22 juillet 1805 – La bataille du Cap Finisterre ou des Quinze-Vingt.

La fin de la paix d’Amiens pose un problème aux forces navales françaises, car celles-ci sont dispersées dans plusieurs ports que les Anglais vont vite bloquer. Le plan naval de Napoléon est le suivant: les escadres de Toulon (sous les ordres de Villeneuve), de Brest (sous les ordres de Ganteaume) et de Rochefort (sous les ordres de Missiessy) doivent s’échapper de leur blocus, puis aider au déblocage des escadres espagnoles, ensuite attirer la marine anglaise hors de la Manche vers les Antilles, puis de constituer une force conjointe suffisante aux Antilles pour revenir en Europe et protéger les flottilles d’invasion par la Manche. De leur côté, les Anglais ont la consigne de bloquer les ports français et espagnols et que, si une escadre ennemie leur échappait, la force anglaise devait ne pas opérer de poursuite mais immédiatement se porter sur la Manche.

En août 1804, le commandant des forces navales françaises, Latouche-Tréville, meurt soudainement et est remplacé par l’amiral Villeneuve, commandant à Toulon. L’escadre de Brest, commandée par Ganteaume, ne réussit pas à échapper du blocus de l’anglais Cornwallis, et donc ne peut pas aider à débloquer la marine espagnole à Ferrol ni opérer sa jonction avec les forces de Villeneuve aux Antilles.

 A bord de son navire-amiral Le Bucentaure, Villeneuve s’échappe de Toulon le 30 mars 1805 à l’insu de Nelson qui contrôle la Méditerranée. Pour Nelson, tout se passe mal. Ayant laissé échapper Villeneuve de Toulon, et pensant que celui-ci allait sans doute attaquer en Méditerranée, il se porte au Sud des côtes sardes pour barrer la route des français. Pendant ce temps, Villeneuve récupère tranquillement les forces espagnoles de Gravina à Cadix (6 navires), puis passe le cap Gibraltar le 8 avril. Nelson, avec 12 navires, cherche ensuite à combler le retard mais ne passe Gibraltar que le 11 mai, puis poursuit les Français vers les Antilles en suivant d’ailleurs la même route, la plus directe, au nord de Madère. Au passage des côtes africaines, Nelson rallie aussi la petite escadre de John Orde (5 navires).

Villeneuve atteint la Martinique le 14 mai avec 18 vaisseaux, 7 frégates et 4 corvettes. Il pense opérer sa jonction avec Missiessy et Ganteaume. Mais Missiessy avait déjà quitté les Antilles, et était retourné à Rochefort non sans avoir mené auparavant une bonne campagne terrestre et navale contre les Anglais sur place, notamment en libérant la Martinique et Saint-Domingue et en faisant prisonnier toute la garnison anglaise de Nevis.  Missiessy est de retour à Rochefort le 20 mai. Villeneuve attend Ganteaume à la Martinique, selon ses ordres qui étaient d’attendre jusqu’au 20 juin au plus tard, ou de rentrer ensuite sur l’Europe afin de débloquer Ferrol et Brest et se porter sur la Manche en vue de l’invasion impatiente de Napoléon. Villeneuve attend donc, et Nelson a ainsi le temps de le rattraper aux Antilles. Le 4 juin, Villeneuve est rejoint par le contre-amiral Magon avec 2 vaisseaux et une frégate venus de Rochefort, ce qui porte alors sa flotte à 20 vaisseaux.

Mais Nelson est encore malchanceux: il juge que les français allaient profiter de l’expédition pour attaquer les Antilles anglaises, comme l’avait fait Missiessy au printemps, et Nelson se porte donc le 4 juin aux Barbades, port anglais, pour y attendre Villeneuve.

La flotte de Nelson aux Barbades
La flotte de Nelson aux Barbades

Cependant, les nouvelles de l’arrivée fraîche de Nelson aux Antilles inquiètent Villeneuve le 6 juin et il se décide à quitter la Martinique le 9 juin, à l’insu des anglais. Et, encore une fois, Nelson manque de chance: par mauvaise information sur les intentions françaises, il quitte les Barbades le 12 juin mais… vers une mauvaise route, plus au Sud que celle de Villeneuve.

