Shubert – Septembre 1813

 1. On entend une forte canonnade dès le matin ; mais personne ne sait où cela est ; vers le soir on apprend que c’est Saint–Priest qui a attaqué l’ennemi ; on ignore les détails 1)D’après le Journal des Opérations Militaires, Saint-Priest s’attaqua à trois bataillons ennemis et captura 300 hommes. ; enfin Langeron ne sait rien lui-même, ni de ce que l’on va faire, ni de ce que l’ennemi fait, ni même ce que nous faisons.

2. Tranquillité parfaite.

3. Nous marchons à Bautzen ; le corps de Sacken à Lamenz, Kaptzevitsch et Bubna 2)Ferdinand Bubna und Littitz, diplomate autrichien, qui mena plusieurs missions diplomatiques en france durant les années 1812-1813, et commanda la division légère de l’avant-garde de l’armée de Bohême sont aux environs de Neustadt. Notre avant-garde occupe Bischofsverda. Saint-Priest en est tout près à Drelnitz.

4 jusqu’an 9. Paix profonde.

10. L’on avait reçu la veille la nouvelle, que Napoléon construit des ponts près le Pirna, et que son armée y passe sur la rive droite de l’Elbe. Aujourd’hui toute la ligne des avant-postes est attaquée ; nous évacuons Bischofsverda. Lui-même arrive à Stolpen.

11. Notre avant-garde est repoussée jusque Pfortgen ; la cavalerie marche à son secours, mais retourne vers le soir sans avoir été en feu. Deux bataillons westphaliens sont hachés par Emmanuel.

12 et 13. Tranquillité. Le 13 les Français se retirent jusque derrière Bischofswerd, et reprennent leur position de Hartkau.

14. Nous avant-postes poussent jusque Königsbruck ; le bruit court que le roi de Suède est mort. 3)Il s’agit bien sûr d’une rumeur, le roide Suède mourra en 1818.

15. Nous partons de Bautzen, pour coucher à Könisgbruck.

16. Marche à Ostrand.

17. Marche à Elsterwerda.

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1. À la bataille de Lützen, l’armée française était déjà complètement battue, lorsqu’à 5 heures du soir le vice-roi 4)Shubert fait référence au prince Eugène, vice-roi d’Italie. arrive de Leipzig avec 25.000 hommes de troupes fraîches, qui remettent un peu le combat, pourtant nous couchons au-delà du champ de bataille. On prend 14 canons, et beaucoup des prisonniers. Le lendemain notre armée se retire faute de munitions ; l’ennemi avait fait de même et dans une telle hâte, qu’il laissait à Weissenfels 60 canons dont il dont lui-même 40, mais voyant que nous n’y étions plus, il retourna. Le maréchal Bessières fut tué 5)Jean Baptiste Bessières  fut mortellement blessé le 1er mai 1813, à Rippach, avant la bataille de Lützen..

2. Notre armée avait avancé jusque Dresde, et au lieu prendre cette ville qui n’avait que 6,000 hommes de garnison elle perd deux jours. Le 14 à 4 heures après-midi elle attaque enfin et le même jour à midi Napoléon avec ses gardes etc. venait d’arriver et la repousse avec perte. En même temps Vandamme avec 40.000 hommes passe à Königstein où l’on n’avait laissé que 3.000 hommes ; les repousse, et force par là l’armée de se retirer jusque Altenburg. Le carnage dans les rues de Dresde avait été terrible ; on comptait jusqu’à 15.000 tués et blessés de notre coté ; les troupes avaient avancé jusqu’au château. Moreau 6)Jean Moreau s’était distingué durant les guerres de la Révolution. Disgracié par Napoléon, il s’exile aux États-Unis, puis revient en 1813 en Europe, où il est invité à se joindre aux Alliés, comme conseiller militaire du tsar Alexandre. Un boulet français le blesse mortellement à Dresde, le 27 août. eut les deux jambes emportées ; Ostermann – un bras.

 

References   [ + ]

1. D’après le Journal des Opérations Militaires, Saint-Priest s’attaqua à trois bataillons ennemis et captura 300 hommes.
2. Ferdinand Bubna und Littitz, diplomate autrichien, qui mena plusieurs missions diplomatiques en france durant les années 1812-1813, et commanda la division légère de l’avant-garde de l’armée de Bohême
3. Il s’agit bien sûr d’une rumeur, le roide Suède mourra en 1818.
4. Shubert fait référence au prince Eugène, vice-roi d’Italie.
5. Jean Baptiste Bessières  fut mortellement blessé le 1er mai 1813, à Rippach, avant la bataille de Lützen.
6. Jean Moreau s’était distingué durant les guerres de la Révolution. Disgracié par Napoléon, il s’exile aux États-Unis, puis revient en 1813 en Europe, où il est invité à se joindre aux Alliés, comme conseiller militaire du tsar Alexandre. Un boulet français le blesse mortellement à Dresde, le 27 août.