II.

Proclamation.

Il serait possible, vu la position actuelle des armées, qu’un ennemi téméraire tentât de pénétrer dans l’Autriche. Il serait possible que cette tentative fut heureuse, si, de toutes parts, le courage et la fermeté ne lui opposent une résistance efficace. Les armées de S.M. s’approchent, il est vrai, avec des forces considérables, pour la défense de la capitale ; mais elles ont besoin du concours des habitants, afin de combattre avec des forces réunies, et de rendre vains les projets de l’ennemi. En conséquence, tout sujet de S.M. en état de porter les armes, à qui sa patrie, sa famille, sa propriété sont chères, est requis de se présenter pour la défense du pays à l’autorité de son domicile. Les juges des villages, soit par eux ou par des substituts, les entrepreneurs des fabriques, les propriétaires de trains de bois à flotter, ces derniers avec leurs ouvriers, se rendront, à l’approche de l’ennemi, aux postes suivants ; chaque commune se rendant à celui qui lui est le plus proche. Dans le quartier Unter-Wiener-Wald ( de la forêt inférieure de Vienne), Attenmarckt, Piesting, Aspang et Kloster-Neubourg. Dans le quartier Ober-Wiener-Wald (de la forêt supérieure de Vienne), Waidhofen, Gamming, Seitenstetten, Purgstatt, Gœttweih, Wilhelmsburg, Neulenbach. A chacun de ces postes, un officier, muni des pouvoirs nécessaires, fera conduire les hommes à leur destination ultérieure. Tout possesseur d’une arme à feu, de poudre ou de plomb, l’apportera avec lui. Les autres s’armeront de fourches, de faux, etc., et répondront ainsi à l’appel de la patrie. La nécessité de cet armement pour la défense de la patrie pouvant durer quelques jours, les hommes se muniront de pain pour cinq jours. Chaque inspection forestière aura principalement à se rendre au présent appel avec les chasseurs qui se trouvent dans son ressort. Le superflu des armes à feu de ces derniers, sera remis à ceux qui ne s’en trouveront pas pourvus. La loyauté des fidèles habitants des provinces, le courage qu’ils ont montré dans une occasion semblable, en 1797, sont le plus sûr garant qu’ils se montreront dignes de la gloire qu’ils ont acquise, et concourront avec efficacité au salut de la patrie.

Vienne, le 5 mai 1809.

Signé, Maximilien, archiduc.

N° III.

A S.A. l’archiduc Maximilien.

Au quartier-général, à Scboenbrunn, le 10 mai 1809.

Monseigneur, le maréchal duc de Montebello a envoyé ce matin à V.A. un officier parlementaire accompagné d’un trompette : cet officier n’est pas revenu. Je la prie de me faire connaître quand elle est dans l’intention de le renvoyer. Le procédé peu usité qu’on a eu dans cette circonstance, m’oblige à me servir des habitants de la ville, pous avoir l’honneur de communiquer avec V.A. S.M. l’Empereur et Roi, mon souverain, ayant été conduit à Vienne par les événements de la guerre, désire épargner à sa grande et intéressante population les calamités dont elle est menacée, et me charge de représenter à V.A., que si elle continue à vouloir défendre la place, elle causera la destruction. d’une des plus belles villes de l’Europe : elle fera supporter les malheurs de la guerre à une immense population, composée en partie de vieillards, de femmes et .d’enfants, qui ne devraient jamais y être exposés. Tant de braves soldats de S.M. l’empereur d’Autriche, qui sacrifient leur vie à son service, ne seront-ils pas frappés dans ce qu’ils ont de plus cher, quand, dévouant leur personne à leur souverain, ils verront leurs femmes et leurs domiciles livrés aux calamités de la guerre? L’Empereur, mon souverain, a fait connaître dans tous les pays où la guerre l’a porté, sa sollicitude pour écarter ces désastres des populations non-armées ; V. A. doit être persuadée que S.M. est sensiblement affectée de voir au moment de sa ruine, cette grande ville qu’il tient à gloire d’avoir déjà sauvée. Cependant, contre l’usage établi dans les forteresses, V.A. a fait tirer du canon du côté de la ville, et ce canon pouvait tuer non un ennemi de votre souverain, mais la femme ou l’enfant d’un de ses plus zélés serviteurs. J’ai l’honneur de faire observer à V.A. que, pendant cette journée, l’Empereur s’est refusé à laisser entrer aucune troupe dans la ville, se contentant seulement d’occuper les portes et de faire circuler des patrouilles pour maintenir le bon ordre ; mais, si V.A. continue à vouloir défendre la place, S.M. sera forcée de faire commencer les travaux d’attaque, et la ruine de cette immense capitale sera consommée en trente-six heures, par le feu des obus et des bombes de nos batteries, comme la ville extérieure sera détruite par l’effet des vôtres. S.M. ne doute pas que toutes ces considérations n’influent sur V.A., et ne l’engagent à renoncer à une détermination qui ne retarderait que de quelques moments la prise de la place. Enfin, si V.A. ne se décide pas à prendre un parti qui sauve une ville aussi intéressante, sa population qui serait, par la faute de V.A., plongée dans d’aussi affreux malheurs, deviendrait, de sujets fidèles, ennemie de sa maison. Je prie V. A. de me faire connaître sa résolution, de croire à la sincérité des sentiments que je lui ai exprimés, comme à ceux de ma plus haute considération.