Mais, la chance finit par sourire à Nelson : avant son départ, il envoie un brick, le Curieux, à Plymouth pour rendre compte de sa stratégie et de sa position à l’Amirauté. Par une chance incroyable, ce brick rencontre la flotte de Villeneuve le 19 juin sur une route de latitude Nord, et qui indique donc que les Franco-Espagnols se dirigent vers le Nord de l’Espagne et non sur la Méditerranée. Le Curieux continue sa course rapide vers Plymouth et, à peine 4 heures après son arrivée, de nouveaux ordres anglais sont dépêchés sur les escadres du blocus de Rochefort et de Ferrol d’abandonner leur position et d’aller barrer la route de la Manche à la flotte de Villeneuve.

Nelson, qui décida de faire route vers le sud par Gibraltar, afin de fermer l’accès de la Méditerranée, passe la verticale des Açores le 8 juillet et arrive en vue de l’escadre de son collègue Collingwood le 18 juillet qui lui signale n’avoir pas vu la flotte française. Nelson peste contre son mauvais jugement et rentre sur Gibraltar le 19 juillet. Il ne prendra pas place au reste de l’action navale qui va suivre.

La flotte de Nelson
La flotte de Nelson

La flotte franco-espagnole de Villeneuve passe la verticale des Açores par le Nord le 30 juin. Mais en fait, Villeneuve ne se porte pas sur les ports français de Rochefort et de Brest, ni sur la Manche. Il juge plus prudent de continuer à rassembler les 15 navires espagnols bloqués à Ferrol.

La flotte de l’amiral anglais Robert Calder, avec 15 navires, rencontre Villeneuve au matin du 22 juillet 1805 vers midi. Le capitaine Cumming sur le vaisseau-amiral de Calder, le Prince of Wales avec ses trois ponts et 98 canons, note la position latitude 43°34′ Nord et longitude 16°13′ Ouest, à environ 180 km au large de Ferrol. La mer accuse une forte houle. A bord de l’Argonauta, navire-amiral de Gravina, on remarque la flotte anglaise en premier. Les vaisseaux espagnols forment en effet l’avant de la flotte franco-espagnole qui est composée de 20 navires et dispose aussi à son bord d’une petite armée, sous le commandement du général-comte Lauriston, qui était assignée à la flotte de Villeneuve. Dans la fin de cette matinée brumeuse du 22 juillet, commence la bataille de Cap Finisterre ou des Quinze-Vingt, du nom des navires en présence. Sur ce même lieu, le 3 mai 1747, les Anglais avaient remporté une victoire navale contre les Français pendant la guerre de Succession d’Autriche. 

Tant du côté franco-espagnol que du côté anglais, on estime de façon incorrecte les forces adverses, à cause du brouillard qui devient de plus en plus dense. Calder donne l’ordre à son escadre de former une seule ligne de bataille et de façon rapprochée. Le navire Hero est en première position suivi de Ajax et ainsi de suite (voir tableau des forces navales en présence). Vers 13h15, l’ordre de bataille anglais est accompli et se rapproche des franco-espagnols. La flotte de Villeneuve reçoit à peu près le même ordre de former une seule ligne mais ne complètent leur mouvement que vers 15h. Les Espagnols sont en tête de cette ligne, suivis des navires français.

Anglais Canons Espagnols Canons Français Canons
Hero 74 Argonauta 80 Pluton 74
Ajax 74 Terrible 74 Mont-Blanc 74
Triumph 74 America 74 Atlas 74
Barfleur 98 Espana 64 Berwick 74
Agamemnon 64 San Rafael 80 Neptune 80
Windsor Castle 98 Furma 74 Bucentaure 80
Prince of Wales 98 Formidable 80
Defiance 74 Intrepide 74
Repulse 64 Scipion 74
Raisonnable 74 Swiftsure 74
Dragon 74 Indomptable 80
Glory 98 Aigle 74
Warrior 74 Achille 74
Thunderer 74 Algesiras 74
Malta 80

