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14 octobre 1806 – La bataille d’Auerstaedt – L’affaire Bernadotte

Bernadotte, un bouc-émissaire ?

On sait que, juste avant les batailles jumelles de Iéna et Auerstaedt, le maréchal Bernadotte commande le 1er corps d’armée. Avec celui de Davout, le 3e, il forme, à cette date, l’aile droite du dispositif  français, destiné à tomber sur l’aile gauche et les arrières de l’armée prussienne, qu’à cette même date, Napoléon croit être réunie entre Weimar et Iéna, et qu’il compte, pour l’instant, rencontrer et combattre le 16 octobre.

Dès le 12, les informations fournies par Soult, Lannes et Murat ont révélé qu’il semble bien  que les Prussiens se concentrent du côté d’Erfurt (soit à environ 15 km à l’ouest de Weimar). Napoléon a donc ordonné à son armée de se concentrer, en conséquence de quoi Davout devra être, le 14, à Apolda, tandis que Bernadotte devra être, le même jour, à Dornburg.

Quelques puissent en être les raisons, on sait que, finalement, Napoléon n’aura à combattre, à Iéna, qu’une partie de l’armée prussienne (sous les ordres de Hohenlohe), alors que Davout se mesurera victorieusement, de son côté, au gros de cette armée, sous les ordres du roi Frédéric-Guillaume en personne.

Or, ni à Iéna, ni à Auerstaedt, on ne verra apparaître Bernadotte. Que s’était-il donc passé ?

Il est généralement professé que Bernadotte, à qui on prête donc le rôle du « vilain » agit (ou n’agit pas) ce jour-là de façon délibérée.

A l’appui de « l’accusation », on présente très généralement l’opinion de Napoléon lui-même, soit au lendemain des deux affrontements, soit, plus tard, à Sainte-Hélène[1]. Argument pour le moins léger, on en conviendra. Pour faire bonne mesure, les détracteurs de Bernadotte n’hésitent par ailleurs pas à mettre dans la balance son accession au trône de Suède et son attitude, certes peu glorieuse, durant la campagne de 1813. Voilà bien une curieuse façon de plaider le dossier.

« L’accusation » n’y va pas par quatre chemins : Bernadotte fut tout simplement, au mieux un poltron, au pire un traître. Il a tous simplement désobéi aux ordres reçus et, ce qui serait le comble, n’a pas « marché au canon » pour rejoindre Davout. Et puis, ajoute-t-on, n’était-il pas de notoriété publique, que les deux maréchaux ne s’aimaient pas [2] : voilà une bonne raison pour que Bernadotte ait été, au minimum, satisfait de laisser son commensal à son propre sort.[3],[4]

Pour mieux comprendre « l’affaire », il nous faut remonter au 12 octobre.  Ce jour là, Napoléon écrit à Berthier:

Donnez ordre au maréchal Davout de partir de sa position pour se diriger sur Naumburg, où il arrivera le plus vite qu’il pourra, en tenant cependant toujours ses troupes en situation de combattre. Il se fera précéder par toute sa cavalerie légère, qui enverra des coureurs aussi loin que possible, tant pour avoir des nouvelles de l’ennemi que pour faire des prisonniers, arrêter les bagages et avoir des renseignements précis.

La division de dragons du général Suhac sera sous ses ordres. Elle se rendra à Mittel-Pöllnitz, où elle prendra les ordres du maréchal Davout. Le prince Murat et le maréchal Bernadotte ont ordre également de se rendre à Naumburg, mais de suivre la route de Zeitz (…)

Comme leurs confrères qui commandent les autres corps d’armée, ni Davout, ni Bernadotte ne sont informés de la stratégie choisie, du mouvement d’ensemble, ils savent seulement où ils doivent se rendre. De plus, aucun d’entre eux ne reçoit des informations quant à la position de l’ennemi.[5]

Berthier, de son côté, va compliquer les choses, car, comme à son habitude mais aussi parce que c’est son son travail, il réécrit, à l’intention de chaque maréchal, les ordres reçus. Ce faisant, par exemple, Murat va apprendre où se trouvent la plupart des corps d’armée (il est ainsi informé que Davout se dirige sur Naumburg et que Lannes est à Iéna)… sauf celui de Bernadotte, dont Berthier ne lui dit strictement rien.

