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1805 – SIXIÈME BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE

SIXIÈME BULLETIN [1]

 

Elchingen, le 26 vendémiaire an 14

(18 octobre 1805.)

La journée d’Ulm a été une des plus belles journées de l’histoire de France. La capitulation de la place est ci-jointe, ainsi que l’état des régiments qui y sont enfermés. L’Empereur eût pu l’enlever d’assaut ; mais vingt mille hommes, défendus par des ouvrages & par des fossés pleins d’eau, eussent opposé de la résistance, & le vif désir de Sa Majesté était d’épargner le sang. Le général Mack[2], général en chef de l’armée[3], était dans la ville. C’est la destinée des généraux opposés à l’Empereur d’être pris dans des places. On se souvient qu’après les belles manœuvres de la Brenta[4], le vieux feld-maréchal Wurmser[5] fut fait prisonnier dans Mantoue[6] ; Mélas le fut dans Alexandrie[7] ; Mack l’est dans Ulm.

L’armée autrichienne était une des plus belles qu’ait eue l’Autriche : elle se composait de quatorze régiments d’infanterie formant l’armée dite de Bavière, de treize régiments de l’armée du Tyrol & de cinq régiments venus en poste d’Italie, faisant trente-deux régiments d’infanterie, & de quinze régiments de cavalerie.

L’Empereur avait placé l’armée du prince Ferdinand dans la même situation où il plaça celle de Mélas. Après avoir hésité longtemps, Mélas prit la noble résolution de passer sur le corps de l’armée française ; ce qui donna lieu à la bataille de Marengo. Mack a pris un autre parti : Ulm est l’aboutissant d’un grand nombre de routes. Il a conçu le projet de faire échapper ses divisions par chacune de ces routes, & de les réunir en Tyrol & en Bohême. Les divisions Hohenzollern[8] & Werneck[9] ont débouché par Heydenheim[10]. Une petite division a débouché par Memmingen. Mais l’Empereur, dès le 20, accourut d’Augsbourg devant Ulm, déconcerta sur-le-champ les projets de l’ennemi & fit enlever le pont & la position d’Elchingen : ce qui remédia à tout.

Le maréchal Soult, après avoir pris Memmingen, s’était mis à la poursuite des autres colonnes. Enfin, il ne restait plus au prince Ferdinand d’autre ressource que de se laisser enfermer dans Ulm, ou d’essayer, par des sentiers, de rejoindre la division de Hohenzollern ; ce prince a pris ce dernier parti, il s’est rendu à Aalen[11], avec quatre escadrons de cavalerie.

Cependant le prince Murat était à la poursuite du prince Ferdinand. La division Werneck a voulu l’arrêter à Langenau : il lui a fait trois mille prisonniers, dont un officier général, & lui a enlevé deux drapeaux. Tandis qu’il manœuvrait par sa droite à Heydenheim, le maréchal Lannes marchait par Aalen & Nordlingen. La marche de la division ennemie était embarrassée par 500 chariots, & affaiblie par le combat de Langenau. A ce combat, le prince Murat a été très-satisfait du général Klein. Le 20e régiment de dragons, le 9e d’infanterie légère & les chasseurs de la garde impériale se sont particulièrement distingués. L’aide-de-camp Brunet a montré beaucoup de bravoure.

Ce combat n’a point retardé la marche du prince Murat. Il s’est porté, rapidement sur Neresheim[12], & le 25 à cinq heures du soir, il est arrivé devant cette position. La division de dragons du général Klein a chargé l’ennemi. Deux drapeaux, un officier général & mille hommes ont été de nouveau pris au combat de Neresheim. Le prince Ferdinand & sept de ses généraux n’ont eu que le temps de monter à cheval. On a trouvé leur dîner servi. Depuis deux jours, ils n’ont aucun point pour se reposer. Il paraît que le prince Ferdinand ne pourra se soustraire à l’armée française, qu’en se déguisant ou en s’enfuyant avec quelques escadrons par quelque route détournée d’Allemagne.