Forces navales en présence

A 15h, les deux flottes ennemies se trouvent rapprochées à 10km l’une de l’autre et à peu près en parallèle. A 15h20, Calder donne le signal de l’attaque anglaise en remontant au vent rapidement vers la tête de la formation espagnole, pour l’empêcher de s’échapper, et vers le centre de la formation franco-espagnole afin de la disloquer. L’Argonauta ouvre le feu en premier contre le Hero en tête de la formation anglaise, puis opère une manœuvre tournante afin de protéger le reste de la flotte espagnole. A ce moment, Calder avec le Prince of Wales passe par l’arrière de l’escadre espagnole, lui envoie plusieurs bordées et s’en rapproche suffisamment pour être sous le vent et atteindre le centre de la formation de Villeneuve sans grand obstacle. 

Campagne navale de 1805
Campagne navale de 1805
Villeneuve Nelson
Départ de Toulon
Gibraltar
La Martinique
Retour vers l’Europe
Rencontre Calder
Arrivée à Vigo
Arrivée au Ferrol
Départ du Ferrol
Arrivée à Cadix
Départ de Cadix
30 mars
8 avril
14 mai
9 juin
22 juillet
28 juillet
2 août
10 août
20 août
21 octobre
Arrivée à Gibraltar
Départ de Gibraltar
Arrivée à La Barbade
Retour vers l’Europe
Arrivée à Gibraltar
Rejoint Cornwallis
Arrivée à Cadix
8 mai
11 mai
4 juin
12 juillet
19 juillet
15 août
28 septembre

La campagne navale de 1805

Un vaisseau de 98 canons à l'action
Un vaisseau de 98 canons à l’action

Entre temps, le vent a baissé sensiblement et les manœuvres deviennent plus lentes de part et d’autre. De plus, le brouillard s’épaissit et ne permet pas facilement aux vaisseaux de recevoir tous les ordres à temps ni de comprendre les manœuvres de leur flotte. A partir de 15h45, le feu est nourri de toute part, entre des vaisseaux pris dans le brouillard, essayant de manœuvrer difficilement par changements de cap au milieu d’un vent devenu faible. Ce manque de vent est tel que la fumée des canons ne peut se dissiper assez vite, et crée un nuage suffoquant pour les équipages. Le chaos de la bataille augmente avec notamment plusieurs navires anglais attaquant les mêmes vaisseaux ennemis côté espagnol, le San Rafael et le Furma. Le premier vaisseau français, le Pluton, essaye de les secourir mais est repoussé. Quatre des vaisseaux espagnols sont d’ailleurs déjà très endommagés. Côté français, l’Atlas est aussi très mutilé. Mais la queue française de la flotte de Villeneuve souffre le moins, car la bataille se porte essentiellement sur la tête espagnole et jusqu’au centre de la formation. Côté anglais, le Windsor Castle est le plus touché.

Vers 20h, le Firma a perdu tous ses mats et baisse pavillon en signe de reddition. Cette reddition est suivie quelques minutes plus tard de celle du San Rafael. Vers 20h25, Calder donne le signal de discontinuer le combat, à cause de l’obscurité tombante. Mais la plupart de ses navires ne reçoivent pas le signal avant environ 21h25. A ce moment, les deux flottes sont complètement dispersées sur la mer et l’obscurité ne permet plus de combattre.

La nuit tombe
La nuit tombe

Le fort de la bataille aura duré quatre longues heures au milieu d’un brouillard, quelquefois si épais qu’il était difficile de reconnaître le vaisseau à portée, et au milieu d’une fumée suffocante qui ne pouvait être dispersée par manque de vent. La célérité et la détermination de l’attaque anglaise auraient pu être plus dommageables pour Villeneuve sans ces mauvaises conditions de combat. Seuls deux navires espagnols, le San Rafael et le Firma sont perdus. Calder capture ces navires et les fera amener à Plymouth sous escorte. Côté anglais, les pertes totales sont de 210 hommes de tous rangs. Côté franco-espagnol, les pertes sont de 480 hommes dont 340 espagnols. De plus, les Anglais capturent les 1200 hommes des deux navires espagnols qui se sont rendus. La flotte espagnole aura le plus souffert. Les Français Mont-Blanc, Atlas et Pluton se battirent avec distinction. Le Bucentaure, navire-amiral de Villeneuve, ne rentra pas vraiment dans l’action et ne constate que 6 blessés à la fin de cette bataille.