Bernadotte reçoit, directement de Berthier, l’ordre suivant, daté du 12 octobre d’Auma, à 4 heures du matin :

Je vous informe, Monsieur le Maréchal, que j’envois l’ordre au Grand-Duc de Berg de se rendre à Zeitz et de là à Naumburg, si les informations concernant l’ennemi lui confirme qu’il a le gros de ses forces près d’Erfurt.

On voit ici que Bernadotte :

  • est informé que le quartier général est à Auma,
  • ne reçoit aucune information quant à la position des autres corps d’armée,
  • n’est pas informé que Davout a ordre de se rendre à Naumburg
  • reçoit l’ordre de coopérer avec Murat, ce dont celui-ci n’est d’ailleurs pas informé.

Davout a, lui aussi, reçu sa part d’instructions (datées de 5 h) :

  • Le maréchal Davout quittera, avec tout son corps d’armée, la position qu’il occupe et se rendra directement à Naumburg, maintenant cependant ses troupes constamment en état de combattre. Il sera précédé par toute sa cavalerie légère, qui enverra des patrouilles aussi loin que possible, tant pour obtenir des renseignements sur l’ennemi, que pour faire des prisonniers, arrêter les bagages et obtenir des informations précises.
  • La division de dragons du général Suhac sera sous les ordres du maréchal Davout ; j’informe le maréchal Davout que je donne l’ordre au général Suhac de se rendre à Mittel, où il recevra les ordres du maréchal.
  • Le Grand-Duc de Berg et le maréchal Bernadotte ont également reçu l’ordre de se rendre à Naumburg, mais en suivant la route de Zeitz. Le maréchal Lannes se rend de Neustadt à Iéna
  • Le Maréchal Augereau se rend à Khala ; le Maréchal Soult à Gera ; et le Maréchal Ney à Mittel. Le quartier général impérial sera aujourd’hui à Gera, à midi.

Ainsi donc, Davout :

  • Reçoit l’ordre de se rendre à Naumburg, sans lui préciser d’itinéraire
  • Est informé que Murat et Bernadotte s’y rendent aussi, par Zeitz
  • N’est pas informé que Bernadotte doit coopérer avec Murat.

Ce dernier a reçu, parallèlement, une lettre de Napoléon, datée aussi d’Auma, 4 heures du matin :

Je serai aujourd’hui, avant midi à Gera. Vous verrez, par la situation de l’armée, que j’enveloppe tout à fait l’ennemi. Mais il me faut des renseignements sur ce qu’il veut faire. J’espère que vous en trouverez dans la poste de Zeitz. Vous avez vu ce que j’ai fait à Gera; faites de même; attaquez hardiment ce qui est en marche. Ce sont des colonnes qui cherchent à se rendre à un point de réunion, et la rapidité de mes mouvements les empêche de recevoir à temps un contre-ordre. Deux ou trois avantages de cette espèce  écraseront l’armée prussienne, sans qu’il soit peut-être besoin d’affaire générale. Le maréchal Davout envoie directement à Naumburg toute sa cavalerie; il mène avec son corps d’armée la division Sahuc[6]. Inondez avec la vôtre toute la plaine de Leipzig.

Il apparaît ici:

  • Que Muratn’est toujours pas instruit que Bernadotte doit coopérer avec lui et avec Davout,
  • Que Davoutn’a pas été informé qu’il doit envoyer sa cavalerie « directement » à Naumburg.

