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DIX-SEPTIÈME BULLETIN.

 

Vienne, le 8 juin 1809.

Le colonel Gorgoli, aide-de-camp de l’empereur de Russie, est arrivé au quartier impérial, avec urre lettre de ce souverain pour S.M. Il a annoncé que l’armée russe se dirigeant sur Olmutz, avait passé la frontière le 24 mai. L’Empereur a passé avant-hier la revue de sa garde, infanterie, cavalerie et artillerie. Les habitants de Vienne ont admiré le nombre, la belle tenue et le bon état de ces troupes. Le vice-roi s’est porté avec l’armée d’Italie àOEdenbourg, en Hongrie. Il paraît que l’archiduc Jean cherche à rallier son armée sur le Raab. Le duc de Raguse est arrivé avec l’armée de Dalmatie le 3 de ce mois à Laybach. Les chaleurs sont très fortes, et les gens pratiques du Danube annoncent qu’il y aura un débordement d’ici à peu de jours. On profite de ce temps pour achever, indépendamment des ponts de bateaux et de radeaux, à planter les pilotis. Tous les renseignements qu’on reçoit du côté de l’ennemi, annoncent que les villes de Presbourg, Brunn et Znaim sont remplies de blessés. Les Autrichiens évaluent eux-mêmes leur perte à dix-huit mille hommes. Le prince Poniatowski, avec l’armée du grand-duché de Varsovie, poursuit ses succès. Après la prise de Sendomir, il s’est emparé de la forteresse dè Zamosc, où il a fait éprouver à l’ennemi une perte de trois-mille hommes et pris trente pièces de canon. Tous les Polopais qui sont à l’armée autrichienne désertent. L’ennemi, après avoir échoué devant Thorn, a été vivement poursuivi par le général Dombrowski. L’archiduc Ferdinand ne retirera que de la honte de son expédition. Il doit être arrivé dans la Silésie autrichienne, réduit au tiers de ses forces. Le sénateur Vibiski s’est distingué par ses sentiments patriotiques et son activité. M. le comte de Metternich est arrivé à Vienne. Il va être échangé aux avant-postes avec la légation française, à qui les Autrichiens avaient, contre le droit des gens, refusé des passeports, et qu’ils avaient emmenée à Pest.

N° I.

Lettre du duc de Raguse.

Sire,

J’ai l’honneur de rendre compte à V. M. qu’ayant reçu du prince vice-roi la nouvelle que l’armée autrichienne d’Italie opérait sa retraite, je me suis mis en marche pour entrer en Croatie, le 14 de mai ; le 16 nous avons trouvé l’ennemi dans les belles positions qu’il occupait, il y a quinze jours, et nous l’y avons attaqué. Après un combat vif, mais court, toutes les positions du Mont-Kitta ont été emportées par la division Clauzel. Nous lui avons tué trois-cents hommes, blessé six ou sept-cents et pris cinq-cents : beaucoup ont jeté leurs armes pour se sauver plus vite dans les rochers, de manière que trois à quatre-mille hommes ont été dispersés et manquent à l’armée. Parmi les prisonniers se trouvent plusieurs officiers, et dans le nombre de ces derniers le général Sloïssevich, commandant en chef ici. La force du corps d’armée ennemi était de dix-neuf bataillons, tous régiments croates ou frontières : douze de ces bataillons seulement se sont trouvés à l’affaire, les autres ayant été détachés sur la Basse-Zermagna. Le lendemain 17, j’ai marché sur l’ennemi qui occupait les retranchements qu’il avait construits à Popina ; a notre approche il évacua ses retranchements sans qu’il fût possible de l’entamer, à cause de la grande promptitude qu’il y mit. Le 17 au soir, je le suivis devant Gradschats, et j’attaquai avec mon avant-garde l’arrière-garde qu’il avait laissée au débouché des montagnes, afin de favoriser la rentrée de deux bataillons qu’il avait à Ervenick ; son arrière-garde fut battue, nous la chassâmes de toutes ses positions, et nous la suivîmes dans la plaine ; alors l’ennemi la fit soutenir par toutes ses forces, et comme les bataillons qui devaient venir d’Ervenick étaient sur notre flanc, et que par la nature du pays ils nous occupaient beaucoup de monde, et que d’un autre côté toute l’armée n’avait pas eu le temps d’arriver, il en est résulté que nous avons été dans le cas d’avoir dans la plaine un combat contre des forces très supérieures, combat que nous avons soutenu avec opiniâtreté. Nous avons gardé toutes les positions que nous avions prises et tous les avantages que nous avions obtenus. Le combat a fini à dix heures du soir. L’ennemi a profité de la nuit pour évacuer, et au jour nous sommes entrés dans Gradschats. Dans ce dernier combat, j’ai été blessé d’un coup de feu à la poitrine, mais la blessure est légère, la balle n’ayant fait qu’effieurer, et je n’en remplis pas moins mes fonctions. L’ennemi a pris position entre Gradschats et Gospich. Nous le suivrons aussitôt que l’artillerie et les approvisionnements, que je n’ai pu amener sur les crêtes, et qui n’ont pu se mettre en mouvement que lorsque nous avons été maîtres de la grande route, nous auront joints. J’espère que ce sera demain, et que nous partirons au plus tard après-demain. Je ne saurais donner trop de louanges aux troupes qui ont combattu : savoir, le 8e d’infanterie légère, Ie et 23e de ligne et aux braves et dignes colonels Bertrand, Bachelu et MinaI, de ces régiments : le dernier a reçu sept blessures, dont heureusement aucune n’est très grave. Je dois également des louanges au général Clauzel, et faire une mention toute particulière du général Delzons qui a puissamment influé sur ces succès. Le nombre d’hommes hors de combat, dans ces deux affaires, s’élève à trois cents.Je suis avec le plus profond respect, etc.Au quartier-général de Gradschals, le 18 mai 1809.