Le 23 juillet, toujours par un temps brumeux, Calder évite le combat mais dispose sa flotte au nord de la route de Villeneuve avec l’intention de fermer son accès vers la Manche. De son côté, Villeneuve décide d’éviter un nouvel affrontement et veut se diriger vers le sud, vers Cadix. Lauriston proteste auprès de lui du manque de respect des plans de l’Empereur d’arriver sur la Manche au plus vite. Villeneuve, indécis et prétextant des vents contraires, fait finalement route sur Ferrol le 25 juillet. Il y arrive le 2 août et rallient les 15 navires espagnols qui y étaient bloqués par Calder auparavant, ce qui amène sa flotte au nombre total de 33 navires avec cependant 2 bâtiments endommagés. Les forces terrestres de Lauriston désembarquent et rentrent en France pour rallier Napoléon. Calder, ayant suivi Villeneuve sur Ferrol et ne pouvant empêcher sa liaison avec la force espagnole sur place, décide finalement d’abandonner le blocus de ce port et rejoint Cornwallis au nord le 14 août

A Ferrol, des ordres arrivent à Villeneuve de se diriger sur Brest et d’aider à débloquer les forces navales françaises de Ganteaume contre l’anglais Cornwallis. Il quitte Ferrol le 10 août mais non sans se plaindre par lettre au ministre de la marine, Decrès, de tout ce qui empêche sa mission: mauvais état des navires, et… infériorité numérique (ce qui était faux car il disposait de 31 navires en état de guerre à cette date). Le 15 août, à hauteur du cap Ortegal, inquiet d’une force anglaise qu’il croit supérieure, il décide de rebrousser chemin vers le sud de l’Espagne, donc loin du théâtre des opérations… Le courage l’aura abandonné dans cette campagne et, le 20 août, il se réfugie dans Cadix où il est aussitôt bloqué par la petite escadre de Collingwood. Le 21 août, ne voyant pas arriver Villeneuve, Ganteaume tente une sortie de Brest mais est repoussé par Cornwallis. Le 25 août, Napoléon apprend que Villeneuve n’a pas fait route sur Brest et a fui sur Cadix. Il entre dans une colère terrible et voit ses plans tomber… à l’eau. Par désespoir d’attendre, Napoléon essaya même cette invasion sans Villeneuve. En effet, le 17 et 18 juillet, Napoléon engage toute une flottille en Manche, de Oostende à Boulogne, avec plus de 200 embarcations. Mais un détachement de l’escadre anglaise de Cornwallis veille sur ces côtes sans répit et repousse toute la flottille à coup de bordées qui font un grand carnage pendant que les plages étaient inondées de soldats en attente inutile d’une action.

Donc, ce 25 août, Napoléon prend aussitôt la décision d’abandonner le plan d’invasion et de combattre les austro-russes en faisant traverser l’Europe à ses 200.000 hommes à marche forcée sous le nom de Grande Armée. Nelson, après un séjour à Londres dans l’été 1805, où il rencontrera brièvement et pour la seule fois de l’Histoire le futur Duc de Wellington, prend le commandement du blocus de Cadix le 28 septembre.

Suite à la bataille des Quinze-Vingt, l’Amirauté anglaise reprochera à Calder de n’avoir pas poursuivi la flotte de Villeneuve en indiquant notamment que Nelson n’aurait pas abandonné la poursuite. Il s’en expliquera en conseil de guerre, et sera défendu par Nelson lui-même. L’Amirauté donnera finalement une réprimande à Calder en décembre 1805. Cependant, la bataille de Quinze-Vingt est certainement plus importante que celle de Trafalgar. La flotte de Calder a empêché Villeneuve de continuer plus au nord et de rallier les côtes françaises et donc la Manche. Ce retard aura empêché l’invasion de l’Angleterre, tant voulue par Napoléon

L’erreur de Villeneuve a été d’avoir été trop prudent alors qu’il avait distancé Nelson après son départ des Antilles. Il aurait dû débloquer les forces de Missiessy à Rochefort (15 navires) et/ou débloquer celles de Ganteaume à Brest (22 navires) en meilleur état de guerre que la marine espagnole. Ensemble, cette force navale aurait pu faire face au reste de la flotte de Cornwallis en Manche. Cornwallis, entre le blocus de Brest et sa flotte en Manche ne disposait que de 18 navires. Au lieu de cela, Villeneuve reste dans les ports espagnols.