L’Empereur traversant une foule de prisonniers ennemis, un colonel autrichien témoignait son étonnement de voir l’Empereur des français trempé, couvert de boue, autant & plus fatigué que le dernier tambour de l’armée. Un de ses aides-de-camp lui ayant expliqué ce que disait l’officier autrichien, l’Empereur lui fit répondre : votre maître a voulu me faire ressouvenir que j’étais un soldat ; j’espère qu’il conviendra que le trône & la pourpre impériale ne m’ont pas fait oublier mon premier métier”.

Le spectacle que l’armée offrait dans la journée du 23 était vraiment intéressant. Depuis deux jours la pluie tombait à seaux, tout le monde était trempé, le soldat n’avait point eu de distributions ; il était dans la boue jusqu’aux genoux ; mais la vue de l’Empereur lui rendait la gaieté, &, du moment qu’il apercevait des colonnes entières, dans le même état, il faisait retentir le cri de vive l’Empereur.

On rapporte aussi que l’Empereur répondit aux officiers qui l’entouraient & qui admiraient comment, dans le moment le plus pénible, les soldats oublient toutes les privations, & ne se montrent sensibles qu’au plaisir de le voir : “ils ont raison, car c’est pour épargner leur sang, que je leur fais essuyer de si grandes fatigues.”

     L’Empereur, lorsque l’armée occupait les hauteurs qui dominent Ulm, fit appeler le prince de Lichtenstein[13], général-major, enfermé dans cette place, pour lui faire connaître qu’il désirait qu’elle capitulât ; lui disant que s’il la prenait d’assaut, il serait obligé de faire ce qu’il avait fait à Jaffa[14], où la garnison fut passée au fil de l’épée ; que c’était le triste droit de la guerre ; qu’il voulait qu’on lui épargnât & à la brave nation autrichienne la nécessité d’un acte aussi effrayant ; que la place n’était pas tenable ; qu’elle devait donc se rendre. Le prince insistait pour que les officiers & soldats eussent la faculté de retourner en Autriche. “Je l’accorde aux officiers & non aux soldats, a répondu l’Empereur ; car qui me garantira qu’on ne les fera point servir de nouveau.” Puis, après avoir hésité un moment, il ajouta : “eh bien, je me fie à la parole du prince Ferdinand. S’il est dans la place, je veux lui donner une preuve de mon estime, & je lui accorde ce que vous me demandez, espérant que la cour de Vienne ne démentira pas la parole d’un de ses princes. Sur ce que M. de Lichtenstein assura que le prince Ferdinand n’était point dans la place ; “alors je ne vois pas, dit l’Empereur, qui peut me garantir que les soldats que je vous renverrai ne serviront pas.”

Une brigade de quatre mille hommes occupe une porte de la ville d’Ulm.

Dans la nuit du 24 au 25 il y a en un ouragan terrible ; le Danube est tout à fait débordé, & a rompu la plus grande partie de ses ponts, ce qui nous gène beaucoup pour nos subsistances.

Dans la journée du 23, le maréchal Bernadotte a poussé ses avant-postes jusqu’à Wasserbourg[15] & Haag[16] sur la chaussée de Braunau[17]. Il a fait encore 4 à 500 prisonniers à l’ennemi, lui a enlevé un parc de 17 pièces d’artillerie de divers calibres ; de sorte que, depuis, son entrée à Munich, sans perdre un seul homme, le maréchal Bernadotte a pris 1500 prisonniers, 19 pièces de canon, 200 chevaux & un grand nombre de bagages.

L’EMPEREUR a passé le Rhin le 9 vendémiaire, le Danube le 14[18] à cinq heures du matin, le Lech le même jour à trois heures après midi ; ses troupes sont entrées à Munich le 20. Ses avant-postes sont arrivés sur l’Inn le 23. Le même jour il était maître de Memmingen, &, le 25 d’Ulm.