Le duc DE RAGUSE, général en chef de l’armée de Dalmatie.

N°II.

Lettre du duc de Raguse.

Sire,

J’ai eu l’honneur de rendre compte à V. M. de l’entrée en campagne de votre armée de Dalmatie., de la défaite de l’armée ennemie au Mont-Kitta, de la prise du général Stoïssevich, commandant en chef, et du combat de Gradschats. Je dois maintenant à V. M. le rapport des opérations qui ont suivi. L’artillerie et les vivres que j’attendais de Dalmatie, m’ayant joint le 19, je me mis en marche le 20 pour Gospich. Le 21, de bonne heure, j’arrivai à la vue de Gospich. L’ennemi était renforcé des colonnes d’Obrovatz et d’Ervenik, qui étaient fortes de 4,000 hommes, et qui ne s’étaient pas encore battues. Il avait reçu de plus deux bataillons du régiment du Bannat, et avait fait réunir toute la population en armes. Ses forces étaient doubles des nôtres. La position de l’ennemi était belle. Gospich est situé à la réunion de quatre rivières, de manière que de quelque côté que l’on se présente, il est nécessaire d’en passer deux ; Ces rivières sont toutes très encaissées, on ne peut les passer que vis-à-vis les chaussées, et, dans cette saison, une-seule est guéable. Je me décidai à ne pas attaquer de front Gospich, mais à tourner sa position de manière à menacer la retraite de l’ennemi. Pour atteindre ce but, il fallait passer une des rivières à portée du canon des batteries ennemies établies de l’autre côté de la Licea, ou traverser des montagnes extrêmement âpres et difficiles, où les Croates auraient pu résister avec avantage. L’ennemi occupant la rive opposée de cette rivière, il fallait l’en chasser afin de pouvoir rétablir le pont qu’il avait coupé. Deux compagnies de voltigeurs du 8e régiment, commandées par le capitaine Bourillon, ayant passé un gué, remplirent cet objet, attendu que l’ennemi, comptant sur sa position, était peu en force ; elles occupèrent deux pitons qui touchaient la rivière. A peine ce mouvement fut-il exécuté, que l’ennemi déboucha par le pont de Belay et marcha sur la division Montrichard, qui suivait la division Clauzel. Je donnai immédiatement l’ordre au général Clauzel de faire passer au général Delzons, avec le 8e régiment d’infanterie légère, la petite rivière qui était devant nous, afin d’occuper les mamelons dont s’étaient emparés les voltigeurs, et de les défendre avec la plus grande opiniâtreté possible, s’il y était attaqué. Je lui donnai également l’ordre de rapprocher un peu les autres régiments de sa division, de manière à soutenir la division Montrichard, avec laquelle j’allais combattre l’ennemi qui débouchait. L’ennemi marcha à nous sur trois colonnes: j’eus bientôt disposé toute la division Montrichard, et après être resté en position pour bien juger du projet de l’ennemi, je me décidai à faire attaquer la colonne du centre par le 18e régiment d’infanterie légère, à la tête duquel marchait le général Soyez, tandis que le 79e régiment, que commande le colonel Godard, et avec lequel se trouvait le général Montrichard, contenait la droite de l’armée ennemie. La charge du 18e régiment fut extrêmement brillante ; il est impossible d’aborder l’ennemi avec plus de confiance et d’audace que ne le fit ce brave régiment : l’ennemi fut culbuté