La mort de Nelson
La mort de Nelson

Finalement, Napoléon, changeant ses plans contre la coalition, confine Villeneuve à un transport de troupes vers Naples. A la sortie de Cadix, la flotte franco-espagnole de Villeneuve rencontrera les forces combinées de Nelson et de Cornwallis à Trafalgar le 21 octobre 1805, bataille qui conclura la carrière pas très glorieuse de l’Amiral français. La défaite de Trafalgar, brillante victoire pour Nelson, ne sera plus tant stratégique à cette heure pour Napoléon En un sens, la mort de Nelson à Trafalgar fut inutile. Sans prendre de risques énormes, il aurait pu

repousser Villeneuve facilement sur les côtes espagnoles.

Au contraire, la bataille des Quinze-Vingt est stratégique car elle survient à un moment de choix décisif pour Napoléon entre l’invasion de l’Angleterre, chef de la coalition européenne contre la France, ou la guerre contre ses alliés austro-russes financés par elle. Cette bataille convaincra faussement Villeneuve de l’infériorité de ses forces contre les Anglais, même en sous-nombre. La suite de l’Histoire montrera que, en étant empêché d’envahir l’Angleterre, Napoléon aura pour le restant de son règne cet ennemi infatigable pour contrecarrer ses plans.

BRÈVES BIOGRAPHIES

L'amiral Calder
L’amiral Calder

Calder, Sir Robert Calder (1745-1818), fut promu contre-amiral en 1799 après la victoire de Saint-Vincent (1796). Ensuite il fut promu vice-amiral en 1804 après ses services dans l’escadre de la Manche. Il commanda le blocus de la rade de Brest en 1805 et dirigea la bataille des Quinze-Vingt pour les anglais. En disgrâce après cette bataille non décisive et son manque d’initiative de poursuivre Villeneuve, il n’obtint plus de commandement actif. En 1810, par séniorité, il fut promu Amiral.  

L'amiral Ganteaume
L’amiral Ganteaume
Ganteaume, Honoré Joseph Antoine, Comte de Ganteaume, vice-amiral, 1755-1818. Il servit pendant la guerre d’indépendance d’Amérique sous les ordres d’Estaing. En 1796, il est sous les ordres de Villeneuve. En 1798, il est chef d’état-major de Bruys pendant l’expédition d’Egypte. Blessé à la tête pendant la bataille d’Aboukir, il se sauve dans une barque avant que le navire l’Orient n’explose. Il servit comme contre-amiral pendant les sièges de la campagne de Syrie. Il ramène Bonaparte en France à bord de la frégate La Muiron en août 1799. A partir de mars 1800, il commande l’escadre de Brest et fut promu vice-amiral en mai 1804. Il fut fait Comte en 1810. Il ne se rallia pas à Napoléon aux Cent Jours et vota pour la condamnation à mort de Ney. Son nom est inscrit sur le côté Sud de l’Arc de Triomphe.  

 

Jacques-Alexandre-Bernard Law, comte Lauriston Lauriston, Jacques Alexandre Bernard Law, comte puis marquis de Lauriston, 1768-1828, né à Pondichéry en Inde Française. En 1801, il porte à Londres les accords de paix devant une foule très enthousiaste qui détèle sa voiture et la tire à bras nus. En novembre 1804, il est attaché à la flotte de Villeneuve et embarque à Toulon. Il est promu Général de Division en février 1805. Au retour de la flotte, il combattit aux Quinze-Vingt à bord du navire contre le vice-amiral anglais Hotham. De retour en France, il rejoignit la Grande Armée, se distingua à Wagram en commandant la « batterie des 100 canons ». A la retraite de Russie, il combattit dans l’arrière-garde. En 1813, il fut fait prisonnier à Leipzig et conduit à Berlin. Libéré en 1814, il reste loyal à Louis XVIII pendant les Cent Jours, et vota pour la mort de Ney. Il devint Marquis en 1817, puis Maréchal de France en 1823, et enfin Ministre d’État en 1824. Son nom est inscrit au côté Est de l’Arc de Triomphe.