Murat est perplexe:

  • Berthierlui a ordonné d’envoyer des reconnaissances en direction de Leipzig
  • Napoléon lui dit de couvrir de sa cavalerie toute la plaine de Leipzig

Ce qui n’est pas forcément identique. Il demande donc des informations complémentaires : doit-il continuer sur Naumburg (qui est à l’opposé de la route de Leipzig). En attendant, il se prépare aux deux éventualités. Mais il est toujours ignorant du soutien qu’il peut attendre de Bernadotte, tandis que ce dernier ignore le mouvement général de l’armée.  Bernadotte apprend toutefois, de Murat, que Davout se rend à Naumburg. Enfin, les trois maréchaux continuent d’ignorer tout de l’ennemi et de la stratégie choisie par Napoléon pour contraindre les Prussiens à la bataille.

A 8 h 30, toujours d’Auma, Napoléon écrit de nouveau à Davout :

Mon Cousin, je monte à cheval pour me rendre à Gera. Instruisez-moi de la route que vous prenez pour vous rendre à Naumburg. Il serait possible que l’ennemi exécutât son mouvement de retraite derrière l’Ilm et la Saale; car il me paraît qu’il évacue Iéna; il vous sera facile de vous en assurer une fois arrivé à Naumburg. Faites battre la plaine par toute votre cavalerie légère, et envoyez, aussi rapidement que vous pourrez, des nouvelles au prince Murat, qui sera du côté de Zeitz, et à moi, qui serai du côté de Gera. Le maréchal Ney sera à Gera de bonne heure. Vous pourrez lui faire part de ce qui viendra à votre connaissance. [7]

Davout ayant reçu ses ordres à 6 heures du matin, met aussitôt en marche son avant-garde, puis sa tête de colonne, enfin la division Gudin, qui s’ébranle à 9 heures.

Murat et Bernadotte, de leur côté, reçoivent leurs ordres peu après sept heures, et se mettent eux aussi en route, vers 9 heures.

Ce même jour (on est le 13 octobre) Napoléon pense toujours que les Prussiens sont à Erfurt, et qu’il va les attaquer à Weimar le 16. Un peu plus tard, des renseignements indiquent qu’ils sont, à tout le moins, en mouvement. Il écrit alors à Murat :

Le rideau est enfin tiré, l’ennemi commençant de retraiter sur Magdebur., Mettez-vous en marche le plus rapidement possible, avec le corps de Bernadotte, en  direction de Dornburg.

Mais Murat, conformément aux ordres reçus, a envoyé une grande partie de sa cavalerie reconnaître la plain de Leipzig. Les dragons de Milhaud, les hussards de Lasalle et de Milhaud ne seront pas à l’appel le 14 !

Dans la nuit du 13 au 14, Davout, Bernadotte et Murat sont à Naumburg. Ils y reçoivent, de Berthier, les ordres que celui-ci a écrit dans la journée, à 15 heures, en termes identiques.

L’Empereur, Monsieur le Maréchal, apprend, à une lieue de Iéna, que l’ennemi fait face à Maréchal Lannes, avec environ 50.000 hommes. Le Maréchal pense même qu’il sera attaqué cette nuit. Si, cette nuit, vous entendez une attaque, vous devrez manœuvrer sur l’ennemi et le contourner par sa gauche. S’il n’y a pas d’attaque ce soir, vous recevrez cette nuit des ordres pour demain.

A ce moment, Bernadotte est déjà en route pour Dornburg, suite à l’ordre qu’il a reçu précédemment par Murat[8] A la nuit, il fait prendre les bivouacs à ses troupes dispersées entre Naumburg et Dornburg.

Nous arrivons maintenant au 14 octobre. A 3 heures du matin, Davout reçoit de nouveaux ordres, écrits à Iéna, la veille, à 10 heures du soir :[9]

Au bivouac sur les hauteurs d’Iéna, à dix heures du soir.

Le maréchal Bernadotte avait reçu l’ordre de se rendre à Dornburg. Il est très nécessaire qu’il s’y soit rendu. Mais si cependant il se trouvait à Naumburg, ce serait une raison de plus de se mettre en route pour exécuter les dispositions suivantes, qui est (sic) de vous rendre à Apolda avec tout votre corps d’armée pour tomber dans les derrières de l’ennemi, si l’on se bat, comme tout porte à le penser.