et il perdit trois pièces de canon. Dans cette glorieuse charge, le général Soyez fut blessé d’une manière très grave. Je fis soutenir immédiatement le 18e régiment par le 5e, sous les ordres du colonel Plauzonne, qui marcha sur la colonne de gauche de l’ennemi, et la fit replier. L’ennemi s’opiniâtrant, envoya de puissants renforts, qui exigèrent de notre côté de nouveaux efforts. Le 79e régiment, qui avait suivi la droite de l’ennemi, s’était réuni à notre centre en faisant le tour d’un monticule qui l’en séparait. Je plaçai en deuxième ligne le 81e régiment, sous les ordres du général Launay et du colonel Bouté, et en réserve un bataillon du 11e régiment, que je détachai de la division Clauzel. L’ennemi ayant fait un nouvel effort, le 79e régiment le reçut avec sa bravoure ordinaire, et un bataillon le chargea tandis que le 81e en faisait autant. Cette charge fut si vive, que l’ennemi se précipita dans la rivière et s’y noya en grand nombre ; tout ce qui avait passé aurait été détruit, si douze pièces de canon de l’ennemi, placées sur l’autre rive de la Licea, n’avaient mis obstacle à ce qu’on le poursuivît davantage. Cet effort termina la journée à notre gauche. Le général Launay, qui marchait à la tète du 79e régiment et du 81e, y fut grièvement blessé. Pendant que ces affaires se passaient, l’ennemi détacha six bataillons pour attaquer les positions qu’occupait le 8e régiment d’infanterie légère. Ce corps, un des plus braves de l’armée française, que commande le colonel Bertrand, et que le général Delzons avait très bien posté, résista avec beaucoup de vigueur et de persévérance. Après plusieurs tentatives inutiles pour enlever sa position de vive force, l’ennemi s’occupa à la tourner : il allait être en péril, lorsque j’ordonnai au général Clauzel d’envoyer au général Delzons les trois bataillons du 11e régiment sous les ordres du colonel Bachelu, pour non seulement soutenir et assurer le 8e régiment, mais encore pour prendre l’offensive et menacer la retraite de tout le corps ennemi qui l’avait tourné. Le général Delzons fit le meilleur emploi de ces forces, et le 11e régiment soutint, dans cette circonstance, son ancienne réputation, et en moins de trois quarts d’heure, l’ennemi perdit de vive force ou évacua toutes ses positions ; ce succès mit fin au combat. Pendant la nuit, on s’occupa, avec la plus grande activité, à rétablir le pont qui avait été coupé. Mon intention était de le passer avant le jour avec toutes mes forces, pour me trouver le plutôt possible sur la communication de l’ennemi, ne supposant pas qu’il retardât d’un seul instant sa retraite. Les travaux du pont furent plus longs que je n’avais pensé, et le transport de mes blessés fut tellement difficile, qu’à midi les troupes n’étaient pas encore en état d’exécuter leur mouvement. D’un autre côté, l’ennemi avait fait un mouvement offensif avec 4 ou 5000 hommes en remontant la Licea. Cette confiance de l’ennemi semblait devoir provenir de l’arrivée prochaine du secours qu’amenait le général Knesevich, et qué l’on disait à peu d’heures de marche..Cependant la division Montrichard passa le ruisseau sans être, inquiétée, et aussitôt que la tête de mes colonnes se montra à l’entrée de la