Le prince de Neufchâtel, major- général de l’armée française.

Signé, ALEXANDRE.

N° IV.

CAPITULATION pour la remise de Vienne à l’armée de S.M. I’EMPEREUR DES FRANÇAIS, ROI D’ITALIE, PROTECTEUR DE LA CONFÉDÉRATION DU RHIN, passée entre M. le général de division Andréossi, inspecteur-général du corps impérial de l’artillerie, grand-officier de la Légion-d’honneur, commandant de la Couronne de Fer, stipulant pour S.M. I’EMPEREUR ET ROI ;

Et M. le baron de Vaux, lieutenant-général, et le colonel Beloutte, au nom du lieutenant-général comte O’Reilly, stipulant pour la place et la garnison de Vienne.

Art. 1ER. La garnison sortira avec les honneurs de la guerre, emmenant avec elle ses canons de bataille, ses armes, ses caisses militaires, ses équipage, chevaux et propriétés. Il en sera de même pour les corps et branches qui appartiennent à l’armée. Ces troupes seront conduites, par le chemin le plus court, à l’armée autrichienne, et recevront (gratis) sur leur route, leurs subsistances en vivres et fourrages, ainsi que les voitures de réquisition qui leur seraient nécessaires. Refusé. (La garnison sortira avec les honneurs de la guerre, et, après avoir défilé, elle posera les armes sur les glacis et sera prisonnière de guerre. Les officiers conserveront toutes leurs propriétés et les soldats leurs sacs.)

II. A dater du moment de la signature de la capitulation, il sera accordé à ces troupes trois fois vingt-quatre heures pour sortir de la place. Refusé. (La porte de Carinthie sera remise demain 13 à six heures du matin, aux troupes de S.M. l’Empereur et Roi. La garnison sortira à neuf heures.)

III. Tous les malades et blessés, ainsi que les officiers de santé qu’il sera nécessaire de laisser près d’eux, sont recommandés à la magnanimité de S. M, l’Empereur des Français. Accordé.

IV. Tout individu, et particulièrement tout officier compris dans cette capitulation, qui, par des raisons légitimes, ne pourra sortir de la place en même temps que la garnison, obtiendra un délai, et la liberté, à l’expiration de ce délai, de rejoindre son corps. Accordé.

V. Les habitants de toute classe seront maintenus dans leurs propriétés, privilèges, droits, libertés, franchises et exercices de leurs métiers, et ne pourront être recherchés en rien par rapport aux opinions qu’ils ont manifestées avant la présente capitulation. Accordé.

VI. Le libre exercice des cultes sera maintenu. Accordé.

VII. Les femmes et les enfants de tous les individus composant la garnison, auront la liberté de rester dans la place, et d’y conserver leurs propriétés et celles qui pourraient leur avoir été laissées par leurs maris. Ces femmes, quand elles seront rappelées par leurs maris, pourront sans difficulté les rejoindre, et emporter avec elles les susdites propriétés. Accordé.

VIII. Les pensions militaires continueront d’être payées à tous les individus qui en jouissent, soit militaires pensionnés, invalides employés à une administration militaire, ainsi qu’aux femmes de militaires. Tous ces individus auront la faculté de rester dans la place, ou de changer de pays à leur gré. Accordé.

IX. Les droits des employés aux administrations militaires par rapport à leurs propriétés, séjour, départ, seront les mêmes que ceux de la garnison. Accordé.

X. Les individus de la bourgeoisie armée jouiront des droits déjà mentionnés en l’article V de la présente capitulation. Accordé.

XI. Les académies militaires, les maisons d’éducation militaires pour les enfants des deux sexes, les fondations générales et particulières faites en faveur de ces établissements, seront conservées dans leur forme actuelle, et mises sous la protection de l’Empereur Napoléon. Accordé.

XII. Les caisses, magasins et propriétés du magistrat de la ville de Vienne, celles du corps des États de la Basse-Autriche, ainsi que les fondations pieuses, seront conservées dans leur intégrité. Ceci n’est point militaire.

XIII. Il sera nommé des commissaires respectifs pour l’échange et l’exécution des articles ci-dessus de la présente capitulation. Ces commissaires régleront les droits de la garnison, conformément aux articles précédents. Accordé.

XIV. On pourra, immédiatement après la signature de cette capitulation, l’envoyer par un officier à S.M. l’empereur d’Autriche, et, par un autre officier, à S.A.I. l’archiduc Charles, généralissime.Accordé. (Avec la faculté à M. le lieutenant-général comte O’Reilly de se rendre lui-même auprès de son souverain.)

XV. S’il survient quelque difficulté sur les termes exprimant les conditions de la présente capitulation, l’interprétation sera faite en faveur de la garnison et des habitants de la ville de Vienne. Accordé.