D’Apolda, vous vous porterez partout où se trouvera le feu. L’ennemi a laissé voir aujourd’hui une nombreuse armée, la gauche appuyée à une lieue de Iéna et la droite à Weimar. Par votre mouvement vous tomberez droit sur ses derrières.

Vous entendrez probablement la canonnade qui vous portera à activer votre marche, mais vous aurez soin de marcher toujours en ordre de manière à pouvoir recevoir des charges de cavalerie. Vous suivrez, pour faire cette manœuvre, la route qui vous conviendra, mais l’important est de prendre part au combat.

Si le maréchal Bernadotte se trouvait avec vous, vous pourriez marcher ensemble. Mais l’Empereur espère qu’il sera dans la position qu’il lui a indiquée à Dornburg.[10]

Lorsque vous serez à portée d’être entendu d’Iéna, vous tirerez quelques coups de canon, ce qui sera le signal si nous ne sommes pas forcés de commencer plus tôt.

Mais Bernadotte[11] n’est pas, en tous les cas son corps d’armée – avec Davout. En fait, les deux corps d’armée sont de part et d’autre de Naumburg, celui de Bernadotte s’étirant entre Naumburg et Dornburg.

De toute façon, Bernadotte n’a reçu aucun ordre contremandant celui qui lui impose de se rendre à Dornburg [12]

Davout, après avoir rencontré Bernadotte, est décidé à marcher sur Apolda, par le nord plutôt que par Dornburg, dont la route est d’ailleurs déjà suffisamment encombrée par les soldats de Bernadotte [13]

Davout et Bernadotte ne recevront plus de nouveaux ordres, jusqu’au matin du 15.

Tels sont les faits. Et pourtant, le 21 octobre, Bernadotte va recevoir une lettre de Berthier, par l’intermédiaire duquel, à propos d’un autre évènement, Napoléon tire une première salve :

Sa Majesté, qui est très-fâchée que vous n’ayez pas exécuté ses ordres, vous rappelle à ce sujet que vous ne vous êtes point trouvé à la bataille d’Iéna; que cela aurait pu compromettre le sort de l’armée et déjouer les grandes combinaisons de Sa Majesté, et a rendu douteuse et très-sanglante cette bataille, qui l’aurait été beaucoup moins. Quelque profondément affecté qu’ait été l’Empereur, il n’avait pas voulu vous en parler, parce qu’en se rappelant vos anciens services il craignait de vous affliger, et que la considération qu’il a pour vous l’avait porté à se taire. Mais, dans cette circonstance où vous ne vous êtes pas porté à Kalbe, et où vous n’avez pas tenté le passage de l’Elbe, soit à Barby, soit à l’embouchure de la Saale, l’Empereur s’est décidé à vous dire sa façon de penser, parce qu’il n’est point accoutumé à voir sacrifier ses opérations à de vaines étiquettes de commandement.[14]

Cette lettre est suivie d’une deuxième, le 23 :

Je reçois votre lettre. Je n’ai point l’habitude de récriminer sur le passé, puisqu’il est sans remède. Votre corps d’armée ne s’est pas trouvé sur le champ de bataille, et cela eût pu m’être très-funeste. Cependant, après un ordre très-précis, vous deviez vous trouver à Dornburg, qui est un des principaux débouchés de la Saale, le même jour que le maréchal Lannes se trouvait à Iéna, le maréchal Augereau à Kahla, et le maréchal Davout à Naumburg. Au défaut d’avoir exécuté ces dispositions, je vous avais fait connaître, dans la nuit, que, si vous étiez encore à Naumburg, vous deviez marcher sur le maréchal Davout et le soutenir. Vous étiez à Naumburg lorsque cet ordre est arrivé; il vous a été communiqué, et cependant vous avez préféré faire une fausse marche pour retourner à Dornburg, et, par là, vous ne vous êtes pas trouvé à la bataille, et le maréchal Davout a supporté les principaux efforts de l’armée ennemie. Tout cela est certainement très-malheureux. Les circonstances se sont offertes depuis de donner des preuves de votre zèle; il s’en offrira d’autres encore où vous pourrez donner des preuves de vos talents et de votre attachement à ma personne.