plaine, l’ennemi se disposa à la retraite, rappela ses troupes qui avaient remonté la Licea, et vint se former devant nous avec 7 bataillons et une grande quantité d’artillerie, pour battre les débouchés par lesquels nous devions pénétrer des montagnes dans la plaine. Le général Delzons, à la tête du 23e régiment, gagna autant de terrain qu’il put sur les bords du ruisseau, et à peine le colonel Plauzonne, qui commande la brigade du général Soyez depuis sa blessure, eut-il formé les 5e et 18e régiments, qu’il marcha à Iennemi et le força à la retraite. Nous gagnâmes dans un instant assez de terrain pour former l’armée sans danger. Ce combat est fort honorable pour le colonel Plauzonne et pour le 5e régiment. La nuit qui survint nous empêcha de profiter de ces succès, et au jour nous ne vimes plus l’ennemi. Le 23, nons entrâmes à Gospich ; le 24, nous marchâmes par Ottochatz, et nous rencontrâmes l’ennemi à la position d’Ians, qui se retira à notre approche ; le 25, nous arrivâmes devant Ottochatz où était encore l’arrière-gard.e de l’armée ennemie forte de six bataillons, l’artillerie et les bagages. Les ponts étant coupés nous tournâmes tous les marais d’Ottochatz. Le général Delzons, à la tête du 8e régiment, soutenu par le 23e de la division Clauzel, chassa l’ennemi de toutes les positions qu’il occupait, pour couvrir la grande route. Ce combat fut brillant pour le 8e régiment, comme tous ceux qui l’avaient précédé, et le général Delzons, suivant son usage, conduisit cette affaire avec beaucoup de talent et de vigueur. Il y a reçu une blessure qui, j’espère, ne l’empêchera pas de reprendre bientôt son service. Si le général Montrichard ne s’était pas trouvé de trois heures en arrière, l’arrière-garde de l’ennemi était évidemment détruite, l’artillerie et !es bagages pris. Dans la nuit, l’ennemi s’est retiré en toute hâte sur Carlestadt ; quelques bagages sont encore tombés entre nos mains. Le 26, nous sommes entrés à Segna, et le 28 a Fiume où l’armée se rassembla le 29, el d’où elle partira le 31 pour rejoindie l’armée d’Italie. L’ennemi, dans cette courte campagne, a eu environ 6000 hommes hors de combat. Il a eu un très grand nombre de déserteurs. Nous avons combattu ou marché tous les jours pendant quatorze heures, et les soldats, au milieu des privations, des fatigues et des dangers, se sont toujours montrés dignes des bontés de V. M. Je devrais faire l’éloge de tous les colonels, officiers et soldats, car ils sont tous animés du meilleur esprit ; mais je ne puis dire trop de bien des colonels Bertrand, Plauzonne et Bachelu, qui sont des officiers de la plus grande capacité. Je dois aussi beaucoup d’éloges au général Clauzel, et me louer du général Tirlet, commandant l’artillerie, du colonel Delaure, chef de l’état-major, et du chef d’escadron Amiot, commandant la cavalerie. Nous avons eu dans ces trois différentes affaires, quatre cents tués ou blessés. Tous nos vœux seront comblés, Sire, si ce que nous avons fait obtient les suffrages de V. M. Je suis avec le plus profond respect, Sire, De Votre Majesté, Le très humble, très obéissant, très dévoué serviteur et fidèle sujet, Signé, le duc de RAGUSE, général en chef. Au quartier-général, à Fiume, le 30 mai 1809.