Il avait pris à l’ennemi aux combats de Wertingen, de Güntzbourg, d’Elchingen, aux journées de Memmingen & d’Ulm, & aux combats d’Albreck, de Langenau & de Neresheim, quarante mille hommes, tant infanterie que cavalerie, plus de quarante drapeaux, un très grand nombre de pièces de canon, de bagages, de voitures, &c. Et pour arriver à ces grands résultats, il n’avait fallu que des marches & des manœuvres.

Dans ces combats partiels, les pertes de l’armée française ne se montent qu’à cinq cents morts & à mille blessés. Aussi le soldat dit-il souvent ; “l’EMPEREUR a trouvé une nouvelle méthode de faire la guerre, il ne se sert que de nos jambes & pas de nos baïonnettes.” Les cinq sixièmes de l’armée n’ont pas tiré un coup de fusil, ce dont ils s’affligent. Mais tous ont beaucoup marché, & ils redoublent de célérité, quand ils ont l’espoir d’atteindre l’ennemi.

On peut faire en deux mots l’éloge de l’armée : elle est digne de son chef.

On doit considérer l’armée autrichienne comme anéantie. Les autrichiens & les russes seront obligés de faire beaucoup d’appels de recrues, pour résister à l’armée française, qui est venue à bout d’une armée de cent mille hommes, sans éprouver, pour ainsi dire, aucune perte.

Capitulation de la ville d’Ulm, occupée par les troupes de S.M. l’empereur d’Autriche & roi de Hongrie, aux armes de S.M. l’Empereur des français & Roi d’Italie.

Entre nous Alexandre Berthier[19], maréchal d’Empire, commandant la première cohorte de la légion d’honneur, grand-cordon, grand-veneur, grand-officier de l’aigle noir & de l’aigle rouge, major-général de la grande armée, ministre de la guerre, chargé de stipuler pour S.M. l’Empereur des français & Roi d’Italie ;

Et M. le feld-maréchal baron de Mack, quartier-maître-général des armées de S.M. l’Empereur d’Autriche[20] & roi de Hongrie ;

Il a été convenu ce qui suit :

Art. 1er. La place d’Ulm sera remise à l’armée française, avec tous ses magasins & son artillerie.

   Réponse. La moitié de l’artillerie de campagne restera aux troupes autrichiennes.

      Refusé.

II. La garnison sortira de la place avec tous les honneurs de la guerre, &, après avoir défilé, elle remettra ses armes. Messieurs les officiers seront renvoyés sur parole en Autriche, & les soldats & sous-officiers seront conduits en France, où ils resteront jusqu’à parfait échange.

   Réponse. Tout le monde sera renvoyé en Autriche, sous condition de ne pas servir contre la France jusqu’à l’échange.

      Refusé.

   III. Tous les effets appartenant aux officiers & soldats leur seront laissés.

   Réponse. Les caisses des régiments aussi.

      Accordé.

IV. Les malades & les blessés autrichiens seront soignés comme les malades & les blessés français.

   Réponse. Nous connaissons la loyauté & l’humanité françaises.

V. Cependant, s’il se présentait, le 3 brumaire an XIV (25 octobre 1805), un corps d’armée capable de débloquer la ville d’Ulm, alors la garnison de cette place serait dégagée de la présente capitulation & serait libre de faire ce qu’elle voudrait.

   Réponse. si jusqu’au 25 octobre, à minuit inclusivement, des troupes autrichiennes ou russes débloquaient la ville de quelque côté ou porte que ce soit, la garnison sortira librement avec ses armes, son artillerie, sa cavalerie, pour joindre les troupes qui l’ont débloquée.

      Accordé.

VI. Une des portes de la ville d’Ulm (la porte de Stuttgart), sera remise à 7 heures du matin à l’armée française, ainsi qu’un quartier suffisant pour pouvoir contenir une brigade.