En fait, on l’a bien vu, « d’ordres précis » il n’y avait point eu, qui aurait enjoint Bernadotte d’être à Dornburg le même jour que Lannes devait être à Iéna[15]. Napoléon, ici, ment, consciemment ou non. Bernadotte ne pouvait être à Dornburg à cette date, puisque c’est le 13, à 9 h 00, qu’il y est envoyé, par le biais de l’ordre envoyé à Murat. Mieux : le 14, il doit se trouver à Naumburg, avec Davout. Enfin, Murat n’arriva pas à Naumburg avant le 13. Contrairement à ce qu’écrit Napoléon, Bernadotte n’est pas « retourné à Dornburg », puisque, conformément aux ordres reçus par l’intermédiaire de Murat, il était en train de s’y rendre. Enfin, lorsque Bernadotte est accusé d’avoir laissé Davout face au plus gros de l’ennemi, Napoléon raisonne totalement a posteriori, car, lorsqu’il ordonne à Davout de se rendre à Apolda, il n’a aucune idée de la répartition des forces prussiennes[16]

Par ailleurs, Bernadotte n’aurait-il pas dû « marcher au canon », comme il lui est souvent reproché ?

Mais de quels canons aurait-il dû s’agir ? Car enfin, s’il a entendu les canons d’Auerstaedt, il doit avoir, aussi, entendu ceux de Iéna. La distance, entre Dornburg et Iéna est à peu près la même que celle séparant Dornburg d’Auerstaedt, et, de surcroît, il sait que c’est à Iéna que se trouve le gros de l’armée de Napoléon[17], alors qu’il ignore ce que Davout va rencontrer.

Reste la dernière critique faite à Bernadotte, sa « lenteur »[18] à se déplacer jusqu’à Apolda, même si, in fine, son corps d’armée rejoignit  bien, en temps voulu, la position que Napoléon lui avait assigné, c’est-à-dire le 14 entre 10 et 11 heures, à Apolda. S’il avait alors continué sa marche, la bataille de Napoléon s’étant déplacée. Certains estiment qu’il n’aurait pu atteindre le champ de bataille que vers 12 h 30 au plus tôt, 16 h 00 au plus tard, alors que la victoire était déjà acquise à 13 heures.[19]

En conclusion, Bernadotte exécuta l’esprit et la lettre des ordres qu’il avait reçus, conformément au concept développé dès le 12 octobre, à Auma, par Napoléon, dans l’optique d’une bataille le 16 octobre, et non le 14. S’il peut, au maximum, être critiqué  pour sa lente progression entre Dornburg et Apolda, alors il faut également critiquer l’Empereur, pour sa fausse appréciation de la position prussienne, et pour avoir envoyé des ordres ambigus et contradictoires.

Deux mois plus tard, Napoléon appelle Bernadotte au commandement de trois corps (le sien, celui de Ney et celui de Bessières) pour former l’aile gauche de la Grande Armée qui va effectuer la première phase de la campagne de Pologne…. N’est-ce pas là la preuve que l’Empereur ne croyait pas lui-même aux accusations portées – y compris par lui-même – contre Bernadotte, et que celui-ci n’avait été qu’un bouc émissaire destiné à masquer les erreurs du Chef.

 

NOTES

[1] « A Iéna, Davout s’est battu seul contre l’armée prussienne, mais ce ne fut pas de ma faute. Bernadotte était en mesure de le soulager, mais je crois que dès cette époque il trahissait, quel que fût son motif : républicanisme ou simple jalousie de ce que Soult et Davout avaient de plus beaux corps d’armée. » Cahiers de Sainte-Hélène – Général Bertrand, tome II, p. 176.

[2] A l’appui de ceci le fait que Bernadotte avait été, au contraire de Davout, un temps proche des Jacobins, et qu’il sortait du rang, ce qui n’était pas le cas de Davout. Cela suffit-il à engendrer une éventuelle mésentente ? En tout cas, une telle animosité n’existait pas dans les années 1804 et 1805, ni dans la période précédent le 14 octobre.