Au quartier-général, à Ulanow sur le San, le 21 mai 1809

A.S.A.S. le prince de Neufchâtel, vice-connétable, major-général.

Monseigneur,

Ainsi que j’ai eu l’honneur d’en informer V.A.S. le 19 de ce mois, j’ai fait attaquer Zamosc par deux bataillons du 2e régiment d’infanterie, deux compagnies de voltigeurs du 3e et 80 voltigeurs du 6e, avec 6 pièces de canon aux ordres du général Pelletier. Cette entreprise a eu le meilleur succès. La place a été prise d’assaut hier à deux heures du matin. L’ennemi a perdu trois mille hommes tués et pris, plusieurs oiffciers supérieurs et colonels, quarante pièces de canon et des approvisionnements considérables de tous genres. Les troupes se sont conduites de la manière la plus brillante. Je ne saurais parler avec trop d’éloges des bonnes dispositions du général Pelletier. La place de Zamosc commandant, par sa poition, une grande étendue de pays, met à notre pouvoir toute la partie de la Galicie jusqu’à Leopol et Brody. Le général de brigade Kamienski est en marche avec le 6e régiment de cavalerie, pour pénétrer de ce côté aussi loin qu’il pourra. Nos avant-postes sont aujourd’hui à deux milles de Leopol. Agréez, Monseigneur, l’expression de ma plus haute considération.

Le général de division commandant les troupes polonaises du 9e corps, Signé JOSEPH, prince Poniatowsky.

Le général de division Dombrowski au prince .Poniatowski, ministre de la guerre.

Sleszyn, le 26 mai 1809.

Notre armée, pleine de courage, n’a pu qu’obtenir un heureux résultat. Toute la ligne de l’ennemi, dans son étendue, depuis la rivière de Notée jusqu’à Gzentochow, assaillie sur tous ses points, le 22 ; fut frappée d’une telle épouvante, qu’elle se retira avec une précipitation qui ressemblait à une déroute. Je dois à la justice d’accorder des éloges à la valeur des corps que je commande, composés, en petit nombre, de troupes de ligne, et principalement de la levée en masse des départements. Animée du plus grand zèle, l’expédition conduite par le général Kosinski, dont la valeur et le patriotisme sont connus, n’a pu qu’atteindre son but. Le colonel Stuart y a puissamment concouru, ayant courageusement, pour la seconde fois, repoussé l’ennemi de la forteresse de Czentochow, aussi bien que le général de brigade Michel Dombrowski, qui s’est opposé si vivement à l’ennemi, se retirant vers Leczyca, qu’il l’a forcé d’abandonner Leczyca même, et de se replier avec précipitation sur Kutno. Je ne peux refuser les mêmes éloges à ceux qui ont particulièrement contribué à cette opération, comme le colonel de la levée de Kalisz, Joseph Biernaski, et le major Bielanewski, qui n’a pas discontinué d’être sur le dos de l’ennemi. Le général Kosinski est aujourd’hui à Babiak, et le major Bielanewski, avec l’avant-garde, à Kutno. L’aile gauche, s’étendant vers Gostyvin, va bientôt nettoyer la rive gauche de la Vistule, au moins sur la ligne vis-à-vis Plock. Le palatin Wibycki écrit, sous la même date, à minuit, de Posen:

La lettre du général Dombrowski au prince ministre de la guerre, dont ci-dessus copie, a été écrite avant qu’il se soit mis en marche et ait quitté Sleszyn. On avait espéré jusqu’à aujourd’hui, à midi, qu’on atteindrait l’ennemi près de Loviecz. Dans cet instant, je reçois une estafette du général Dombrowski, par laquelle il m’apprend que son avant-garde poursuit sur Loviecz toute la division du général Mohr. Le général Kosinski s’y dirige également. Le général Dombrowski les suit après avoir quitté Sieszyn, Kutno et Klodawa. Le général Hauke, conformément au plan arrêté par le général commandant sur la rive gauche, a passé la Vistule près de Plock, et est allé chercher l’ennemi de tous côtés jusqu’à Sochaczew ; mais il paraît qu’on ne l’attendait qu’au-delà de la Pilica, et ce ne sera encore que ses débris. Son armée se dissipe : on ne sait plus que faire et de ceux qu’on prend, et de ceux qui arrivent volontairement.

On lit à l’avant-dernier paragraphe du seizième Bulletin : “Nous avons eu la satisfaction d’apprendre que le général de division Durosnel, et le général de brigade Foulers, que nous croyions avoir perdus, ne sont que blessés, et étaient restés dans les blés.” Il faut ajouter : “Où ils ont été faits prisonniers.”