XVI. Après la signature de la présente capitulation et l’échange des otages, la demi-lune de la porte de Carinthie sera livrée aux troupes de S.M. l’Empereur des Français, et les troupes françaises ne pourront entrer dans la place qu’après que les troupes autrichiennes l’auront évacuée. Refusé. (Renvoyé à l’art. II. )

Fait double ; Maria-Hilf (dans les lignes de Vienne), le 12 mai 1809.

Signé ANDRÉOSSI, DE VAUX et BELOUTTE.

(Voici les pièces publiées eu Hongrie par l’archiduc Palatin.)

A peine eut-on appris en Hongrie les premières nouvelles des événements arrivés sur le Danube et l’Iser, par lesquels les armes de S.M. l’empereur et roi furent arrêtées dans leurs progrès, que S.A.I. l’archiduc Palatin, animé du beau zèle qui le distingue si éminemment, arma le bras des généreux Hongrois, pour opposer une vigoureuse résistance à l’ennemi. S.A. fit publier la proclamation suivante, adressée à la noble nation hongroise en général, et en particulier à l’insurrection de la noblesse.

S.A.I. l’archiduc Palatin, à l’armée d’insurrection de la noblesse d’Hongrie.

Ofen, le 27 avril 1809.

Les revers qu’a éprouvés l’armée en Allemagne, malgré l’extrême bravoure qu’elle a montrée, ont engagé S.M.I. à ordonner que l’armée d’insurrection d’Hongrie s’approche des frontières du royaume. Plusieurs difficultés se sont opposées jusqu’ici à ce que l’habillement et l’armement de l’insurrection pussent être complétés. Mais, le temps est arrivé où il ne saurait plus être question de difficultés, et ou rien ne doit être trouvé impossible : il s’agit de la conservation de l’honneur de la brave noblesse hongroise. Le courage, l’esprit national, le dévouement au prince et à la patrie doivent remplacer tout ce qui nous manque en équipement et en instruction. La patrie est en danger : il faut vaincre ou mourir. Le roi nous a signalé le danger, c’est à nous à le faire évanouir. Il n’y a que l’ardeur, l’activité, la persévérance des troupes qui puissent nous préserver d’un joug honteux. S.A.I. l’archiduc généralissime a soutenu depuis le 19 jusquau 23 de ce mois, avec les troupes sous ses ordres, un combat continuel contre l’armée française supérieure en force. Le 5e et le 68 corps ne purent arrêter plus longtemps un ennemi qui se renforçait continuellement ; ils furent obligés de se replier sur l’Inn. Après que les troupes eurent combattu cinq jours avec une extrême bravoure et fait éprouver une perte considérable à l’ennemi, S.A.I. ordonna la retraite le 24 et fit passer le Danube. On ne pourra juger de la situation véritable des choses que lorsqu’on aura reçu les rapports détaillés, tant de l’armée qui s’est repliée sur le Danube, que du corps qui se trouve encore sur l’Inn. Mais il est à présumer que l’ennemi cherchera à profiter de ses avantages, et qu’il fera une irruption tant en Bohême qu’en Autriche. Tout est prêt pour s’opposer à cette irruption, autant que nos forces le permettent. Le temps est arrivé où la noblesse hongroise peut donner, par ses exploits, de nouvelles preuves de sa fidélité et de son dévouement au souverain. Je l’appelle à se rendre aux frontières. Notre roi connaît l’esprit national qui anime sa noblesse ; il sait qu’aucun effort ne lui paraîtra trop grand pour écarter le danger qui nous menace d’un assujettissement honteux. Moi aussi, j’attends avec une pleine confiance que le courage de l’illustre noblesse hongroise, qui a si souvent défendu et conservé le trône, saura, dans l’occasion présente, déjouer les plans de l’ennemi. Je me trouve heureux d’être, dans un moment aussi décisif, le chef et le général d’une nation aussi brave et aussi généreuse, qui m’a donné des preuves si multipliées de son amour ; et dont une partie, s’enrôlant sous mes drapeaux pour soutenir la gloire de la patrie, acquiert de nouveaux droits à ma reconnaissance.

Ofen, le 27 avril 1809.

L’archiduc JOSEPH, palatin d’ Hongrie.

Bientôt l’on verra les généreux Hongrois, dont le rassemblement a été ordonné par S.M. l’empereur et roi, accourir aux frontières de la Basse-Autriche, et faire sentir la puissance de leur bras à l’ennemi qui menace le cœur de la monarchie, la capitale. L’enthousiasme des nobles d’Hongrie répond complètement à l’attente de S.M. et aux espérances du peuple. Ils sont prêts à prodiguer leurs biens et leur sang pour la défense de la dynastie régnante, de la constitution et du maintien de la monarchie autrichienne dans toute son intégrité. Les insurgés des comitats frontières de l’Autriche sont sous les armes. Une grande partie de l’insurrection se formera en corps d’armée. Les insurgés de tout le royaume sont mis en mouvement pour cet effet. Ainsi Vienne et les cercles en avant de la capitale sont garantis contre toute attaque de l’ennemi par une armée disciplinée, pleine de courage et d’ardeur, et nous pouvons désormais attendre l’avenir avec tranquillité.