[3] « À noter que du fait d’un conflit de personnes le corps de Bernadotte (20 000 hommes) erre lors de la journée du 14 et ne participe ni à la bataille d’Iéna ni à celle d’Auerstaedt » Wikipedia – Sur Internet, 2006.

[4] « Napoléon s’enquiert des conditions de la bataille. Il devient sombre. Il devine que Bernadotte, loin d’aider Davout comme il l’aurait dû, n’a pas participé au combat. Ce Gascon n’en fera jamais d’autres ! s’exclame Napoléon. Il marche dans la salle. Il faudrait faire fusiller Bernadotte. Mais c’est le mari de Désirée Clary, le beau-frère de Joseph. » Max Gallo, Napoléon, tome 3, 1997.

[5] Il s’agit là d’une constante dans la manière de commander de Napoléon – au moins à cette époque là.  Si le secret des opérations avait plus de chance d’être gardé, aucun des protagonistes n’avait de moyen d’avoir une vue d’ensemble.

[6] Louis-Michel-Antoine Sahuc (1755 – 1813). Par ordre du 12 octobre, la division de dragons  Sahuc a été mise sous les ordres de Murat.

[7] Ces deux lettres, de 4 h et 8 h 30,  ne démontrent-t-elles pas l’importance du seul corps d’armée de Davout, dans l’esprit de Napoléon, pour la manœuvre d’encerclement des Prussiens ?

[8] Tard dans la matinée, en effet, des reconnaissances prussiennes ont fait état de la présence de Français, à Dornburg

[9] Ce texte ne figure pas dans le registre d’ordres de Berthier. Il a pu être retrouvé par M. Girod de l’Ain, et publié en 1968, dans sa biographie de Bernadotte. Il est cité intégralement dans la biographie de Davout, de Daniel Reichel (op. cit.). Même de nos jours, cependant, de nombreux historiens ne font état que du résumé de ces ordres, présentés dans le Journal du 3e corps (op. cit.)

[10] Souligné par l’auteur du présent ouvrage. Dans le Journal du 3e corps, cette phrase est citée comme étant un post-scriptum de Berthier, avec la différence qu’on lit « vous pourrez marcher », alors que l’ordre est « vous pourriez marcher », formulation qui laisse plus de place à l’interprétation, ce qui est d’ailleurs fréquent, laissant aux subalternes le choix de la bonne option quitte à les critiquer  sévèrement s’ils choisissent la mauvaise….

[11] Remarquons ici que Bernadotte ne reçoit aucun ordre directement de Berthier, mais soit pas Murat, soit par Davout. . Etrange, pour le moins.

[12] Cela est incompréhensible de la part de Berthier, si la coopération ente Bernadotte et Davout apparaissait indispensable.

[13] Mais les deux sont à peu près de même longueur.

[14] Napoléon fait-il ici allusion au bruit selon lequel Bernadotte n’aurait pas accepté, s’il avait rejoint Davout à Naumburg, de ne pas passer le premier à l’attaque ? Notons que Bernadotte, maréchal, était plus ancien.

[15] Il s’en trouvait d’ailleurs alors (le 12) à 6 km.

[16] Même si, par une sorte de prescience, Bernadotte avait effectivement fait demi tour, on peut s’interroger, compte tenu de la distance et de l’heure, de savoir s’il fût arrivé avant que Davout n’en eut fini, comme ce fut le cas, avec les Prussiens.

[17] Le „son du canon“ pouvait se faire entendre de façon très irrégulière, selon les conditions atmosphériques du moment, entre près de 100 kms et à peine 5 kms. Le brouillard, qui fut présent ce jour-là sur les deux champs de bataille, a sans doute joué un grand rôle.

[18] C’est par ailleurs faire peu de cas de la difficulté de la route, en particulier aux alentours de Dornburg.

[19] L’intervention de Rüchel ne changeant rien à la situation.