Missiessy, Edouard Thomas de Burgues, comte de Missiessy, 1756-1837. Il participe à la guerre d’indépendance d’Amérique sous l’amiral d’Estaing. Il est commandant de l’escadre de Rochefort en 1804. Il est envoyé aux Antilles en 1805, selon le plan d’y attirer la marine anglaise hors de la Manche. Pendant sa campagne de printemps 1805, il libère les garnisons françaises de Martinique et Saint-Domingue, et attaque Sainte-Lucie. Désespérant de faire la jonction avec Villeneuve et Ganteaume, selon le plan de Napoléon, il retourne à Rochefort. Plus tard, il fut promu Comte en 1811 mais ne prit pas part aux Cent Jours. Sous les Bourbons, il devint vice-amiral et Vicomte, en commande de Toulon.

L'amiral Nelson
L’amiral Nelson
Nelson, Lord Horatio Nelson, Vice-Amiral, 1758-1805. Il entre à la Navy en 1770 et sert aux Antilles pendant presque 17 ans. En 1793, il entre en service en Méditerranée. Il perd son oeil droit à Calvi pendant la campagne sur la Corse en 1794. En juillet 1797, pendant une attaque infructueuse sur une escadre espagnole, il perd son bras droit. En avril 1798, il rejoint la marine en charge du blocus de Toulon. Il poursuit Bruys et Bonaparte dans leur expédition d’Egypte, sans succès, mais finit par détruire la force navale française stationnée à Aboukir en août 1798. En janvier 1799, il défait une action française contre le royaume de Naples, et a une liaison avec Emma Hamilton, femme de l’ambassadeur anglais à Naples. Il fut promu vice-amiral en 1801 et gagna la bataille de Copenhague cette année-la. A la fin de la paix d’Amiens, il retourne sur le blocus de Toulon et poursuit Villeneuve jusqu’à la bataille de Trafalgar ou, à bord de son navire Victory, il perd la vie pendant l’assaut contre le navire français le Redoutable. Son corps fut ramené à Londres et enterré en grande pompe à la cathédrale Saint-Paul.

 

L'amiral Villeneuve
L’amiral Villeneuve
Villeneuve, Pierre Charles Jean Baptiste Sylvestre de Villeneuve, 1763-1806. Destitué de ses fonctions en 1793 comme noble, il réintègre la marine en 1795 comme major-général des forces navales de Toulon. Il escorte l’expédition d’Egypte en 1798 sous l’amiral Bruys. Il commanda l’aile droite à la bataille navale d’Aboukir et réussit à en échapper avec 4 navires vers Malte. Prisonnier de guerre à Malte lors de la capitulation de l’armée d’Egypte en 1800, il réintègre la marine comme vice-amiral en 1804, puis commandant des forces navales de Toulon en décembre 1804. Il fut prisonnier à la bataille de Trafalgar après avoir perdu 17 navires. Libéré sur parole, il arrive à Morlaix le 11 avril 1806, et se rend à Rennes. En apprenant sa disgrâce latente, il se suicide de six coups de couteau (!!!) dans le cœur le 22 avril 1806. Son nom est inscrit au côté Est de l’Arc de Triomphe.

Avec la collaboration d’Albert.

 

SOURCES

British Battles on Land and Sea, James Grant, 1910
Dictionnaire des Généraux et Amiraux Français de la Révolution et de l’Empire, Georges Six, 1934
Nelson, Clennell Wilkinson, 1937
Almanach du Premier Empire, Jean Massin, 1965
Trafalgar Countdown to Battle 1803-1805, Alan Schom, 1992
Dictionary of Napoleonic Wars, David Chandler, 1993
A Military History and Atlas of the Napoleonic Wars, Esposito & Elting, 1999