   Réponse. Oui.

VII. L’armée française pourra faire usage du grand pont sur le Danube, & communiquer librement d’une rive à l’autre.

   Réponse. Le pont est brûlé, on fera l’impossible pour le refaire.

VIII. Le service sera réglé de part & d’autre de manière à ce qu’il ne se commette aucun désordre, & que tout soit dans la meilleure harmonie entre les deux armées.

   Réponse. La discipline française & autrichienne nous en est sûr garant.

IX. Tous les chevaux de cavalerie, d’artillerie, de chariots, appartenant à sa Majesté l’empereur d’Autriche & roi de Hongrie, seront remis à l’armée française.

X. Les articles I, II, III, IV & IX, n’auront leur exécution que lorsque le voudra M. le commandant des troupes autrichiennes, pourvu que cela ne puisse dépasser le 3 brumaire an 14 (25 octobre 1805), avant midi. & si à cette époque une armée assez en force se présentait pour faire lever le blocus, la garnison serait libre, conformément à l’article 5, de faire ce qu’elle voudrait.

   Fait double à Ulm, le 25 vendémiaire an 14 (17 octobre 1805).

   Signé le maréchal BERTHIER.                                             Signé MACK.

 

État des régiments enfermés dans la ville d’Ulm.

Une partie du régiment de cavalerie de Schwarzenberg, hulans[21] ;

Les régiments de   Hohenlohe, dragons[22] ;

                     Mack, cuirassiers[23] ;

                     Archiduc François[24] ;

Un détachement des hussards de Blankenstein, & plusieurs ordonnances chez les généraux, des régiments de Latour[25], Rosenberg[26], Klénau[27] & de l’archiduc Albert[28].

Infanterie.

 Chasseurs tyroliens[29] ;

Colowrath[30] ;

Manfredini[31] ;

Frolich[32] ;

Archiduc Charles[33] ;

Un détachement du régiment de l’empereur[34].

Grenadiers.

 Hildbourghausen, ci-devant Bender[35],……………………………………………… 1 bataillon.

Archiduc Charles……………………………………………… 1 idem.

Manfredini……………………………………………… 1 idem.

Colloredo[36],……………………………………………… 1 idem

Stuart[37]……………………………………………… 1 idem


NOTES

[1] In : Mémorial administratif du département de l’Ourte, n° 294 du 5 brumaire an XIV (27.10.1805), p. 99-105. Liège : J.F. Desoer, 1806. (Mémorial administratif du département de l’Ourte ; IX).

[2] Karl, baron Mack von Leiberich (1752-1828), lieutenant feld-maréchal (1797).

[3] Le commandant en chef officiel de l’armée autrichienne est l’archiduc Ferdinand. Mack est son quartier-maître général.

[4] Fleuve d’Italie, né dans le Trentin et qui se jette dans l’Adriatique au sud de Chioggia, après avoir traversé Bassano et frôlé Padoue (chef-lieu du département italien de la Brenta, de 1806 à 1814).

[5] Dagobert Sigmund, comte de Würmser (1724-1797), feld-maréchal (1796), d’origine alsacienne.

[6] Mantova, sur le Pô (Italie). Capitale du duché du même nom, appartenant à la couronne d’Autriche. Assiégée par les Français en deux temps (juin-juillet 1796 puis à partir du 24 août de la même année), la citadelle de Mantoue capitulera le 2 février 1797.

[7] Alessandria, sur le Pô (Italie). Le général Melas signe la capitulation le 15 juin 1800, lendemain de la bataille de Marengo.

[8] Friedrich Franz Xavier, prince von und zu Hohenzollern-Hechingen (1757-1844). Feld-maréchal en 1830.

[9] Franz, baron von Werneck (1748-1806), Lieutenant-Feld-maréchal (1794).

[10] Heidenheim, ville au nord d’Ulm, sur la route conduisant à Aalen.

[11] Ville au nord d’Ulm, à mi-chemin entre Gmünd et Nördlingen.

[12] Ville au sud-ouest de Nördlingen.

[13] Johann Joseph, prince von und zu Liechtenstein-Nikolsburg (1760-1836). Feld-maréchal (1809).

[14] Ville de Palestine prise aux Ottomans le 7 mars 1799, après un siège de quatre jours.

[15] Wasserburg, ville de Bavière à l’est de Munich, sur l’Inn.

[16] Village au nord de Wasserburg, au croisement de la route de Munich à Braunau et de celle de Lanshut à Innsbruck.

[17] Braunau am Inn, ville de Haute-Autriche, sur l’Inn, qui forme à cet endroit frontière entre ce pays et la Bavière.

[18] Lire, le 15 vendémiaire.

[19] Louis Alexandre Berthier (1753-1815), général (1795), ministre de la Guerre (1799-1800 ; 1800-1807), maréchal de l’Empire (1804), grand-veneur de l’Empire (1804), prince et duc souverain de Neuchâtel (1806-1814), prince vice-connétable de l’Empire (1807), prince de Wagram (1809).

[20] Franz II. von Habsburg-Lothringen (1768-1835) est Empereur élu du Saint-Empire romain de la Nation germanique de 1792 à 1806 (il abdique cette couronne, qui ainsi disparaît, le 6 août 1806). Il est par ailleurs, depuis 1792 également, roi apostolique de Hongrie et souverain (archiduc) des États héréditaires de la Maison d’Autriche. Le 11 août 1804, il a pris le titre d’Empereur héréditaire (Franz I.) d’Autriche.

[21] Lire : uhlans. Le 2e Régiment d’Uhlans avait pour colonel en chef Karl Philipp, prince zu Schwarzenberg (1771-1820).

[22] 2e régiment de dragons ; colonel en chef : Friedrich Karl, prince von Hohenlohe-Ingelfingen (1752-1815).

[23] 6e régiment de cuirassiers.

[24] 2e régiment de cuirassiers ; colonel en chef : Francesco Giuseppe di Asburgo-Este (1779-1846), futur duc (Francesco IV) de Modène et Reggio (1814-1846).

[25] 4e régiment de chevau-légers ; colonel en chef : Maximilien, comte de Baillet-Latour (1740-1806), d’origine wallonne.

[26] 6e régiment de chevau-légers ; colonel en chef : Franz Seraphim, prince von Rosenberg-Orsini (1761-1832).

[27] 5e régiment de chevau-légers ; colonel en chef : Johann, comte von Klenau, baron von Janowitz (1757-1819).

[28] 3e régiment de cuirassiers. Albrecht, duc von Sachsen-Teschen, n’était pas archiduc (la confusion provient sans doute du fait qu’il était, par alliance, membre de la famille impériale).

[29] 64e régiment d’infanterie (chasseurs tyroliens) ; colonel en chef : Jean Gabriel, marquis de Chasteler de Courcelles (1763-1825), d’origine wallonne.

[30] 36e régiment d’infanterie ; colonel en chef : Johann Karl, comte Kolowrat-Krakowsky (1748-1816).

[31] 12e régiment d’infanterie ; colonel en chef : Federico, marquis Manfredini (1743-1829), d’origine toscane.

[32] 28e régiment d’infanterie ; colonel en chef : M., baron de Frelich.

[33] 3e régiment d’infanterie.

[34] 1er régiment d’infanterie.

[35] 41e régiment d’infanterie ; colonel en chef : Friedrich, duc von Sachsen-Hildburghausen (1763-1834), qui a remplacé à la tête de ce régiment Johann Blasius Kolumbus, baron von Bender (1713-1798).

[36] 57e régiment d’infanterie ; colonel en chef : Joseph Maria, comte von Colloredo-Mels zu Waldsee (1735-1818).

[37] 18e régiment d’infanterie ; colonel en chef : Patrick, comte Stuart.